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2 août 2005

Ca se passe comme ça à Tuvalu !

Bein me v’la bien, ça fait plusieurs jours que je vous laisse sans nouvelles de la colo, et j’sais même pas par quel bout commencer. Un récit chronologique n’aurait pas de sens, à Tuvalu les choses se passent, s’enchainent, se croisent, se mélangent, c’est un tourbillon de rencontres, de couleurs, de saveurs (j’adooooore les sashimis !), de récits… et puis faut avouer qu’on bosse dur pour optimiser cette troisième phase de Small is Beautiful (l’étude) sur le temps imparti.

Le dépaysement total des deux premières heures a disparu pour faire place au sentiment curieux d’être là depuis des semaines, d’être chez soi, curieusement. Comme disait Chris (‘topher Horner, coauteur de Gilliane sur NAP, ou TIP pour la version anglaise) lorsque nous étions à LA, « à Tuvalu, tout est charmant ». C’est vrai ! Au passage, merci à lui pour le cours de son, dispensé patiemment avant de partir : so far so good ! Et puisqu’on en est aux congratulations : signalons et félicitons Raphaelle pour son intervention sur Direct 8, qui avait contacté Alofa trois jours après l’envoi par ses soins du communiqué du voyage ! et merci à Chris, « twice » again, qui lui s’est prêté quelques jours plus tôt au jeu de questions réponses d’une radio Californienne pour un package film et voyage, et et et nous a signalé l’invitation prochaine de Trouble in Paradise pour un festival à Téhéran ! On n’a pas l’air comme ça mais on suit ! Internet a relié le monde à Tuvalu et Tuvalu au monde…, sauf quand le courant saute ce qui arrive deux à trois fois par jours depuis que nous sommes là. J’voudrais pas dire mais 1+1+1 tuvaluens qui allument un néon, ça vaut pas les 350 kilowatts dont le gouvernement a besoin pour faire fonctionner son building de conception taiwanaise : à lui seul il pompe quand même un tiers de la production d’électricité de l’île ! Mais lui les coupures, il s’en fiche un peu, puisqu’un groupe électrogène de secours lui permet de ne jamais être plongé dans le noir… Pas comme Gilliane et moi, lorsque revenant du Fagogo Malipoulipo où nous étions un soir allées écouter les musiciens jouer du youkou’olé’olé, les pattes molles mais non coupées compte-tenu de la quantité acceptable de kawa que nous y avions bue, nous nous sommes trouvées à mi-chemin plongées dans l’oscurité la plus totale. Depuis les lampes de poches ne quittent plus nos sacs…

Bref, ici le supermarché vend autant de la lessive que « des » (une) 125 : bah oui pour arpenter les chemins, y a des motos, des taxis, des bus et pas mal de voitures – ça ne choque pas au début, mais quand on voit les flatulences d’un camion noircir l’air d’un si petit endroit où, en passant, tout est accessible à pieds, au pire à bicyclette, on est contents que le tanker ne soit pas arrivé comme prévu. Enfin, on est content 5 minutes, car quand on réalise qu’il faut chauffer l’eau de pluie pour la rendre potable, qu’on cuisine au kérosène ou que l’électricité fonctionne au fuel, bah on se dit qu’en attendant que Small is Beautiful n’atteigne sont objectif de diminuer la dépendance énergétique de Tuvalu, il vaut encore mieux que le tanker passe. Et il est passé… après une dizaine de jours de fermeture des pompes : « fuel empty » qu’elles affichaient !! Un tuvaluen nous a raconté être tombé rade près de l’aéroport, sa voiture y dormait depuis plusieurs jours. Pas moins de 5000 litres d’essence déversés dans les deux, trois pompes de Funafuti, ça vous décoince des véhicules en rade. M’enfin, quand même il commence à y avoir pas mal de traffic : la très grosse majorité des voitures qui circulent sur Funafuti est d’ailleurs propriété du gouvernement, ah la la, ils sont peut-être en short, mais quand même, est-ce bien nécessaire ?

Passée cette douloureuse question du pétrole pollueur-nourrisseur dont la substitution n’est malheureusement pas prévue d’ici la fin de notre mission (mais vous l’aurez compris elle s’incrit dans un plan décennal) nous reste l’envie de ne pas contribuer à épuiser cette île rompue à l’exercice de fonctionner au jour le jour. Il y a peu d’endroits dans le monde où l’on mesure à mon sens à ce point les limites de la ressource eau (comme dit Pierre j’ai pas traversé le périf’ !) : recueillie précieusement dans des containers à chaque fois qu’il pleut, ses réserves diminuent jusqu’à l’averse suivante. Au bout de trois semaines sans pluie, ça commence à hoqueter sévère dans le robinet !
Dans la chambre du Filamona, il est précisé qu’en cas de pénurie, il faut couper la « clim ». En fait de clim il s’agit d’un ventilateur fatigué et bruyant qui brasse de l’air chaud, que je ne branche que quelques heures lorsque la moiteur fait par trop ruisseler mon petit corps habitué aux climats plus tempérés. La clim, rarement neuve, y en a dans l’immeuble du gouvernement, à l’hôpital, à l’hôtel (16 chambres), au filamona qui reçoit lui aussi quelques visiteurs palagi (étrangers) et dans quelques bâtiments, comme la banque où l’air est aussi frais que dans un frigidaire du reste. Les maisons individuelles n’ont souvent pas de fenêtres, rarement une porte, alors la clim eux ils s’en passent. Et puis, même en bon occidental pourri gâté, on s’y fait à cet air, autrement plus supportable qu’un Paris au mois d’août. Et puis le vent est là. A certaines heures, les cheveux n’ont d’ailleurs qu’à bien se tenir : pour Gilliane c’est version rideau dans les yeux, pour moi c’est version houpette anarchique et pour Pierre c’est de sa chambre qu’il analyse les données du zéphyr local fournies par Hilia la responsable de la station météo. Elle a des relevés qui remontent à 1949, trois relevés par jour, 365 jours par an, ça fait plus de 320 000 lignes de chiffres à convertir en graphiques pour le pierrot ! Mais la bonne nouvelle pour notre ami SiB, c’est qu’avec une moyenne de 7,8 m/s (estimation est à affiner) l’installation d’éoliennes est envisageable ! Et comme l’électricité ne se stocke pas, Pierre, qui ingurgite les données (SOPAC, de l’ambassadeur, d’Hilia etc. etc.) à vitesse grand V, a même pensé utiliser le trop plein d’électricité que produirait l’éolienne en cas de forte poussée du vent, pour désaliniser l’eau, histoire d’augmenter les ressources d’eau douce de l’archipel qui ne dispose bien entendu pas de nappes phréatiques contrairement à ce qu’en disent les rapports du National Tidal Facilities (qui s’occupe des affaires de marées) australien cité dans la plupart des articles à charge contre les tuvaluens et leur soit disant mode de vie de dépravés qui ne sauraient ni cultiver ni épargner leur ressources…

Je vous sers tout ça dans le désordre mais c’est un peu comme ça que je le reçois.

