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PRESS RELEASE : TUVALU CULTURAL KING TIDES’ FESTIVAL

Tuvalu’s 1st edition of its “Cultural King Tides festival” – Tuvalu E! The Tide is High! – will take place during the next king tides, the highest tides of the year, from Feb 26th to March 1st, when most of the capital island is submerged by sea water coming through the ground.

Today global warming is the most serious issue humans have to solve. The remote and sparsely populated archipelago of Tuvalu is a microcosm of the environmental issues we all face. It is also the first sovereign nation faced with becoming uninhabitable due to climate change. If Tuvalu is to disappear, not only a land would be wiped off the maps, but a whole nation with its unique society, culture and traditions will be erased from the Human diversity spectrum.

Determined not to let their cultural patrimony -- a remote part of the world’s heritage -- slip away, the Tuvaluan people have devised this plan to display, perform and record multiple cultural activities to take place at a most symbolic period of time.

Little is known about Tuvalu’s culture. Although, it is believed that the Pacific was settled 6000 years ago, the discovery of underwater caves in Nanumaga, one of Tuvalu’s northern islands, indicates that human could have settled much earlier. In 1861, the arrival of missionaries (London Missionary Society-LMS), might have changed Tuvalu’s beliefs and religious traditions forever. What is lost is lost and the archipelago will keep some of its mysteries forever but there is an unquestionable need for preserving what is left .

During 3 days, traditional competitions and demonstrations will show some aspects of Tuvaluan Culture through sports, handicrafts, dancing, singing, food and Tuvalu’s unique talent in improvised story-telling and dramas. The objective is to raise awareness about what will be lost if Tuvalu’s nation was to disappear both to the new generations and to the world at large. Parallel activities on climate causes, consequences and solutions will target both children and adults, focusing on what we all can do to try to turn the tide.

This first edition of the Tuvalu Cultural King Tides Festival is made possible by the unified efforts of many Government ministries and NGO’s*. It is part of The “Small is Beautiful” (SIB) plan, one of UNESCO’s Decade of Education for Sustainable Development Remarkable Actions, launched with, as a primary objective, the preservation of Tuvalu’s cultural heritage and identity.

Contact : tuvalukingtidesfestival@gov.tv

The organizers :
The original committee :
Ministry of Communication and tourism
Ministry of natural resources and environment
Ministry of Home Affairs, cultural department
Ministry of Education and schools
Department of Tourism
Environment Department
Cultural Office
Youth Office
Sports Office
Meteorological Office
Tuvalu Media Department
Public Works Department
Funafuti Kaupule,
Chamber of Commerce
Lodging Association (Filamona, Vaiaku Lagi Hotel)
Red Cross
Alofa Tuvalu

Some of the other participants :
Island Communities
Tuvalu National Council of Women
Island Care
Tango
TuFHA
Tuvalu Overview
EKT
Schools on Funafuti (the capital of Tuvalu)

14 / 02 / 10 - 10 : 11

Vendredi 5 février Minuit

Kalisi vient de partir après un verre un seul mais corsé de scotch pour lui, de pastis pour moi. Comme depuis Suva y’a deux jours, j’ai pas fait un repas quotidien et ce soir j’avais pas encore avalé la soupe du jour (hier à l’hotel, ils ont sorti une boite de conserve pour moi), le pastis m’a fait un effet bœuf, après coup.

K faisait partie de mes rencontres du matin. Il m’avait obligée à arrêter la mob en se mettant devant, les bras en croix. 2 mots sympathiques puis « je vais peut être venir te voir ce soir… « vers quelle heure? » « 7h1/2 ? ». Emanuel m’avait donné de ses nouvelles, insistant : c’est un mec bien … Oui mais nous étions en froid. Une goutte qui avait fait déborder mon vase : il avait perdu le dvd, mama mia, que j’avais acheté pour Panapasi, fan d’Abba… Comme pour tous les rendez vous « informel » pris depuis mon arrivée hier, j’ai tendance à zapper un peu ou à être obligée par d’autres rencontres à arriver quand je peux… J’avais oublié Cat. Prévu vers 5 h, j’ai fait ma visite à 7h1/4 en disant que je n’avais que 10 mn… Pas grave, je voulais juste lui faire petit compte rendu de la réunion de l’aprem, limité au racing for fun qui lui tenait à cœur et dont elle m’avait parlé dit hier soir qu’ils voulaient l’annuler et que ce serait dommage. Non seulement j’ai même pas eu à discuter pour elle mais il y a eu un apport créatif réel et l’organisation/les paramètres tiennent le choc*. Je suis arrivée en retard, K après moi en s’excusant, so pas tuvaluen… s’excusant aussi aussitôt pour l’histoire du dvd, perçant ainsi l’abcès. Après, discussion sur tout en plus profond qu’avec les autres. Il aime la discussion et ses connaissances mêlées à son bon sens en font un interlocuteur intéressant à un niveau quasi cosmique, politique, spirituel, social.

*Bien sur y’a encore beaucoup à préciser comme lier l’événement sportif au thème de la culture… et au climat.. Ils ont semblé étonnés quand j’ai demandé s’il y aurait un board et un speech explicatif avant/devant les évènements en général. Eux, enfin Kilifi était axé sur les speeches à faire, en anglais, pour les média, une suite interminable de speeches : ministre, sus ministre, directeur, officier, etc… J’ai suggéré que ce soit plutot en tuvaluen, expliquant que ça faisait plus authentique et surtout que les médias filmeront 3 heures en tout et monteront en 2mn, alors, les speeches… C’est clairement un monde qu’ils ignorent même s’ils ont commencé à comprendre que les médias leur faisaient dire ce qu’ils voulaient. Tous avaient leur petite histoire, le dernier kilifi à qui l’on fait dire dans un magazine australien « qu’ils étaient pour un exode en masse », alors qu’il avait dit le contraire (mais sans doute en 10 mn et en délayant). La réunion a duré 3 heures, y’a donc many more things to say about it mais les tuvalens étant très organisés, très formatés pour tenir des réunions et faire des pv (selon bien sur celui qui prend des notes) le compte rendu ne saurait tarder. Ravie de rencontrer Fakasoa, le responsable du tourisme, un gars sympathique que je rencontrais pour la première fois de retour de 3 ou 4 ans de scholarship à Taiwan.

Ce matin encore :

-banque pour changer TC et récupérer les relevés conservés depuis 6 mois. Oui le transfert de UNDP est bien arrivé. Quelques heures plus tard, le mot dans l’enveloppe que me remet Eti me le confirmera, il m’aura juste fallu 3 mois pour être informée.
- Telecom pour m’entendre dire pas la chef du mec d’hier que c’était une panne de quartier due à l’orage de lundi dernier et qu’ils recherchaient depuis où ça avait frappé.
- risasi pour blabla plus que debriefing, elle a proposé entre autre de mettre ses 9 cochons à Amatuku où il semblerait qu’il n’y ait plus assez de stock.
- luisa et sa sœur Pua (une de nos adhérentes depuis 2004 qui vit en Australie) venues pour les funérailles de leur père. Je ne m’étais pas arrêtée hier soir. Je l’ai fait aujourd’hui. Thé puis proposition de déjeuner a ¼ d’heure de la réunion Festival, ca ne le faisait pas trop en timing, dommage.

Au retour de la réunion, une tête aux média, y’avait Semi qui m’a accueillie d’un bonjour et diana. Parmi les sujets au tableau : l’interdiction proposée par le gouvernement d’utiliser sable et gravier. Super dis je. « Non, dis diana, la majorité est contre, certains disent que plus on enlève le sable plus il se reconstitue, d’ailleurs regarde a tepuka, on n’en prend pas et y’en a plus… » . K a qui j’ai posé la question, bien que propriétaire terrien qui touche des compensations est pour l’interdiction, mais c’est vrai qu’il est un peu plus évolué que beaucoup. Il m’a dit ce soir avoir chassé à jets de petits cailloux des elders qui allaient chier dans le lagoon (ceci dit au prix du PQ je comprends) et commencé à convaincre ses connaissances du bien fondé d’une porcherie communale pour éviter la pollution et éventuellement faire du biogas.

Rencontré aussi Dan, directeur des transports maritimes qui nous a octroyé la gratuité sur tous les frais pour chacune de nos importations de l’an dernier. Membre du Fagogo et sa femme que je connaissais par ailleurs mais n’avait, une nouvelle fois, aucune idée qu’ils étaient mariés. Eux aussi à la recherche de beurre.. « vous avez essayé la boulangerie ? J’y allais, s’ils en ont, je reviens vous le dire ». En fait ils m’y ont retrouvée, ils ont pris leur paquet de beurrre étonnés du prix : 6$50 « et le PQ ca vous étonne pas, de 50 centimes à 1,5 $ pour en faire ce qu’on en fait… »

Stops moto avec Enele pour discuter un peu de Copenhague et post. Il est clairement le seul a pouvoir remplacer (avantageusement, dans la mesure où il est tuvaluen) Ian si celui ci devait mettre les rumeurs à exécution. Il pense être à Bonn. Et participera au Festival

Aux membres du Fagogo rencontrés et aux participants au fashion show de environment day, j’ai avoué que j’avais pas fini le montage mais que je terminerai ici et qu’il y aurait les photos à l’expo de l’hotel. En revanche, la veille au soir, pendant la soupe de légumes, vu avec Sele, chef du restaurant, pour qu’elle organise une soirée de projection du film sur l’anniversaire de Risasi, qu’ils avaient tous préparé, en surprise l’an dernier, chants, danse et festin.

Faut pas que j’oublie, sous prétexte que je rencontre tout le monde et discute 2mn avec chacun de faire des réunions, ag et autres sous meetings pour aller plus loin sur tous les sujets. Faut pas non plus zapper les 2 ou 3 dossiers de Copenhague comme Patrimoine mondial, gazification recherche de fonds par Jorg, Ray of the Day de stephen/can ou encore le film de Drago.

Dimanche, diner avec Cath et une japonaise, chef de projet pour Jaca (japonese aid) ici pour replanter des coraux, ceux qui permettraient au sable de se reconstituer plus vite. Quand Cath m’en a parlé hier, je lui ai demandé si on pouvait se voir pour étudier les coopérations possibles avec notre projet marin auquel Sandrine veut y ajouter les coraux… un must puisqu’il n’y a « rien » la dessus. Peut être en fait y a t’il. L’équipe japonaise dont fait partie Fumiko venait étudier le sable. Ils étaient très nombreux et sans doute ont ils avancé un peu sur l’étude des coraux de Tuvalu, en tout cas de Funafuti.

Mais demain c’est samedi et je vais pouvoir finir de m’installer et réfléchir. Et là tout de suite, dodo. La violence du vent qui fait tourbillonner le lagon comme l’océan qui empêchait Chris de dormir quand nous étions dans la maison Ocean side il y a 4 ans, me bercera. J’ai pris la précaution de déplacer mon lit pour ne pas me réveiller, comme ce matin, trempée par une fuite venant du plafond.

Samedi 6 février : : Eléments déchainés. Ce soir encore, un énorme coup de tonnerre juste au dessus de la maison puis plus rien, le lagon roule comme une machine à laver , menaçant quelquefois et la pluie claquent sur les feuilles dans un bruit étourdissant, constant … Par bonheur dans la journée quelques gouttes seulement ici ou là… sans conséquence. Surtout par rapport à ce que je viens d’apprendre de la situation à Tahiti.


