Mercredi 3/3
Le matin, réunion chez Tango pour faire le point des projets qui bénéficient d’un fond du gef. Nous en sommes pour la reproduction du biogaz à Nanumea. Même si nous avons le sentiment d’être en retard, ce n’est rien à côté des projets purement locaux ☺
L’après midi visite à Amatuku avec France 2.
Au retour avec Jenny et son équipe de choc, Mathieu et le Breton au nom imprononçable, la barque surfant sur des vagues de 2 mètres, c’est peu de choses mais assez pour que Jenny ait envie d’accoster bien avant notre destination finale, préférant faire du stop. Finalement nous sommes allés jusqu’au bout, trempés jusqu’aux os mais…. ravis du voyage.
A Amatuku, Usu nous a accueilli chaleureusement au lait de coco avant que Faeva ne nous mène au digesteur pour nous faire le show du brûleur de gaz. Car oui, une des meilleures nouvelles de la semaine dernière, c’est que finalement après trop puis pas assez d’eau, après des sabotages divers et anonymes et un vidage complet du digesteur, alleluiah, du gaz est produit. Nous avons tous pu filmer la flamme. Ensuite Saliloto nous a parlé du biodiesel et du gazogène. Il a même expliqué que combinés, cela économisait sur la consommation de biodiesel. J’espère que ces séquences resteront dans le montage final du sujet que Jenny fait pour FR2. Tous les deux ont été fantastiques, revendiquant une fois de plus leur appartenance à Alofa Tuvalu.
Sur la jetée, l’équipe de résidents d’Amatuku attendait le bateau. Parmi eux, Atabi, qui m’a tendu la boite de bandes qu’il avait tournées pendant le festival des grandes marées… sur le chemin, j’ai quémandé une noix de coco à des gars installés dans leur hutte. Gentiment ils m’en ont choisi une bonne, coupée en tranche par Elega et dégustée avec un verre de pastis bien mérité avec une bonne douche, méritée elle aussi pour nous délivrer du sel accumulé sur nos vêtements, peau et cheveux.
On est rentrés juste avant le réveil des grands vents qui ont fait craindre à Ioka qu’un cyclone se prépare. Jenny et sa team ont raté leur itw avec Tafue, le lendemain ils louperont Kalisi à 5 min, agacé de les attendre pour aller s’occuper de son taro. Pas vraiment typique de l’attitude tuvaluenne ☺. Dernière itw en boite pour France 2, la perso de Gigi sur la terrasse puis pastis tous ensemble sur fond de soleil couchant. C’est une bonne équipe, pleine d’humanité. Le lendemain, ils reprenaient l’avion pour la Nouvelle Calédonie.
Le matin, réunion chez Tango pour faire le point des projets qui bénéficient d’un fond du gef. Nous en sommes pour la reproduction du biogaz à Nanumea. Même si nous avons le sentiment d’être en retard, ce n’est rien à côté des projets purement locaux ☺
L’après midi visite à Amatuku avec France 2.
Au retour avec Jenny et son équipe de choc, Mathieu et le Breton au nom imprononçable, la barque surfant sur des vagues de 2 mètres, c’est peu de choses mais assez pour que Jenny ait envie d’accoster bien avant notre destination finale, préférant faire du stop. Finalement nous sommes allés jusqu’au bout, trempés jusqu’aux os mais…. ravis du voyage.
A Amatuku, Usu nous a accueilli chaleureusement au lait de coco avant que Faeva ne nous mène au digesteur pour nous faire le show du brûleur de gaz. Car oui, une des meilleures nouvelles de la semaine dernière, c’est que finalement après trop puis pas assez d’eau, après des sabotages divers et anonymes et un vidage complet du digesteur, alleluiah, du gaz est produit. Nous avons tous pu filmer la flamme. Ensuite Saliloto nous a parlé du biodiesel et du gazogène. Il a même expliqué que combinés, cela économisait sur la consommation de biodiesel. J’espère que ces séquences resteront dans le montage final du sujet que Jenny fait pour FR2. Tous les deux ont été fantastiques, revendiquant une fois de plus leur appartenance à Alofa Tuvalu.
Sur la jetée, l’équipe de résidents d’Amatuku attendait le bateau. Parmi eux, Atabi, qui m’a tendu la boite de bandes qu’il avait tournées pendant le festival des grandes marées… sur le chemin, j’ai quémandé une noix de coco à des gars installés dans leur hutte. Gentiment ils m’en ont choisi une bonne, coupée en tranche par Elega et dégustée avec un verre de pastis bien mérité avec une bonne douche, méritée elle aussi pour nous délivrer du sel accumulé sur nos vêtements, peau et cheveux.
On est rentrés juste avant le réveil des grands vents qui ont fait craindre à Ioka qu’un cyclone se prépare. Jenny et sa team ont raté leur itw avec Tafue, le lendemain ils louperont Kalisi à 5 min, agacé de les attendre pour aller s’occuper de son taro. Pas vraiment typique de l’attitude tuvaluenne ☺. Dernière itw en boite pour France 2, la perso de Gigi sur la terrasse puis pastis tous ensemble sur fond de soleil couchant. C’est une bonne équipe, pleine d’humanité. Le lendemain, ils reprenaient l’avion pour la Nouvelle Calédonie.
07 / 03 / 10 - 05 : 37
Lundi 1er ou mardi 2
Un pavillon français arrive, on part filmer, accueillir l’équipage. Marica arrive deux heures après l’heure supposée de débarquement. Le pavillon français ne peut accoster tant que le cargo de touristes japonais est au port, marica monte à bord et explique que s’ils veulent de l’eau les marins devront aller la chercher au port. Le pavillon est reparti le lendemain sans que les marins n’aient posé pied à terre, il devait rester jusqu’à vendredi.. Que s’est il vraiment passé ?
Un pavillon français arrive, on part filmer, accueillir l’équipage. Marica arrive deux heures après l’heure supposée de débarquement. Le pavillon français ne peut accoster tant que le cargo de touristes japonais est au port, marica monte à bord et explique que s’ils veulent de l’eau les marins devront aller la chercher au port. Le pavillon est reparti le lendemain sans que les marins n’aient posé pied à terre, il devait rester jusqu’à vendredi.. Que s’est il vraiment passé ?
07 / 03 / 10 - 05 : 34
Dimanche 28 février 2010
A minuit ce dimanche soir, nous étions nombreux, membres du comité et les différentes organisations associées dans la mise en place du festival des grandes marées à ne rêver que d’une chose : rattraper un peu de la fatigue accumulée dans le rush des dix derniers jours pour assurer la concrétisation de plusieurs mois de travail collectif.
La soirée inaugurale du jeudi faite de discours, de danses et d’un buffet largement garni de plats traditionnels et kaleve, a fait son effet, un vrai délice… même s’il fut difficile à avaler pour le comité d’avoir à inviter sur le budget du festival 75 VIP faisant grimper l’addition de la soirée à 1000 dollars et réduit d’autant la participation du ministère dans les activités des deux jours suivants.. Prévu pour s’étaler sur 4 (jours) avec une représentativité des arts et de la culture des 9 îles un peu plus ambitieuse que finalement cette première édition un peu frustrante à rebours, mais quel moment !
Le vendredi, dès 6h nous étions sur le tarmac de la piste d’atterrissage.. à attendre les concurrents de la ride for fun pour les adultes, une course en vélo dont le gagnant serait celui qui roulerait le moins vite. Un événement géré par Cat (Alofa et PWD) et Tauala (Alofa, met office) , animé par Kilifi qui ferait pâlir les meilleurs chauffeurs de salle des tv show overseas. Levé aux aurores dans la « Gigi Tuvalu tv team » dont l’objectif est de filmer tout pour réaliser un petit film sur le Festival, Nia, un jeune gars qui a eu l’occasion à quelques reprises de tenir la caméra offerte par l’UNDP au service social. Il a démissionné il y’a 2 ans mais a répondu présent sans hésitation à l’invitation de Gigi de venir aider et de passer à la nouvelle stagiaire les rudiments qu’il a eu l’occasion d’apprendre. Ladite « course pour rire » a commencé à l’heure tuvaluenne, avec une bonne heure et demi de retard, remportée par un jeune gars récompensé d’un parfum de France offert par Alofa, la seconde s’est vue remettre un tshirt de la croix rouge et le 3e un bon pour repas gratuit au filamona, merci Penni.