Le petit déj au Filamona, c’est fais comme chez toi : ouvre les placards, prends une tasse, du café lyophilisé et de l’eau dans la bouilloire – surtout pas au robinet, même pour te brosser les dents, sinon c’est un grand moment en tête à tête avec tes intestins -, moi qui n’aime pas fouiller, j’ai mis trois jours à comprendre qu’ici c’était même recommandé de faire sa popote matinale, trois jours à aller chiper une tasse à l’hôtel en « louzdée ». Comme je suis souvent fourrée chez Gilliane (pour bosser et… le chocolat qui est dans le frigo), c’est passé ! Parait que mes allers et venues ont été repérées d’ailleurs, par Emmanuel, le linguiste autrichien (une encyclopédie vivante sur l’histoire de Tuvalu !), qui a dit à Gilliane avoir vu entrer un jeune homme dans sa piaule !
Ca va qu’il est sympa ! Ceci dit, si d’autres ont pensé ça, notre Seagull internationale va bientôt se retrouver avec une rimambelle de minets en pantacourt devant la 105 !

Dans la chambre 3 du filamona, j’ai eu droit à une visite d’un tout autre ordre et un moment de solitude qui n’eut rien d’intestinal : un animal rampant à carapace orange, de taille conséquente et se déplaçant avec une vivacité paniquante, que j’assimilais à une écrevisse en forme de scarabée lorsqu’en pleine crise de panique je tentais de décrire la chose à mes petits camarades. Je ne remercierai jamais assez Gilliane d’avoir interpellé ce qu’elle nomma très vite cafard (premier specimen du genre qu’elle voyait sur l’île) à l’aide d’un petit mouchoir. Je lui en veux à peine d’avoir souligné qu’il était vraiment petit comparé à ses cousins américains, plus d’avoir déposé délicatement la bête si près de l’entrée de la maison. Si on les traite comme ça, c’est évident qu’ils nous survivront !! Bref, à part ça, je mène une lutte déséquilibrée au spray et à la claque avec les moustiques qui se relaient dans ma chambrette, c’est pas parce que je dors seule que j’ai besoin de compagnie, mais allez leur faire entendre ça…

Pour le petit déj, c’est toi qui fais, pour téléphoner c’est une madame qui fait tout pour toi : au bureau des télécommunications, tu donnes ton numéro à la dame avec l’indicatif, elle tapote, attend que la personne décroche, lui annonce que tu veux lui parler en direct live de Tuvalu et te passe l’appel dans l’une des trois cabines. C’est tout juste si elle ne demande pas ce que tu veux dire à ton interlocuteur. Y a pas de lumière, du moins j’ai pas trouvé, la pièce fait à peine 1m2 et il y a deux téléphones (dans celle où j’ai aterri en tout cas) : un vieux « pour la déco » que j’ai quand même décroché en disant « allo » et un second plus moderne, c’est lui qui marche ! A deux dollars australiens par minute, tu apprends à optimiser les « ça va ? » « tu vas bien ? » « bon j’peux pas rester longtemps ? », échangés avec l’autre côté de la Terre. C’est frustrant mais ça fait bien plaisir.

A Tuvalu, et ce d’autant plus que tu traînes avec Gilliane, tu peux rentrer dans le bâtiment du gouvernement, monter sans croiser personne jusqu’aux bureaux des ministres et aller serrer la pince, sans avoir pris rendez-vous, au Conseiller des finances, James Conway par exemple. C’est en tout cas par lui que nous avons commencé. Tu peux discuter une heure avec lui, qui te reçoit en chemisette et bermuda, te voir remettre la dernière étude en date sur les énergies renouvelables dans le Pacifique et Gilliane se voir sollicitée pour pauffiner un document officiel sur « les objectifs du millénaire » pour Tuvalu qu’il doit présenter au prochain conseil ! Gilliane Le Gallic, Ministre de l’environnement à Tuvalu, pendant que vous y êtes. Ils vont nous la piquer, c’est moi qui vous le dis !
James a également de nouveau ciré les tongues de Gilliane et, par procuration, celles de Chris pour leur film, faisant par comparaison avec l’incomparable (!) une analyse filmique très détaillée de Before the Flood, un documentaire sur Tuvalu réalisé par Paul Lindsay diffusé par la BBC en 2005 et dont James doit incessemment sous peu nous remettre une copie. Il semble que le réalisateur du documentaire (7000 heures de rushs et 5 voyages pour le monsieur quand même !) ait fait quelques erreurs de chiffres et d’angulation du récit par rapport à ce qu’il annonçait au départ, qui ont passablement énervé les tuvaluens qui ont eu la chance de le voir : James regrette notamment que ce documentaire parle moins des habitants de l’archipel que des générations de tuvaluens expatriés notamment à Fidji sur un îlot acheté par quelques familles de Vaitupu dans les années 40. En passant, Emmanuel nous a aussi raconté que les gentils américains avaient, pendant la seconde guerre mondiale, déplacé les habitants de Funafuti vers un îlot au sud du lagon de Funafuti, tandis que son adversaire japonais était, lui, perché lui sur Kiribati avec un mépris similaire pour les autochtones. – La visite prochaine à Tito « la mémoire de Tuvalu », complètera la richesse des informations déjà confiées par Emmanuel sur l’histoire de Tuvalu ! - Pour Conway, la montée des eaux compliquera surtout l’existence de ceux qui y sont encore. Il souligne aussi goguenard que le fil rouge dudit documentaire est un suédois ( !) qui a quitté l’archipel depuis fort longtemps et que l’on voit se trémoussant en habit traditionnel tuvaluen sur un plateau de la télévision nordique, ce qui semble un peu loin des réalités de l’archipel encore une fois. Enfin, la baseline dudit film est exclusivement axée sur le dot tv, qui aurait été d’après l’auteur, et de nombreux journalistes qui auraient oublié d’enquêter, vendu par les tuvaluens et leur rapporterait 50 millions de dollars US par an !!! Pour vous situer un peu la taille de l’erreur : le dot tv (ou .tv) a été acheté par une boite de com américaine en 1999 pour environ 20 millions de dollars US, moyennant quoi Tuvalu touche un pourcentage à chaque ouverture ou renouvellement de l’abonnement d’un site en .tv Le dot tv leur rapporte aujourd’hui environ 2 millions de dollars US par an, ce qui est sensiblement différent des 50 millions du Polo ! Le gros des ressources de Tuvalu ce sont les intérêts du Trust Fund, un fonds ouvert à l’indépendance avec le soutien d’un certain nombre de donateurs étrangers, au capital duquel ils n’ont pas touché encore.

