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Mardi 31 Mars 2009

Il pleut des cordes depuis que l’avion a atterri… On sentait bien que la pluie allait arriver : le lagon était démonté depuis plusieurs jours, le vent de plus en plus fort.

En fin d’après-midi hier, alors que nous prenions un verre avec notre voisin (et ami depuis 2003) Kalisi, nous nous réjouissions de cette température idéale, rare ici… Ce matin, il faisait « froid » et je me suis demandée si j’avais emporté des manches longues. Elles n’ont pas été utiles, mais plusieurs tuvaluens en avaient enfilé.

Sarah m’a réveillée à 7h30. Je voulais passer tôt et rapidement à l’immeuble du gouvernement pour confirmer mes visites d’hier au service de l’immigration et au service des transports. Immigration pour résoudre le problème de Susie, notre présidente locale, actuellement à Fidji et qui doit se rendre à Tahiti pour l’opération A l’Eau la Terre avec Fanny. Je me disais bien qu’il y aurait un hic avec Susie sans imaginer qu’il s’agirait de son passeport. Un message sybillin de notre correspodant à Fidji, David, m’informait qu’il prenait les choses en main pour l’aider avec son visa mais qu’il me fallait les assister pour obtenir une attestation de l’immigration tuvaluenne indiquant que son ancien passeport avait été détruit et était en possession des services tuvaluens… Hier, la responsable qui comprenait encore moins que moi puisqu’elle avait remis un tout nouveau passeport la semaine précédente au mari de Susie, a décidé de prendre contact avec elle directement… Ce matin, j’y repassais pour lui donner les quelques explications reçues de David : elle était sortie du pays et entrée à Fidji avec un passeport et allait quitter le pays pour entrer dans un autre (la France) avec un autre passeport et ce n’est semble-t’il pas possible….

Au service des transports, je voulais m’assurer que Dan avait bien prévenu leur agent de freight à Fidji, comme il me l’avait dit, pour que notre fournisseur de méthanol puisse embarquer les 40 litres qu’il a en stock sur le bateau national qui doit quitter Suva en fin de semaine. A priori c’est bon mais pas coulé dans le bronze car aujourd’hui pas de confirmation de notre fournisseur…

A la boutique de l’aéroport, les femmes avaient réparé mes 2 chemises déjà rapiécées mille fois à Paris. Elles ont près de 30 ans pour l’une, une bonne quinzaine pour l’autre… je les adore et applique avec passion mon principe d’essayer de consommer moins, surtout en matière de fringues et de mettre l’argent que j’aurais dépensé à acheter du neuf à réparer le vieux… La boss, Pula était là et nous avons partagé un café tandis qu’à la table voisine, prête au départ, Ana la fille du sprep qui s’est montrée beaucoup plus affable une fois l’atelier terminé. Peut être parce que depuis vendredi elle était en vacances, mais aussi sans doute parce qu’elle avait entendu parler d’Alofa toute la semaine et fait le rapprochement avec moi.… Elle ne m’avait vue que filmant.. et quand au pique-nique elle m’a demandé ce que je faisais, j’ai réussi, sans que ce soit conscient, à ne pas mentionner Alofa mais en décrivant nos activités (enfin, une partie). On s’est même embrassé et elle m’a donné son email, qu’elle venait aussi de donner à Lasalo, le fou du village qui lui venait me proposer une cigarette… Avec elle, deux autres palagis en partance.

Retour à la maison pour faire quelques paperasseries et autre rangement pour une heure puis revoyage à l’aéroport pour donner un médoc anti rhume à une femme qui fait des colliers, leur parler à toutes de ce petit coquillage qui détruit le corail et sur lequel elles devraient concentrer leur collecte d’après Semese… Et tant que j’étais dans le coin, j’ai jeté un œil rapide à qui descendait de l’avion… Parmi les palagis : le mari et l’enfant d’une femme que j’avais vue sans lui parler. Ce fut fait en attendant la sortie des passagers : canadienne (parlant le français mais pas québécoise) elle travaille pour l’Unicef et ils repartent dans 10 jours. Et puis est descendue la silhouette un peu voutée, d’Emilie, qui avait fait un stage chez nous l’an dernier et préparait ce voyage depuis près d’un an. Je me suis enquis de savoir si quelqu’un de la lodge où elle avait fini par réserver venait la chercher. « Non, mais j’ai été en contact avec une étudiante belge qui devrait être là »… Oui on m’en avait parlée, je l’avais vue un peu perdue la semaine dernière entourée d’Eti et de 2 autres officiels. Impression qu’elle était soit tombée là par erreur, soit qu’elle n’avait nulle part où aller.. Elle était dehors, je suis allée lui demander si elle était au même endroit qu’Emily . « non, je suis chez l’habitant » m’a t’elle répondu d’un air pincé. J’ai recommandé à Emily de ne pas lésiner sur la crème solaire « oh moi je suis là depuis une semaine, sans crème et je n’ai pas pris un coup.. ». « Il faut dire qu’il n’a pas fait très beau ces jours ci ». Et le ciel a commencé à pisser quand je les ai quittées.