08 / 02 / 10 - 09 : 13

Jeudi 4 février : dernière étape, Suva/funafuti

Le signal « attachez vos ceintures » s’est allumé un peu trop souvent à mon gout… Dans ce petit coucou au dessus du pacifique, ce n’est pas rassurant. Par bonheur, les secousses ont à peine duré 2 secondes… Elles étaient quand même le présage d’orages sur l’ile… Descente de l’avion sous un ciel plombé et pataugeant dans les flaques mais sans pluie. A l’aéroport, Cat était là avec 2 boys pour porter les bagages et un camion de Public works pour les trimballer jusqu’à la maison… Peu le temps de lui parler avec les rencontres successives : Eti, Katalina, Oli (qui partait au Vanuatu), Mafalu (le président de Tuvalu Electricity corporatation que je me suis promise de remettre à sa place dans l’affaire Piggarep) , Luisa qui accueillait ses sours venus pour la célébration du décès de leur père avec invitation a me joindre à eux le soir… Autour de la maison le lagon est démonté et l’électricité a été coupée le matin (factures pas payées depuis Septembre….et à des tarifs prohibitifs comme si quelqu’un s’était installé dans la maison après que Cath l’ait quittée et avant qu’Elaga (notre gardienne du foyer) ne le réintègre… Mystère à résoudre. Ce fut la première urgence… La bicyclette étant crevée, je décide de m’y rendre à pied et en vitesse avant que ça ferme… Sur le chemin, les hello se succèdent. L’employée de poste retraitée m’emmenera jusqu’à l’hotel où j’ai pris le check book Alofa que conserve Risasi en mon absence. Eti m’emmenera jusqu’à TEC (première douche sous l’orage)… Lono, l’ancien responsable du tourisme me ramènera à l’hotel et Leota jusqu’à chez lui où se trouvait notre mob electrique…

Déballage des bagages, première tentative de rangement en ouvrant les boites des articles laissés sur place… Encore beaucoup à inventorier dont la valises de fringues et celle de cadeau laissées dans le placard.

Si, d’une manière générale, tous les tuvaluens croisés sont contents de me voir, j’ai fait un vrai heureux. Parmi les cadeaux emportés, un costume de spiderman et petit slip qui n’allaient plus à mon petit fils. Je le destinais à Tony le fils de Nala, un fan, comme beaucoup d’enfants de l’homme araignée. Découvrant deux assiettes ornées du même héros dans le vaisselier, j’ai compris que le petit fils d’Elega faisait partie du même club. Si, choqué par la surprise il a eu du mal à dire merci, il a immédiatement enfilé le costume pour parader, sans doute étouffant de chaleur, dans le chemin et, à chaque fois que je faisais une pause à la maison, il se précipitait dans mes bras. Pour lui, j’étais la mère Noel.

2e urgence : plus de téléphone, donc plus d’internet… Cette fois ce ne sera pas aussi rapide : demain, ils envoient un techniciens.. « vous êtes alofa tuvalu » me dit l’employé que je ne connaissais pas ».. « Hmmm et je suis aussi une peste, si je ne vois personne demain matin, vous me revoyez aussi sec « .

Les nouveautés dans la ville : une ou deux épiceries de plus, un marché en construction, un Nième restaurant chinois (un des 3 couples de nauru adoptés par un tuvaluen au retour du bateau en 2006), la papeterie de Susie transformé en débit de boissons (comme si les tuvaluens avaient besoin d’un accès plus direct ). A propos d’alcool ce qui m’a frappée dans ls documents de douanes à remplir dans l’avion : Tuvalu est le seul pays où il est interdit d’avoir sur soi plus de 2,5 litres d’alcool fort, 4 litres de vin, 5 litres de bière ! A vérifier par Fanny

Visite rapide chez Sina, la femme d’éti pour déposer les vinaigrettes italiennes préférées de so mari. Et prendre rendez vous pour utiliser l’ordi d’Alpha à 5h..

Quelques courses de première priorité comme le lait et le PQ. Rencontre de Penni, d’ados connus enfants, comme la fille de Tia ou de Penni… Kilifi qui tout à coup s’investit dans le festival après avoir dit à leur dernière réunion, que le service de l’environnement n’était pas une institution financiere… Embrassé quelques femmes dont je connaissais le visage sans savoir où les replacer et dont, bien sûr j’avais oublié le nom… et deuxième douche des cieux. Je resterai trempée le reste de la soirée…

J’avais juste oublié le rendez vous debriefing avec Cat… à 5h comme avec Sina… que je ne retrouverai donc qu’à 6… Chez Alpha un seul ordi disponible, qui fait des siennes. Comme à l’époque où l’internet exigeait 1h pour ouvrir une page, l’ordi ne controlait plus ni internet explorer ni word. Impossible d’enregistrer les messages reçus pour y répondre plus tard. Après 2 heures de ruses, j’ai abandonné après avoir réussi toutefois à forwarder un message de Sarah et des documents sur les digesteurs plastiques à Sikeli… Parmi les nouvelles de Cat : réunion Festival demain à 14h…

Passé et repassé devant la maison de Luisa sans m’arrêter… Trempée comme je l’étais ce n’était pas une tenue de funérailles. Pourtant j’avais faim.

Comme Willy a, comme l’an dernier, enlevé le four à micro ondes et que j’avais une petite faim d’un truc chaud, à hotel où ils m’ont fait une soupe.. Blablabla avec Iokapeta une des serveuses que j’aime bien et qui était en stage hotellerie l’an dernier. Beaucoup à rattraper avec elle d’autant qu’elle me racontait nos newsletters.. la photo de tavau et de kelesoma à Paris, la marche climat avec les masques de Kalisi, Nala, Risasi, PM… et bien sûr Copenhague. En fin de diner, Mote le barman nous a rejoint à la table et more blablabla.

Minuit et demi : la pluie tombe en trombes bruyantes m’empêchant de penser davantage. J’ai rarement entendu aussi violent. J’espère que ce sera calmé demain. Au réveil, mon lit est trempé : la toiture en a pris un coup et dégoulinait sur mon drap…


08 / 02 / 10 - 09 : 09

Jeudi 4 février 2010 : En attendant le sommeil

Un jour dans la vue et déjà je ne m’y retrouve plus. Si je ne pose pas quelques notes demain avec son cours normal à la GiGi à Tuvalu, j’aurait tout oublié… ou presque

La journée d’hier fut riche en rencontres, toutes extrêmement agréables. Que des gens super… Tout fut donc, puisque je suis incapable de discuter argent quand j’aime les gens, plus amical que financier.

La journée a commencé tôt, (pour moi surtout considérant la fatigue accumulée et le petit jetlag) avec Norman Barth à 9h, à l’ambassade des Etats Unis. Sécurité à rassurer un parano profond. 4 barrages. Au 3e, j’ai du déposer : disque dur, clé usb, téléphone et briquet. Au 4e, j’ai montré mon passeport. Comme ils voulaient le garder, je l’ai échangé contre mon permis de conduire américain. Au moins si je l’oubliais je pourrais prendre mon avion le lendemain. Norman, que je rencontrais pour la première fois, a préféré que nous allions prendre un café. Celui auquel il pensait était encore fermé. Nous avons poussé de quelques mètres pour un capuccino à Esquire, là ou j’avais rendez vous avec Bernard Maizeret, conseiller culturel à l’ambassade France. Norman, responsable environnement de l’ambassade, parle un français presque parfait. Il a vécu au Luxembourg et à Toulouse. Discussion a bâtons rompus sur tout y compris la politique, l’humanisme, bouddha et bien sur le climat pendant une heure. Norman présente le gros avantage par rapport à un tas d’officiers d’institutions d’avoir un vrai background environnement. Humblement quand je lui ai posé la question, il a répondu « je ne suis que chercheur ». avec un tas de diplomes dans les poches.

Sur le chemin de l’hotel, j’ai retenté Garry chef de la division UNDP de Fidji rencontré à Tuvalu en 2003 et avec qui une vraie amitié s’était lié (je n’ai su qu’il était boss que des années plus tard). Sur son portable cette fois, au cas où son assistant ne lui avait pas passé le message laissé la veille. « T’es où ? » « je rentre à l’hotel »…. « Attends, j’arrive, on se retrouve à Esquire dans 10 minutes »… Là aussi discussion amicale et plus personnelle que professionnelle d’une heure. Il a perdu son père il y a quelques mois et avait envie de partager les émotions qui le tiraillaient encore. Il m’a aussi demandé où j’en étais « à part Tuvalu ». Un peu brulé par les bisbilles internes à l’UN et UNDP, il a failli démissionner à plusieurs reprises mais restera sans doute jusqu’à la fin de son terme, dans 3 ans, tout en testant sa liberté en se disant qu’il peut partir s’il le veut. Discuté un peu du Piggarep, un peu du financement UNDP (pas passé par lui) pour la reproduction biogaz dans une ile lointaine. Il m’a aussi répété ce qu’il m’avait écrit après réception de la Newsletter Copenhague, combien il avait apprécié. Il l’a forwardée à tout son service.

Une petite heure de battement à l’hotel, le temps d’autoriser la réception à m’appeler par mon surnom tuvaluen Gigi, plutot qu’un raccourci en Anne… avant de me retrouver au même endroit pour attendre Bernard Maizeret, qui a remplacé un des deux malotrous en poste ces 3 dernières années. Jamais deux sans trois, nouvelle discussion du même acabit, sympathique autour d’un déjeuner indien. Il m’a facilité la tâche en abordant le sujet des soucis rencontrés avec son prédécesseur. « je ne porte pas de jugement, je ne l’ai vu qu’une heure, mais je sais qu’il s’engueulait avec tout le monde ».. J’ai mis à jour ses connaissances en lui racontant leur attitude à mon/notre égard et vis à vis de Philipe Gerbeaux, créateur de l’antenne UICN, qui a préféré abandonner la partie, et rentrer chez lui, enfoncé dans une déprime provoquée par le « harcèlement moral » des deux zouaves à qui il envisageait de faire un procès. Nous ne serons pas présentés au Fond Pacifique cette année mais il prendra en charge un bout de la mission de Gilles et va suggérer Tuvalu comme site USP pour un projet que j’ai déjà oublié, Amatuku pour un projet solaire et éolien et les pêcheurs de funafuti pour les lanternes solaires. Que des bonnes idées, voyons si l’essai se transforme. Alors que nous terminions moi mes épinards, lui ses aubergines, quelqu’un l’a interpelé, discrète je ne me suis pas retournée. Il s’est levé pour échanger quelques mots. En se rasseyant « c’était un patron d’une ONG active dans la région, FSPI »… « Rex ? », je me suis précipitée dehors pour un double hug à lui et son épouse. Rex m’avait aussi expédié un mail gentil après la newsletter Copenhague auquel je n’avais pas répondu. « T’es là depuis quand ? Jusqu’à quand ? ». « Demain matin ». Faut absolument que tu passes me voir… Je voudrais te parler de nos projets de publications et t’entendre sur vos projets. ».. Hmmm ça n’allait pas être facile. son bureau fermait à 5 et je devais retrouver Sikeli vers 3h à l’hotel. J’aurais bien aimé aussi prendre une douche avant de filer à la résidence de Michel et Christiane Monnier … Sikeli n’étant pas encore là, j’ai reporté le rendez vous jusqu’à 16h30 pour répondre à l’invitation de Rex. Qui à peine assis m’a invitée à diner chez lui. Il en avait parlé avec sa femme et c’aurait été plus sympa. Mais bon, pas possible. Lui aussi a passé la newsletter à son staff. « C’est le seul vrai point de vue du Pacifique de la conférence et c’est drole en plus. Merci » 1 projet de livre de cuisine traditionnelle des iles du pacifiques à la sauce d’un chef américain. La maquette est agréable. Il nous en envoie quelques exemplaires quand c’est imprimé (publié par Random House) et on voit si on peut promouvoir/distribuer en France. La méthode m’a rappelé notre projet de production d’artisanat, partant des modèles locaux, redessinées par un designer Français. Les 2 autres projets sont clairement inspirés du comic book. L’un sur les déchets plastiques dans l’océan ne me semble pas correspondre à un public enfantin à cause de ses illustrations en pate à modeler, ni brillantes ni drôles. Le second est plus intéressant, sous forme de livre à colorier. Je lui ai suggéré de le traduire dans chacun des langages des nations du pacifique car les petits qui colorient ne parlent pas encore l’anglais.

