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Cohabitation-Jeudi 11 Mars 22h

Après une cohabitation de 15 jours pas toujours facile à 3, me revoilà seule, pour une petite quinzaine, dans la Alofa House de la Péninsule de Luopo.

Fanny s’est envolée ce matin pour atterrir à Paris après 37 heures. Avec elle aucun problême de cohabitation. Une réelle connivence nous lie, tant au niveau professionnel que personnel. Elle sait mes habitudes de vie et mes exigences professionnelles. Elle a appris aussi avec la colocation les règles de vie à plusieurs et épouse ma passion du travail, de préférence bien fait. Sarah en revanche est plus habituée à vivre seule avec sa douzaine de chiens dans la campagne anglaise. Toutes ces dernières années, elle s’est occupée de sa grand mère qui est décédée avant noël dernier. Elle a fait quelques missions pour Alofa sur la biomasse et depuis l’an dernier donne des cours à l’université de sa région.

Elle et nous ne partageons pas les mêmes notions de propreté, d’organisation, de charges de travail. Y a eu des moments épiques où Fanny laissait délibérément tasses, assiettes, ou autres équipements de pêche de sarah traîner là où elle les posait. Ca ne durait jamais très longtemps car Fanny sait le mal que j’ai eu à chasser fourmis et autres rongeurs les premières semaines du séjour… Ca n’a servi à rien. Les petites phrases ici ou là non plus. Nous avons donc baissé les bras pour ça, sauf qu’il état impossible de faire l’impasse sur ce qui apparaît à des workoholics comme nous de la « flemmite » aïgue : en 15 jours, elle a fourni un travail d’une petite journée. Certes, elle est en grande partie bénévole, mais avoir dans notre champ de vision, quelqu’un qui ne fait que dormir, manger ou lire un, puis 2 puis 3 bouquins, ne pouvait que nous conforter dans l’idée qu’elle était en vacances et nous agacer prodigieusement.

Bien sûr ces 2 dernières années, j’avais pu remarquer qu’elle avait tendance à me parler comme elle doit le faire avec ses chiens, et que si elle s’exprime souvent de manière péremptoire, elle agissait peu. Cette année c’est devenu caricatural. Son ton n’est pas professoral mais elle est inflexible sur toutes ses idées bien arrêtées. Un soir, alors que voyant toujours gros, elle avait coupé 2 grandes branches de basilic chez Patipati dans l’idée de faire des pâtes (quand on sait le travail que ça représente pour Pati et tous ceux qui ont un petit jardin ici de faire pousser quelques trucs, on use des fruits de ce travail avec parcimonie). Bien sûr, trop de basilic pour une pâtée. J’ai proposé ma méthode de Paris de mettre une des branches dans l’eau, des racines se créent et on a du basilic pour toute la saison… Elle préférait le pendre pour le faire sécher… J’ai lâché le morceau mais.. contre toute attente, une heure plus tard, avant d’aller se coucher, elle m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais de la 2e branche. Depuis la branche a pris racine et les feuilles se portent bien, l’autre a séché et ne sent plus rien.

J’ai décidé de faire avec elle, comme pendant l’adolescence de mon fils, plutôt que de me fâcher, je relève et note tout ce qui est caricatural et peut faire rire. Un soir alors que Sarah après une journée « exténuante » faite d’un rendez vous avec une copine, allait se coucher vers 8 heures après une sieste de 3 heures, avec dans chaque main de quoi manger, sa silhouette facilement croquable par un dessinateur, m’a évoqué un personnage de BD… la prochaine BD d’Alofa, aura donc, pour caractères principaux, nos « scientifiques » : Sarah, du genre cachalot léthargique, Gilles notre fluet chercheur, humble, compétent, qui fait plus qu’il ne parle, Sandrine, le cheval sauvage que Fanny imagine aussi en speedy gonzales, l’inverse de Sarah, pushy à souhait pour faire avancer ses projets. J’appréhende pas mal d’ailleurs la cohabitation avec ces deux personnages si opposés, fin avril. Par bonheur Sandrine, et son équipe sous marine, ne restera que quelques jours dans la maison… On peut ajouter aussi Sikeli et Chris qui viennent moins souvent mais sont aussi des personnages de comédie. Même s’il était tard la nuit où nous avons ri sur le sujet avec Fanny, je suis sûre que quelque part dans son petit cahier, des notes résument nos premières idées.

Pour en revenir à Sarah, ma déception c’est que j’imaginais que, venant pour un projet qu’elle voulait diriger, ie la reproduction de biogaz à Nanumea, elle tiendrait la barre. Or si elle semble investie, elle a attendu d’être sur place pour commencer à faire un tout petit peu. Elle répète à tous bouts de champ qu’elle est spécialiste du biogaz, qu’elle a mis en place de nombreux projets… elle ajoute aussi souvent qu’elle a géré financièrement ces projets. Les deux lignes de budget qu’elle m’a passées l’an dernier en m’invitant à « finaliser » pour la veille, présageaient mal d’une quelconque capacité à administrer. A son arrivée cette année, avec dans l’idée de faire deux fois le voyage, il était évident qu’elle n’avait pas posé les yeux sur le budget finalisé et avalisé par UNDP/GEF, où sont indiqués en couleur, les postes qu’ils financent : aucun voyage, alors qu’elle nous en impose d’emblée 2.