De 9h à midi, présentation sous la maneapa d’artisanat de différentes îles par les femmes, 4 sur les 9 initialement prévues par le Women Center. Côté médias, 4 télé dont l’équipe de Jenny pour France 2, une télé de NZ, un cheval fidjien des plus antipathiques et irrespectueux (pour l’ONU) et une tv allemande. Pour les visiteurs, essentiellement des gens du comité comme Cat et Eliala très intéressées par la fabrication d’un panier ou lonise, le pompiste assidu de nos activités passées, qui lui s’est appliqué à réaliser son premier plateau en feuille de pandanus. Egalement Shirley une fille de Samoa rencontrée à Copenhague, conseiller politique pour Greenpeace, une fille super.
Pause déjeuner ensuite où tous avons mis un point d’honneur à acheter des assiettes de bouffe traditionnelle aux stands. Bilan : c’était bon, sauf que 4 d’entre nous ont été malades, la plus sévèrement touchée, Sarah, a passé une partie de l’après-midi du lendemain à vomir..
Les événements sportifs de l’après-midi ont rassemblé un public nombreux de 3 à 77 ans et plus : une course de canoé coordonnée par Nione du département des sports, les garçons d’abord, les filles ensuite. Chez les hommes, le dessalement d’un bateau a provoqué l’hilarité du public, nous avons appris plus tard en réunion de débriefing que l’un des concurrents était bourré et qu’il faudrait veiller à contrôle les concurrents l’an prochain.. A part ça l’événement était vraiment sympathique et la Gigi tv team l’a immortalisé avec pas moins de 5 caméras. Outre Nia, Gilliane avait également fait appel à Alo du service social qui bien que n’ayant jamais touché une caméra de sa vie prenait un plaisir évident à apprendre les rudiment du plan large et Atabi très équipé et de toute évidence rompu à l’exercice a sérieusement mouillé la chemise lui aussi.
En suivant, concours de grimper au cocotier coordonné par la croix rouge, Tataua et Kaio aux commandes. Si Tataua a trouvé que les grimpeurs n’étaient pas des meilleurs, les prestations à mains et pieds nus des concurrents sur un tronc lisse pour aller taper dans une cloque suspendue à 5 mètres du sol ont suffit à impressionner les palagis. Public au rendez-vous pour cet événement-ci également.
Re-ride for fun ensuite pour les enfants, l’objectif cette fois n’était ni d’être le plus rapide, ni le plus lent mais de faire un tour sur la piste d’atterrissage pour attirer l’attention sur l’intérêt du vélo dans la lutte contre l’effet de serre. Melton sur l’electric bike d’Alofa fermait la marche.
Venait ensuite la compétition de Ano, un jeu traditionnel collectif dont nous ne comprenons rien des règles ce qui rend quasi impossible de l’immortaliser sur bande : des balles de pierre que les équipes qui ne se font pas face s’envoient en même temps.. Pour l’an prochain, un panneau expliquant les règles est prévu.
La journée s’est terminée sur une compétition de fatele organisée par Melton, Vaitupu face à Nanumea, deux heures de tambourinage à s’en péter les paumes et danses en habits traditionnels dont les bonnes ondes pénètrent des pieds à la tête au point que filmer sans taper du pied ou remuer les hanches demande un effort de concentration certain pour les cadreurs..
Le lendemain samedi c’était la journée awareness. Le matin du blablabla d’abord où chaque asso, départements, ministère, ministres en tête venait présenter en 5 min (plus souvent 10) ses projets, petit intermède musical avec le principal groupe local fagogo malipolipo, dont une chanson spéciale changements climatiques que nous les entendions répéter en boucle ces derniers soirs depuis la maison péninsule. Ce sont les enfants dont des représentants des deux écoles primaires (publique et 7th day adventist) avaient également préparé un petit texte sur les changements climatiques qui ont clôturé la matinée par des dramas/petites pièces de théâtre coordonnées pour Red Cross par Kaio. Sur leurs pancartes, on pouvait lire en substance en tuvaluen et en anglais : « je ne veux pas qu’on m’appelle réfugié climatique » ou encore « je suis un être humain, pas un poisson, je ne sais pas vivre sous l’eau » etc.
Point de pause dej pour l’Alofa team et les dizaines de mains offertes pour aider au marathon d’installation, toujours sous la manaepa, du chapiteau « Ka lofia te Paneta » sensé démarrer une demi heure plus tôt ! : 17 stands pour autant d’animateurs, une ère de projection, une ère de rafraîchissement, des panneaux explicatifs et d’exposition, des jeux etc. La veille, l’association des femmes s’était occupée d’accrocher les mats prêtés par Nala, notre « patron », pour le Ka paneta sur sa collection personnelle des tapis de 6 des îles avant de s’envoler pour un voyage officiel. La veille toujours, Jim de la marine australienne avait avant de quitter le bureau emballé l’écran et le projecteur pour l’open cinéma du soir et laissé des consignes pour qu’on nous laisse entrer les chercher. Une partie du matos était stocké chez Penni au Filamona, le reste est venu avec le camion Red cross et le concours de Lonise et de volontaires de la croix rouge : les tables prêtées par Temu, la directrice de l’école primaire, les panneaux de photos et par thèmes préparés dans la maison péninsule, les ordis et dvd pour les projections aux ateliers, Elega et son matos pour la démo d’artisanat et les feuilles pour les godets à crispies, les BD tuvaluennes entreposées chez Alpha…
En plein audit, notre trésorière, Risasi avait réquisitionné le fiston et 3 de ses potes pour aider. Ne les voyant pas venir, des jeunes volontaires de la croix rouge ont écarté leurs assiettes et collé les panneaux qui allaient flécher la maneapa avant d’ensuite les accrocher sous la direction de Cat les yeux rivés sur le plan A3 finalisé la veille-nuit pour donner les consignes.
Pendant ce temps là, Faeva préparait son panneau biogaz, Pati débarquait avec son bac à compost, plantes et accessoires, Utala son ordi avec des images de biodiesel, Nielu avec ses docs solaire et éolien, montait le four solaire importé l’an dernier par alofa et rapporté pour l’occasion par TMTI, Tataua, Melton et Tauala sont déjà installés, prêts à parler climat, changement et conséquences, Tafue discute tranquillement en attendant le coup de feu et sa première intervention sur climat et spiritualité, Hilia accroche ses posters, Eliala et Moyo font leur coin biodiv, Elega et Sakala sont déjà en train de tisser, ça merdoit un peu sur les câblages, dans la salle de proj…, mais en gros c’est carrément magique, pas un ne manque et tout prend forme sans qu’on n’ait vraiment eu le temps de répéter. Là-dessus, les mômes arrivent, une centaine réquisitionnés par Temu et qqs gamins de potes, comme le petit fils de sina, Christopher venu avec sa mère, instit. Autre instit présente : Siuila. Va falloir démarrer..