Rex est drôle, effectivement très enthousiaste et aussi très humain. Nous ne nous étions pas revus depuis la mort de ma petite fille. Il m’a demandé si ça me dérangeait d’en parler. Il avait été très touché. Je lui ai raconté toute l’histoire, il le fut plus encore.

Retour à l’hotel un peu en retard. Par bonheur Sikeli n’était pas encore arrivé. Il n’arrivera d’ailleurs que bien plus tard, empiétant sur le verre prévu avec Emanuel et Greg et son épouse, de retour de Tuvalu après 2 ans. Malheureusement pas pu copier sur sa clé le dossier de documents biodigesteurs plastiques préparé pour lui. Aux précisions que je lui demandais concernant son rapport de maintenance du digesteur d’Amatuku, il m’a répondu « j’ai pas dit sabotage mais facteur humain plus certain que la remontée d’eau salée ». Il vient de prendre sa retraite du ministère de l’agriculture et le commodore autoproclamé Premier Ministre en 2006 a décidé de couper toutes les retraites. « de combien de % » « 100%, plus rien… Nous devons assurer nous même ». « Mais faut des économies » « c’est l’idée, que chacun se prenne en charge »… « Même ceux qui comme toi prennent leur retraite au moment de la décision ? » « Oui.. ».. Drastique non ?

Emanuel nous a rejoint et blabla sur Tuvalu, amatuku etc. A 7h je les ai quittés pour faire un brin de toilette avant de filer vers Ratu Sukuna Road. Arrivée un peu en avance, j’ai d’emblée apprécié Monsieur l’Ambassadeur. Extremement chaleureux « j’ai tellement entendu parler de vous, je suis vraiment heureux de vous rencontrer… enfin, j’ai l’impression de vous connaître depuis toujous ». Ravie de revoir son épouse, Christiane. Nous nous sommes embrassées pour le coup comme si nous nous connaissions depuis des années. Début d’apéritif puis sont arrivés Jérémy Faucon, le consul que j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer et Jacqueline (oublié le nom), numéro 2 de l’ambassade et remplacante de celui qui aurait plus été à sa place en cure de désintoxication que dans une ambassade. Une fille super aussi qui dit ce qu’elle pense et pense bien.
Et, à mon grand étonnement, sont arrivés aussi, installés depuis peu et invités pour la première fois, Aunese, le nouveau Haut Commissaire tuvaluen et sa femme rencontrée une fois, alors qu’elle était de passage à Funcity. Elle étudiait alors à USP Fiji et m’avait demandé mon avis sur un rapport qu’elle devait rendre sur les ….. réfugiés climatiques. Jusqu’à présent je n’appréciais pas trop Aunese qui avait un peu trainé pour signer le document nécessaire, en tant que représentant de l’UE, quand nous devions expédier la demande de fonds « Energy Facility » en 2006. Hier soir, il m’a semblé tout à fait à sa place et très souriant.

Il faut dire que notre ambassadeur sait mettre à l’aise et est doté d’un humour certain…. Et d’une humanité profonde. Né au Vietnam, toute sa famille a péri, victime de la guerre américaine. Il dit avoir pardonné mais évidemment la souffrance perdure. Toute la soirée anglais et français ont alterné. Dès le toast d’accueil. En anglais d’abord pour saluer, dans l’ordre, ma présence et celle du Haut commissaire, en Français ensuite, juste pour moi, où l’empathie et la sympathie témoignée m’ont touchée. Je ne sais plus les mots mais j’ai rarement reçu un message plus amical. En gros « vous êtes ici chez vous et soyez assuré que ce que vous avez vécu avec ceux que vous connaissez, c’est du passé. Ensemble nous allons faire avancer les choses ». Et plus la soirée se déroulait plus le français prenait le pas et plus j’appréciais l’ambassadeur et Jacqueline (et chistiane bien sûr) tandis que Jérémie assurait en anglais avec aunese. La aussi on a parlé de tout, de politique, de société, du vietnam, de la bretagne, d’Haiti,d’adoption et j’en passe. « Ca ne se fait pas d’appeler quelqu’un qu’on connaît si peu par son prénom mais j’ai envie de vous appeler Gilliane ». Alors que j’étais arrivée en me disant que je ne tiendrai pas bien longtemps, tellement je tombais de fatique, je n’ai pas vu l’heure passer. Ce fut comme difficile de se quitter après que le haut commissaire soit reparti… Discussion près de la piscine (vous êtes vraiment atypique lui ai je dit « mais ce n’est pas bien d’être atypique » « si, vous laissez parler votre cœur » « un bon diplomate ne doit pas » « oui mais ici ce sera vraiment apprécié… Eugène Berg a conquis Tuvalu en étant lui même… », discussion dans le salon, discussion sur le pas de la porte et ça s’est terminé par un baiser sonnant de la part de Christiane bien sur mais aussi de son époux.. Jérémie m’a déposée à l’hotel à presque minuit, en me confortant dans l’idée que nous avions de l’ancien numéro 2. « vous ne pouvez pas imaginer ce que ça provoque quand l’ambassade est appelée pour un problème de prostituées dans la piscine du numéro 2 ou quand on le retrouve , la voiture dans le fossé, ivre mort »… Il était vraiment temps que ces deux là fassent leur valise avant de ternir davantage la réputation française. Jacqueline a envie d’aider Tuvalu a se faire entendre encore davantage et a mis de coté une petite cagnotte… Peut être un bout pour Bonn ou Mexico. Pour des conseils juridiques.. J’ai aussi suggéré une formation plus poussée de quelques tuvaluens.

Réveillée à 4h, puis 5, puis 6, de crainte que la réceptionniste de nuit n’oublie de me sonner…
Taxi à 7h30 et arrivée à l’aéroport une bonne heure avant. D’ordinaire, je suis la première, les tuvaluens arrivant en dernière minute. Ce matin, ils étaient tous là avant moi : Italeli, le ministre de la santé, un vénérable vieillard dont j’ai oublié le nom et sa femme, et ceux qui ne voyageaient pas mais avait un paquet à transmettre à la famille à Tuvalu, comme Susie (déjà là l’an dernier… et finalement avec Aunese hier et elle, j’aurais vu même ceux sur lesquels j’avais fait l’impasse) avec des copines qui sont installées à Fiji. Ou Eliala, en formation à Fidji, venue accompagner son frère Solomona et patsi sa femme…

Autre bonne nouvelle aéronautique : Air Pacific à Suva ne m’a fait payer aucun supplément de bagages alors que j’en avais 25 de plus qu’autorisés. Sans que je demande quoi que ce soit. Sheenaz aurait elle passé le mot ? Etrange. Avant c’était de mise avec Air Fiji, je n’ai jamais payé de surcharge même à 40 kg de plus. Mais Air Fiji is gone, remplacé par Air Pacific habituellement beaucoup moins souple.



08 / 02 / 10 - 09 : 07

Mardi 2 février 2010 : En attendant le bus, 6h Nadi airport

Le soleil tarde à se lever ou bien je suis sortie plus vite que d’habitude. Peut être bien…. Malgré mes appréhensions.

La nuit dernière, au comptoir Air Pacific de l’aéroport de Los Angeles, une note surprenante posée là, à peine visible : « n’achetez pas au duty free de Los Angeles. Vos articles seront confisqués à l’arrivée à Nadi, où vous pouvez, à la sortie de l’avion, vous procurez vos articles hors taxe »… Quid des dizaines de parfums déjà dans mes bagages et mes cigarettes.. Allaient ils me les confisquer aussi ?

Une première bonne nouvelle, l’agent d’air pacific m’avait d’abord placé au fond de l’avion. Ce qui signifie être parmi les derniers à sortir et arriver à la douane. Un autre agent accepte de m’avancer de quelques rangées. Mieux que rien. Quand je lui tend ma carte frequent flyer American airlines, un partenaire d’Air pacific, il réimprime à nouveau ma carte d’embarquement… Petite angoisse devant la queue interminable pour accéder aux contrôles… Mais ça le fait. A l’embarquement, je regarde mon boarding pass : 20 rangées de mieux…. Et one more kindness of the gods : alors que l’avion était plein à craquer, je me suis retrouvée, comme souvent, avec 3 sièges pour moi toute seule et j’ai dormi, jusqu’au petit déj.

Avec un peu de chance, le jetlag sera aussi inoffensif qu’à L.A. où mon horloge interne s’est immédiatement mise à l’heure californienne.

A la descente de l’avion, la chance m’a souri à nouveau : pas d’attente aux passeports, 5mn pour les bagages et à la douane, alors que je n’avais coché ni oui ni non à la question « transportez vous de la nourriture », en ayant répété mes arguments pour le café, l’huile d’olive, le roquefort et autres goodies, ce fut comme si le contrôleur derrière son scanner avait décidé de ne rien voir. Au dernier barrage, à la question « vous avez quelque chose à déclarer », ma réponse a satisfait « rien de plus que ce que j’apporte chaque année »… Et dehors je fus… Achat du ticket pour l’autocar, d’un carte sim pour mon téléphone, et me voici au son des moineaux locaux, à attendre que le soleil se lève et que le bus arrive… dans une heure et demie. Rare occasion de voir le lever du soleil. L’été, en France, j’ai plutôt tendance à le voir se lever quand je me couche..

Rien à signaler sur les 5 heures qui séparent Nadi de Suva… Paysage toujours aussi luxuriant mais je ne vais pas refaire l’herbier de l’an dernier même si j’ai repéré des espèces pas remarquées les années précédentes.

21h-Suva Motor Inn ou je me suis posée vers midi et demi. Pas de bol : aucune chambre de libre… Bol : ils m’en ont trouvé une pour une nuit.. Demain on verra. Une demi douzaine de coups de fil pour organiser le planning du jour et du lendemain. Rendez vous pris à Sopac pour 14h30 puis avec David, notre représentant à Fiji. A la Sopac réunion informelle de 2 heures avec Paul le responsable des Communautés et de l’Energie. Paul qui va quitter sopac dans quelques mois m’a re-présentée aux jeunes de l’équipe : Koin et Frank, responsables de divers projets énergie. Echanges d’information pour assurer des reproductions plus efficaces. Je dois leur forwarder toutes les infos sur les digesteurs plastiques pour un petit projet à Kiribati qu’ils font avec notre Sikeli, (l’idée est de pouvoir faire fabriquer sur place) et sur nos petites machines biodiesel et gazo. Koin a regretté que nous n’ayons pas fait de communication sur la mission 2009. Elle veut parler de nos actions dans leur newsletter et sur leur site, pour pousser aux reproductions… Une véritable coopération.