Nous étions aussi convenus qu’elle ne ferait le premier voyage que lorsque le matos serait commandé et sur le point de quitter son port.. Elle était chargée depuis des mois de choisir le fournisseur de digesteur en plastique parmi la demi douzaine de contacts (que nous lui avions fournis, elle n’en ayant pas). Non seulement elle est venue alors que le matos n’est pas commandé et qu’on ne connaît toujours pas le prix du transport mais il aura fallu plus de 10 jours d’insistance de notre part pour qu’elle prenne la peine une fois à Tuvalu d’expédier un mail à son interlocuteur britannique pour s’enquérir de l’en cours. Son choix s’est porté sur les british alors que 2 indiens me semblaient plus professionnels dans le sens où ils en font plein depuis longtemps, moins chers, plus proches. Une fois de plus Alofa sera censée éponger la différence..

Des réunions communautaires étant prévues à Nanumea, en amont de l’installation, elle devait faire le voyage incessamment. D’après ses infos, prises je ne sais où, un bateau serait en partance pour les îles du nord le 16. Poussée à aller voir tous nos membres et soutiens originaires de cette île pour qu’informés du projet ils puissent eux aussi participer à sensibiliser leurs familles restées sur l’île des bienfaits et des usages possibles du biogaz, elle refusait de comprendre ce que je voulais dire. Pourquoi ? Incitée aussi à écouter Lee/Faeva, qui a pris soin du biogaz d’Amatuku cette dernière année et qui voulait nous faire un rapport et une petite liste d’idées pour la reproduction. Une vraie bataille là encore. L’idée était de faire un déjeuner ou un dîner avec lui et Leota, le chef ingénieur, un amour d’adhérent, formé à toutes ces technologies, ET de Nanumea. Il a fallu insister beaucoup pour que finalement elle prenne rv avec Lee. Elle n’aura pas pu obtenir les infos de Leota puisqu’elle s’était plantée sur les dates du bateau et que nous avons appris avant hier qu’un bateau partait le lendemain aux aurores, le prochain étant prévu le 22 ! Décision fut prise le soir qu’elle partirait le lendemain, avec Kaio un de nos actifs/assistant bénévole, natif de l’île. Une fois la décision prise, elle a décidé d’aller faire une sieste, il était 16h30 et rien n’était assuré pour le départ du lendemain. Fanny lui a proposé de la réveiller, histoire de suggérer qu’il y avait peut-être quelques trucs à préparer..

Bien sûr j’aurais pu (Fanny aussi) préparer la réunion avec Leota puisque nous y tenions et qu’Alofa engage sa responsabilité dans la bonne conduite de ce projet, mais nous voulions aussi qu’elle se mette à l’ouvrage … Ce fut donc loupé pour ce rv là.. Fanny est descendue chercher les walky-talkies, des piles et autres accessoires, des trucs utiles pour un tel voyage… Sarah, sortie de sa sieste, a pensé à son matelas pneumatique, à ses palmes et à son matériel de pêche. Fanny lui a répondu qu’elle ne savait pas où il était, j’ai rappelé à Sarah où c’était entreposé et elle est descendue les chercher, les posant dans le salon puis elle a décidé d’aller se coucher avant d’avoir fait ses valises. J’aurais pu aussi la laisser démêler les problèmes de sous, de ration, et autres rouleaux de PQ utiles … Elle n’a rien demandé, sachant sans doute que ce serait fait.. Pourtant quelques heures auparavant, réalisant que Kaio et Fanny allaient partir et qu’il manquait la plupart des petits justifs de dépenses du festival, j’ai fait une mini crise : « il est hors de question qu’après votre départ je sois obligée d’aller les chercher moi mêmes. Il me les faut maintenant. ». Sarah s’est enquis auprès de Fanny « what was that about »… Fanny a expliqué que je ne voulais pas tout avoir à faire et surtout pas les petits trucs quand il y a des mains autour pour le faire.. Sarah a conclu « elle veut tout faire » se collant immobile pendant 20 minutes dans un fauteuil. Fanny a poursuivi « Au contraire, elle s’attend à ce que nous fassions chacun le travail qu’on est supposé faire ». Là elle s’est dirigée vers le frigo.. En tout cas, avant de partir, Sarah s’attendait clairement, une fois de plus, à ce que nous fassions son travail. Elle n’avait pas tort puisque je n’ai pas pu m’empêcher de faire le compte des per diem, de sortir les 200 dollars retirés de la banque le matin pour tout autre chose, de filer à l’hôtel pour voir s’ils pouvaient me changer quelques Travellers. Obtenu 100… ça ne faisait pas le compte puisque juste bouffe et petits frais, s’estiment à 20 par jour et par personne et Tataua nous avait dit que l’accomodation/endroit où dormir était de l’ordre de 20 aussi.. Estimant que Kaio pouvait dormir dans sa famille et Sarah, soit chez Teu, une membre historique d’alofa, responsable de la mairie locale, soit chez l’oncle de Hilia, celle de la météo, idem historique ou de willy, le ministre des home affairs, notre proprio et ami ou chez tout autre friend. Kaio nous a rappelé que la coopérative, qui ouvrait à 6h, encaissait des chèques contre du cash… Levée aux aurores, Fanny a pu faire l’appoint pour la bouffe et Sarah est partie, sans avoir posé la question de « je fais comment sur place » avec assez de liquide pour survivre et un cheque (dont on n’est pas sûre qu’ils puissent l’encaisser puisque la seule banque de Tuvalu est sur l’île capitale) pour l’hypothétique location de chambre. Et vogue la galère ! Un voyage de près de 48h et un séjour de 15 jours.