On s’en garde un peu pour le 7 si vous le voulez bien : mon stage caméra continue pendant l’élection de Gilliane au Parlement ?, demain c’est le jour de la fête des enfants, on sait quand ça commence (suffisamment tôt pour avoir des yeux de poisson au réveil), pas quand ça fini. Le moustique du soir a déjà succombé.
Bonne nuit à tous !

Fun

13 / 02 / 06 - 16 : 00
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30 juillet 2005

Ok, je vous entends pester d’ici : je vous fais patienter depuis deux jours avec des récits périmés alors que vous savez bien par la rumeur publique que nous sommes déjà arrivés à Funafuti, l’île capitale de Tuvalu ! Eh oui nous avons effectivement pris le petit coucou des airs hier matin : je ne l’avoue que maintenant mais j’avais un peu les pétoches de m’embarquer dans ledit coucou. Allait-ce bouger ? trembler ? ou bien serait-ce moi ? faire un bruit infernal ? parvenir à destination sans encombre ?… La dernière fois, sur un vol aller ou retour je ne sais plus Gilliane avait tellement de bagages que certains passagers ont été peses pour ne pas déséquilibrer l’engin, vous imaginez ! Eh bien puisque je suis en capacité d’écrire, que je puis vous assurer ne pas avoir perdu une once de capacité auditive et que tout le monde a pu monter à bord, la réponse est que ça s’est bien passé. Enfin bien, si on omet qu’au petit déj avant de partir j’ai craché une pleine gorgée de café sur la chemise de Gilliane qui venait de me faire exploser de rire, qu’il n’était pas super facile d’avaler un sandwich au poulet et une gigantesque part de gateau dans l’avion à 10h du matin, en pleine digestion dudit petit déj, et que j’ai malencontreusement déversé la totalité de ma tasse de café avionesque sur mes genoux – Gilliane a dû penser que je ne l’avais pas volé -, mon sac à dos et la sacoche de mon ordinateur portable. Je dis « mes », « mon », « mon », non pour faire la fille autocentrée mais pour vous prouver que cette fois-ci personne n’a été blessé ! (sauf les epreuves du bouquin que Pierre m`a demande de relire…)
Passé l’épongeage des choses épongeables et la vérification du non esquintage des objets qui ne pouvaient pas me lacher si près du but, j’ai pu profiter de la vue magnifique offerte par le hublot : ça va très vite, un atoll se profile au loin, puis disparaît à la pointe de l’avion, vous procédez à une descente droit vers la mer et d’un coup vous voyez qu’en fait de mer, il y a des arbres et… déjà vous touchez terre !!!
Et là bah forcément ça dépayse : le miniplane avait l’air climatisé s’il vous plait, de sorte qu’en en sortant vous êtes saisi comme un nem qu’on voudrait cuire à la vapeur, les objectifs de caméras se couvrent instantanément d’une épaisse buée et là un peu sonné vous vous dirigez comme tout le monde vers le batiment du TUVALU AIRPORT. Douane formelle mais sérieuse, c’est pas là qu’on va nous mettre en quarantaine pour transport illicite de graines biologiques, fromages qui puent, chocolats, more than one liter of alcool et over over 20 x 20 cigarettes ! Ici les douaniers, comme les agents des derniers « points » de « contrôles » vous offrent des sourires francs et chaleureux – remarquez il fait 60° sous les chemises ! -. La plupart connaît notre Gigi nationale comme la mouette blanche. D’ailleurs en la voyant passer de bras en bras, Pierre se dit qu’il faut dare dare prendre les bagages en mains, parce que l’enfant adoptive du pays semble déjà avoir oublié qu’elle vient d’arriver, et nous avec ou devrais-je dire avec nous. Y en a du monde partout, l’arrivée de l’avion c’est quelque chose ! On récupère les 543 kgs de bagages de notre guide au milieu des « GILLIANE !!! » « WELCOME BACK !!! » « SO, YOU’RE HERE AGAIN » « FOR HOW LONG ? » ici la réponse se donne en jours «FIFTY DAYS ! ». Aujourd’hui elle a encore répété fifty days, si ça continue je lui dirais qu’elle s’est bloquée en position repeat et que ça va finir par manquer de crédibilité ! Gigi nous retrouve finalement dégoulinants de sueur et un brin d’organisation semble naitre : je me glisse dans la voiture de l’hôtel qui se trouve à 20 mètres de là, ouais mais on a plein de bagages et puis j’sais pas où c’est. Au départ je ne dois pas y rester, à l’hotel, je suis annoncée au Filamona chez Penni. Mais à l’hotel ils n’ont réservé qu’une chambre. « Bon bah Fanny on va partager la chambre et Pierre ira au Filamona ». « Heu ouais » que je dis, ravie que le café du matin n’ait pas laissé plus de traces que sur la chemise. J’aide à descendre les bagages de la voiture et… « alors ? » « C’est arrangé tu vas au Filamona » « Heui ouais d’accord », que j’dis. Je rencarde le chauffeur, on remet mes petites affaires dans la voiture et partons à 10,5m de là pour poser le nem bien cuit dans la chambre n°3 aménagée par Penni qui tient outre cette, comment dire, chambre d’hôte, la numéro un, la deux et le resto chinois. A vol de mouette 10,5 m c’est pas loin, à saut de puce non plus, mais ces cochonneries nous ont finalement laché les gambettes – forcément y avait plus rien à bécqueter dessus ! -, la voilà donc qui se pointe pour faire les présentations. « GILLIANE !!! » « WELCOME BACK !!! » « SO, YOU’RE HERE AGAIN » « FOR HOW LONG ? » «FIFTY DAYS ! » « LET ME INTRODUCE FANNY » « HEY FANNY » « TALOFA » que j’réponds c’est un bonjour sésame à sourires ! Je pose mes petites affaires, délivre le PC de la sacoche humide, j’empeste le café, et nous repartons vers l’hotel (40,5m) pour boire une bière face à la mer. Waou ! Là je dis juste waou ! « GILLIANE !!! » « WELCOME BACK !!! » « SO, YOU’RE HERE AGAIN » « FOR HOW LONG ? » «FIFTY DAYS ! ». Moi, plus bouger, la bouche ouverte et les yeux qui refusent de cligner de peur de perdre une miète de ce paradis sans nuages dont j’ai peine à imaginer qu’il soit bien réel. « GILLIANE !!! » « WELCOME BACK !!! » « SO, YOU’RE HERE AGAIN » « FOR HOW LONG ? » «FIFTY DAYS ! ». J’ai déjà entendu ça quelque part. Cette fois c’est John, le responsable de l’une des deux compagnies maritimes de Tuvalu. Moi poser fesses sur banc et regarder lagon. Polie j’arrive quand même à ne pas trop décrocher de la conversation : John emploie 150 tuvaluens, il est, avec l’autre compagnie maritime, le second plus gros employeur de l’archipel après le gouvernement. Il loue les services de ses marins aux bateaux allemands et à chaque fois qu’il y a une demande. « Sorry to leave you, but I’ve a family emergency » Ok John, moi m’en faut pas plus, je sais qu’ici ton maillot de bain c’est le pantalon que tu portes, pudeur oblige, alors, ni une ni deux, j’abandonne mes petits camarades et plonge dans le lagon ! Et là si je vous dis comment c’était vous allez me détester pour l’éternité : c’était pas bien, l’eau était trop bonne, trop claire, trop bleue, le soleil trop jaune, l’horreur quoi !