En attendant l’heure du rendez vous avec David, pour parvenir à garder les yeux ouverts, petite ballade dans la ville et limonade au bar de l’hôtel. Là, une tape sur l’épaule me fait sursauter : Emmanuel, notre ami autrichien, un des rares résidents occidentaux de longue durée qui avait quitté l’archipel fin 2008 et qui, selon mes infos ou plutôt mon manque d’infos, n’y avait pas remis les pieds. Ben non : il venait d’y passer 5 mois et retournait en Autriche pour l’anniversaire de son père.

Le rendez vous avec David tombait bien : Eti, notre vice président à Tuvalu et responsable, avec John Hensford, de la compagnie de navigation « alpha pacific », un de nos sponsors locaux, avait remis une enveloppe à Emmanuel pour David… David toujours très obligeant a renouvelé son offre de nous aider pour tous nos besoins à Fiji. A priori, les bandes dessinées que nous faisons réimprimer seront prises, en bagage accompagné, par des marins qui rentrent à Tuvalu.

Demain : 9h : Ambassade US, puis, pas confirmé cappucino avec Garry d’UNDP suivi d’un déjeuner avec Bernard Maizeret le nouveau conseiller culturel de l’ambassade de France, puis Sikeli notre spécialiste du biogas pour lui donner les infos sur les digesteurs plastiques, et enfin, dîner avec notre Ambassadeur et son épouse. Anare, ex sopac et désormais UICN énergie, fera le voyage à Tuvalu dans quinze jours, c’est là bas que nous nous verrons. Je fais l’impasse sur le Haut commissariat de Tuvalu et sur Susie notre présidente locale plus souvent cette dernière année à Fidji qu’à Tuvalu.

Dernière bonne nouvelle du jour : Emmanuel me donne sa chambre pour demain soir si l’hôtel ne m’en trouve pas une autre. Update : finalement mes potes de la réception ont trouvé le moyen de me laisser dans « ma » chambre mais ont demandé à un couple qui rentrait de Tuvalu de changer de crémerie.


08 / 02 / 10 - 09 : 04

Dimanche 31/1/2010 L.A. - Journée bulle en attendant l’avion

Revu quelques courriers et le rapport de Gilles repris par Fanny, finalisé les prévisions bancaires d’ici, parlé avec Linda et Fanny d’histoire de sacs légers pouvant passer en soute ou en cabine et contenir les 8 kg de surplus que je laisse ici pour que Fanny les emporte principalement de la bouffe qu’on ne trouve pas là bas, du calcium, des fournitures.

Je suis arrivée à L.A. avec un sac d’à peine 23kg, (depuis Novembre c’est la limite d’Air France), une petite valise roulante de 8 kg (avec la caméra, une batterie qui pèse un âne mort et autre trucs lourds comme des bouquins, l’alimentation de l’ordi) et un grand sac à main/cabat pour l’ordi disque dur, carnet de note, les papiers nécessaires pour le voyage, et le plastic transparent avec les quelques tubes et petits trucs en verres. Je repars avec un 2e sac et 45 kg en tout. Par bonheur Air Pacific autorise encore 2x23 kg sur les vols avec les US. Sur air France, la tolérance est passée de 2x32 kg à 1x23 kg en 2 ou 3 ans. 41 kg de moins ! C’est bien pour les émissions, mais oblige à une vigilance accrue. Quand on part pour 6 mois, chaque objet doit être pesé et soupesé.

En quête d’une veste légère j’ai opté d’abord pour le Tati local, Ross, en face de la maison… d’abord. Le plan étant de me rabattre sur CP Shades, un de mes lieux de prédilection, pour des trucs sympathiques et pas trop chers dont je faisais des razzia pour toutes les copines. Sauf qu’en 20 ans, ils ont progressivement chargé la mule et les tarifs sont devenus prohibitifs. Gain de temps et économie, j’ai finalement trouvé à peu près ce que je cherchais à Ross..

Bagel avec Chris dans le jardin à se raconter nos amours, nos malheurs, nos plaisirs. Et c’en est un vrai de passer 24 heures à L.A. surtout avec un hote comme lui qui s’est, encore une fois rendu disponible pour me trimballer et me conseiller.

On lève le camp dans une ½ heure. Je vais faire œuvre de ménage et après l’astiquage des poignées de porte du frigo ce matin, m’attaquer à quelques toiles d’araignées. A chacune de mes visites, l’épaisseur de poussière est + haute. Chaque fois, symboliquement j’en enlève un peu histoire de ne culpabiliser d’avoir participé à l’encrassement.


08 / 02 / 10 - 09 : 02

Paris-LA, 29 Janvier 2010

A une minute près, j'ai failli ne pas partir.. Passages aux contrôles divers sans encombre, je me suis même dit qu'ils ne vérifiaient pas trop.. Ensuite, train-navette pour la salle d'embarquement... C’est là que se trouvaient les boutiques hors taxes. Stop pour quelques parfums (dont celui de Soma et d'Eti)... Des chinois ne s'en sortaient pas de leur code de cartes bancaires, m’ont fait me dire "ils vont me mettre en retard" mais pas plus que ça stressée.. Puis cartouches de cigarettes... Passage aux toilettes? Heu non, il doit bien y en avoir d’autres plus près de la salle d'embarquement tout au fond du terminal .. Là, 2 agents Air France me demandent où je vais... "los angeles"... "Désolés, l'embarquement est terminé, l'avion s'en va"... "mais c'est pas possible..." "Il est 10h45, Mme. Vous étiez en correspondance ? " "euh non, mais vous n'avez pas fait d'annonces et il faut vraiment que je parte, je transite par LA ".. "On ne fait plus d'annonces... on va appeler le pilote, voir s'ils veulent bien vous laisser entrer mais je connais sa réponse"... Finalement, les cieux (et le pilote) étant de mon côté, j'ai pu m'asseoir au siège 25J qui m'attendait ! Bizarrement je n'ai pas paniqué, imaginant les solutions de rechange, mais avec l’impression de tourner une scène de comédie. L'hôtesse : "vous vous êtes perdue dans le terminal ? C’est vrai qu’ il n'est pas pratique" "Euh non..."... Je n'avais aucune excuse, sauf celle de n'avoir pas cherché à regarder l'heure et vu qu’ils sont avares de pendules dans les terminaux, ça ne m’a pas sauté aux yeux. J’ai quand même célébré ça au champagne.…

Après je me suis enfilé 5 films dont le Petit Nicolas et This is it... Le système de visionnage s'est pas mal sophistiqué. Avant si on quittait le film sur lequel on se trouvait pour voir ailleurs, puis retourner au premier, il repartait à zéro... Maintenant l'écran te demande si tu veux reprendre là ou tu en étais.. Autre sophistication sympathique que j'avais vu la dernière fois sans l'avoir essayée : on peut créer sa play liste musicale à partir de cd mis à dispo sur l'écran.. Une douzaine de titres ont accompagné la lecture de Match qui a changé son déroulé mais pas amélioré son fond... « Elle », bof, même l'horoscope n’avait pas d’intérêt puisqu'il s'arrêtait la veille.

L'avion a atterri 10 mn avant l'heure annoncée et toutes les étapes vers la sortie se sont, comme au départ, effectuées en douceur : pas d'attente interminable debout dans l'allée pour sortir de l’avion puisqu'installée en tête ; pas trop de queue, non plus, aux contrôles des passeports ; le bagage tournait déjà sur le carrousel. Le dernier barrage pour donner le papelard de l'agriculture fut un rêve aussi, à peine 2 mn...

En 1/2 heure, j'étais dehors. Chris pas.. Un peu plus acrobatique pour retrouver le téléphone dans un sac plein à craquer, sortir la carte sim us, remplacer l'autre... On ne s'entendait pas mais il est passé à 2 m sans me voir quand je l'ai aperçu, téléphone à l'oreille.
Arrêt sur le chemin de la maison de Venice pour des bagels frais, puis à la banque pour déposer les dollars prévus pour les achats à faire aux US, chez Thrifty pour renouveler le stock de pansements et autres compresses pour la Maison de Funcity, puis, porte à côté, quelques achats bouffe comme les vinaigrettes pour Eti.

Dans Indiana Avenue, devenue comme le reste de Venice, très bobo, notre bungalow est entouré de résidents d’origine, des amis depuis plus de 20 ans. J’avais demandé à Chris si tous allaient bien. Le voisin d’en face, John, quatre-vingt ans, était dans un établissement semblait il. En garant la voiture, sa femme Gonzalo nous annonce qu’il était mort le matin même. J’aimais beaucoup John, black texan, un bon humour. Il « surveillait » notre maison d’en face quand nous n’y étions pas. J’irai voir Tee, le voisin de droite, le plus âgé de tous…. J’espère qu’il va bien. Et bien sûr je poserai un baiser sur la joue de Rosie avant de m’envoler à nouveau… demain. Devant la maison de Rosie, à gauche de notre bungalow bleu, stationne, comme souvent, un groupe. Aujourd’hui, j’ai huggé : froggy, un des petits fils, qui doit avoir 20 ans et que j’ai vu naître, son frère, Pupa, un peu plus vieux devenu mon ami à 3 ans et qui sortait la veille de quelques années de taule, Rochelle, leur mère, qui a passé la moitié de sa vie d’adulte à l’ombre pour des problèmes de crack et autre substance. Elle a eu 5 enfants, tous de pères différents. Le plus grand, Tyon a travaillé avec nous sur les California Visions et autres Chroniques. J’étais un peu leur mère de substitution. Et je me souviendrai toujours de Pupa à 4 ou 5 ans, pleurant à chaudes larmes quand je repartais à Paris « emmene moi avec toi »..

A Venice, et j’imagine pire encore dans les quartiers plus populaires, de plus en plus de gens vivent dans des caravanes, garées la nuit et obligées de se déplacer le jour. Je n’en ai vu qu’une demi douzaine mais Chris me dit qu’il y en a partout autour du parc dès que la nuit tombe. L’empire s’écroule comme dit Sam.

Dans le jardin, des plumes éparpillées m’ont évoqué une colombe attaquée par un opossum. Un siamois aux longs poils, déjà aperçu au retour d’il y a 6 mois, était posé sur le toit de la cabane du jardin.
Dans la maison, vidé la boite de courriers accumulés depuis 6 mois. Le bonheur. c’est qu’après une décennie de non résidence aux US, la boite « à voir » est de moins en moins pleine. Quelques relevés de banques et docs administratifs et ma driving licence, renouvelée automatiquement jusqu’en 2014 et le formulaire annuel de la sécurité sociale (aux US : la retraite), me rappelant que j’aurai droit à un petit bout pour la décennie travaillée aux US. Pas grand chose mais comme je n’attendais rien c’est une bonne nouvelle.



08 / 02 / 10 - 09 : 00

Talofa

Avant que 2010 ne prenne trop de rides, nous tenions à vous transmettre tous nos vœux pour cette nouvelle année. Pour ceux qui ont un peu plus de temps et sont intéressés par le résumé de nos activités parisiennes et celui de Copenhague : http://www.alofatuvalu.tv/FR/09_news/page_09_fr.html#newsletter

Before 2010 grows too old, we want to send our best wishes for this new year. If you are interested, you’ll find a 2009 Parisian activities and COP summary at : http://www.alofatuvalu.tv/US/09_news/page_09_us.html#Anchor-63853

Ke manuia te tausaga fou !

Alofa Tuvalu



17 / 01 / 10 - 15 : 54

Tuvalu was the ray of the day in Copenhagen!