En l’absence du Ministre, parti sur les îles lointaines, c’est ballot, Katalina de la Direction de l’Education est là, une vraie bonne surprise. Elle donne le « la » avec le speech introductif écrit par gilliane pour le ministre. Et les groupes divisés en deux temps trois mouvements par la Gigi nationale, commencent à faire le tour des ateliers : des impacts aux solutions :
- Tauala ouvre la marche entouré d’instruments de mesure du carbone atmosphérique, de l’hygrométrie etc pour expliquer comment le climat fonctionne et la manière dont avec Hilia sa directrice ils établissent les bulletins météo ;
- Melton prend le relais sur la schizophrénie climatique en montrant des exemples de conséquences des changements climatiques ailleurs (Bengladesh, Alaska, Europe et USA) ;
-Tataua Red Cross enchaîne sur les impacts dans la région pacifique et les mesures d’urgence mises en place par la Croix rouge avec l’exemple de Samoa, tataua faisant partie des mobilisés après le tsunami d’il y a quelques mois ;
- Hilia évoque la responsabilité humaine dans les changements climatiques (et l’érosion locale) secondée spontanément par Siuila qui a eu l’air de prendre un vrai pied, demandant à récupérer les docs pour ses cours ;
- Eliala biodiversité et Moyo pêcheries avaient préparé un numéro de duettiste sur les impacts sur la biodiversité terrestre et marine et les mesures de préservation ;
- venait ensuite le révérend Tafue pour parler de la spiritualité et des changements climatiques, les gamins entendant sans cesse dans la plupart des prêches que Dieu les sauvera d’un nouveau déluge, Tafue qui est aussi président du TuCan (Tuvalu Climate Action Network) est un des rares à tenter de raisonner ses ouailles, c’est lui-même consulté sur le parcours pédagogique qui a proposé d’ajouter la seule touche qui lui semblait manquer : la spiritualité.
Une jolie virgule pour passer aux solutions :
- Suzan du waste management et Totor pour l’initiative déchets taiwanaise, sur le devenir des déchets sur le mode « turn waste into gold », Suzan réalisait devant les enfants des objets fait de papiers de bonbons, de canettes et autres déchets, Totor parlait du tri et montrait les photos du fashion show à partir de déchets imaginé par Gilliane l’an dernier et coordonné incroyablement par Kaio, un must ! en photos, comme en images.
- Cat présentait pour PWD le principe des toilettes à compost, en anglais traduite en tuvaluen par Kaio – ttes les interventions étaient en effet réalisées en tuvaluen, la plupart des enfants et en particulier les plus jeunes ne parlant que très peu l’anglais et aussi parce qu’il s’agissait d’un événement d’abord et avant tout pour eux ;
- venait ensuite Pati sur le compostage et le jardinage qui avait préparé spécialement une jardinière où elle expliquait aux enfants comment mélanger la terre au compost, déposer les semis etc ;
- les enfants étaient ensuite reçus par Nielu de l’Energie qui leur parlait des énergies solaire et éolienne, leur expliquait le fonctionnement des fours solaires ;
- puis ils rencontraient tour à tour nos potes ingénieurs de TMTI qui revendiquent fièrement leur appartenance à Alofa c’est vraiment touchant, Favea sur le biogas, Sailoto sur la gazéification, Utala sur le biodiesel. Faeva devant son panneau avec des photos des mises en place à Amatuku s’amusait à s’improviser professeur en se fiant à la taille des yeux écarquillés devant lui pour estimer si les enfants comprenaient ou pas ; Utala avait préparé un powerpoint spécial, il était même passé aux aurores à la maison d’alofa le matin pour s’assurer qu’il pourrait le diffuser ; Sailoto s’appuyait sur les panneaux de photos des formations de l’an dernier et les petits films réalisés avec le soutien de l’ADEME sur les formations ENR à Amatuku.
Dans l’ère de projection prévue pour éviter les attentes entre deux stands, les enfants visionnaient leurs frimousses d’il y a deux ans dans le grand nettoyage des journées de l’environnement. Et avant de partir, un petit passage aux rafraîchissements où Elega et Sakala alternaient la réalisation live d’artisanat et la confection de petits sachets de feuilles pour les remplir de crispies. Des bonbons et boissons étaient également prévus, mais Kaio qui a admis plus tard avoir manqué à quelques engagements - pour en avoir pris un peu trop sur le dos - , avait oublié…
Sur les 17 animateurs pas un seul ne manquait. Le seul qui a zapé c’est solomona qui devait aider à filmer. On s’est débrouillées à deux caméras (le reste de la Gigiteam s’étant évanouie tout à coup) tout en coordonnant l’ensemble, un peu sportif, mais bon.
Faeva, Cat, Fong et même Josh (journaliste et ingé son) qui sans qu’on leur demande ont tenu à rester tte la journée et jusqu’à la projection du soir pour être certains que nous n’aurions aucun problème, ont dit après combien ils avaient appris. (De quoi faire mentir notre copine Laure qui dans son blog Six pieds sous Terre dit qu’Alofa c'est deux personnes. C’’est faire peu de cas de l'équipe overseas, la bonne vingtaine de membres actifs à Paris, la cinquantaine d’un bout à l’autre de la France, de Montpellier au Mans en passant par Saint Etienne, PACA Bordeaux ou Morlaix, sans parler des autres d’Europe, des Amériques, d’Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie ou encore Fiji).
Les gamins ont de toute évidence apprécié aussi, passant près de 4 heures dans la maneapa-chapiteau sans bailler, concentrés et ravis. Au milieu de cette mayonnaise dont nous ne pouvions imaginer une seconde qu’elle prendrait à ce point, nous ne pouvions qu’être émues et le fûmes.. lasi.
A la fin, les enfants ont reçu la version tuvaluenne d’ « A l’eau, la Terre » et, cerise sur le gateau, dernière récré avant de partir : une bataille à l’eau de mer imaginée par Cat ... sous des trombes d’eau de pluie et les pieds dans l’eau des remontées des marées.
Tout le monde a prêté main forte pour désinstaller et relooker la maneapa en salle de projection pour le soir. Kelesoma tout occupé à préparer son départ au Japon cette semaine pour 3 ans de formation aux relations diplomatiques, avait fourni un powerpoint sur l’océan, les îles, riches et fragiles, projeté en intro. Preuve que les mômes avaient apprécié, ils étaient les premiers à attendre que le film démarre. « Home » une balade de près de 2h autour de la planète. Allongés sur des mats, bercés par la musique, nous étions quelques-uns à piquer du nez, pas eux..
Evidemment, à la fin du film, l’alerte au tsunami nous a un peu tous cueillis après ça.
A minuit, au lieu de rentrer nous coucher après un simple verre entre amis et co-équipiers au Filamona… Tauala reçoit le fax d’alerte : Une vague arrive du Chili après le tremblement de terre qui a fait 150 victimes. Magnitude 8.8. (Enorme !) Arrivée à Funafuti, dimanche 9h25. Solofa convoque une réunion.. à deux avec Sumeo, du service des désastres. La plupart des ministres sont dans les îles ou overseas, PM inclus. Les Affaires intérieures et l’Education arrivent avec le bateau des îles lointaines. Les présents, Finances et Energie ne sont semble-t’il pas consultés. Tauala dont le service ne peut que conseiller, n’est pas convié à la réunion. Tataua dont les conseils et la sérénité seraient précieux, non plus. Tauala recommande de ne donner l’alerte à la population que si la vague tape la Polynésie Française comme prévu à 3h.
Une bière de plus pour se donner du courage. Nuione qui les prend par deux tombe, affamé, dans un tube de ketchup. Un gars bourré surgit sur la terrasse plongée dans l’obscurité depuis la fermeture du bar, et vient s’asseoir à la table répétant en boucle à Gilliane qu’elle est the « biogas lady ». Impossible de le reconnaître à la seule lumière des étoiles. Tataua lui donne une bière de plus, histoire sans doute qu’il nous fiche la paix ou vomisse un bon coup. Et poursuit. Il ne croit pas que ça arriver, mais il vaut mieux prévenir bien sûr. L’immeuble du gouvernement et l’école primaire seront ouverts. Pas grand chose à faire, on le sait tous : à la fois inquiets et sereins, et quoi qu’il en soit ensemble.
Tauala et sans doute Tataua ne fermeront pas l’oeil. On lève le camp pour la maison péninsule, l’un des endroits considérés comme plutôt sûr étant donné l’axe Sud/est de la vague potentielle .
Le landernau n’attendra pas 5h du matin, heure à laquelle la police donne l’alerte. Quelques minutes après minuit tout le monde est au courant que quelque chose risque de se passer..
Rester à l’abri, écouter les flash radio… qu’on essayait de décrypter en tuvaluen. Appel de Gigi à la radio et Kelesoma dans les deux minutes fait un point de la situation, en anglais, pour les palagis. Rester à l’abri encore deux heures et écouter les flashs radio.