Fun

13 / 02 / 06 - 15 : 57

Mardi 26 juillet : la sauterie chez l’ambassadeur !

Lorsque nous arrivons devant l’impressionnante demeure de l’ambassadeur de France à Fidji, aucun des convives, ambassadeur compris n’est encore arrivé. Un poil empruntés nous finissons par souscrire à l’invitation d’un bel hindou en costume blanc immaculé de pénétrer la demeure et d’apposer nos signatures sur le livre d’or. Nous trouvons ledit cahier à demi-rempli – faut dire qu’il y a quand même pas mal de pages -, le carnet d’adresses de Gilliane, qui, à peu de choses près, a composé la liste des invités du soir, devrait lui permettre de couvrir quelques pages de plus. L’ambassadeur, Eugène Berg, arrive tout juste en voiture. Décontracté, malette à la main, en pantalon de toile et chemise, il nous confie à sa femme Florence, une belle européenne, qui nous invite à nous installer dans le salon. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, ledit salon se remplit du reste des conviés : il y a Diane Mcfadzien, coordinatrice des changements climatiques de la région pacifique au WWF, trois mètres quatre-vingt sans lever les bras ! et une collègue hindou, de taille plus standart - nous apprendrons qu’elles mènent une étude sur le climat et l’adaptabilité à Tuvalu depuis… à peu près deux jours si l’on en juge par l’avancée des travaux, en gros leur projet c’est Sib les énergies renouvelables, l’adhésion de l’ensemble de la population tuvaluenne et un certain nombre d’autres actions et précautions en moins (forget my lack of partiality, mais il y avait chez elles une vraie propension à la rétention d’informations, alors qu’a priori ce sont des thématiques où il est bon de fédérer) – ; Christophe Grandcolas, un genre de dandy du Pacifique, expatrié français un poil blasé qui travaille sur la constitution de systèmes fiscaux adaptés aux petites îles pour le FMI ; Garry Wiseman, coordinateur du PNUD Pacifique Centre, un grand gars à l’humour détonnant qui nous recevra le lendemain dans son bureau pour nous présenter un associé pour le GEF (Global Environment Fund) et l’énergie en racontant qu’il a une vue sur les toilettes publiques de Suva, quand les autres donnent sur la mer ! ; Aren Baoa du South Pacific Community, dont Gilliane disait l’an dernier qu’il avait le sang « kawaté »*, a priori ledit sang ne s’est pas dilué depuis, il est aussi le frère d’Atabi, le musicien que nous avons rencontré la veille ; Julie Sutherland de l'Union Européenne, que nous rencontrerons également le lendemain en privé dans son bureau : une grande dame blonde adorable qui fait beaucoup de bateau et de plongée. Elle nous a raconté avoir effectué un voyage en qualité de spécialiste de la navigation en compagnie d’un australien, de sa femme et de la petite amie de sa femme – une femme moderne pourait-on dire ! ; Yogita, responsable de l'éducation à la Sopac, une institution financée par des subventions internationales qui joue un rôle d’expertise et de communication sur le climat dans la région pacifique ; Léon Zann de l’Université du Pacifique Sud que nous aurons tout le mal du monde à séparer de Pierre en partant tant les deux chercheurs s’étaient engagés loin dans une conversation politico-climato-pleinsdetrucs ; et Taukelina Finikaso, le Haut Commissaire de Tuvalu, que nous croiserons le surlendemain à l’aéroport.
Le dîner fut très bon, même s’il nous fit sourire de déguster une soupe en entrée étant donnée la chaleur qui régnait sur la terrasse et une omelette norvégienne flambée en dessert alors que nous baignons dans le Pacifique (ok c’est l’hiver !). A 23 heures, chacun avait fait le plein de cartes de visites. Après avoir salué l’ambassadeur et sa femme, nous prenons congé pour être gentiment raccompagnés en 4x4 par Christophe Grandcolas. Savoir que nous lui allongeons à peine la route nous permet de déculpabiliser un peu de l’usage de cet engin sur lequel nous avons coutume de déverser notre fiel.
Le lendemain, vous l’aurez compris nous revoyons quelques-uns des conviés à la sauterie, en solo, et Gilliane se verra proposer une visite à l’ambassade ; Eugène Berg porte en effet une jolie confiance à notre chef-mouette et s’intéresse beaucoup au projet : il lui remettra tout un tas de documents à transmettre à Pierre pour compléter les éléments dont il dispose déjà pour l’étude des énergies renouvelables.

Bon et puis avant de nous cuiter !, je tiens à dissiper un malentendu, dû à une malheureuse faute de frappe : dans un paragraphe du blog 3 il était écrit « Après des aux revoirs chaleureux et une invitation pour une nuité chez eux pour Pierre en moi en cas de galère au retour (…) ». Il fallait bien entendu lire “et” et non pas “en” : si le courant passe très très bien dans le trio que nous formons en attendant l’arrivée de Sarah et que le rire fait partie du voyage, nous n’avons pas procédé à, ni n’envisageons du reste, le type de rapprochement corporel suggéré, au sein de la colo. Mille excuses donc à nos moitiés respectives ! Pour celles et/ou ceux que ça intéresse, un cœur (sans faute de frappe !) semble etre malgré tout à prendre parmi nous, just try and figurate who i am talking about ;-) Enfin j’dis ça mais la donne peut changer une fois à Tuvalu… Vous pouvez compter sur moi pour vous raconter tout dans les moindres détails…

Le blog 5 arrive très vite avec son lot de « Talofa ! »
Portez-vous bien !
Fun

* le kawa est une plante : séché, puis broyé en poudre, il se consomme sous la forme d’un mélange liquide épais. Les effets psychotropes ne seraient pas ce qui prédomine, on garde toute sa tête, mais les connexions au système nerveux central sont affectées, de sorte qu’à en consommer en grande quantité les jambes n’hésitent pas à se dérober…



13 / 02 / 06 - 15 : 55
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Lundi 25, 13h, les choses sérieuses commencent !