This morning, the delegation decided to stop the plenary session to express its disagreement with the position of a few countries were taking : to stay with the Kyoto Protocol without amending it and refusing a legally binding agreement.This afternoon a major public demonstration happened to support Tuvalu's position... Then, tonight, Tuvalu got, for the first time ever at the COP an award "the ray of the day"... a funny award to celebrate this incredible event of the day and congratulate Tuvalu for its position and bravery. Also see the video published on the BBC website.



















09 / 12 / 09 - 20 : 01

English

Tuvalu in Copenhagen : 1,5° maximum

➢ In the heart of the negotiations, Tuvalu accentuates the urgency of a massive decrease of GHG emissions. Determined to attempt everything to stay on their ancestral land, the symbolic nation is calling, with AOSIS, for a limitation of the world temperature increase to below 1,5° Celcius of pre-industrial level.

➢ A the Cop15 Bella Center, during 2 weeks, members of the Tuvaluan delegation- comprised of Government representatives and NGO (Tucan/Tango, Tuvalu Overview and Alofa Tuvalu)- will exhibit some of the concrete solutions in progress on the archipelago to reach fossil fuel independence by 2020.

➢ At the Prins Henrik French Lycee, Mrs Nala Ielemia, Tuvalu First Lady and Alofa Tuvalu‘s patron, will share with the students some of the solutions to slow down climate change. This will be the opportunity to release « Vores planet under Vand », the last (and 12th) version of « Our planet under water», Alofa Tuvalu’s comic book.

Contact : alofatuvalu@alofatuvalu.tv

• Since 2004, the French-Tuvaluan NGO is driving the Small is Beautiful plan, a community project and one of UNESCO’s Decade of Education for Sustainable Development Remarkable Actions. It aims at helping Tuvalu survive as a nation and if possible, stay on its ancestral land via the implementation of concrete solutions, immediately useful to Tuvalu and, by reproduction, to the rest of the world.

For more info : www.alofatuvalu.tv


French

Tuvalu à Copenhagen : 1,5° maximum

➢ Au cœur des négociations, Tuvalu, incarne l’urgence d’une réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Déterminée à tout tenter pour ne pas quitter la terre de ses ancêtres, la nation symbole, milite avec AOSIS en faveur d’une limitation de l’augmentation de la température atmosphérique de 1,5°c d’ici la fin du siècle.

➢ Au Bella Center, Hall H pendant toute la quinzaine, la délégation tuvaluenne (composée de représentants du Gouvernement et d’ONG (TuCan, Alofa Tuvalu et Tuvalu Overview) exposera quelques solutions concrètes mise en place sur l’archipel pour atteindre l’indépendance énergétique en 2020.

➢ Au lycée français Prins Henrik, les élèves échangeront avec Madame Nala Ielemia, Première Dame du pays et Présidente d’Honneur d’Alofa Tuvalu*, sur les solutions pour ralentir la tendance au dérèglement climatique et découvriront « Vores planet under Vand », la toute dernière (et 12e) version de la bande dessinée « A l’eau, la Terre ».

Contact : alofatuvalu@alofatuvalu.tv

Plus d’infos : www.alofatuvalu.tv

* Depuis 2004, cette ONG franco-tuvaluenne pilote le programme Small is Beautiful, ce projet communautaire, action remarquable de la Décennie de l’Education au Développement Durable de l’Unesco, entend aider Tuvalu à survivre en tant que nation, si possible en restant sur la terre de ses ancêtres à travers la mise en place de solutions concrètes, immédiatement utiles à Tuvalu et, par reproductions, au reste du monde.

Pour en savoir un peu plus :

TUVALU A COPENHAGUE : 1,5° maximum d’ici la fin du siècle, tel est le vœu porté par Tuvalu, micronation du Pacifique Sud, menacée de disparaître sous les eaux en raison des lenteur de l’action contre le dérèglement climatique.

En l’absence d’un statut qui protège une nation sans terre, les Tuvaluens n’ont d’autre choix que celui de rester sur les îles de leurs ancêtres, c’est aussi leur souhait le plus légitime et une position qu’ils entendent défendre à Copenhague en militant avec AOSIS pour 1,5°

Que peut faire ce symbole de vulnérabilité devant un enjeu planétaire ? Comment préserver sa terre, sa culture, son identité ? Pour mieux défendre leur droit légitime à exister, en 2004, avec le plan « Small is Beautiful », une action remarquable de la Décennie de l’Education au Développement Durable de l’Unesco pilotée par Alofa Tuvalu*, les autorités se sont engagées à passer de symbole à exemple. L’objectif du programme: aider Tuvalu à survivre en tant que nation, si possible en restant sur la terre de ses ancêtres à travers la mise en place de solutions concrètes, immédiatement utiles à Tuvalu et, par reproductions, au reste du monde. Ce projet communautaire rassemble nombre d’initiatives : des formations et mises en place d’énergies renouvelables, à la préservation des ressources marines en passant par l’étude du réhaussement de portions de lagon (en partenariat avec l’ONG japonaise Tuvalu Overview) ou des actions culturelles, comme le Festival des Grandes Marées, dont la première édition se tiendra fin février.

Cette année, le pays s’est engagé à atteindre l’indépendance énergétique en 2020. Comme tous les Etats les plus vulnérables aux conséquences des dérèglements climatiques, Tuvalu sait qu’en dépit des engagements qu’il prend pour lui-même, une partie de son sort se joue sur la scène internationale et c’est pleine d’espoir que sa délégation se rend à Copenhague.


04 / 12 / 09 - 23 : 11

Wednesday October 9th, 2009 – Tsunami alert : Alofa Tuvalu’s Treasurer in Funafuti wrote :

Good morning Gilliane !

It is another sun shiny day here on Funafuti after dismal days of rain and the big scare yesterday. Around 10.30am yesterday we got the warning of a tsunami alert that the tsunami may arrive on our shores at12.13noon. Mobiles are now on so I was trying to get tau to look for Saane as she had gone somewhere with her baby sitter. My poor houseguests who were expecting their plane at noon - plane had to turn back because of the threat of the tsunami.
The guests were okay actually..send all of my staff home except for those that volunteered to look after the guests' needs. I really commend these employees of mine...I did not have to ask anyone they volunteered and told me to go home.
Well what can we really do if a similar tsunami that hit Samoa hit us?? I just dressed Saane up in jeans put her safety vest on and also tied a red sulu around her middle and put on her canvas. We were also dressed up similarly then we just waited with the car ready to take us to the middle of the island if that was gonna help. We also had ropes with us and a bucket stuffed with what we hoped would be useful- which included a packet of cigarettes and my lighter..Tau gave me that look... and I said that they were to calm my nerves ha!ha!

Anyway after about three hours they cancelled the warning...in the meantime we had to keep on reassuring our kids that we were okay- poor petesa said that the USP students had been moved up to higher grounds- but she said Tuvaluan students were more concerned about their families back in Tuvalu as we had no 'higher' grounds to move to.

Anyway, apart from that we are okay here. (…)

You take care!

Love, R.

09 / 10 / 09 - 12 : 07

Here I am at the Suva motor Inn, notre hotel de prédilection depuis 2003. Accueillie, sans réservation, par un « bonjour » par le portier. Ca m’épate toujours qu’on me reconnaisse. Certes j’ai fait plusieurs séjours à Suva, mais jamais plus de 2 nuits, ni plus d’une ou 2 fois par an, et à chaque fois, depuis 2003 c’est le même accueil.

Une urgence m’a saisie à peine posée le pied à l’aéroport de Nausori-Fidji : faire le plein de fruits au grand marché de la ville. Arrivée juste avant la fermeture à 18h, pour me laisser fourguer quelques sacs plastiques (damned, j’aurais pu en mettre quelques uns dans ma valise !) remplis d’ananas frais, de petites tomates, de raisins blancs et rouges, d’une grosse orange et d’une dizaine de petites bananes (y’avait pas plus petit, 50 centimes de $ fidjiens, moins de 20 centimes d’euros). Bien sûr les bananes j’ai eu l’occasion d’en manger, à Funcity. Mes amis m’en déposaient de temps à autre. Mais bizarrement, ils m’ont offert plus de papayes que de bananes. Jusqu’à présent, je n’aimais pas trop ce qu’ils appellent, popo mais faute d’autres fruits, j’étais ravie que, cette année, tout le monde en cultive.

Bref, si je n’avais pas trop ressenti le manque de fruits sur place, il s’est là imposé aussitôt.

Une autre envie à midi avant de quitter, alors que l’avion était arrivé et allait repartir bien vite avec ma pomme dedans : une bière. John m’a accompagnée à l’hôtel où j’ai échangé les 2 bières que nous avions achetées fanny et moi pour une occasion quelconque et qui trainaient dans le frigo depuis. Je n’aime pas trop la bière mais ce midi il m’en fallait une, sans doute pour décompresser d’une matinée un peu speed.

Finir les bagages, scotcher la boite de victuailles à conserver pour la prochaine fois (juste en cas de pénurie sur l’île), expliquer à Elena où se trouvait les anti douleurs au cas où elle ou d’autres amis en auraient besoin et la payer, déposer la bouteille de gaz qui attendait depuis l’arrivée de Sarah d’être rendue au dépôt, obtenir un reçu pour ladite bouteille et nos pleins de mobs (Lonise le pompiste dévoué me l’a déposé à l’aéroport), récupérer la mob électrique déposée la veille chez Grace pour qu’ils la chargent, déposer les BD à Tafue à l’église, à la croix rouge, au département de l’énergie, rendre le chargeur de batteries de caméra aux affaires sociales, déposer la caisse de boissons alcolisées non bues chez John, voir Risasi, notre trésorière qui n’était pas à notre réunion d’hier. La briefer en 10 mn. Essayer d’obtenir un reçu des femmes à qui j’ai acheté les dizaines de fans/éventails, sans succès… Enregistrer les bagages a pris une petite demi heure : Steve l’australien qui occupait notre première maison « oceanside » avec sa femme, Monica, et ses 3 enfants, a demandé l’attention de la préposée longtemps. Ils repartent pour de bon, après 2 ans pour s’installer à… Dubai !

Pas de surcharge bien sûr à Tuvalu, pas de remarque sur le fait que j’aurais dû renouveler mon visa au bout d’un mois, pas de contrôle de mes bagages à main, des sourires attentionnés partout. J’appréhendais cette matinée et les adieux mais finalement, la bière a peut-être aidé, et surtout le fait que je sois apparue à l’aéroport 20 mn avant le départ de l’avion mais tout fut très fluide et même les colliers déposés autour du cou ne semblaient ni peser ni chauffer…

Du coup, j’ai loupé les ministres et Nala, repartis comme sans doute d’autres amis mais il en restait encore pas mal et certains venaient me serrer la louche dans la salle d’embarquement. Sans collier, ce qui n’était pas plus mal. Je les ai tous déposés sur le siège dans l’avion d’un coup de tête en bas…. Le siège qui m’était alloué était auprès de Simeti, le patron des Telecom, qui fait partie de ceux qui se sont ouverts cette année.

Finalement les deux sièges en face étant libres, je m’y suis installée d’abord pour tenter de prendre en photo le peu qu’on peut voir, désormais, en repartant, contrairement à l’arrivée où l’avion d’Air Pacific fait au moins une fois le tour complet de l’île…

Cette année, j’en ai fait un peu trop, trop dépensé d’énergie à répondre présent à tout. Une leçon pour le prochain voyage : ne rien prendre d’important la semaine d’avant mon départ. Cette année, ce fut le pompon. Pas que tout se soit concentré les derniers jours car nous avons beaucoup accompli quand Sarah, Gilles, Sandrine, Fanny étaient sur l’archipel mais je m’en suis beaucoup trop mise sur les épaules, en leur absence.