Je n’ai jamais vu une journée pareille à Tuvalu. Il pleut depuis plus de 5 heures. D’habitude, dans la journée, il pleut dru quelques minutes et ça s’arrête aussi soudainement que ça avait démarré. La nuit, c’est autre chose… et ça peut durer plusieurs heures.

Nous avions prévu, Sarah et moi, d’aller voir Uale, le secrétaire permanent à l’environnement pour lui parler de tout et en particulier de la demande à Sopac pour faire venir Sikeli et de la lettre officielle pour Sandrine sur la biodiversité… J’avais abordé rapidement tous les sujets avec lui quand je suis allée me présenter (il était absent de Tuvalu ces dernières années) mais lui avais promis de repasser tout ça plus en détail avec Sarah. Sarah est là depuis bientôt 2 semaines et la semaine dernière déjà, à l’atelier biodiv il m’avait dit « tu n’es pas revenue me voir… »… Je suis passée hier, lundi, à son bureau pour m’excuser et lui demander s’il était là toute la semaine.. No problem… « et comment tu dis ‘désolée’ en tuvaluen ? » « Euh… je ne sais pas.. peut etre fakamole fakamole… » « s’il vous plait »…. Ah bon on ne dit pas « sorry » en tuvaluen ?

Il est mainenant 17h30, sarah vient de se réveiller. Nous irons donc demain.

Entre temps j’ai enfin acheté les conteneurs plastiques idéaux ou presque pour organiser notre armoire à pharmacie, et quelques bananes.. Le couple scandinave (à la couleur de leurs cheveux) repéré depuis quelques jours vérifiaient les rayons de chez Sue. Je les ai approchés. Ils sont sur un des deux bateaux de plaisance ancrés dans le lagon : un yacht magnifique pas loin d’un trimaran (ou un catamaran, j’ai oublié) amoché par une grosse mer et échoué dans le lagon. Eux sont sur le yacht. Par contrat (avec je ne sais qui, pour faire je ne sais quoi) il a deux ans pour faire l’aller retour Thailande… Ils m’ont arrêtée un peu plus loin, un gros sac postal sur le dos, ils étaient à la recherche de la « laundry ».. « Euh, la seule que j’aie jamais utilisée, est au Filamona… mais peut être que la lodge, à deux pas, le fait aussi.. »… la lodge d’Emilie.. Devant la maison, discuté quelques minutes avec l’ambassadeur de Taiwan qui venait voir les bateaux coréens en rade dans le lagon. J’ai aussi installé un rideau…. Ca fait du bien de n’avoir pas à se prendre plus la tête avec des gros dossiers comme Fanny a eu à gérer ces dernières semaines. Bien sûr je suivais ça de loin et partiellement, mais quand il s’agit de vérifier écrits et calculs ça demande plus de concentration… Elle a pris le train lundi matin pour Bonn et miracle de la technologie, nous avons correspondu presqu’en direct, elle du Thalis, moi de la péninsule funafutienne… car OUI, le modem fonctionne à la maison.. oh, pas comme dans nos pays développés mais pas loin et tellement mieux que les années précédentes et même que les dernières semaines… Bon, ça coupe assez souvent mais rien de comparable aux 20 mn et plus qui étaient nécessaires les années précédentes pour ouvrir une page . Plus la peine non plus comme l’an dernier d’utiliser une carte téléphone, limitée à 20 dollars pour essayer de surfer internet…

Seule petite ombre au tableau : il ne semble pas possible de dédoubler la ligne pour qu’on puisse avoir accès du rez de chaussée et le salon du haut, encore praticable à deux, n’est pas installé pour devenir le bureau de 4 personnes comme nous le serons bientôt. Je recommencerai mes visites quotidiennes aux telecom… Peut-être dans un mois auront ils trouvé la solution. En attendant, je vais essayer de réorganiser les lieux pour que ce soit plus praticable pour le moment. D’autant que depuis samedi, nous mettons notre nez dans la vidéo.