La messe spéciale King Tides Festival qui devait être donnée dans chacune des églises a été annulée et chacun prié de communier chez soi.
Levée de l’alerte vers 11h. Dans la maison péninsule, passé 10h on s’était rendormi.
Le lendemain en allant féliciter Pati de sa prestation pendant le chapiteau, elle nous a dit qu’elle avait préparé de l’eau et de la bouffe au cas où l’île tomberait en rade, on s’est dit bon sang mais c’est bien sûr.. noté pour la prochaine fois..
La soirée de clôture de cette première édition du Festival des Grandes Marées, le lundi soir a démarré par deux minutes de silence pour les victimes du tremblement de terre au Chili, auquel il fut largement fait référence dans les speechs des uns et des autres. Buffet, danses, filmage et dodo pour tout le monde. Une surprise de taille pour les membres du comité : l’alcool coule à profusion sans que nous ayons été consulté. Risasi nous confiera que ces agapes liquides ont couté 900 dollars de quoi faire monter les boules et devenir un sujet de discussion à la prochaine réunion de debriefing.
De retour à la maison après tout ça, Elega avait décidé d’adopter deux chatons abandonnés par leur mère dans le jardin. Dans les jours suivants, ils étaient baptisés respectivement King Tides et Tsunami.
Ironie du sort pour finir, les Kind Tides annoncées à 3,28 m n'ont formé cette année que quelques flaques ci ou là. Même Fili dont le borrow pitts en général déborde, avait les pieds au sec. L'explication qui a couru pour ces grandes marées les moins hautes "jamais" observées, un effet collatéral de la vague chilienne..
Et pendant ce temps-là en France, une vague entrait dans les terres, privait 500 000 habitants d'électricité et tuait 50 personnes...
A minuit ce dimanche soir, nous étions nombreux, membres du comité et les différentes organisations associées dans la mise en place du festival des grandes marées à ne rêver que d’une chose : rattraper un peu de la fatigue accumulée dans le rush des dix derniers jours pour assurer la concrétisation de plusieurs mois de travail collectif.
La soirée inaugurale du jeudi faite de discours, de danses et d’un buffet largement garni de plats traditionnels et kaleve, a fait son effet, un vrai délice… même s’il fut difficile à avaler pour le comité d’avoir à inviter sur le budget du festival 75 VIP faisant grimper l’addition de la soirée à 1000 dollars et réduit d’autant la participation du ministère dans les activités des deux jours suivants.. Prévu pour s’étaler sur 4 (jours) avec une représentativité des arts et de la culture des 9 îles un peu plus ambitieuse que finalement cette première édition un peu frustrante à rebours, mais quel moment !
Le vendredi, dès 6h nous étions sur le tarmac de la piste d’atterrissage.. à attendre les concurrents de la ride for fun pour les adultes, une course en vélo dont le gagnant serait celui qui roulerait le moins vite. Un événement géré par Cat (Alofa et PWD) et Tauala (Alofa, met office) , animé par Kilifi qui ferait pâlir les meilleurs chauffeurs de salle des tv show overseas. Levé aux aurores dans la « Gigi Tuvalu tv team » dont l’objectif est de filmer tout pour réaliser un petit film sur le Festival, Nia, un jeune gars qui a eu l’occasion à quelques reprises de tenir la caméra offerte par l’UNDP au service social. Il a démissionné il y’a 2 ans mais a répondu présent sans hésitation à l’invitation de Gigi de venir aider et de passer à la nouvelle stagiaire les rudiments qu’il a eu l’occasion d’apprendre. Ladite « course pour rire » a commencé à l’heure tuvaluenne, avec une bonne heure et demi de retard, remportée par un jeune gars récompensé d’un parfum de France offert par Alofa, la seconde s’est vue remettre un tshirt de la croix rouge et le 3e un bon pour repas gratuit au filamona, merci Penni.
De 9h à midi, présentation sous la maneapa d’artisanat de différentes îles par les femmes, 4 sur les 9 initialement prévues par le Women Center. Côté médias, 4 télé dont l’équipe de Jenny pour France 2, une télé de NZ, un cheval fidjien des plus antipathiques et irrespectueux (pour l’ONU) et une tv allemande. Pour les visiteurs, essentiellement des gens du comité comme Cat et Eliala très intéressées par la fabrication d’un panier ou lonise, le pompiste assidu de nos activités passées, qui lui s’est appliqué à réaliser son premier plateau en feuille de pandanus. Egalement Shirley une fille de Samoa rencontrée à Copenhague, conseiller politique pour Greenpeace, une fille super.
Pause déjeuner ensuite où tous avons mis un point d’honneur à acheter des assiettes de bouffe traditionnelle aux stands. Bilan : c’était bon, sauf que 4 d’entre nous ont été malades, la plus sévèrement touchée, Sarah, a passé une partie de l’après-midi du lendemain à vomir..
Les événements sportifs de l’après-midi ont rassemblé un public nombreux de 3 à 77 ans et plus : une course de canoé coordonnée par Nione du département des sports, les garçons d’abord, les filles ensuite. Chez les hommes, le dessalement d’un bateau a provoqué l’hilarité du public, nous avons appris plus tard en réunion de débriefing que l’un des concurrents était bourré et qu’il faudrait veiller à contrôle les concurrents l’an prochain.. A part ça l’événement était vraiment sympathique et la Gigi tv team l’a immortalisé avec pas moins de 5 caméras. Outre Nia, Gilliane avait également fait appel à Alo du service social qui bien que n’ayant jamais touché une caméra de sa vie prenait un plaisir évident à apprendre les rudiment du plan large et Atabi très équipé et de toute évidence rompu à l’exercice a sérieusement mouillé la chemise lui aussi.
En suivant, concours de grimper au cocotier coordonné par la croix rouge, Tataua et Kaio aux commandes. Si Tataua a trouvé que les grimpeurs n’étaient pas des meilleurs, les prestations à mains et pieds nus des concurrents sur un tronc lisse pour aller taper dans une cloque suspendue à 5 mètres du sol ont suffit à impressionner les palagis. Public au rendez-vous pour cet événement-ci également.
Re-ride for fun ensuite pour les enfants, l’objectif cette fois n’était ni d’être le plus rapide, ni le plus lent mais de faire un tour sur la piste d’atterrissage pour attirer l’attention sur l’intérêt du vélo dans la lutte contre l’effet de serre. Melton sur l’electric bike d’Alofa fermait la marche.
Venait ensuite la compétition de Ano, un jeu traditionnel collectif dont nous ne comprenons rien des règles ce qui rend quasi impossible de l’immortaliser sur bande : des balles de pierre que les équipes qui ne se font pas face s’envoient en même temps.. Pour l’an prochain, un panneau expliquant les règles est prévu.
La journée s’est terminée sur une compétition de fatele organisée par Melton, Vaitupu face à Nanumea, deux heures de tambourinage à s’en péter les paumes et danses en habits traditionnels dont les bonnes ondes pénètrent des pieds à la tête au point que filmer sans taper du pied ou remuer les hanches demande un effort de concentration certain pour les cadreurs..
Le lendemain samedi c’était la journée awareness. Le matin du blablabla d’abord où chaque asso, départements, ministère, ministres en tête venait présenter en 5 min (plus souvent 10) ses projets, petit intermède musical avec le principal groupe local fagogo malipolipo, dont une chanson spéciale changements climatiques que nous les entendions répéter en boucle ces derniers soirs depuis la maison péninsule. Ce sont les enfants dont des représentants des deux écoles primaires (publique et 7th day adventist) avaient également préparé un petit texte sur les changements climatiques qui ont clôturé la matinée par des dramas/petites pièces de théâtre coordonnées pour Red Cross par Kaio. Sur leurs pancartes, on pouvait lire en substance en tuvaluen et en anglais : « je ne veux pas qu’on m’appelle réfugié climatique » ou encore « je suis un être humain, pas un poisson, je ne sais pas vivre sous l’eau » etc.