Nous sommes mardi. Hier 3 meetings importants dont réunions du comité Alofa et dîner chez le PM. Avant hier, le dimanche, déjeuner avec le Ministre Home affairs et proprio à parler des plans de déchets EU et Taiwan. Sa conclusion : « j’ai dit aux gars de protéger l’équipement et d’attendre que vous reveniez » . Samedi 2 réunions + un shooting de la célébration de la fin de la construction de la clinique par les Fagogo avec 2 Ministres où je suis allée à reculons… Et Soirée pour le jour de l’environnement avec saynettes et surtout Fashion show à partir de déchets. Une idée que j’ai lancée à un des meetings de coordination des activités pour le jour/semaine de l’environnement en passant le paquet à Kaio… Ce fut super et tellement surprenant pour tous !

Et y’a 4 jours, vendredi 2e workshop Biodiesesel et gasification, sans Gilles ni Leota ni Utala mais devant 70 personnes.

De la chambre suvaenne, avec un peu de chance aussi, je prendrai le temps quand même de répondre à quelques mails d’amis que je fais traîner depuis des mois en culpabilisant beaucoup.

En rentrant du marché, ceci dit, j’ai fait comme les « guys », ceux qui se posent au bar de ce genre d’hôtel, en mission d’une semaine ou d’un an, un bock de bière à la main. Nous étions 4. J’étais la seule femme.

Ce qui m’a frappée aujourd’hui en passant de Tuvalu à Fidji, outre la verdoyance vue du haut, ce n’est pas la pollution automobile comme les premières années mais la vitesse des véhicules. Bien sûr après quelques voyages à travers l’île pour aller d’un aéroport à l’autre, nous avons très vite privilégié la sécurité d’un bus de tourisme plutôt que les taxis. Fatigués et nerveux, ils sont aussi dangereux. Vitesse donc sans ralentisseur comme à Tuvalu.

La diversité aussi. Non, je ne vais pas vous faire à nouveau la liste de tous les végétaux passés dans mon angle de vision, non, aujourd’hui c’est la diversité des êtres humains, des religions plus visible ici. Parmi les étudiants en uniforme qui sortaient des dizaines d’institutions devant lesquelles nous sommes passés pour rejoindre la ville, des étudiantes musulmanes portaient le voile, des fidjiens bon teint portant d’autres couleurs sortaient d’une école catholique, ici bouddhiste ou plutot hindou, des fidjiens à la morphologie et à la coiffure très caractéristiques, des indiens, des mélanésiens, des polynésiens et bien sûr, en ville, des palagis et des asiatiques. Les premiers souvent appartiennent aux grosses institutions internationales ou aux ambassades, les seconds le plus souvent tiennent des commerces et les boîtes de nuit.

Il est l’heure de passer aux choses sérieuses et goûter quelques-uns des fruits achetés tout à l’heure et avaler la dal soupe et le roti attrapés en passant au kiosque Hare Krishna.

07 / 07 / 09 - 17 : 41

La workshop s’est très bien passée, je suis très fière de l’équipe TMTI qui s’est débrouillée comme un chef en l’absence des principaux responsables et principaux formés (Gilles, Leota, Utala).

Ce fut certainement moins lisse que la première demo, mais c’est incroyable qu’en si peu de temps de formation, ils aient autant appris. Je ne parle même pas de l’accueil d’Usu, Tataua et Lee qui ont assuré incroyablement avec petits fours et tout et tout.

Tellement de monde aux bateaux, que j'ai même demandé à Saufatu et une autre qui étaient venus au premier workshop de laisser leurs places. les 4 bateaux ont tout juste suffi.

J'ai eu les foie à plusieurs reprises. Le gaz a mis plus de temps à venir, fumant la vapeur d'eau tellement longtemps que j'ai demandé qu'ils fassent la démo générateur diesel en attendant... Sans doute trop humide et problème de fans.. Mais y'a eu... Problème de générateur aussi.. réglé au bout d'une bonne dizaine de minutes... Mais nous sommes à Tuvalu, les gens sont habitués à attendre et ça ne les a pas trop "phased".

Ca m’a mise ko cette fin de semaine, j'ai envie de me porter malade pour l'enregistrement ce soir au Fagogo. Juste un peu honte s'ils se sont tous préparés avec leur fo de leur faire fo bond.. Ceci dit, le seul qui n'est pas venu au workshop malgré sa confirmation par mail, c'est Karl, leur président !

Allez en attendant, j'avance sur les tris : ce qui reste dans la maison, ce que j'emporte + archivage de tout ce à quoi on tient.

07 / 07 / 09 - 17 : 40

Friday 5th of June is World Environment Day. The global theme is : The Planet needs you:
“Manage, Protect and Preserve” with a focus on waste.


In Tuvalu, activities were planned over 10 days by the coordinating committee. They will start on June 5th with an Alofa Tuvalu demonstration, hands on a gasifier (one of the purchases from the US by the NGO) which was officially demonstrated for the 1st time, on Amatuku, May 18th by TMTI engineers and Gilles Vaitilingom, Alofa Tuvalu’s specialist.

The gasifier, a GEK, is turning any dry chopped organic waste into a gas to be used either for cooking or put in the grid. This smallest gasifier on the planet is powerful enough to cover more than half the consumption of diesel for electricity in most outer islands.

Demonstration of Biodiesel (transforming coconut oil into Diesel via a chemical process in a small equipment called Fuelpod (purchased in France) will be demonstrated as well on Friday June 5th.

As per previous workshops, Alofa Tuvalu is posting registration forms at most stores and public places on the island for all interested people & community groups to sign their name. Poster will be picked up Thursday Noon. Boats leaving Luopou at 7.45 am on friday. Back before 12.

Alofa Tuvalu is also receiving this week new equipment – an electric bike and 3 types of solar ovens- which will be made available for demonstration as well.

On Saturday 6th,World Environment day activities include : A drama competition and a Trash fashion show, with prices ranging from 50 to 300 is being organized by the Red Cross and the Funafuti Youth.

The Tuvalu Media is also taking part in this World environment day and will keep you updated with the activities.

01 / 06 / 09 - 13 : 18

Fin de journée difficile. Kaio fucked up sur le seul truc que je lui avais demandé. Il est près de 20h et il n'est pas de retour avec les listes de participants à l’atelier biodiesel/gazo. Rencontré à 17h, il était pompette et n'avait rien fait. Il a entrepris John pour savoir quand il partirait sur un bateau. John a été sympa et a regardé...Rien avant novembre. Moi j'avais posé le skeuter chez Grace pour que les boys la rechargent. Kaio relax "t'inquiète, j'y vais tout de suite". Une 1/2 heure plus tard, il repasse à Alpha et entreprend à nouveau John. "Kaio, stop it now "... "OK, j'y vais..." "Kaio, je vais faire le sud et le centre".. Au retour, sur la bicyclette sans lumière, je me suis fait stopper par les flics et j'ai dû finir en marchant. Retour à la maison, elena pas la et moi pas mes clé.. Retour chez Alpha, john me prête une lampe... Et je repars à la recherche d'Elena... La où je suis cul, c'est que je n'ai même pas regardé sur la porte où elle avait laissé un jeu. Trempé 3 chemises cet après midi.

19 / 05 / 09 - 14 : 00

Demain c’est chaud, aujourd’hui pas tiède non plus mais je suis contente d’avoir trouvé 1h pour les photos de la bike pour expédier à notre fournisseur US, Zane, et Chris. Et parmi les imprévus : diner avec Penni au fiafia, et j’ai inclus Cathy, la britannique marié à un tuvaluen, ancien prof a la high school ou était Emanuel. Elle a démissionné avant de partir deux mois avec son mari en GB. Rentrée hier, elle avait vraiment envie de me voir, à tel point que quand Elena m’a vue sur le balcon à 9h, elle m’a dit qu’emma (confusion due au fait que toutes les deux sont mairées à des tuvaluens) était passée... vers 8h30... Elle n’a même pas essayé de me réveiller. Super protection. Cathy a aidé Penny sur divers trucs depuis 18 mois qu’elle est là. Et son mari, un autre Tala, est aussi le neveu de Penny. John va l’utiliser pour des évaluations et cours de rattrapage d’anglais pour les marins. Pour Alofa et Tuvalu, elle devrait pouvoir aider au moins sur le Festival et coordonner les deux « partenaires ». Je lui ai aussi dit qu’on pourrait faire appel à elle pour nous filer des coups de mains et qu’elle devrait noter ses heures qu’on paierait fin de mois. C’est vraiment dommage qu’elle ait été en vacances et n’ait pas pu faire un vrai stage avec nous tous ! L’autre dommage : quand je lui ai demandé si elle avait l’intention de rester à Tuvalu, elle a d’abord répondu oui puis que ça dépendait si son mari obtenait son scholarship ou pas... Ils ne savent jamais quand la réponse tombe et si elle est positive ca peut signifier partir en une semaine.



19 / 05 / 09 - 12 : 00

Belle journée

Ouf, je peux enfin me poser.. Longue journée mais fructueuse.

Le clou de la journée : la mob électrique.

A 9h, pas de caisse devant chez Alpha, pas de coréens ni de John. Poussé un peu pour confirmer à l’hôtel nos réservations de la terrasse pour les dramas et le fashion show de samedi et pour la réunion du Comité la veille de mon départ. Bien sûr Nala avait proposé que ça se passe à la résidence. J’ai préféré l’hôtel d’abord pour ne pas déranger Apisai de retour du parlement et aussi, n’hésitant pas à m’inviter à dîner, j’ai fait valoir que si on est une vingtaine, ce serait difficile de les faire partir pour dîner tranquillement.

Pour en revenir à la mob. bétasse que je suis je l’avais fait prendre par Grace et pensais l’emporter à Amatuku mais je n’avais pas pensé l’utiliser moi-même. La meilleure démonstration/promotion/explication possible. A la fermeture des bureaux, revisite chez Grace où j’ai échangé, sa mob contre la nôtre… « Tu tournes la clé et elle démarre » Mais comme on n’entend rien, ce n’est qu’en tournant la poignée que j’ai réalisé qu’elle était en marche et avançait.. De chez Grace, à très petite vitesse car je ne maîtrise pas encore l’engin, je suis allée aux médias déposer l’annonce pour l’atelier à diffuser après les news du soir et les jours suivants. En prévenant bien qu’on enlève les formulaires d’inscription le jeudi.

Sur le chemin, la mob a vraiment fait sensation. Alors que l’enfin ne fait aucun bruit, les gens tournent la tête… Jusqu’aux enfants, mon plus grand plaisir bien sûr, qui ouvraient de grands yeux, comme s’ils voyaient passer un extra terrestre.

A TMC, Semi sortait… « waouah c’est une belle mob » « Oui et t’entends mon moteur ? ». Il a bien sûr pensé que je plaisantais puis « ah c’est la mob électrique que tu mentionnais dans le press release... » Blabla… « Tu penses que ça fait une news en soi ? » « Ah oui ! »… il s’en va, je vais voir Tiani…. OK pour l’annonce et elle lâche 2 mn sa surveillance de la retransmission des longs discours des membres du Parlement, dont la session s’est ouverte aujourd’hui, pour venir voir la mob. Puis Yvette « ça vaut une news ? » « Ah oui alors. Moi je m’occupe du Parlement mais il faut absolument qu’en plus de la news, tu parles, et n’oublies pas d’expliquer ce que tu nous as dit, sur la nocivité des pots d’échappement pour la respiration des enfants ». Super idée !