Earth hour, samedi dernier, fut en effet l’occasion pour l’équipe de TuCAN de faire ensemble, y compris quelques images. J’ai dû raconter cette soirée mémorable dans un ou deux mails.

Une réunion où nous étions 5 la semaine précédente, un accord du conseil des ministres le jeudi, l’autorisation de tourner sur le patrouilleur et d’allumer l’immeuble du gouvernement obtenue le vendredi soir, histoire de filmer les lumières de la ville s’éteindre… Les annonces radio réalisées par Semese diffusées le vendredi et dont je me suis assurée le soir d’un coup de mob à TMC qu’elles seraient rediffusées le samedi matin, les posters que WWF avaient oubliés de déposer à la Haute commission de Suva pour l’avion du jeudi, réalisés par Tataua en tuvaluen et modifiés par nous pour inclure la notion oubliée du climat, imprimés dans la nuit du vendredi au samedi et postés le matin même par Sarah et Tataua. Solomona avait été rapidement formé à la petite cam une heure avant l’événement et proposait de faire des travellings sur l’ile, Sarah avec sa cam HD avait eu, en dernière minute, la bonne idée d’aller filmer dans les locaux de Tuvalu Electricity et Melton rencontré vers 8h à l’hotel allait lui aussi filmer mais partie sud. J’étais un peu anxieuse mais sans excès. Quelque chose allait bien se passer ou plutot ne pas se passer. Le zodiac du patrouilleur serait il à l’heure prévue sur la jetée ? Pour m’en assurer je suis passée deux fois voir la police comme me l’avait conseillé un marin.. Le patrouilleur dépend de la police nationale. Solofa allait-il faire allumer l’immeuble du gouvernement comme promis ? La caméra n’allait elle pas tomber dans la flotte en montant l’échelle du patrouilleur ? Je sentais bien qu’il allait se passer quelque chose qui ferait foirer le truc... Mais quoi ?

A l’hôtel, j’ai dit : « Ce serait pas mal de vérifier si on peut entrer à TEC »… Sarah y a fait un saut pour revenir dépitée mais hilare.. Si tout avait été prévu, si le conseil des ministres avait autorisé l’opération qui consistait à couper l’électricité de toutes les îles, il semblait que personne à TEC n’ait été prévenu ! Mais… nous sommes à Tuvalu et tout est possible. Sarah avait croisé Tataua, l’en avait prévenu. Melton devait coordonner les heures et m’en prévenir… Je ne sais pas à quoi ça m’aurait servi puisque je n’avais pas de montre… Il y avait encore une demi-heure.. A Semese qui arrivait et s’est assombri en apprenant la nouvelle, j’ai remonté le moral « on est à Tuvalu, on pourra le faire lundi ou mardi… personne ne saura que c’était pas le même jour… » et je me suis rendue sur la jetée en me disant on verra bien.

Non seulement le zodiac était là mais le capitaine aussi ! L’immeuble du gouvernement était allumé… Et La caméra n’est pas tombée dans la flotte. Mais d’une part en grand angle et au plus large même si on voit une grande partie de Funafuti, les lumières sont tellement rares qu’à part l’immeuble du gouvernement et le port au loin qui restera allumé pour cause de travaux, on ne voit pas grand chose…

J’ai filmé dès mon arrivée pour voir ce que ça donnait.. Certainement si je prenais la peine d’entrer dans les settings de la caméra, mon 3e œil aurait pu mieux voir. Sans heure sur moi, j’ai filmé tout du long, y compris et avec grand plaisir pour rompre la monotonie des 3 lumières vues de loi, un vieux pêcheur sur son canot outrigger. Jusqu’au moment où je me suis dit qu’on devait arriver bientôt à l’heure fatidique et qu’il serait plus pratique, pour ajuster mon œil au viseur, si j’enlevais la lampe frontale que je portais sur la bicyclette et que j’avais encore, vissée au front… …

Le temps de me retourner et, quand j’ai reposé l’œil sur la côte, toutes les lumières étaient coupées. J’avais loupé le passage au noir ! Donc c’était moi qui avait fucked up ! Bon d’accord on passait tout simplement d’un peu de lumière à tout black… donc pas grand intérêt. Un peu upset mais pas trop comme l’ensemble depuis le début me fait l’effet d’une comédie qui ne pourrait se passer qu’à Tuvalu et c’est moi la palagi qui foire. Doublement….