A nous maintenant de dealer avec les fournisseurs et de voir comment faire venir le matos ! Quand je pense qu’à la signature de ce dossier, j’ai dit à Sarah que si elle s’attendait à ce que nous nous en occupions, je préférais ne pas signer, elle m’avait assurée qu’elle pouvait tout faire sans moi.. Sans nous. Ma frustration étant maintenant couchée ici, je suis sure que je serais contente de la revoir à son retour mais pour le moment je suis contente d’être seule.

Fanny, elle, va me manquer. Son énergie (qui n’est plus comme en 2006, celle d’un chiot qui court dans les pattes), son « care », son amitié.

Ce soir, dîner avec John qui est arrivé par l’avion qui emmenait Fanny.

Hier soir, dîner surréaliste à l’occasion du dîner filles autour de son départ à la soirée organisée en l’honneur de la signature de l’accord Fifa//Tuvalu. Le vice président de Fifa international et président de la fédération océannienne, un type sympathique et naturel, est tahitien. Falesa, notre pote, le ministre de l’éducation et des sports était l’hôte de la soirée. Il nous a proposé de nous installer à sa table « falesa, tu vas avoir de plus importants VIP, si c’est pas le cas on se déplace ». On s’est installées à la table d’a coté.. Nala et son PM de mari, Kausea, de l’énergie et Selepa son épouse… étaient installés quelques tables derrière. On avait emporté une bd en tahitien pour remettre au vice-président qui s’est levé pour s’installer à notre table et échanger quelques mots en français sur les derniers cyclones qui ont frappé Tahiti entre autres dérèglements climatiques du moment et sur la prise de conscience des changements climatiques à Tuvalu dont il avait l’impression que les tuvaluens se fichaient. On lui a expliqué que c’était une attitude de façade et que beaucoup aimeraient croire que rien ne risque d’arriver. Derrière lui la cheffe du protocole essayait de l’interrompre pour l’inviter à la table du Premier Ministre. Lui, peu amateur du protocole voulait finir la conversation, nous avons craint un moment créer un mini-incident diplomatique. Il a finalement rejoint la table des VIP et s’est plié au jeu des discours, glissant dans un large sourire en retournant s’asseoir « j’ai oublié de citer les deux françaises ». Dans l’avion du lendemain, il demandera à Fanny qui s’y trouvait aussi à recevoir des infos d’alofa et dit qu’il voulait adhérer. Le dîner est ensuite parti sur des discussions de filles qu’on vous épargnera.

Flashback : autre petit plaisir avant le départ de Fanny, un milk-shake du bout du bout de l’île… L’océan déferlait en grandes vagues, surprenantes puisqu’il n’y a pas de grandes marées au calendrier et que le vent souffle de l’ouest contre l’océan. Dans ces cas là le lagon est démonté, et il l’est, mais pas l’océan. Ceci dit, hier fut un des rares jours d’accalmie dans la météo des 2 derniers mois. Le soleil nous a permis de faire l’aller et retour au sud de l’île, une poignée de kms quand même..

Cette nuit la tempête m’a réveillée à 4h, la puissance des vents et celle de la pluie conjuguées provoquaient un vacarme qui m’a alarmée pour la bike en train de se recharger. Même protégée de 3 couches d’imper plastiques, ça me semblait dangereux pour les prises et le chargeur et pour l’équilibre de la mob. Ca m’a coûté de descendre pour vérifier. Quelques minutes plus tard, les tornades se calmaient comme soufflées par tous les anges du ciel.

Et maintenant, 2 ouragans menacent Fidji et Vanuatu, ils devraient n’en faire plus qu’un bientôt. D’où sans doute le fait que le lagon ait repris son apparence d’océan fait de vagues qui se brisent à perte de vue.

La météo de ces dernières semaines faite de pluies drues m’a valu un sacré rhume qui se termine comme toujours par quelques semaines de toux peu amènes pour mes voisins et lessivantes pour moi. Je suis épuisée et pas mécontente que le voyage de Sarah ait été avancé même s’il va nous falloir assurer plein de trucs pour ne pas mettre en péril le projet. Dans le même temps, depuis le début de ce projet-là, je me dis qu’à tous moments, avant les gros investissements, nous pouvons rendre l’avance du GEF. Nous y perdrions un peu des plumes mais ma tranquillité d’esprit has a value too.

Ce qui me préoccupe aussi ces derniers jours, ce sont mes projets personnels, par essence et par obligation plus politiques.. moins agréables. Faut que je me mette sur les 2 Task forces que le PM m’a demandé de monter pour la stratégie COP et, plus général, la communication*. Mais mon questionnement sur « comment faire pour aller plus loin » va au delà. Le fossé entre la réalité scientifique et la nonchalance due en partie à l’ignorance mais beaucoup aussi au fait que les politiques sont les mêmes partout et ont du mal à voir plus loin que leur mandat, est profond. Il faut trouver le moyen to fill the gap vite… Il faut ici plus qu’ailleurs un leader avec une vision pour son pays. Il ne viendra que de la génération suivante, il me semble. Et, après en avoir discuté avec Fanny, essayant de trouver parmi ceux que nous connaissons quelqu’un qui pourrait avancer le « travail » dès maintenant, la seule option trouvée : Tafue, spirituel par essence puisque pasteur et enclimatisé depuis longtemps et aujourd’hui président de tucan…

Impression d’être là depuis des mois…. Ca fait tout juste 5 semaines. Déjà plus rien des choix de bouffe ne me fait vraiment envie. Piqures et boutons (transpiration ? acadiens ? insectes…) ne sont pas pour rien dans mon envie de repartir prématurément. Les missions qui suivent aussi. Et bien sûr la météo !