Stop chez Alpha. John avait vu la moto dans la boîte mais pas sous toutes ses coutures. Bien sûr, il a resserré les rétros qui branquebalaient un peu, serrés à la tuvaluenne et tenté de mieux sceller la boite/mallette attachée à la mords-moi le nœud. Cet accessoire a été cassé dès ce matin. La serrure ne semblait pas fonctionner, j’ai passé la mallette au mécano et elle lui est resté dans les mains… Le couvercle se soulève à chaque soubresaut et fait, en roulant, plus de bruit que le moteur… John a fait un petit tour. Très impressionné par la rapidité, la douceur etc… Même impression pour Polao ce soir en rentrant, quand je l’ai interpelé « t’entends mon moteur »… Il est sorti voir, Susie aussi. Il a eu la même assurance que John, même si tous les deux ont quand même dit qu’il fallait un petit apprentissage pour maîtriser la poignée et donc la vitesse. John : « ils devraient installer une sous vitesse.. ». En tout cas, c’est clair que les hommes sont plus assurés, moins prudents que les femmes, en tout cas que moi.

Tataua essaiera demain. Il m’a interpellé de derrière. Je ne savais pas qui c’était « je ne peux pas me retourner je ne maîtrise pas trop cet engin encore »… Il s’est mis à ma hauteur et nous nous sommes arrêtés. Long blabla. Il s’était arrêté à plusieurs reprises chez Alpha sans tomber sur la mob… Et ce soir, à la tombée de la nuit, c’est à dire tous phares allumés, il m’a reconnue sur la nouvelle monture.

Parmi les autres bonnes nouvelles de la journée : Après la longue discussion d’hier avec le captain de TMTI qui s’était mis en tête (et c’était judicieux mais pas praticable cette fois ci en si peu de temps) que nous réalisions la workshop dans la capitale, je m’étais convaincue qu’il fallait que je passe l’après midi du jeudi pour m’assurer que tout roulait. La plus grande inquiétude : qu’on ne parvienne pas à produire le diesel et faire démarrer les engins. Mais si ca marche sans ceux qui ont été formés vraiment ce sera une performance exceptionnelle de la part de TMTI… et gilles. Lee m’a rassurée aujourd’hui. Bien sûr ils seraient ravis si je venais jeudi pour un dernier œil mais ils ont eu une longue réunion ce matin et savent exactement qui fera quoi semble t’il. Je n’irai donc pas.

A la place, réunion avec Annie (Tango) et Susie.. J’suis passée demander deux options de date à Annie. Elle a ressorti sa lettre de 2006 à propos de l’avis de l’avocat sur l’age des membres. Pour être en conformité avec les statuts de Tango pas de mineurs parmi les membres. « Et les boy scouts ? » « Euh, une fois enregistrés, s’ils ont 20 membres de plus de 18 ans, après il faut ce qu’ils font… idem pour les girls». « Alors je ne vois pas de problème, d’ailleurs nos révisions de 2007 en ont tenu compte ». Il a suffi d’enlever un mot, un seul, dans les statuts pour que ça le fasse. Annie a aussi ressorti le contrat signé par Taukiei, en disant qu’elle en parlerait avec lui et qu’il fallait qu’on en reparle.

« Et tu viens à l’atelier vendredi ? » « Euh j’ai entendu que ça c’était très bien passé, oui, mais je préfère que tous nos papiers soient en règle. » J’ai cru rêver. Vraiment pas grave mais ça signifie qu’on la rend encore plus malade avec nos succès. Elle est plus ouverte que les années précédentes mais elle a encore mal.

Sinon, à l’avion du jour, entre autres débarquants : Kitiona, Mafalu et Kilifi. Tous plus chaleureux les uns que les autres. Kitiona a fait quelques pas avec sa valise pour venir me serrer la main. Il viendra sans doute Vendredi (la prière est donc assurée à nouveau par un ponte de l’église). Tafue a priori sera là et s’en chargera si Kitiona ne vient pas. Mafalu semblable à lui même très chaleureux mais avec, c’est sensible depuis des années, comme avec Annie, quelque chose qui coince. Je ne suis pas sûr qu’il soit ravi que son ministre l’oblige à envoyer ses ingénieurs à la prochaine démo. Rendez vous est pris pour lundi pour tenter d’y voir définitivement clair avec le Piggarep.

Et parmi les partants : les coréens avec qui il faudra finaliser nos accords sur les images, les gratuites et les payantes et envoyer tout ça pour leur docu de 20 min prévu pour novembre. Je ne sais pas ce que va donner. La matière dont le cadreur tourne est limite pro. Image et son. Un peu n’importe quoi. Pour mon interview 2 phrases globales sur Alofa et sur nos observations sur 6 ans sur l’impact du changement climatique. Devant un four solaire posé au sol, j’ai réussi à placer biogas, biodiesel, gasi. La partie Alofa doit faire 2mn max. Sur le CC, j’ai résumé en 1mn30 peut être. Ils m’ont demandé si je pouvais le refaire en 30 !!!! « vous n’allez pas monter ? ». Ceci dit, ils sont tous les deux sympathiques et le dîner hier soir avec, Tafue et Ala fut agréable et utile.

Des updates dans tous les domaines tant au bénéfice de tafue qui fut absent longtemps mais aussi pour moi puisque j’ai appris qu’une assoc d’archi de NY prépareraient des plans pour la Eco House. Ils lui auraient assuré que la construction serait terminée en Avril 2010. Meme si ca m’a amusée de penser à Earth Day, j’ai tempéré un peu les espoirs de Tafue. « Euh tu y crois vraiment, tu sais mieux que moi le temps que tout prend ici et ailleurs. Mais surtout il ne faut pas se précipiter. Il faut que nous ayons ici la main. Il faut plusieurs projets, discuter, choisir.. Il faut utiliser les connaissances d’Alofa et Tuvalu Overview. Tu ne veux pas te faire refiler quelque chose qui n’a rien à voir avec Tuvalu, comme la pagode qu’aurait dû devenir l’immeuble du gouvernement dessiné par l’archi star de Taiwan. » Il a compris. La bonne nouvelle c’est que ces archi NYorkais avaient intégré la notion d’utiliser les matériaux locaux et particulièrement les déchets. J’imagine, sans en avoir la certitude, qu’ils avaient reçu notre page concept. On a aussi reparlé du problème des couches, de la laverie obligatoire à côté etc..

La meilleure nouvelle du jour c’est quand même sans aucun doute que Amatuku, energies renouvelables, biodiesel etc ait été à nouveau mentionné au Parlement dans le discours d’intro du Gouverneur Général. Tous les ministères font un speech dont sont extraits les points forts pour inclusion dans celui du GG.. Amatuku représentait 2 des 4 lignes d’extraits du Ministère de l’énergie. Bien sur Alofa n’est pas mentionné mais ça me réjouit encore plus !



19 / 05 / 09 - 10 : 00

Ben voilà c’est mon avant dernier dimanche à Funafuti. La semaine est blindée bien sûr avec entre autres :

L’atelier de vendredi, pas confirmé par TMTI, ce qui signifie que je ne peux pas encore communiquer à ce sujet… ni afficher les documents d’enregistrement, ni distribuer l’invit, ni expédier à nos contacts petit mot avec invit et compress,

Le défilé de mode du samedi, le suivi du financement Small Grants pour reproduction de biogaz a Nanumea, finir de dédouaner et inventorier le container bike/solar ovens -si possible demain matin pour une interview pour une NGO et télé coréenne avant leur départ -, réunir notre committee pour un résumé des « en cours », lancer et coordonner campagne de communication Environment Day, filmer les musiciens vendredi soir, relancer Uale-Sopac pour paiement de Sikeli et son voyage pour soit relancer le biogaz, soit vider le digesteur. Bref s’assurer que tout suit et suivra y compris livraison d’huile, démo des fours solaires etc.

Aujourd’hui, dimanche :
Après la rédaction compress et autres doc d’infos ce matin, passer l’info générale au media
Imprimer contrat Small Grants chez John et autres pour la réunion avec susie (débriefing et signature MoU small grants dont je dois expédier la dernière page signée scannée ce soir à Taukiei à Fiji).

Je réalise combien sont boring ces listings qui m’aident à y voir plus clair. A me déculpabiliser aussi. Ils me permettent aussi je pense de dérouter/dévier le stress. Ceci étant, je prends un vrai plaisir à gravir la montagne de boulot et de champs d’actions et jusqu’à présent, à Tuvalu, cette année, je n’ai pas stressé.

Lundi commence fort aussi. Il faut absolument que je trace la lettre du ministre des finances pour pouvoir sortir le dernier matos de douanes. Allers/retours en perspective pour finir sur le port à ouvrir le container pour identifier notre caisse. Une fois assurée de la sortie, convaincre du transport jusqu’à APNL où m’attendra l’équipe Coréenne. Après quelques heures à discuter hier, ils ont réalisé qu’ils avaient non seulement les infos qu’il leur fallait en terme d’adaptation/mitigation avec Alofa mais aussi une histoire. Nous leur fournirons donc les video biogaz et biofuels à l’œil. Ils achèteront un peu des king tides et veulent, c’est normal une interview. J’ai prévenu tout à l’heure John et Susie afin qu’ils soient dans le film aussi.

Dans les trous, finaliser l’orga et disséminer la com autour de l’atelier de vendredi.



19 / 05 / 09 - 10 : 00

Well said Tucan n’co

Ce matin : salle de conférence de l’Eglise pour le workshop « CC & social justice » d’une équipe de 2 Coréens. Retour maison pour aller chercher le T Shirt « SiB/Nous sommes tous Tuvaluens », pour Tafue et la BD. Retour à l’Eglise, pour en revenir après un saut au gouvernement pour voir si les paperasses pour l’exemption des frais de douane et divers, avaient été déplacées. Non mais tout le monde était particulièrement bien disposé pour aider à leur localisation : de l’assistante de Loto aux divers apprentis douaniers (le patron Charles est malade).

Cette après-midi, je suis retournée au building du GoT pour déposer une poignée d’Aleve à Dan, le directeur des transports et sa lettre de demande d’exemption. Promis aussi d’aller filmer la clinique qu’ils « devraient » terminer cette semaine. Ce que je n’aurais pas fait cette fois c’est sûr c’est ce petit film Fagogo. Si j’ai le temps d’aller filmer une chanson d’eux tous sous la hutte un soir, je peux sans problème monter tout ça même sans l’inauguration de la fin des travaux.

En redescendant j’ai passé une tête aux douanes… Il était 14h30 un miracle aurait pu se produire après mon intervention d’avant midi. Non. J’ai fait le deuil de la sortie de douane de la bike avant le week-end et suis repassée à la maison jeter un œil aux mails puis repartie à la recherche d’une chambre à air pour le petit vélo bleu crevé plus souvent qu’à son tour. Quand j’étais passé voir notre petit réparateur avant-hier, il m’avait montré la chambre à air complètement fendue et il m’a semblé comprendre qu’elle était trop grande pour le pneu. Passée chez JY en oubliant les mesures notées… Le choix du n°16 n’était pas le bon… trop petit… dernier aller et retour avec cette fois une chambre du 20 comme l’avait spécifié le pépé.. A l’œil ça me semble trop grand mais y’a pas le choix d’un 18 qui est sans doute la vraie taille. Je passerai chercher la bicyclette demain. Le papy qui proposait de le faire dans la demi heure, m’a dit qu’il serait là. Il a peut être oublié que c’était samedi.