Point de pause dej pour l’Alofa team et les dizaines de mains offertes pour aider au marathon d’installation, toujours sous la manaepa, du chapiteau « Ka lofia te Paneta » sensé démarrer une demi heure plus tôt ! : 17 stands pour autant d’animateurs, une ère de projection, une ère de rafraîchissement, des panneaux explicatifs et d’exposition, des jeux etc. La veille, l’association des femmes s’était occupée d’accrocher les mats prêtés par Nala, notre « patron », pour le Ka paneta sur sa collection personnelle des tapis de 6 des îles avant de s’envoler pour un voyage officiel. La veille toujours, Jim de la marine australienne avait avant de quitter le bureau emballé l’écran et le projecteur pour l’open cinéma du soir et laissé des consignes pour qu’on nous laisse entrer les chercher. Une partie du matos était stocké chez Penni au Filamona, le reste est venu avec le camion Red cross et le concours de Lonise et de volontaires de la croix rouge : les tables prêtées par Temu, la directrice de l’école primaire, les panneaux de photos et par thèmes préparés dans la maison péninsule, les ordis et dvd pour les projections aux ateliers, Elega et son matos pour la démo d’artisanat et les feuilles pour les godets à crispies, les BD tuvaluennes entreposées chez Alpha…
En plein audit, notre trésorière, Risasi avait réquisitionné le fiston et 3 de ses potes pour aider. Ne les voyant pas venir, des jeunes volontaires de la croix rouge ont écarté leurs assiettes et collé les panneaux qui allaient flécher la maneapa avant d’ensuite les accrocher sous la direction de Cat les yeux rivés sur le plan A3 finalisé la veille-nuit pour donner les consignes.
Pendant ce temps là, Faeva préparait son panneau biogaz, Pati débarquait avec son bac à compost, plantes et accessoires, Utala son ordi avec des images de biodiesel, Nielu avec ses docs solaire et éolien, montait le four solaire importé l’an dernier par alofa et rapporté pour l’occasion par TMTI, Tataua, Melton et Tauala sont déjà installés, prêts à parler climat, changement et conséquences, Tafue discute tranquillement en attendant le coup de feu et sa première intervention sur climat et spiritualité, Hilia accroche ses posters, Eliala et Moyo font leur coin biodiv, Elega et Sakala sont déjà en train de tisser, ça merdoit un peu sur les câblages, dans la salle de proj…, mais en gros c’est carrément magique, pas un ne manque et tout prend forme sans qu’on n’ait vraiment eu le temps de répéter. Là-dessus, les mômes arrivent, une centaine réquisitionnés par Temu et qqs gamins de potes, comme le petit fils de sina, Christopher venu avec sa mère, instit. Autre instit présente : Siuila. Va falloir démarrer..
En l’absence du Ministre, parti sur les îles lointaines, c’est ballot, Katalina de la Direction de l’Education est là, une vraie bonne surprise. Elle donne le « la » avec le speech introductif écrit par gilliane pour le ministre. Et les groupes divisés en deux temps trois mouvements par la Gigi nationale, commencent à faire le tour des ateliers : des impacts aux solutions :
- Tauala ouvre la marche entouré d’instruments de mesure du carbone atmosphérique, de l’hygrométrie etc pour expliquer comment le climat fonctionne et la manière dont avec Hilia sa directrice ils établissent les bulletins météo ;
- Melton prend le relais sur la schizophrénie climatique en montrant des exemples de conséquences des changements climatiques ailleurs (Bengladesh, Alaska, Europe et USA) ;
-Tataua Red Cross enchaîne sur les impacts dans la région pacifique et les mesures d’urgence mises en place par la Croix rouge avec l’exemple de Samoa, tataua faisant partie des mobilisés après le tsunami d’il y a quelques mois ;
- Hilia évoque la responsabilité humaine dans les changements climatiques (et l’érosion locale) secondée spontanément par Siuila qui a eu l’air de prendre un vrai pied, demandant à récupérer les docs pour ses cours ;
- Eliala biodiversité et Moyo pêcheries avaient préparé un numéro de duettiste sur les impacts sur la biodiversité terrestre et marine et les mesures de préservation ;
- venait ensuite le révérend Tafue pour parler de la spiritualité et des changements climatiques, les gamins entendant sans cesse dans la plupart des prêches que Dieu les sauvera d’un nouveau déluge, Tafue qui est aussi président du TuCan (Tuvalu Climate Action Network) est un des rares à tenter de raisonner ses ouailles, c’est lui-même consulté sur le parcours pédagogique qui a proposé d’ajouter la seule touche qui lui semblait manquer : la spiritualité.
Une jolie virgule pour passer aux solutions :
- Suzan du waste management et Totor pour l’initiative déchets taiwanaise, sur le devenir des déchets sur le mode « turn waste into gold », Suzan réalisait devant les enfants des objets fait de papiers de bonbons, de canettes et autres déchets, Totor parlait du tri et montrait les photos du fashion show à partir de déchets imaginé par Gilliane l’an dernier et coordonné incroyablement par Kaio, un must ! en photos, comme en images.
- Cat présentait pour PWD le principe des toilettes à compost, en anglais traduite en tuvaluen par Kaio – ttes les interventions étaient en effet réalisées en tuvaluen, la plupart des enfants et en particulier les plus jeunes ne parlant que très peu l’anglais et aussi parce qu’il s’agissait d’un événement d’abord et avant tout pour eux ;
- venait ensuite Pati sur le compostage et le jardinage qui avait préparé spécialement une jardinière où elle expliquait aux enfants comment mélanger la terre au compost, déposer les semis etc ;
- les enfants étaient ensuite reçus par Nielu de l’Energie qui leur parlait des énergies solaire et éolienne, leur expliquait le fonctionnement des fours solaires ;
- puis ils rencontraient tour à tour nos potes ingénieurs de TMTI qui revendiquent fièrement leur appartenance à Alofa c’est vraiment touchant, Favea sur le biogas, Sailoto sur la gazéification, Utala sur le biodiesel. Faeva devant son panneau avec des photos des mises en place à Amatuku s’amusait à s’improviser professeur en se fiant à la taille des yeux écarquillés devant lui pour estimer si les enfants comprenaient ou pas ; Utala avait préparé un powerpoint spécial, il était même passé aux aurores à la maison d’alofa le matin pour s’assurer qu’il pourrait le diffuser ; Sailoto s’appuyait sur les panneaux de photos des formations de l’an dernier et les petits films réalisés avec le soutien de l’ADEME sur les formations ENR à Amatuku.
Dans l’ère de projection prévue pour éviter les attentes entre deux stands, les enfants visionnaient leurs frimousses d’il y a deux ans dans le grand nettoyage des journées de l’environnement. Et avant de partir, un petit passage aux rafraîchissements où Elega et Sakala alternaient la réalisation live d’artisanat et la confection de petits sachets de feuilles pour les remplir de crispies. Des bonbons et boissons étaient également prévus, mais Kaio qui a admis plus tard avoir manqué à quelques engagements - pour en avoir pris un peu trop sur le dos - , avait oublié…
Sur les 17 animateurs pas un seul ne manquait. Le seul qui a zapé c’est solomona qui devait aider à filmer. On s’est débrouillées à deux caméras (le reste de la Gigiteam s’étant évanouie tout à coup) tout en coordonnant l’ensemble, un peu sportif, mais bon.
Faeva, Cat, Fong et même Josh (journaliste et ingé son) qui sans qu’on leur demande ont tenu à rester tte la journée et jusqu’à la projection du soir pour être certains que nous n’aurions aucun problème, ont dit après combien ils avaient appris. (De quoi faire mentir notre copine Laure qui dans son blog Six pieds sous Terre dit qu’Alofa c'est deux personnes. C’’est faire peu de cas de l'équipe overseas, la bonne vingtaine de membres actifs à Paris, la cinquantaine d’un bout à l’autre de la France, de Montpellier au Mans en passant par Saint Etienne, PACA Bordeaux ou Morlaix, sans parler des autres d’Europe, des Amériques, d’Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie ou encore Fiji).