Le Forum du Secrétariat pour le Pacifique où nous avons rendez-vous avec Chalapan Kaluwin, responsable du programme AusAid pour l’étude du climat et de l’élévation du niveau de l’océan pour la zone pacifique, est une sorte de résidence au milieu des cocôtiers et grands arbres en tous genres, paradis pour les oiseaux autant que pour les yeux. Ayant pour mission de filmer l’intégralité de l’entretien mené par Gilliane et Pierre, j’ai pris soin de vérifier tous les réglages de la caméra. L’entretien commence sur les chapeaux de roues, pas le temps d’enfiler le casque pour m’assurer que le son est ok, je prie pour que ce soit le cas. « Des plans larges, moyens et serrés », m’avait dit Gilliane, « et à la fin tu prends des plans de coupe sur les mains, des détails du bureau etc. » Je m’applique, m’efforçant de respirer le moins possible pour surtout… ne pas bouger, tant pis pour les crampes si la position est mauvaise et la tirade longue, c’est que j’ai affaire à une professionnelle ! Chalapan nous explique qu’il a bien constaté une augmentation du niveau de l’océan de 6 mm ( !) sur la dernière année sur Tuvalu – nous avions 4 mm dans nos tablettes -, mais qu’il est difficile de l’attribuer au réchauffement, car d’autres paramètres entrent en compte, tels que le vent qui pousse l’eau depuis Kiribati par exemple. Nous nous étonnons de ses arguments visant à relativiser l’impact du réchauffement puisque le vent qui souffle de Kiribati par exemple, ça ne date pas d’hier. Nous comprenons aussi que le monsieur est plutôt muselé par son financeur : le gouvernement australien ! que son rôle est de ne pas trop en dire tout en précisant bien que ce sont ses informations qui font loi et que le gouvernement australien n’aime pas trop les expertises qui ne passeraient pas par le crible de son dévoué Chalapan. L’homme ceci dit est charmant, il nous propose trois tonnes de documents « made for » Australia qu’il viendra le soir même nous apporter lui-même à l’hôtel, histoire qu’on n’oublie ni notre entrevue, ni les infos qui font loi.
Quelques plans de coupe supplémentaires et nous repartons pour Suva centre. Là c’est récré ! Après un rapide et légumineux léchage de vitrines (nous sommes encore lundi, jour de notre arrivée à 3h à Nadi, je ne vais pas vous le refaire) et une dégustation de spécialités indiennes qui ont bien falli coûter sa langue à Gilliane, qui s’est débarrassé in extremis d’un énorme morceau de piment, suivi d’un capuccino top bon, nous rentrons à l’hôtel. Un coup de fil nous averti que les casquettes que nous avons oubliées dans l’avion d’Air New-Zealand ont été retrouvées. Elles sont à Auckland, terminus du vol, et nous pouvons envoyer un coursier les chercher. Réaliser le prix de revient final des dites casquettes nous déclanche un bon fou rire ! Moi j’aurais bien laché l’affaire, mais c’est mal connaître Gilliane de croire que c’est son cas. Balance, peut-être, pour choisir la couleur des tongues, mais pour le reste l’ascendant que j’ignore doit avoir « têtue » parmi ses qualificatifs. L’affaire des casquettes oubliées n’est donc pas encore classée, des pistes sont déjà lancées pour leur rapatriement vers Tuvalu à moindre coût.
Mes paupières commencent à s’alourdir sévère mais l’infatigable Gigi parvient encore à m’enrôler pour aller boire une bière fidjienne, histoire de débriefer l’inter de l’après-midi, avant l’extinction définitive des feux. Je passe sur les problèmes de transits liés au voyage… oui vaut mieux passer, mais quand même… Pierre, totalement cuit, nous fausse compagnie, faut dire qu’il coupe ses nuits en deux pour terminer un bouquin !
Pour votre information, l’animal rampant qui l’a attaqué au Pacific Hôtel de Los Angeles est enfin identifié ! C’est une puce ! Un insecte qui pourrait bien mettre un peu de distance entre les membres de la colonie, s’il s’avérait qu’elle a pondu des œufs depuis son raid, la saleté ! Jusqu’ici tout va bien, même s’il faut avouer que désormais tout grattage est source de suspission.

Mardi 26 : shopping et internet avant le diner en grandes pompes chez l’ambassadeur
Pierre a bien dormi, ses piqûres le lancent moins et il espère que la puce s’est noyée dans le bain dans lequel il s’est plongé tout entier et ses vêtements ensuite, ne souhaitant pas rester dans l’histoire « comme celui qui a amené des puces à Tuvalu ! ». Après le petit déj’ où Gilliane retrouve par le plus grand des hasards une fille de l’aide nouvelle zélandaise de retour d’une semaine de vacances/travail avec ses enfants à Tuvalu puisqu’elle vient d’y boucler un programme de soutien, nous partons faire quelques emplettes en ville : paréos, chemises, chemises, paréos, chemises, chacun fait sa provision de cadeaux pour le retour. Puis nous passons au café internet pour rassurer tout le monde et désengorger nos boîtes. Gigi nous quitte en cours de route pour retrouver Atabi, l’un des musiciens du groupe de Tuvalu et sa femme Puanita, au bar de l’hôtel. Nous les rejoignons Pierre et moi les mains dégoulinantes de hotdog. Un avant goût de Tuvalu qui fait monter un peu plus encore l’excitation d’y aller (pas le hotdog, la rencontre évidemment). Nous discutons un bon moment et leur montrons notre magnifique Bande dessinée Alofademokentoise, les partitions des chants tuvaluens retranscrites pour la SACEM etc. Le couple est charmant, tous deux étudient à Fidji où ils se sont du reste rencontrés et mariés. Entre autres choses, nous parlons de la violence à Fidji : Atabi nous raconte que l’an dernier une prostituée a été assassinée par son macro chinois qui l’a découpée en morceaux et mise dans une valise. Moi qui me demandais pourquoi ils scannent les bagages de soute à Fidji, j’ai la réponse !
Après des aux revoirs chaleureux et une invitation pour une nuité chez eux pour Pierre en moi en cas de galère au retour, - après l’histoire de la valise, nous acceptons avec plaisir l’hospitalité de ses deux représentants du peuple le moins violent de la planète - ils nous quittent pour aller en cours et nous montons travailler un peu parce qu’on est quand même là pour ça !