Amusée mais tout de même un peu honteuse, je suis allée voir le Capitaine pour lui dire ma petite déception… Petite parce que dans le montage, il « made sense » de mettre au moment de la coupure la main de l’électricien que ne manquerait pas de filmer Sarah puisque c’était l’objectif… Pour compenser je lui ai demandé de nous dire ce que nous faisions là… Et il me l’a bien fait !

Au retour, en descendant du zodiac, j’ai glissé sur un tas de poissons… Un groupe est arrivé pour les ramasser armé de lampes de poches…. J’avais laissé mon vélo contre une barque. Il ne s’y trouvait plus. 2 mecs et le gardien du building des telecoms l’avaient déplacé pour le mettre à l’abri et se disputait la faculté d’y avoir pensé.

A l’hôtel, une jolie bougie à l’entrée et 4 palagis trouduc rencontrés une petite heure plus tôt et qui avaient refusé de jouer le jeu, abattaient des cartes sur le balcon, une lampe de camping sur la table.. Le faisceau des phares d’une camionnette a éclairé un moment l’immeuble du gouvernement. Dans les rais de lumière du phare d’une mobylette , un enfant dansait dans une maison. Ici une rangée de petites bougies le long de la fenêtre, là des torches bleues et vertes sous la hutte… « ça vous fait quoi ce earth hour ? » « rien » « Vous savez pourquoi ? » « Non »… J’ai expliqué et ça s’est terminé sur un « we get the message »..

Un peu plus loin un groupe de jeunes autour d’une bougie au coin où l’on parle du fusi.. « vous pouvez continuer à parler, je ne vois que la bougie et je ne comprends pas le tuvaluen.. » « vous êtes alofa tuvalu ? »… Comme il ne devait pas tarder à sonner les 9h30, j’ai décidé de stationner là, à filmer en attendant que le fusi se rallume… « il est quelle heure ? » « 9h30. » Ca n’allait donc vraiment pas tarder.. J’ai filmé un bon quart avant d’arrêter les frais et j’ai franchi les 100 mètres qui me menaient à la maison en espérant arriver avant qu’ils ne remettent en route, histoire de filmer au moins la alofa house se rallumant…

Manque de bol, c’est au moment où j’appuyais sur la clenche que la lumière fut… En rentrant j’ai voulu quand même voir ce que j’avais à l’image de la coupure. Alors que pendant ½ heure c’est on ne peut plus stable, au moment de la coupure bien sûr et juste à ce moment là, l’immeuble du gouvernement est en plan très large et mal cadré ! En rembobinant, je me suis dit qu’il manquait quelque chose. Bon dieu mais c’est bien sûr, l’interview du capitaine n’y était pas. C’était le pompon… Un peu perturbée par mon premier manqué, j’ai allumé la cam au lieu de l’éteindre et arrivée devant le captain, je l’ai éteinte au lieu de l’allumer.. Damned ! Alors pourquoi tout ça m’a mise d’extrême bonne humeur ? Skype joyeux avec Fanny qui préparait son sac pour Bonn pui travaillé une partie de la nuit sur je ne sais quoi.

Ce samedi, au réveil mon 3e œil est allé enregistrer quelques images supplémentaires de l’équipe du Fagogo transformés en ouvriers de chantier pour la construction de la clinique. Ils y étaient tous et plus… Même Melton s’y met.

Evidemment, je me suis laissée dormir le dimanche puis quelques mails, les plus longs réservés au dimanche. Pour digitaliser mes images et celles de sarah (tournées en HD panasonic) j’ai fait le ménage des disks durs… mais avant il me fallait assurer une vraie sécurité de mes datas.. Ni l’un ni l’autre des disks n’avaient assez d’espace pour la sauvegarde automatique. Après 5 heures d’enregistrement de la sauvegarde (une soixantaine de gigas) l’ordi moulinait toujours…. J’ai abandonné… avec le sentiment qu’on m’avait volé mon dimanche… Juste eu le temps de lire 2 pages du Ocean’s song de Kersauzon au petit déj sous quelques gouttes de pluie.

Lundi petit tour en vélo : chez Tupha pour trouver des posters, chez Uale pour m’excuser, voir plus haut, chez Tec pour payer notre note électrique (celle de mi janvier/mi février : 50 dollars), chez Tango où se trouvait Sarah en réunion avec Semese et 2 représentants de 2 îles du nord pour déposer un Tshirt Obama à Semese, aux affaires étrangères pour voir qui était ce français de l’ambassade qui s’annonçait. La fille s’était trompée : c’était un couple d’allemands qui seraient déjà arrivés. Pas vus.