Ce matin, j’ai dit à Susie, qui revient de 4 mois de stage de couture à Fiji, que j’essaierai de trouver les tissus idéaux pour nous deux puisqu’on a les mêmes need de légèreté, quasi transparence…

Pour en revenir aux Coréens, j’ai été très fière de tous nos compatriotes tuvaluens ce matin. Tafue est très bien, très calme, connaît son sujet climat mais pas encore les RET… et les détails sur le statut réfugiés et data sur les migrants en NZ.

La paire était composée d’une jeune femme, appartenant à une grosse NGO coréenne, et un cadreur, équipé d’une cam un peu plus grosse que la mienne.. Après un contexte tellement général que personne n’a rien appris, l’avant-dernier slide posait 4 questions générales du genre Comment vous réagissez au qualificatif de réfugiés ? Qu’est ce qu’il se passe ici au niveau climat niveau gouvernement, people, RET etc ? le PAC (accord avec la New Zealand) c’est bien ? etc. Après avoir laissé Tafue répondre et laissé un peu de temps aux autres pour réfléchir, je suis intervenue en poussant Jim de l’énergie à répondre à la question sur les aides principalement japonaises, par le le deal avec tec, en fait il est parti sur le projet à Vaitupu, financé par les italiens/Anare… Pas grave.. Tafue m’a emboîté la voix sur les assistances « études » dont on n’a plus que faire.

La dernière slide demandait tout naïvement que l’assemblée leur file tout ce qui existait en images sur le sujet… Et là ils se sont tout levés comme un seul homme… Tafue de son ton calme : « on ne peut sans doute pas vous les donner mais vous les vendre peut être »… Melton a enchaîné sur l’histoire Paris Match, qu’ils se font toujours avoir, qu’ils exigeraient de voir la copie avant diffusion, solomona en chœur qui a découvert l’histoire du vol hier matin à l’hôtel… Et Tataua s’y est mis. Je les aurais embrassés. Melton préconisait que toute demande de ce type soit traitée par le bureau de l’environnement qui devrait avoir des documents.. Ca a enchaîné sur une discussion entre eux sur comment gérer ? J’ai apprécié la manière de botter en touche de melton… passant le paquet à Solomona (tu dois avoir des trucs) avec documents officiels.. Pour cette fois ☺, Tafue a conclu doctement que les coréens voient directement avec nous et qu’on se charge des accords.

A la fin, tout le monde se levait pour les refreshments, j’ai fait signe à Tafue de leur donner la BD…. Un sans faute la aussi… « Une BD d’Alofa traduite dans presque toutes les langues… Mais pas le Coréen… Ca peut peut être vous intéresser de le traduire ». La fille était enthousiaste.

On dîne ensemble ce soir au Halavai où nous étions déjà hier soir, John & moi jusqu’à un peu tard d’ailleurs pour mon cerveau d’ici qui se lève toujours plus tôt qu’à Paris et conséquemment se met en position « suspendre l’activité » plus tôt aussi. Mal terminé le projet reproduction biogaz à Nanumea, Hier soir j’étais soulagée d’avoir expédié à une heure encore raisonnable le dossier dans son entier.. sauf la lettre de soutien… Et pour cause : c’était déjà un comble que j’ai été informée de ce projet il y a une semaine à peine, mais que Teu, responsable de la mairie de Nanumea, ne le soit pas alors que c’est fondé sur elle, , waou…

Un mail de Sarah suite à l’envoi des documents bonan malan finaux m’a un peu refroidie. Non seulement il aurait fallu que je reprenne le budget, - Sarah a raison, c’est trop cher… Faut que j’apprenne à ne pas vouloir absolument connaître le vrai coût des choses.. - mais aussi qu’on change d’île. Elle venait de s’apercevoir qu’à Nanumea ça le fait pas… Les pigs y courent librement, chercher à les rassembler serait vain, si j’ai bien compris, ce serait plus facile à Niutao. Teu qui a bien compris qu’il s’agit de biogaz, insiste sur la manière très individuelle qu’ont les nanuméans de s’occuper de leur cochons.. Peut être devrais-je remettre la décision finale sur le choix de l’île à après la prochaine réunion du Kaupule… Si ça ne le fait pas dans les temps, je demande au premier ministre.

A Niutao, Eliala hier nous a montré un porc qui a deux sexes dont un humain et des dents d’humains !! Ca n’a rien à voir, mais ça se mentionne..

Revenant sur ce dossier réfléchi un peu vite, je repense à Semese, à qui j’ai envoyé l’ensemble aussi avec un petit mot à son intention sur la coordination nationale du projet GEF. Ce matin, il est arrivé très tard à la réunion tout de noir vêtu. Il s’est excusé, les larmes aux yeux : il venait de perdre un de ses amis, un plongeur/pêcheur de beches de mer qui a succombé à du matériel défectueux. Il en a parlé quelques minutes à la fin, je ne comprenais pas grand chose mais j’ai demandé si la mallette de sandrine aurait pu être utile, il a répondu « sans doute » si elle est au bon endroit au bon moment.

C’est bien trop tard pour tirer des plans sur la comète. Il est plus de 17h. Un vendredi. Et je suis ravie de la visite surprise de Lusama, le 2nd de Tafue à l’église. J’attendais plutôt Lee qui allait peut être passer prendre son chèque et me dire s’il avait pu parler à Usu pour la workshop de vendredi. Ala, de son prénom, venait me demander si ça ne me dérangeait pas si le dîner avec les coréens était reporté à demain. Tofiga, le président de l’église, ne pouvait pas venir et les coréens semblaient tenir à ce qu’il y soit. Et puis Lusama aussi avait un truc… Tu veux les voir quand même pour vos histoires de video… ou tu préfères tout faire d’un coup… J’ai opté pour tout d’un coup en proposant que les coréens m’appellent samedi après midi pour voir les king tides au coucher du soleil.

Bon, j’ai pris une bonne petite récré là tout de suite, mais faut que j’y retourne.


18 / 05 / 09 - 18 : 00

Ce que je n’ai pas fait aujourd’hui

La liste pleine ce matin est réduite d’une bonne moitié dont certaines lignes mettent en ordre des dossiers ouverts, presqu’immobilisés, depuis plus de 3 ans, comme mettre au clair et signer des accords avec Tango, l’association des associations, et Semese sur ce qui est devenu « les deux projets » sur la biodiv marine.

Le premier nous l’avons découvert en cours de route : un projet « Unesco » managé par Tango et jamais terminé. Nous nous sommes engagés à terminer ce rapport en payant sa rédaction par Semese et les frais administratifs de Tango. La négociation avait bien avancé l’an dernier. Après une réunion pour nous raviver les mémoires et poser par écrit les paramètres importants et des bouts de discussion ici ou la autour des documents que nous rédigions, ce matin nous avons enfin signé. Juste avant le départ de Fanny à l’avion de 13h30.

Cet aprèm, j’avais l’intention de reprendre un peu mes esprits, ou les perdre, en solitaire et en me concentrant sur la demande de fonds que Sarah vient de poser dans mon assiette avec le budget à faire au grand complet…. Le tout dû pour demain. J’étais un peu colère hier de n’avoir pas reçu ce truc plus tôt. Sarah était sur le coup depuis des semaines ici et de retour chez elle inclus. Je pense qu’on peut tirer un jour ou peut-être deux mais pas plus… Il faut donc que je m’y consacre au plus vite et c’est le « ce que je n’ai pas fait aujourd’hui » le plus important.

En fait j’ai été emportée, comme souvent à Tuvalu, par l’énergie ambiante, à filmer les 50 ans de Risasi, à l’hôtel, un hommage incroyable de ses employés. Si Risasi n’était pas ma meilleure amie ici j’aurais passé mon tour. J’avais promis en fin de mat à l’organisatrice de « l’événement surprise » de passer 5 mn à 3 heures pour prendre quelques photos… J’ai dû repasser à la maison pour une nouvelle bande. J’ai quitté les lieux sur un baiser à Risasi quand la bande fut pleine. Le soleil se couchait.
Pas rayé complètement la ligne : recherche du document d’expédition pour sortir notre container de douanes.

Rayé à moitié la ligne payer huile TCTC. Pasivao m’a apporté à l’aéroport une facture supérieure à ce que nous avions convenu, parce que 2 îles facturent plus cher que la troisième. Je n’ai donc pas réglé, mais ferai le chèque avant de partir. Pas non plus vraiment commandé pour la prochaine étape, celle qui vise à permettre à TMTI de poursuivre la formation de ses équipes et de la population, en plus de réduire sa facture d’électricité. Je verrai avec Usu, le capitaine, et l’équipe de TMTI combien ils estiment consommer après la première livraison… et leur laisser la responsabilité de commander l’huile directement. Pas la peine de stocker.

Pas avancé non plus sur l’atelier gaso/biodiesel à mettre en place pour le 5 Juin dans le cadre de la journée de l’environnement mais pas mal ce week-end sur le programme du 6 avec Tataua de la red cross et Kaio… et Fanny

Un tout petit pas en avant sur le front festival King Tides puisque l’équipe/partenaire (quelques commerçants principalement logeurs qui s’étaient réunis en début d’année avec une idée de fête sans musique…) a fait parvenir ses rapports de réunion, après plus d’un mois de promesse (moi je ne demande rien, ils sont les demandeurs…)

Pas encore réussi à avoir confirmation de mes changements de billets. Je dois rentrer 2 jours plus tôt pour une visite à l’Ambassade aux fifrelins..

Et même pas ouvert le flyer biodiesel/gasi non plus.

En sirotant un apéro léger au coucher du soleil il y a 2 jours, j’ai obtenu l’absolution de la part de Fanny si je ne fais pas les émissions de radio que j’ai annoncées. Nous partons du principe, mais peut-être avons-nous tort, que nous serions les seules vraiment affligées si je n’avais pas le temps de les écrire. L’argument qui l’a emporté : plutôt fermer des dossiers qu’en ouvrir de nouveaux.

Je n’avais aucune idée ce matin en me réveillant que ma journée se passerait de cette façon. Dans l’ambiance festive et joyeuse des tuvaluens qui s’amusent. J’imaginais bien sûr être studieusement sur la demande de fond un peu nostalgique de me retrouver seule à nouveau. Je pensais que Fanny qui était la dernière partie de l’équipe envolée au fil des semaines allait me manquer aussitôt, tant on est proches. Nous nous sommes étonnées la semaine précédente en réalisant le vendredi que Gilles n’était parti que la veille. Ca nous semblait une éternité tellement il s’était passé de choses en 24h...

Elle me disait avant de partir être contente d’avoir pu mesurer en live l’importance qu’a pris Alofa dans la vie des Tuvaluens en l’espace de 3 ans. Il est clair qu’on est passé à un niveau supérieur d’intégration de notre petite structure dans la vie tuvaluenne. Je suis contente qu’elle ait pu attraper ça avant de décoller. Et globalement je crois qu’elle repart avec la vague du lagon à l’âme.

Et moi qui pensais avoir un blues immédiat, je me suis laissée prendre par la joie tuvaluenne… Pas encore ressenti l’absence sauf l’évidente : y’a plus personne en face de moi, à qui parler… D’où ces lignes.

Bon faut que je me mette sur ce foutu dossier GEF/PNUD/TANGO. Sauf que je tombe de sommeil à même pas 8 heures.


17 / 05 / 09 - 18 : 00


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