Les gamins ont de toute évidence apprécié aussi, passant près de 4 heures dans la maneapa-chapiteau sans bailler, concentrés et ravis. Au milieu de cette mayonnaise dont nous ne pouvions imaginer une seconde qu’elle prendrait à ce point, nous ne pouvions qu’être émues et le fûmes.. lasi.
A la fin, les enfants ont reçu la version tuvaluenne d’ « A l’eau, la Terre » et, cerise sur le gateau, dernière récré avant de partir : une bataille à l’eau de mer imaginée par Cat ... sous des trombes d’eau de pluie et les pieds dans l’eau des remontées des marées.
Tout le monde a prêté main forte pour désinstaller et relooker la maneapa en salle de projection pour le soir. Kelesoma tout occupé à préparer son départ au Japon cette semaine pour 3 ans de formation aux relations diplomatiques, avait fourni un powerpoint sur l’océan, les îles, riches et fragiles, projeté en intro. Preuve que les mômes avaient apprécié, ils étaient les premiers à attendre que le film démarre. « Home » une balade de près de 2h autour de la planète. Allongés sur des mats, bercés par la musique, nous étions quelques-uns à piquer du nez, pas eux..
Evidemment, à la fin du film, l’alerte au tsunami nous a un peu tous cueillis après ça.
A minuit, au lieu de rentrer nous coucher après un simple verre entre amis et co-équipiers au Filamona… Tauala reçoit le fax d’alerte : Une vague arrive du Chili après le tremblement de terre qui a fait 150 victimes. Magnitude 8.8. (Enorme !) Arrivée à Funafuti, dimanche 9h25. Solofa convoque une réunion.. à deux avec Sumeo, du service des désastres. La plupart des ministres sont dans les îles ou overseas, PM inclus. Les Affaires intérieures et l’Education arrivent avec le bateau des îles lointaines. Les présents, Finances et Energie ne sont semble-t’il pas consultés. Tauala dont le service ne peut que conseiller, n’est pas convié à la réunion. Tataua dont les conseils et la sérénité seraient précieux, non plus. Tauala recommande de ne donner l’alerte à la population que si la vague tape la Polynésie Française comme prévu à 3h.
Une bière de plus pour se donner du courage. Nuione qui les prend par deux tombe, affamé, dans un tube de ketchup. Un gars bourré surgit sur la terrasse plongée dans l’obscurité depuis la fermeture du bar, et vient s’asseoir à la table répétant en boucle à Gilliane qu’elle est the « biogas lady ». Impossible de le reconnaître à la seule lumière des étoiles. Tataua lui donne une bière de plus, histoire sans doute qu’il nous fiche la paix ou vomisse un bon coup. Et poursuit. Il ne croit pas que ça arriver, mais il vaut mieux prévenir bien sûr. L’immeuble du gouvernement et l’école primaire seront ouverts. Pas grand chose à faire, on le sait tous : à la fois inquiets et sereins, et quoi qu’il en soit ensemble.
Tauala et sans doute Tataua ne fermeront pas l’oeil. On lève le camp pour la maison péninsule, l’un des endroits considérés comme plutôt sûr étant donné l’axe Sud/est de la vague potentielle .
Le landernau n’attendra pas 5h du matin, heure à laquelle la police donne l’alerte. Quelques minutes après minuit tout le monde est au courant que quelque chose risque de se passer..
Rester à l’abri, écouter les flash radio… qu’on essayait de décrypter en tuvaluen. Appel de Gigi à la radio et Kelesoma dans les deux minutes fait un point de la situation, en anglais, pour les palagis. Rester à l’abri encore deux heures et écouter les flashs radio.
La messe spéciale King Tides Festival qui devait être donnée dans chacune des églises a été annulée et chacun prié de communier chez soi.
Levée de l’alerte vers 11h. Dans la maison péninsule, passé 10h on s’était rendormi.
Le lendemain en allant féliciter Pati de sa prestation pendant le chapiteau, elle nous a dit qu’elle avait préparé de l’eau et de la bouffe au cas où l’île tomberait en rade, on s’est dit bon sang mais c’est bien sûr.. noté pour la prochaine fois..
La soirée de clôture de cette première édition du Festival des Grandes Marées, le lundi soir a démarré par deux minutes de silence pour les victimes du tremblement de terre au Chili, auquel il fut largement fait référence dans les speechs des uns et des autres. Buffet, danses, filmage et dodo pour tout le monde. Une surprise de taille pour les membres du comité : l’alcool coule à profusion sans que nous ayons été consulté. Risasi nous confiera que ces agapes liquides ont couté 900 dollars de quoi faire monter les boules et devenir un sujet de discussion à la prochaine réunion de debriefing.
De retour à la maison après tout ça, Elega avait décidé d’adopter deux chatons abandonnés par leur mère dans le jardin. Dans les jours suivants, ils étaient baptisés respectivement King Tides et Tsunami.
Ironie du sort pour finir, les Kind Tides annoncées à 3,28 m n'ont formé cette année que quelques flaques ci ou là. Même Fili dont le borrow pitts en général déborde, avait les pieds au sec. L'explication qui a couru pour ces grandes marées les moins hautes "jamais" observées, un effet collatéral de la vague chilienne..
Et pendant ce temps-là en France, une vague entrait dans les terres, privait 500 000 habitants d'électricité et tuait 50 personnes...
07 / 03 / 10 - 05 : 21
Mercredi 23 Février
Fanny colle des panneaux de photos pour le grand événement de Samedi : notre Ka lofia te Paneta, Allo la Terre, les opérations chapiteaux réalisées depuis 2005 en Europe (et Tahiti) adaptée à Tuvalu.
C’est dans le cadre du Festival des King Tides qui, oui, finalement aura lieu, mais pas sans peine. Et grace à toute l’équipe locale d’Alofa. Je n’en croyais pas mes yeux ce soir à la réunion appelée pour « répéter » de voir que tous, même les préposés à la direction de l’énergie ont répondu présents. Aux réunions du « comité » du festival qui inclut aussi la veille 4 sports traditionnels et quelques démonstrations d’handycraft, les autres membres (chambre de commerce, sports, etc) ont fait une apparition ici ou là, la culture n’a pas montré son nez, l’éducation non plus mais nous a accordé deux rendez vous positifs et concrets. En fait ce sont les membres d’Alofa qui assurent les sports, le fatele, la bouffe, presque tout quoi. Je suis extrêmement fière d’eux et émue. Même Eliala, biodiversité, qui arrivait par l’avion d’aujourd’hui, était là ce soir.
Quelques nuits blanches à m’angoisser des conditions dans lesquelles se prépare l’événement et particulièrement la courte demi heure pour installer les 300 mètres carrés de la manéapa. Mais bon on est à Tuvalu et on verra bien… En attendant on essaie de s’organiser au mieux.
Cette nuit, écrit un pré-texte pour le speech du Ministre de l’Education qui a accepté d’inaugurer l’opération et des annonces radio pour informer un peu plus encore la population.
Un couple de l’unicef australie qui depuis Fiji cherchait une mystérieuse gilliane dont tout le monde leur parlait. Sympathique verre à l’hôtel et échanges sur le climat, la gouvernance mondiale, les études etc etc.
Jenny est arrivée avec son cadreur et preneur de son, une équipe sympathique à première vue, enthousiaste et sitôt dans le bain. On a fait le tour de sa liste de speakers idéale pour leur sujet de 26 min pour France 2. Quelques réactions au press release, pas des masses puisque l’adresse donnée au bas du CP arrive chez fakasoa qui fait suivre à dose homéopathique. Avion supplémentaire requested pour faire venir touristes et journalistes, sans succès.
Fanny elle est arrivée Jeudi dernier après un stop de 24 heures dans le bungalow de L.A. Depuis c’est la course pour tout préparer.
Dimanche 21/2 nuit : installation de l’exposition dans le hall de l’hôtel du gouvernement.
Fanny colle des panneaux de photos pour le grand événement de Samedi : notre Ka lofia te Paneta, Allo la Terre, les opérations chapiteaux réalisées depuis 2005 en Europe (et Tahiti) adaptée à Tuvalu.