* de quoi me faire vomir : après une journée passée en deux réunions sur la biodiversité, je reçois à l’instant le press release de 3 pages concocté dans leur coin par les 2 du tourisme sans concertation aucune avec le comité et après qu’ils l’aient expédié à quelques contacts (plus ceux des nôtres qui ont fait le voyage ou ont répondu à l’adresse du Kingtidesfestival qui va direct chez l’officier du tourisme). Le texte met bien sûr en exergue le tourisme. Il mentionne le ministre, le sous ministre, Enele, jusque là rien à redire…. En lisant le nom de Kilifi, arrivé la veille du premier jour, tout comme l’officier du tourisme, a fait zéro pour le festival. Une claque pour tous les autres qui ont donné leur temps et souvent leur argent pour que ce festival existe. J’ai failli les envoyer péter sur le champ en leur demandant de rester à leur place mais il vaut mieux une réponse un peu plus élaborée ce week end.

28 / 03 / 10 - 18 : 18

Mercredi 3/3

Le matin, réunion chez Tango pour faire le point des projets qui bénéficient d’un fond du gef. Nous en sommes pour la reproduction du biogaz à Nanumea. Même si nous avons le sentiment d’être en retard, ce n’est rien à côté des projets purement locaux ☺

L’après midi visite à Amatuku avec France 2.

Au retour avec Jenny et son équipe de choc, Mathieu et le Breton au nom imprononçable, la barque surfant sur des vagues de 2 mètres, c’est peu de choses mais assez pour que Jenny ait envie d’accoster bien avant notre destination finale, préférant faire du stop. Finalement nous sommes allés jusqu’au bout, trempés jusqu’aux os mais…. ravis du voyage.

A Amatuku, Usu nous a accueilli chaleureusement au lait de coco avant que Faeva ne nous mène au digesteur pour nous faire le show du brûleur de gaz. Car oui, une des meilleures nouvelles de la semaine dernière, c’est que finalement après trop puis pas assez d’eau, après des sabotages divers et anonymes et un vidage complet du digesteur, alleluiah, du gaz est produit. Nous avons tous pu filmer la flamme. Ensuite Saliloto nous a parlé du biodiesel et du gazogène. Il a même expliqué que combinés, cela économisait sur la consommation de biodiesel. J’espère que ces séquences resteront dans le montage final du sujet que Jenny fait pour FR2. Tous les deux ont été fantastiques, revendiquant une fois de plus leur appartenance à Alofa Tuvalu.

Sur la jetée, l’équipe de résidents d’Amatuku attendait le bateau. Parmi eux, Atabi, qui m’a tendu la boite de bandes qu’il avait tournées pendant le festival des grandes marées… sur le chemin, j’ai quémandé une noix de coco à des gars installés dans leur hutte. Gentiment ils m’en ont choisi une bonne, coupée en tranche par Elega et dégustée avec un verre de pastis bien mérité avec une bonne douche, méritée elle aussi pour nous délivrer du sel accumulé sur nos vêtements, peau et cheveux.

On est rentrés juste avant le réveil des grands vents qui ont fait craindre à Ioka qu’un cyclone se prépare. Jenny et sa team ont raté leur itw avec Tafue, le lendemain ils louperont Kalisi à 5 min, agacé de les attendre pour aller s’occuper de son taro. Pas vraiment typique de l’attitude tuvaluenne ☺. Dernière itw en boite pour France 2, la perso de Gigi sur la terrasse puis pastis tous ensemble sur fond de soleil couchant. C’est une bonne équipe, pleine d’humanité. Le lendemain, ils reprenaient l’avion pour la Nouvelle Calédonie.

07 / 03 / 10 - 05 : 37

Lundi 1er ou mardi 2

Un pavillon français arrive, on part filmer, accueillir l’équipage. Marica arrive deux heures après l’heure supposée de débarquement. Le pavillon français ne peut accoster tant que le cargo de touristes japonais est au port, marica monte à bord et explique que s’ils veulent de l’eau les marins devront aller la chercher au port. Le pavillon est reparti le lendemain sans que les marins n’aient posé pied à terre, il devait rester jusqu’à vendredi.. Que s’est il vraiment passé ?



07 / 03 / 10 - 05 : 34

Dimanche 28 février 2010

A minuit ce dimanche soir, nous étions nombreux, membres du comité et les différentes organisations associées dans la mise en place du festival des grandes marées à ne rêver que d’une chose : rattraper un peu de la fatigue accumulée dans le rush des dix derniers jours pour assurer la concrétisation de plusieurs mois de travail collectif.

La soirée inaugurale du jeudi faite de discours, de danses et d’un buffet largement garni de plats traditionnels et kaleve, a fait son effet, un vrai délice… même s’il fut difficile à avaler pour le comité d’avoir à inviter sur le budget du festival 75 VIP faisant grimper l’addition de la soirée à 1000 dollars et réduit d’autant la participation du ministère dans les activités des deux jours suivants.. Prévu pour s’étaler sur 4 (jours) avec une représentativité des arts et de la culture des 9 îles un peu plus ambitieuse que finalement cette première édition un peu frustrante à rebours, mais quel moment !