Pour ne pas vous accabler, je réserve la sauterie chez l’ambassadeur pour le blog n°4

Vinaka de m’avoir lue !
Fun

13 / 02 / 06 - 15 : 54
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Hello, bonjour et pas encore Talofa, mais Bula quand même !

Dans l’avion d’Air New Zealand qui nous conduit à Fidji, réveillée par une odeur de pieds, peu forte, car nous sommes à peine 50 passagers (un blâme du côté des émissions de gaz à effet de serre !), mais soutenue, car malfré tout collective : il est 13h45 à Paris, 4h du mat à Los Angeles que nous avons quitté à 20h30 ce samedi pour les îles Fidji où nous arriverons dans trois heures : il y sera 3h du mat et on sera lundi ! Où est passé dimanche ? Bah il s’est coincé dans un fuseau qu’est-ce que vous voulez, et croyez moi ça fait tout bizarre. Gilliane, elle, est rodée avec ces affaires de décalage horaire, ça fait trois fois qu’elle fait le voyage. Maintenant elle rafle d’entrée les journaux disponibles et repère dès l’embarquement les séries de trois places consécutives où elle pourra pioncer tranquillement, avant de s’en emparer dare dare d’ici à ce que d’autres n’aient la même idée. J’ai fait ma maline en pensant que deux sièges de rang m’iraient tout aussi bien : à condition de tourner le rôti toutes les demi-heures, on va dire que oui. En tout cas j’ai eu plus de chances que Pierre qui, sur deux sièges de rang lui aussi, semble avoir été piqué sur les avants-bras par une bête mystérieuse. Nous résoudrons ce mystère le jour revenu*. Le commandant de bord nous a invité à dîner avant de piquer du nez : la collation ne vallait pas les bons repas d’Air France, mais là au moins on nous a resservi deux fois du vin... australien. Gilliane a d’ailleurs profité du second service pour s’enquérir du recyclage des déchets et autres ustensiles de dinette auprès des stewarts. La réponse n’est pas « génén’ » : « on a peu de place pour les stocker et puis il y a les risques de contamination avec les gobelets, alors seuls les barquettes, tasses et couverts sont réutilisés ». C’est déjà ça, chez Air France tout passe à la poubelle !
Puis la Mouette a volé vers son nid trois places, tandis que Pierre et moi nous pliions en chien de fusil chacun sur une version double siège. Six heures plus tard, je refais donc surface plutôt en forme, Pierre, lui, s’est déjà plongé dans la lecture de l’Encyclopédia Universalis, chapitre Pacifique, dont il nous resservira un résumé circonstancié au petit déjeuner de l’hôtel de Suva un paquet d’heures d’avion, puis de taxi plus tard. Déjà l’odeur du café s’approche depuis le fond de l’appareil au point de menacer la sympathique fermentation d’orteils collective de disparaître tout à fait ! Un café, ça sera pas du luxe ! Le principe de ces vols de nuit, c’est qu’on vous laisse dormir : passé la collation dinatoire, vous n’avez plus de moyen d’hydratation jusqu’au petit matin (enfin j’dis matin pour dire quelque chose) et l’air conditionné ça assèche pas mal ! Y a bien une hotesse qui passe avec une bouteille d’eau, mais ça on peut pas vraiment prévoir quand.
Nous atterrissons à Nadi, capitale du surf de Fidji, sans encombres, passons les contrôles de douanes avec nos fromages, cigarettes, gateaux, chocolats et autres graines au transport moyennement toléré, on ne peut plus facilement, et cherchons un gentil taxi qui acceptera de nous conduire jusqu’à Suva à trois heures de là, d’où nous rejoindrons Tuvalu par un coucou des airs jeudi.
Le chauffeur est un indien que Gilliane n’a pas grande difficulté à faire parler de la situation de sa communauté dans les îles Fidji. Bien qu’ayant fait de longues études, Chitra s’est retrouvé taxi, parce que les fidjiens ne laissent guère les postes à responsabilités aux indiens. Il roule nuit et jour pour subvenir aux besoins de sa famille, les we ou les vacances connaît pas, et parfois il attend avec ses collègues six heures d’affilée avant de voir l’ombre d’un client ! Il ne gagne que 50 dollars fidjiens par semaine (25 euros environ, le prix des casquettes achetées à LA que nous avons oubliées dans l’avion…), l’essentiel des courses est versé à son patron indien « qui doit dormir bien tranquillement à cette heure là » nous dit-il. Il nous raconte aussi que l’une de ses filles a été immolée par son mari. Les violences conjugales à Fidji c’est courant, de même que les viols en rase campagne. Nous prenant en amitié, il nous donne son numéro pour le transit Suva Nadi de la fin août. Le long de la route, ça crapahute sec : nous croisons des chevaux, des chiens, et quelques spécimens de forme applatie sur la route, et, à mesure que le jour se lève, des hommes marchant ou attendant le bus pour aller travailler. « Les accidents ça arrive ». Pas à nous par chance, qui arrivons sans problème vers 6h au Suva Motor Inn, un très mignon petit hôtel bordé d’une végétation luxuriante. Les affaires posées dans les chambres, nous prenons un petit déjeuner sur la terrasse au bord d’une piscine à l’architecture alambiquée : fruits, œufs pochés, bliniz, café à volonté, ça requinque ! Et y a intérêt, vu que l’infatigable Gigi nous a collé un rendez-vous à 13h avec un membre de l’aide australienne pour l’élevation du niveau de la mer. J’vous laisse là, ça fait un siècle que j’ai pas pris de douche, la Mouette avec laquelle je partage la chambre vient de me demander si je comptais en prendre une. Je comprends par là que ça ne serait pas une mauvaise idée. Je lui suggère d’en faire de même. I’m joking of course ! et je vous dis à plus tard !

Fun
* Pierre a en réalité fait l’objet d’une attaque en règle d’insectes rampant, qui l’attendait probablement dans les draps, compte tenu de la localisation des piqûres, au Pacifique Hotel de LA !