C’est dans le cadre du Festival des King Tides qui, oui, finalement aura lieu, mais pas sans peine. Et grace à toute l’équipe locale d’Alofa. Je n’en croyais pas mes yeux ce soir à la réunion appelée pour « répéter » de voir que tous, même les préposés à la direction de l’énergie ont répondu présents. Aux réunions du « comité » du festival qui inclut aussi la veille 4 sports traditionnels et quelques démonstrations d’handycraft, les autres membres (chambre de commerce, sports, etc) ont fait une apparition ici ou là, la culture n’a pas montré son nez, l’éducation non plus mais nous a accordé deux rendez vous positifs et concrets. En fait ce sont les membres d’Alofa qui assurent les sports, le fatele, la bouffe, presque tout quoi. Je suis extrêmement fière d’eux et émue. Même Eliala, biodiversité, qui arrivait par l’avion d’aujourd’hui, était là ce soir.
Quelques nuits blanches à m’angoisser des conditions dans lesquelles se prépare l’événement et particulièrement la courte demi heure pour installer les 300 mètres carrés de la manéapa. Mais bon on est à Tuvalu et on verra bien… En attendant on essaie de s’organiser au mieux.
Cette nuit, écrit un pré-texte pour le speech du Ministre de l’Education qui a accepté d’inaugurer l’opération et des annonces radio pour informer un peu plus encore la population.
Un couple de l’unicef australie qui depuis Fiji cherchait une mystérieuse gilliane dont tout le monde leur parlait. Sympathique verre à l’hôtel et échanges sur le climat, la gouvernance mondiale, les études etc etc.
Jenny est arrivée avec son cadreur et preneur de son, une équipe sympathique à première vue, enthousiaste et sitôt dans le bain. On a fait le tour de sa liste de speakers idéale pour leur sujet de 26 min pour France 2. Quelques réactions au press release, pas des masses puisque l’adresse donnée au bas du CP arrive chez fakasoa qui fait suivre à dose homéopathique. Avion supplémentaire requested pour faire venir touristes et journalistes, sans succès.
Fanny elle est arrivée Jeudi dernier après un stop de 24 heures dans le bungalow de L.A. Depuis c’est la course pour tout préparer.
Dimanche 21/2 nuit : installation de l’exposition dans le hall de l’hôtel du gouvernement.
07 / 03 / 10 - 05 : 16
Ce mercredi 17 février fut moins dense en rencontres mais quand même..
Le déjeuner prévu avec Nala et peut être le PM a en fait eu lieu, avec le PM pour sûr qui m’a dit avoir ajourné la réunion avec ses ministres pour pouvoir nous rejoindre. Arrivée devant le restaurant je vois sortir de son van, Lita puis son époux, l’ambassadeur à NY, celui que je ne porte pas dans mon cœur. Nala quand nous étions encore seules s’est excusée de l’imposer mais le PM partant demain et l’ambassadeur retournant à NY (après 3 mois de vacances) la semaine suivante… et il se disait que ce serait bien que nous nous rencontrions à nouveau. L’ambassadeur a été très talkative s’adressant à moi pour me parler du documentaire de l’UN dans lequel il venait de tourner « je leur ai dit : ce qu’il nous faut c’est de l’argent ». OK, il n’avait pas changé. Semblable à l’image que j’avais de lui et de ce qu’il m’en avait été dit par des média et des organisations à NY. « On a fait aussi un documentaire de 7 mn pour distribuer ». Super ! Sauf que même le PM ne l’avait pas vu. « Et le journaliste vous a demandé ce que vous alliez en faire de l’argent ? » « ben pour l’adaptation, les sea walls, les water tanks… » Parfait ☺… A propos des 1,5°, Apisai comme un enfant suite à sa première expérience de conférence de presse et des journalistes qui le poursuivaient, très fier d’avoir tenu bon jusqu’au bout. Il a des pressions du Japon, maintenant, pour se mettre au pas. Il déjeune avec l’ambassadeur du Pacifique sur le chemin de Palau. J’ai répété mon point de vue. « Il faut tenir sur 1,5°, le monde est à 2°. Des vraies négociations pourraient vous amener à 1,75… Alors que 2 signifiera presque surement en fait 3.. », la fonte de greenland... A l’ambassadeur « vous qui êtes un businessman, les mares de négociation vous connaissez ». Leurs propos à tous les deux témoignaient du fait qu’ils ne croyaient pas encore au sort dont on leur parle. « Il sera toujours temps quand ce sera confirmé ou quand ce sera là.. ». Des sceptiques sont passés par là, le premier étant l’ambassadeur qui n’a cessé à NY de dire qu’« il ne se passe rien à tuvalu ». au point qu’il a été théoriquement recadré. Aujourd’hui il reconnaissait n’avoir jamais vu les éléments déchaînés aussi longtemps.. Il me parlait de la position de Tuvalu sur la déforestation à laquelle je n’ai rien compris.
Avant mon départ, toutefois, il faut que nous recadrions nous aussi les choses et ancrions dans les esprits des dirigeants, présents et à venir, après les élections de septembre, comme dans le public, l’extrême nécessité d’agir. Invitée ce week end dans la maison que viennent de se faire construire les ambassadeurs sur le petit îlot à côté d’Amatuku. Lita m’avait parlé de ce bout de terre qu’elle espérait bien obtenir en échange d’argent que lui devait un mec de funafuti. A Tuvalu on n’est propriétaire de la terre que si vos ancêtres sont nés dessus. Les ventes à des outer iliens sont extrêmement rares. Dans ce cas, parce qu’il y avait dette elle a pu récupérer un bout de rêve. Par curiosité oui, j’irai bien faire un saut, (elle dit : «si t’es occupé on fait l’aller retour ».)
Réunion festival ensuite, où il a fallu rajouter des chaises. La vingtaine théoriquement du comité n’étaient pas au complet mais davantage que les autres jours. Aujourd’hui, y’avait le national council of women (et la sœur de ma voisine) et le kaupule, une adhérente. D’ailleurs, puisque j’avais dit qu’il fallait des tuvaluens pour la soirée d’ouverture, on a décidé à l’unanimité que ce sont ces deux femmes, Peitala et Taiani, qui ensemble, because timidité, joueront les hosts.
Foncé ensuite au National council, la boutique artisanat, pour m’assurer que Pula, la maîtresse des lieux, autorisait son assistante à trouver, en son absence- elle part demain- 8 femmes pour remplacer la session artisanat prévue par l’officier culturel… No problem.
Blabla avec Melton ensuite, autour des tapis vendus à Copenhague et… de son amoureuse. Les vents étaient tellement violents que j’avais du mal à tenir debout et craignait que ma mob ne perde sa béquilles.
Au Fusi où j’achetais du Nutella pour Fanny qui atterrit demain, rencontré le Français de la SPC et son collègue et un tas de tuvaluennes pas encore vues… sauf la douanière de plus en plus sympathique qui m’a indiqué où se trouvait désormais la boulangerie artisanale depuis que leur petit emplacement a été détruit pour faire place au trou immense où sera érigé le marché. A la maison, un bateau de pêche revenait avec une demi douzaine de poissons longs comme un petit bras. Avec Sania venue voir le résultat de la pêche, plaisanté un peu sur le fait qu’elle n’était pas venue à la réunion et du coup j’ai culpabilisé de ne pas être allée voir la patronne du projet GEF sur les tortues, ma vieille amie Siuila, une instit et j’ai enfourché la bike pour aller l’informer du Festival. Et plus.
Sur le chemin du retour arrêt chez Grace que j’avais vue en voiture avec son mari, Léota à qui je veux aussi expliquer Our Planet under water et mon souhait de leur participation. Il était retourné à Amatuku mais sera là vendredi après midi. En face deux petites filles m’interpellent, l’une d’entre elles est la fille de Marica, la consule de France qui faisait sa lessive dans la maison de son frère Albert… Impossible de faire l’impasse. Là se trouvait aussi le père, l’ancien ministre de l’éducation, un soutien de longue date. J’ai refusé la chaise. Vraiment envie de rentrer..