Le vendredi, dès 6h nous étions sur le tarmac de la piste d’atterrissage.. à attendre les concurrents de la ride for fun pour les adultes, une course en vélo dont le gagnant serait celui qui roulerait le moins vite. Un événement géré par Cat (Alofa et PWD) et Tauala (Alofa, met office) , animé par Kilifi qui ferait pâlir les meilleurs chauffeurs de salle des tv show overseas. Levé aux aurores dans la « Gigi Tuvalu tv team » dont l’objectif est de filmer tout pour réaliser un petit film sur le Festival, Nia, un jeune gars qui a eu l’occasion à quelques reprises de tenir la caméra offerte par l’UNDP au service social. Il a démissionné il y’a 2 ans mais a répondu présent sans hésitation à l’invitation de Gigi de venir aider et de passer à la nouvelle stagiaire les rudiments qu’il a eu l’occasion d’apprendre. Ladite « course pour rire » a commencé à l’heure tuvaluenne, avec une bonne heure et demi de retard, remportée par un jeune gars récompensé d’un parfum de France offert par Alofa, la seconde s’est vue remettre un tshirt de la croix rouge et le 3e un bon pour repas gratuit au filamona, merci Penni.

De 9h à midi, présentation sous la maneapa d’artisanat de différentes îles par les femmes, 4 sur les 9 initialement prévues par le Women Center. Côté médias, 4 télé dont l’équipe de Jenny pour France 2, une télé de NZ, un cheval fidjien des plus antipathiques et irrespectueux (pour l’ONU) et une tv allemande. Pour les visiteurs, essentiellement des gens du comité comme Cat et Eliala très intéressées par la fabrication d’un panier ou lonise, le pompiste assidu de nos activités passées, qui lui s’est appliqué à réaliser son premier plateau en feuille de pandanus. Egalement Shirley une fille de Samoa rencontrée à Copenhague, conseiller politique pour Greenpeace, une fille super.

Pause déjeuner ensuite où tous avons mis un point d’honneur à acheter des assiettes de bouffe traditionnelle aux stands. Bilan : c’était bon, sauf que 4 d’entre nous ont été malades, la plus sévèrement touchée, Sarah, a passé une partie de l’après-midi du lendemain à vomir..

Les événements sportifs de l’après-midi ont rassemblé un public nombreux de 3 à 77 ans et plus : une course de canoé coordonnée par Nione du département des sports, les garçons d’abord, les filles ensuite. Chez les hommes, le dessalement d’un bateau a provoqué l’hilarité du public, nous avons appris plus tard en réunion de débriefing que l’un des concurrents était bourré et qu’il faudrait veiller à contrôle les concurrents l’an prochain.. A part ça l’événement était vraiment sympathique et la Gigi tv team l’a immortalisé avec pas moins de 5 caméras. Outre Nia, Gilliane avait également fait appel à Alo du service social qui bien que n’ayant jamais touché une caméra de sa vie prenait un plaisir évident à apprendre les rudiment du plan large et Atabi très équipé et de toute évidence rompu à l’exercice a sérieusement mouillé la chemise lui aussi.

En suivant, concours de grimper au cocotier coordonné par la croix rouge, Tataua et Kaio aux commandes. Si Tataua a trouvé que les grimpeurs n’étaient pas des meilleurs, les prestations à mains et pieds nus des concurrents sur un tronc lisse pour aller taper dans une cloque suspendue à 5 mètres du sol ont suffit à impressionner les palagis. Public au rendez-vous pour cet événement-ci également.

Re-ride for fun ensuite pour les enfants, l’objectif cette fois n’était ni d’être le plus rapide, ni le plus lent mais de faire un tour sur la piste d’atterrissage pour attirer l’attention sur l’intérêt du vélo dans la lutte contre l’effet de serre. Melton sur l’electric bike d’Alofa fermait la marche.

Venait ensuite la compétition de Ano, un jeu traditionnel collectif dont nous ne comprenons rien des règles ce qui rend quasi impossible de l’immortaliser sur bande : des balles de pierre que les équipes qui ne se font pas face s’envoient en même temps.. Pour l’an prochain, un panneau expliquant les règles est prévu.

La journée s’est terminée sur une compétition de fatele organisée par Melton, Vaitupu face à Nanumea, deux heures de tambourinage à s’en péter les paumes et danses en habits traditionnels dont les bonnes ondes pénètrent des pieds à la tête au point que filmer sans taper du pied ou remuer les hanches demande un effort de concentration certain pour les cadreurs..

Le lendemain samedi c’était la journée awareness. Le matin du blablabla d’abord où chaque asso, départements, ministère, ministres en tête venait présenter en 5 min (plus souvent 10) ses projets, petit intermède musical avec le principal groupe local fagogo malipolipo, dont une chanson spéciale changements climatiques que nous les entendions répéter en boucle ces derniers soirs depuis la maison péninsule. Ce sont les enfants dont des représentants des deux écoles primaires (publique et 7th day adventist) avaient également préparé un petit texte sur les changements climatiques qui ont clôturé la matinée par des dramas/petites pièces de théâtre coordonnées pour Red Cross par Kaio. Sur leurs pancartes, on pouvait lire en substance en tuvaluen et en anglais : « je ne veux pas qu’on m’appelle réfugié climatique » ou encore « je suis un être humain, pas un poisson, je ne sais pas vivre sous l’eau » etc.