13 / 02 / 06 - 15 : 52
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28 juillet 2005

Vendredi, le jour sans fin

Casquette rouge, casquette rouge ! tel était le seul moyen pour Pierre Radanne de me repérer à l’aéroport, car nous ne nous étions jamais vus. Les attentats de Londres avaient eu pour conséquence de densifier les contrôles sur la capitale en général et les lieux de transit en particulier, j’avais donc prévenu le retard qui riquait d’être occasionné, en arrivant très très en avance. Pierre, lui, à une demi heure près, c’est ballot !, a eu moins de chance : bouchons sur le périf, puis gigantissime queue aux contrôles de police. Lorsqu’il est enfin arrivé dans la salle d’embarquement, j’avais depuis longtemps décampé avec le bus-navette conduisant jusqu’à l’avion. La fille un chouille stressée que je suis n’a pas imaginé une seconde l’attendre devant les boutiques de duty free ! Je me tenais néanmoins bien droite pour isoler la casquette rouge de la foule de vacanciers et faciliter mon repérage. Mais, d’un : je ne suis pas très grande, et de deux : Pierre était décidément loin derrière. J’ai eu le temps de lui prêter tous les physiques, de faire des sourires droits dans les yeux à des hommes à moustaches dont je pensais qu’il pouvait s’agir de lui, pour m’apercevoir qu’ils étaient accompagnés d’une blonde, d’une rousse ou d’une brune qui me regardait d’un œil moyen confiant. Arrivée dans l’avion, je m’installe, tandis que les navettes continuent de déverser dans l’appareil leur lot de touristes américains et français, pour l’essentiel. Toujours pas de Pierre. Je commence à me demander s’il n’a pas raté l’avion et regrête d’avoir laissé mon portable à Laet, puisque je ne pourrais donner l’alerte qu’arrivée à LA, première étape du voyage. Un couple demande à s’installer à mes côtés. Persuadée que Pierre y avait une place réservée, l’idée que je me suis plantée d’avion me traverse l’esprit, quand un monsieur à moustache me livre un grand sourire. Ça y est, le début de la « colo », comme il le dira après, est réuni : Pierre s’installe sur le siège devant moi, ce qui ne facilitera pas l’interview filmée que j’avais projetée de faire. Nous ne la réaliserons effectivement pas, mais feront abondamment connaissance au risque de se payer le torticolis du siècle, enfin surtout lui. A la première occasion, on a trinqué au champagne dans des gobelets en plastique et sommes passés au tutoiement à une vitesse record. J’ai ensuite essayé de regarder quelques-uns des films proposés, mais je ne crois pas en avoir suivi un en entier : Pierre commentait régulièrement l’étude de la Banque asiatique que je lui avais remise sur Tuvalu et émettait toutes les théories possibles pour diminuer l’impact du décalage horaire sur nos petits organismes : départ de Paris à 13h, arrivée à 16h à LA après 11 heures de vol, soit une journée de 33 h (d’après Pierre, moi j’en comptais 24), puis nous repartons à 20h30 pour arriver à 3h du matin après 11h de vol. Après avoir cherché la solution miracle, y compris auprès d’une jolie hôtesse (ah les hommes !), il admet qu’ « on sera de toutes façons bien tassés » en arrivant à Fidji, priant pour que Gilliane ne nous ait pas concocté un emploi du temps de fous. Je passe une partie du voyage à discuter avec mes voisins, un couple de touristes américains fort sympathiques, dont la rencontre soulignera l’urgence de réchauffer quelque peu mon anglais. « Comment dit-on bateau déjà ? » Je leur ai tout de même parlé, évidemment, de Tuvalu, montré des photos prises par Jocelyne et glissé qu’un DVD d’une qualité exceptionnelle, « Trouble in paradise » existait et qu’ils pouvaient se le procurer auprès d’Alofa, adresse email et site à l’appui. Pierre a fermé l’œil une heure, impossible de le prendre en flag avec la caméra, et moi, ne me suis pas assoupie une seconde toute excitée par ce premier voyage long courrier de ma vie ou presque, et c’est dans un état un peu curieux d’ébriété non éthylique, qu’avec des visages de cartons, des yeux d’asiatiques et le sourire rieur, nous attérissons à LA. Je note en passant sur les écrans de contrôle qui permettaient de suivre le vol en train de se faire que le désert frappe aux portes de San Francisco et que DisneyLand, San Francisco, Las Vegas et Malibu sont sur la côte Est des Etats-Unis et pas trop loin les uns des autres… à vol d’avion !
Nous passons la douane avec une facilité déconcertante : les agents aux mines presque patibulaires prennent quand même les empreintes, photographies d’iris ou du visage entier, difficile de savoir et puis dans ces cas là on n’a que peu envie de demander…, mais ils n’arrêtent vraiment que les gens qui ont coché les cases « oui je suis un terroriste » ou « oui j’ai un passé de très grand bandit et je vais te manger tout crû petit agent » ou encore « oui j’ai acheté des fromages qui puent pleins de bactéries au pays de l’oncle Jacques pour provoquer des maladies chez toi oncle Georges, parce que tu refuses de signer Kyoto », sur le formulaire distribué dans l’avion.
Les bagages récupérés, nouveau contrôle pour la forme et nous sortons de l’aéroport en quête d’un taxi que nous trouvons très vite. Nous nous retrouvons assis très enfoncés à l’arrière, l’horizon bouché jusqu’au-dessus du nez par une sorte de barrière de protection pour le chauffeur, dans un taxi surchauffé. Lui trône un peu en hauteur et se moque gentiment de nos difficultés à préciser l’adresse – j’avais juste oublié un « a » au nom de la rue… -. Un coup de fil à Gilliane pour préciser nos indications et nous faisons route vers Venice via Lincoln Boulevard. Des 4x4 pour les uns, la plupart, des grosses berlines pour les autres, je me demande comment les américains parviendront à changer leurs habitudes au bénéfice de la planète. Pierre me dit qu’ils le feront, contraints, et seront sans doute les dernier de la chaine à réagir.
Gilliane et Chris (Christopher Horner son co-auteur sur « Trouble in paradise), qui a partagé une partie de sa trépidante vie de Mère la Terre, nous acueillent avec un soda bien frais. Nous discutons un peu, Pierre se fait préciser l’objet de sa mission et nous l’accompagnons à l’Hôtel Pacifique (of course), un établissement rempli de surfeurs. Y en a qui auraient été ravies d’être à sa place, moi j’avais déjà donné avec les hommes à moustache ! Pendant que Pierre vérifie la validité de ses théories sur le décalage horaire en piquant un joyeux roupillon, nous prenons avec Gilliane et Chris (que je remercie de parler français dans l’état de décomposition cérébrale avancé dans lequel je me trouve) une petite collation en bord de mer, non loin de l’endroit où Pamela cachait, à peine, jadis, sa melonesque poitrine sous un maillot rouge. Une Budweiser (histoire d’être certaine qu’au prochain contrôle de police lorsqu’on me demandera d’oter la ceinture, le pantalon tiendra bien tout seul) et une gigantesque salade et l’heure de mettre un terme à ce vendredi, qui semble pouvoir encore durer indéfiniment, approche.
Fin du premier épisode.
Fun

13 / 02 / 06 - 15 : 50
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le 17 juillet 2005