Internet du mercredi soir : What’s happening in the Pacific publie un court article, après avoir il y a quelques jours publié l’intégralité du press release. Cette fois quelques lignes avec citation de Fong qui 1-donne les mauvaises dates, 2-parle uniquement des débats, 3-to bring awareness sur Tuvalu et le climat mais pas un mot sur la culture ou les sports. Rageant !
Back to fagogo editing ! Réunion à 9 h demain du jour car celle du jour n’a pas suffi à passer en revue l’ordre prévu. Après c’est l’avion avec l’arrivée de Fanny et le départ de Nala, Apisai, Anare, Giorgio (qui doit me rendre le dvd et me donner sa carte) ET Solomone que je devrais reconnaître je pense bien qu’on se soit vus une seule fois y a 4 ans. Aujourd’hui chez Siuila dont le fils tient un motel au bout de la piste d’atterrissage, est entré le seul client des 3 chambres offertes, je l’ai vu de profil, ç’aurait pu être ça. D’autant que Siuila m’a dit qu’il repartait demain parce qu’il n’a pas pu aller à Vaitupu. Qui que ce fut, le mec a attendu toute notre conversation puisque nous étions assise devant sa chambre.
Le déjeuner prévu avec Nala et peut être le PM a en fait eu lieu, avec le PM pour sûr qui m’a dit avoir ajourné la réunion avec ses ministres pour pouvoir nous rejoindre. Arrivée devant le restaurant je vois sortir de son van, Lita puis son époux, l’ambassadeur à NY, celui que je ne porte pas dans mon cœur. Nala quand nous étions encore seules s’est excusée de l’imposer mais le PM partant demain et l’ambassadeur retournant à NY (après 3 mois de vacances) la semaine suivante… et il se disait que ce serait bien que nous nous rencontrions à nouveau. L’ambassadeur a été très talkative s’adressant à moi pour me parler du documentaire de l’UN dans lequel il venait de tourner « je leur ai dit : ce qu’il nous faut c’est de l’argent ». OK, il n’avait pas changé. Semblable à l’image que j’avais de lui et de ce qu’il m’en avait été dit par des média et des organisations à NY. « On a fait aussi un documentaire de 7 mn pour distribuer ». Super ! Sauf que même le PM ne l’avait pas vu. « Et le journaliste vous a demandé ce que vous alliez en faire de l’argent ? » « ben pour l’adaptation, les sea walls, les water tanks… » Parfait ☺… A propos des 1,5°, Apisai comme un enfant suite à sa première expérience de conférence de presse et des journalistes qui le poursuivaient, très fier d’avoir tenu bon jusqu’au bout. Il a des pressions du Japon, maintenant, pour se mettre au pas. Il déjeune avec l’ambassadeur du Pacifique sur le chemin de Palau. J’ai répété mon point de vue. « Il faut tenir sur 1,5°, le monde est à 2°. Des vraies négociations pourraient vous amener à 1,75… Alors que 2 signifiera presque surement en fait 3.. », la fonte de greenland... A l’ambassadeur « vous qui êtes un businessman, les mares de négociation vous connaissez ». Leurs propos à tous les deux témoignaient du fait qu’ils ne croyaient pas encore au sort dont on leur parle. « Il sera toujours temps quand ce sera confirmé ou quand ce sera là.. ». Des sceptiques sont passés par là, le premier étant l’ambassadeur qui n’a cessé à NY de dire qu’« il ne se passe rien à tuvalu ». au point qu’il a été théoriquement recadré. Aujourd’hui il reconnaissait n’avoir jamais vu les éléments déchaînés aussi longtemps.. Il me parlait de la position de Tuvalu sur la déforestation à laquelle je n’ai rien compris.
Avant mon départ, toutefois, il faut que nous recadrions nous aussi les choses et ancrions dans les esprits des dirigeants, présents et à venir, après les élections de septembre, comme dans le public, l’extrême nécessité d’agir. Invitée ce week end dans la maison que viennent de se faire construire les ambassadeurs sur le petit îlot à côté d’Amatuku. Lita m’avait parlé de ce bout de terre qu’elle espérait bien obtenir en échange d’argent que lui devait un mec de funafuti. A Tuvalu on n’est propriétaire de la terre que si vos ancêtres sont nés dessus. Les ventes à des outer iliens sont extrêmement rares. Dans ce cas, parce qu’il y avait dette elle a pu récupérer un bout de rêve. Par curiosité oui, j’irai bien faire un saut, (elle dit : «si t’es occupé on fait l’aller retour ».)
Réunion festival ensuite, où il a fallu rajouter des chaises. La vingtaine théoriquement du comité n’étaient pas au complet mais davantage que les autres jours. Aujourd’hui, y’avait le national council of women (et la sœur de ma voisine) et le kaupule, une adhérente. D’ailleurs, puisque j’avais dit qu’il fallait des tuvaluens pour la soirée d’ouverture, on a décidé à l’unanimité que ce sont ces deux femmes, Peitala et Taiani, qui ensemble, because timidité, joueront les hosts.
Foncé ensuite au National council, la boutique artisanat, pour m’assurer que Pula, la maîtresse des lieux, autorisait son assistante à trouver, en son absence- elle part demain- 8 femmes pour remplacer la session artisanat prévue par l’officier culturel… No problem.
Blabla avec Melton ensuite, autour des tapis vendus à Copenhague et… de son amoureuse. Les vents étaient tellement violents que j’avais du mal à tenir debout et craignait que ma mob ne perde sa béquilles.
Au Fusi où j’achetais du Nutella pour Fanny qui atterrit demain, rencontré le Français de la SPC et son collègue et un tas de tuvaluennes pas encore vues… sauf la douanière de plus en plus sympathique qui m’a indiqué où se trouvait désormais la boulangerie artisanale depuis que leur petit emplacement a été détruit pour faire place au trou immense où sera érigé le marché. A la maison, un bateau de pêche revenait avec une demi douzaine de poissons longs comme un petit bras. Avec Sania venue voir le résultat de la pêche, plaisanté un peu sur le fait qu’elle n’était pas venue à la réunion et du coup j’ai culpabilisé de ne pas être allée voir la patronne du projet GEF sur les tortues, ma vieille amie Siuila, une instit et j’ai enfourché la bike pour aller l’informer du Festival. Et plus.
Sur le chemin du retour arrêt chez Grace que j’avais vue en voiture avec son mari, Léota à qui je veux aussi expliquer Our Planet under water et mon souhait de leur participation. Il était retourné à Amatuku mais sera là vendredi après midi. En face deux petites filles m’interpellent, l’une d’entre elles est la fille de Marica, la consule de France qui faisait sa lessive dans la maison de son frère Albert… Impossible de faire l’impasse. Là se trouvait aussi le père, l’ancien ministre de l’éducation, un soutien de longue date. J’ai refusé la chaise. Vraiment envie de rentrer..
Internet du mercredi soir : What’s happening in the Pacific publie un court article, après avoir il y a quelques jours publié l’intégralité du press release. Cette fois quelques lignes avec citation de Fong qui 1-donne les mauvaises dates, 2-parle uniquement des débats, 3-to bring awareness sur Tuvalu et le climat mais pas un mot sur la culture ou les sports. Rageant !
Back to fagogo editing ! Réunion à 9 h demain du jour car celle du jour n’a pas suffi à passer en revue l’ordre prévu. Après c’est l’avion avec l’arrivée de Fanny et le départ de Nala, Apisai, Anare, Giorgio (qui doit me rendre le dvd et me donner sa carte) ET Solomone que je devrais reconnaître je pense bien qu’on se soit vus une seule fois y a 4 ans. Aujourd’hui chez Siuila dont le fils tient un motel au bout de la piste d’atterrissage, est entré le seul client des 3 chambres offertes, je l’ai vu de profil, ç’aurait pu être ça. D’autant que Siuila m’a dit qu’il repartait demain parce qu’il n’a pas pu aller à Vaitupu. Qui que ce fut, le mec a attendu toute notre conversation puisque nous étions assise devant sa chambre.
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