Point de pause dej pour l’Alofa team et les dizaines de mains offertes pour aider au marathon d’installation, toujours sous la manaepa, du chapiteau « Ka lofia te Paneta » sensé démarrer une demi heure plus tôt ! : 17 stands pour autant d’animateurs, une ère de projection, une ère de rafraîchissement, des panneaux explicatifs et d’exposition, des jeux etc. La veille, l’association des femmes s’était occupée d’accrocher les mats prêtés par Nala, notre « patron », pour le Ka paneta sur sa collection personnelle des tapis de 6 des îles avant de s’envoler pour un voyage officiel. La veille toujours, Jim de la marine australienne avait avant de quitter le bureau emballé l’écran et le projecteur pour l’open cinéma du soir et laissé des consignes pour qu’on nous laisse entrer les chercher. Une partie du matos était stocké chez Penni au Filamona, le reste est venu avec le camion Red cross et le concours de Lonise et de volontaires de la croix rouge : les tables prêtées par Temu, la directrice de l’école primaire, les panneaux de photos et par thèmes préparés dans la maison péninsule, les ordis et dvd pour les projections aux ateliers, Elega et son matos pour la démo d’artisanat et les feuilles pour les godets à crispies, les BD tuvaluennes entreposées chez Alpha…

En plein audit, notre trésorière, Risasi avait réquisitionné le fiston et 3 de ses potes pour aider. Ne les voyant pas venir, des jeunes volontaires de la croix rouge ont écarté leurs assiettes et collé les panneaux qui allaient flécher la maneapa avant d’ensuite les accrocher sous la direction de Cat les yeux rivés sur le plan A3 finalisé la veille-nuit pour donner les consignes.

Pendant ce temps là, Faeva préparait son panneau biogaz, Pati débarquait avec son bac à compost, plantes et accessoires, Utala son ordi avec des images de biodiesel, Nielu avec ses docs solaire et éolien, montait le four solaire importé l’an dernier par alofa et rapporté pour l’occasion par TMTI, Tataua, Melton et Tauala sont déjà installés, prêts à parler climat, changement et conséquences, Tafue discute tranquillement en attendant le coup de feu et sa première intervention sur climat et spiritualité, Hilia accroche ses posters, Eliala et Moyo font leur coin biodiv, Elega et Sakala sont déjà en train de tisser, ça merdoit un peu sur les câblages, dans la salle de proj…, mais en gros c’est carrément magique, pas un ne manque et tout prend forme sans qu’on n’ait vraiment eu le temps de répéter. Là-dessus, les mômes arrivent, une centaine réquisitionnés par Temu et qqs gamins de potes, comme le petit fils de sina, Christopher venu avec sa mère, instit. Autre instit présente : Siuila. Va falloir démarrer..