LOS ANGELES 11h, (paris 20h)
Si j'avais la plume de Fanny qui alimentera une bonne partie de ce blog ou de Laure qui a réalisé celui de 2004, je me sentirais bien plus à l'aise pour ouvrir cette première page
L'impulsion de décrire mes premières sensations et d'inscrire quelques uns des faits marquants de ces dernières 24 heures s'est imprimée en moi en arrivant à Roissy, samedi matin aux aurores.
Envie de partager avec ceux que j'aime et qui savent combien je déteste me lever avec le soleil, ceux qui savent que je me couche souvent juste avant qu'il ne pointe son nez.
Ce samedi matin, il le fallait puisque mon avion pour Los Angeles, première étape sur le chemin de tuvalu, décollait à 10h15... La paranoia des attentats aidant, cela signifie, arriver à l'aéroport a peu près 3 heures avant... J'avais calculé à 5 mn près les derniers gestes, les ultimes choses à faire avant mon départ pour écrire à l'aise. C'est ainsi que couchée à 4 heures, après avoir tenté en vain (presque) de graver le dvd du film de notre ambassa-bird à Tuvalu hiver 2004, je me suis expulsée du lit, comme un ressort, à 5h50 pour arriver à Charles de Gaulle à 7h30.
Une file non négligeable; mais tout se passa bien jusqu'au guichet, mes valises ne furent pas fouillées et on ne m'obligea pas à jeter mon briquet à enregistrement. Le choc à 8h, fut de m'entendre annoncer que j'embarquais à 12h30. L'avion était il retard ? Non ! Je n'étais tout simplement pas bookée sur le 10h15 mais sur le 13h15. Bien sûr j'avais demandé à Georges, notre agent, d'essayer de me mettre sur ce 13h15 mon vol habituel.... mais m'étais basée sur un préitinéraire imprimé par Raphaelle, notre dynamique stagiaire (4e miracle d'Alofa Tuvalu), pour faire mon retro planning du matin.... oubliant que Georges avait réussi à me caser sur mon vol !
La très bonne nouvelle c'est que c'est vraiment top de m'être plantée dans ce sens plutôt que dans l'autre ! L'annonce de la durée de l'attente a provoqué une succession d'images fugitives. Les premières: celle de mon lit que j'avais, par un acte manqué incroyable, quitté 3h trop tôt , celle d'un fauteuil confortable de salon d'attente avec prise électrique pour ranger quelques dossiers électroniques... L'agent lors de l'embarquement m'a clairement indiqué que sans billet business et sans carte frequent flyer gold (la mienne est du niveau en dessous), c'était impossible, pourtant, après avoir fait toutes mes courses (dont des bouquins supplémentaires pour cette attente) je me suis mise en quête du salon Air France... où on m'a gentiment mise dehors : it was rush hour et j'aurais dû venir plus tôt. La bonne nouvelle : un des 2 cafés de l'ère d'enregistrement du 2C, avait une présentation de décor estival avec quelques chaises longues... Je les avais remarquées lors d'un premier passage, ce n'est qu'au deuxième que j'ai vu une voyageuse installée avec son PC branché au mur. Il y avait donc un plug.. Je lui ai demandé dans combien de temps était son avion.... 20 mn... C'est ainsi que j'ai passé 3 heures très rapides, dans une chaise longue avec Ordi et telephone portable.... Parmi les relations entreprises dans ce bureau improvisé : un jeune homme en partance pour Washington, un très bel apprenti diplomate, et une jeune italienne se dirigeant, elle, vers Boston.. et à qui je refilerai la chaise longue en partant, car elle aussi avait quelques heures à attendre.... Autre saynette sans parole cette fois de mon interlocuteur : un jeune qui s'était glissé sur ma chaise les quelques minutes ou je l'ai abandonnée à mon jeune diplomate.... et refusait, sans un mot, juste un regard stubornned... de me la rendre
En écrivant ces mots, je regrette un peu de n'avoir pas filmé, comme j'en prends peu à peu l'habitude au fil de mes séjours ici ; un point que Laure interprète/intitule/analyse comme mon 3e oeil... Apres courte réflexion, outre les différentes scènes toujours plus parlantes en images qu'en mot, le seul personnage que j'aurais voulu imprimer, c'est le jeune diplomate... Une beauté assez classique d'acteur américain, un entre Christopher reeves, le mec d'Alerte a Malibu et de plein d'autres... en intelligent.
Ensuite quoi... Pas de surclassement mais le voyage en économie surbondé de vacances, ne fut pas pénible du tout. J'imaginais que j'allais, dans l'état d'épuisement où je me trouvais avec une semaine de pas plus de 4 heures de sommeil par nuit, m'écrouler et dormir.... Ce que je ne suis jamais capable de faire.. Et bien cette fois non plus... entre les magazines sur lesquels je me jette en entrant dansl'avion, la bande son ou j'ai toujours plaisir à réécouter quelques classiques comme, cette fois, supertramp ou Bob Dylan pour les plus vieux et quelques valeurs actuelles dont je connais le son mais pas l'image et les quelques pas mauvais films, je ne me suis laissée snoozer qu'une heure... Et nous avons atterri dans un Los Angeles smogué.
Les graines emportées pour les Tuvaluens sont passées sans avoir à parlementer au controle, tout comme le saucisson commandé par Chris qui m'attendait dehors.
Pour la première fois, en pres de 20 ans que je fais régulièrement le voyage Paris Los Angels (ou je partage un bungalow avec Chris), dans le Parking, une subaru noire au lieu de la Mustang blanche mythique... celle de la première série de California Visions. C'est aussi la première fois que j'entre dans ma vie californienne, dans ma co-maison, pour ne pas y rester... et sans émotion. Et je n'ai pas pu entrer dans le hot tub traditionnel au dela des genoux : trop chaud !
Après une nuit quasi ininterrompue d'une dizaine d'heures, me revoici venicienne, dans le petit bureau qui fut mon quotidien pendant près de 20 ans et qui m'hebergera une semaine avant l'arrivée de Fanny (Héros) et Pierre (Radanne) vendredi prochain, et avant notre départ, tous ensemble, samedi 23 Juillet, pour Fidji.
Un paquet de choses à faire avant de partir, as usual : derniers achats pour Tuvalu comme des petits accessoires video ou pharmaceuticaux comme de l'aspirine ou du B1 pour les moustiques, et autres préparatifs Fidji et Tuvalu... Comme accepter et préparer la proposition de notre ambassadeur d'organiser un cocktail ou buffet lors de notre passage ?
Meanwhile, c'est fantastique de pouvoir prendre le temps de taper ces lignes imparfaites, d'être en mesure de vivre à mon rythme en oubliant les urgences pour la journée.
Glg

13 / 02 / 06 - 15 : 36
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