En l’absence du Ministre, parti sur les îles lointaines, c’est ballot, Katalina de la Direction de l’Education est là, une vraie bonne surprise. Elle donne le « la » avec le speech introductif écrit par gilliane pour le ministre. Et les groupes divisés en deux temps trois mouvements par la Gigi nationale, commencent à faire le tour des ateliers : des impacts aux solutions :
- Tauala ouvre la marche entouré d’instruments de mesure du carbone atmosphérique, de l’hygrométrie etc pour expliquer comment le climat fonctionne et la manière dont avec Hilia sa directrice ils établissent les bulletins météo ;
- Melton prend le relais sur la schizophrénie climatique en montrant des exemples de conséquences des changements climatiques ailleurs (Bengladesh, Alaska, Europe et USA) ;
-Tataua Red Cross enchaîne sur les impacts dans la région pacifique et les mesures d’urgence mises en place par la Croix rouge avec l’exemple de Samoa, tataua faisant partie des mobilisés après le tsunami d’il y a quelques mois ;
- Hilia évoque la responsabilité humaine dans les changements climatiques (et l’érosion locale) secondée spontanément par Siuila qui a eu l’air de prendre un vrai pied, demandant à récupérer les docs pour ses cours ;
- Eliala biodiversité et Moyo pêcheries avaient préparé un numéro de duettiste sur les impacts sur la biodiversité terrestre et marine et les mesures de préservation ;
- venait ensuite le révérend Tafue pour parler de la spiritualité et des changements climatiques, les gamins entendant sans cesse dans la plupart des prêches que Dieu les sauvera d’un nouveau déluge, Tafue qui est aussi président du TuCan (Tuvalu Climate Action Network) est un des rares à tenter de raisonner ses ouailles, c’est lui-même consulté sur le parcours pédagogique qui a proposé d’ajouter la seule touche qui lui semblait manquer : la spiritualité.
Une jolie virgule pour passer aux solutions :
- Suzan du waste management et Totor pour l’initiative déchets taiwanaise, sur le devenir des déchets sur le mode « turn waste into gold », Suzan réalisait devant les enfants des objets fait de papiers de bonbons, de canettes et autres déchets, Totor parlait du tri et montrait les photos du fashion show à partir de déchets imaginé par Gilliane l’an dernier et coordonné incroyablement par Kaio, un must ! en photos, comme en images.
- Cat présentait pour PWD le principe des toilettes à compost, en anglais traduite en tuvaluen par Kaio – ttes les interventions étaient en effet réalisées en tuvaluen, la plupart des enfants et en particulier les plus jeunes ne parlant que très peu l’anglais et aussi parce qu’il s’agissait d’un événement d’abord et avant tout pour eux ;
- venait ensuite Pati sur le compostage et le jardinage qui avait préparé spécialement une jardinière où elle expliquait aux enfants comment mélanger la terre au compost, déposer les semis etc ;
- les enfants étaient ensuite reçus par Nielu de l’Energie qui leur parlait des énergies solaire et éolienne, leur expliquait le fonctionnement des fours solaires ;
- puis ils rencontraient tour à tour nos potes ingénieurs de TMTI qui revendiquent fièrement leur appartenance à Alofa c’est vraiment touchant, Favea sur le biogas, Sailoto sur la gazéification, Utala sur le biodiesel. Faeva devant son panneau avec des photos des mises en place à Amatuku s’amusait à s’improviser professeur en se fiant à la taille des yeux écarquillés devant lui pour estimer si les enfants comprenaient ou pas ; Utala avait préparé un powerpoint spécial, il était même passé aux aurores à la maison d’alofa le matin pour s’assurer qu’il pourrait le diffuser ; Sailoto s’appuyait sur les panneaux de photos des formations de l’an dernier et les petits films réalisés avec le soutien de l’ADEME sur les formations ENR à Amatuku.
Dans l’ère de projection prévue pour éviter les attentes entre deux stands, les enfants visionnaient leurs frimousses d’il y a deux ans dans le grand nettoyage des journées de l’environnement. Et avant de partir, un petit passage aux rafraîchissements où Elega et Sakala alternaient la réalisation live d’artisanat et la confection de petits sachets de feuilles pour les remplir de crispies. Des bonbons et boissons étaient également prévus, mais Kaio qui a admis plus tard avoir manqué à quelques engagements - pour en avoir pris un peu trop sur le dos - , avait oublié…
Sur les 17 animateurs pas un seul ne manquait. Le seul qui a zapé c’est solomona qui devait aider à filmer. On s’est débrouillées à deux caméras (le reste de la Gigiteam s’étant évanouie tout à coup) tout en coordonnant l’ensemble, un peu sportif, mais bon.
Faeva, Cat, Fong et même Josh (journaliste et ingé son) qui sans qu’on leur demande ont tenu à rester tte la journée et jusqu’à la projection du soir pour être certains que nous n’aurions aucun problème, ont dit après combien ils avaient appris. (De quoi faire mentir notre copine Laure qui dans son blog Six pieds sous Terre dit qu’Alofa c'est deux personnes. C’’est faire peu de cas de l'équipe overseas, la bonne vingtaine de membres actifs à Paris, la cinquantaine d’un bout à l’autre de la France, de Montpellier au Mans en passant par Saint Etienne, PACA Bordeaux ou Morlaix, sans parler des autres d’Europe, des Amériques, d’Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie ou encore Fiji).

Les gamins ont de toute évidence apprécié aussi, passant près de 4 heures dans la maneapa-chapiteau sans bailler, concentrés et ravis. Au milieu de cette mayonnaise dont nous ne pouvions imaginer une seconde qu’elle prendrait à ce point, nous ne pouvions qu’être émues et le fûmes.. lasi.

A la fin, les enfants ont reçu la version tuvaluenne d’ « A l’eau, la Terre » et, cerise sur le gateau, dernière récré avant de partir : une bataille à l’eau de mer imaginée par Cat ... sous des trombes d’eau de pluie et les pieds dans l’eau des remontées des marées.

Tout le monde a prêté main forte pour désinstaller et relooker la maneapa en salle de projection pour le soir. Kelesoma tout occupé à préparer son départ au Japon cette semaine pour 3 ans de formation aux relations diplomatiques, avait fourni un powerpoint sur l’océan, les îles, riches et fragiles, projeté en intro. Preuve que les mômes avaient apprécié, ils étaient les premiers à attendre que le film démarre. « Home » une balade de près de 2h autour de la planète. Allongés sur des mats, bercés par la musique, nous étions quelques-uns à piquer du nez, pas eux..

Evidemment, à la fin du film, l’alerte au tsunami nous a un peu tous cueillis après ça.

A minuit, au lieu de rentrer nous coucher après un simple verre entre amis et co-équipiers au Filamona… Tauala reçoit le fax d’alerte : Une vague arrive du Chili après le tremblement de terre qui a fait 150 victimes. Magnitude 8.8. (Enorme !) Arrivée à Funafuti, dimanche 9h25. Solofa convoque une réunion.. à deux avec Sumeo, du service des désastres. La plupart des ministres sont dans les îles ou overseas, PM inclus. Les Affaires intérieures et l’Education arrivent avec le bateau des îles lointaines. Les présents, Finances et Energie ne sont semble-t’il pas consultés. Tauala dont le service ne peut que conseiller, n’est pas convié à la réunion. Tataua dont les conseils et la sérénité seraient précieux, non plus. Tauala recommande de ne donner l’alerte à la population que si la vague tape la Polynésie Française comme prévu à 3h.

Une bière de plus pour se donner du courage. Nuione qui les prend par deux tombe, affamé, dans un tube de ketchup. Un gars bourré surgit sur la terrasse plongée dans l’obscurité depuis la fermeture du bar, et vient s’asseoir à la table répétant en boucle à Gilliane qu’elle est the « biogas lady ». Impossible de le reconnaître à la seule lumière des étoiles. Tataua lui donne une bière de plus, histoire sans doute qu’il nous fiche la paix ou vomisse un bon coup. Et poursuit. Il ne croit pas que ça arriver, mais il vaut mieux prévenir bien sûr. L’immeuble du gouvernement et l’école primaire seront ouverts. Pas grand chose à faire, on le sait tous : à la fois inquiets et sereins, et quoi qu’il en soit ensemble.

Tauala et sans doute Tataua ne fermeront pas l’oeil. On lève le camp pour la maison péninsule, l’un des endroits considérés comme plutôt sûr étant donné l’axe Sud/est de la vague potentielle .

Le landernau n’attendra pas 5h du matin, heure à laquelle la police donne l’alerte. Quelques minutes après minuit tout le monde est au courant que quelque chose risque de se passer..

Rester à l’abri, écouter les flash radio… qu’on essayait de décrypter en tuvaluen. Appel de Gigi à la radio et Kelesoma dans les deux minutes fait un point de la situation, en anglais, pour les palagis. Rester à l’abri encore deux heures et écouter les flashs radio.

La messe spéciale King Tides Festival qui devait être donnée dans chacune des églises a été annulée et chacun prié de communier chez soi.

Levée de l’alerte vers 11h. Dans la maison péninsule, passé 10h on s’était rendormi.

Le lendemain en allant féliciter Pati de sa prestation pendant le chapiteau, elle nous a dit qu’elle avait préparé de l’eau et de la bouffe au cas où l’île tomberait en rade, on s’est dit bon sang mais c’est bien sûr.. noté pour la prochaine fois..

La soirée de clôture de cette première édition du Festival des Grandes Marées, le lundi soir a démarré par deux minutes de silence pour les victimes du tremblement de terre au Chili, auquel il fut largement fait référence dans les speechs des uns et des autres. Buffet, danses, filmage et dodo pour tout le monde. Une surprise de taille pour les membres du comité : l’alcool coule à profusion sans que nous ayons été consulté. Risasi nous confiera que ces agapes liquides ont couté 900 dollars de quoi faire monter les boules et devenir un sujet de discussion à la prochaine réunion de debriefing.

De retour à la maison après tout ça, Elega avait décidé d’adopter deux chatons abandonnés par leur mère dans le jardin. Dans les jours suivants, ils étaient baptisés respectivement King Tides et Tsunami.

Ironie du sort pour finir, les Kind Tides annoncées à 3,28 m n'ont formé cette année que quelques flaques ci ou là. Même Fili dont le borrow pitts en général déborde, avait les pieds au sec. L'explication qui a couru pour ces grandes marées les moins hautes "jamais" observées, un effet collatéral de la vague chilienne..
Et pendant ce temps-là en France, une vague entrait dans les terres, privait 500 000 habitants d'électricité et tuait 50 personnes...


07 / 03 / 10 - 05 : 21

Mercredi 23 Février

Fanny colle des panneaux de photos pour le grand événement de Samedi : notre Ka lofia te Paneta, Allo la Terre, les opérations chapiteaux réalisées depuis 2005 en Europe (et Tahiti) adaptée à Tuvalu.

C’est dans le cadre du Festival des King Tides qui, oui, finalement aura lieu, mais pas sans peine. Et grace à toute l’équipe locale d’Alofa. Je n’en croyais pas mes yeux ce soir à la réunion appelée pour « répéter » de voir que tous, même les préposés à la direction de l’énergie ont répondu présents. Aux réunions du « comité » du festival qui inclut aussi la veille 4 sports traditionnels et quelques démonstrations d’handycraft, les autres membres (chambre de commerce, sports, etc) ont fait une apparition ici ou là, la culture n’a pas montré son nez, l’éducation non plus mais nous a accordé deux rendez vous positifs et concrets. En fait ce sont les membres d’Alofa qui assurent les sports, le fatele, la bouffe, presque tout quoi. Je suis extrêmement fière d’eux et émue. Même Eliala, biodiversité, qui arrivait par l’avion d’aujourd’hui, était là ce soir.

Quelques nuits blanches à m’angoisser des conditions dans lesquelles se prépare l’événement et particulièrement la courte demi heure pour installer les 300 mètres carrés de la manéapa. Mais bon on est à Tuvalu et on verra bien… En attendant on essaie de s’organiser au mieux.

Cette nuit, écrit un pré-texte pour le speech du Ministre de l’Education qui a accepté d’inaugurer l’opération et des annonces radio pour informer un peu plus encore la population.

Un couple de l’unicef australie qui depuis Fiji cherchait une mystérieuse gilliane dont tout le monde leur parlait. Sympathique verre à l’hôtel et échanges sur le climat, la gouvernance mondiale, les études etc etc.

Jenny est arrivée avec son cadreur et preneur de son, une équipe sympathique à première vue, enthousiaste et sitôt dans le bain. On a fait le tour de sa liste de speakers idéale pour leur sujet de 26 min pour France 2. Quelques réactions au press release, pas des masses puisque l’adresse donnée au bas du CP arrive chez fakasoa qui fait suivre à dose homéopathique. Avion supplémentaire requested pour faire venir touristes et journalistes, sans succès.

Fanny elle est arrivée Jeudi dernier après un stop de 24 heures dans le bungalow de L.A. Depuis c’est la course pour tout préparer.

Dimanche 21/2 nuit : installation de l’exposition dans le hall de l’hôtel du gouvernement.


07 / 03 / 10 - 05 : 16


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