L’après midi beaucoup de temps perdu à essayer de comprendre et régler le problème de son entre la cam HD à carte de sarah, son ordi et le mien… Elle a exporté en MPEG2, peut lire la carte et le fichier image et son avec Adobe mais pas avec Windows media player. Moi idem, même à partir du mpeg je n’ai pas de son et final cut n’y peut rien. Même le dvd qu’elle a réussi à graver avec son nouveau PC n’a plus de son quand je le lis sur mon Mac. On a abandonné provisoirement et j’ai fait une time line sans son en laissant en longueur la discussion silencieuse sur les économies d’énergie réalisées pendant earth hour au cas où Mafalu et les électriciens retrouvent la voix.

18h45 ce mardi : Concert improvisé Banjo/violon. Surprise du soir pour une sérénade : Kalisi avec qui nous avions pris un verre la veille sur la terrasse, vient d’arriver avec un Ukelele en forme de Banjo des Iles Cook. Il sait que Sarah a ici un petit violon en plastique et hier elle lui a donné quelques cordes. Super ! « are we disturbing » me demande le monsieur… « not at all it is a pleasure… really ». EADG je ne sais pas quoi… racontent leurs cordes… « why not ABC ? ». Je les ai laissés s’expliquer sur les tonalités pour finir d’installer les rideaux, couper les cordons et visser les crochets. Il revient demain avec sa guitare cette fois. Chantonner sur un violon qu’on ne maîtrise pas c’est pas top quand on veut se mettre en valeur.

07 / 05 / 09 - 07 : 48

Samedi 28 mars 2009

Quel plaisir d’être à ce point intégrée à la communauté : des workshops sur la biodiversité avec Eliala et Semese, aux réunions du Fagogo et leur construction de clinique pour bébés, en passant par les réunions de TuCan, donne du tonus mais aussi bien sûr beaucoup plus de taf que prévu. Pour l’instant, je le fais avec plaisir. Là j’attends Solomona (de la direction de l’environnement), frère d’Eli et fils de Loto et Penni pour un début de formation à la petite caméra… pour qu’il puisse filmer, lui aussi, ce soir pour Earth Hour. Pour moi : patrouilleur, Sarah cherche encore, lui veut faire des sreet shoot-by

Pique-nique à tepuka la veille : là aussi intégration maxi… avec l’ensemble du Kaupule entre autre… Ca me fait toujours chaud de les entendre m’appeler Gilliane même quand je ne les connais pas… et la nuit dernière quand de passage à la radio, pour assurer une dernière série d’annonces sur earth hour le samedi matin, entendre mon prénom dans les news sans savoir de quoi l’apprenti journaliste parlait, ça fait drôle aussi… Je lui demanderai à l’occasion, mais y’avait pas moyen de relire l’enregistrement…

Tataua était passé montrer leur poster en tuvaluan.. Le pauvre a été obligé de le reprendre pour inclure la notion de climat (quand même !) et est revenu avec son paquet vers 22h… Sarah en a déposé une vingtaine ce matin avec pour mission d’expliquer aux gens et non pas seulement de poster.. tout ça pendant que je dormais.. J’ai ouvert les yeux en me disant « s’il est moins de 9h je continue.. » Il était 10h30 !

Comme prévu, je suis retourné voir les travaux du fagogo au réveil. Et quand ils ont coupé pour le déj en m’offrant une assiette, j’ai été obligée de confesser ma grasse mat en disant que je ne méritais pas de partager avec eux qui travaillaient depuis l’aube… Grand plaisir, quand ça me traverse l’esprit (rarement) de me retrouver seule femme et seule palagi dans toutes ces réunions.

Aujourd’hui tous et toutes sont tellement habitués à la caméra qu’ils me parlent à travers elle en regardant direct dans l’objectif… Je leur ai expliqué qu’ils attendent que le rouge soit « on »… Du coup ils recommencent sans problème… quand ils n’ont pas attendu.. C’est vraiment incroyable.

WWF pousse sérieux semese. Ils veulent savoir quand ils auront des images de l’Earthhour… D’abord j’espère qu’il y ’en aura (pour ça faut que Solofa et Risasi allument bien le building du gouvernement et l’hôtel ☺ et que le bateau vienne me chercher)… ensuite juste pour le principe, je suis tentée de dire qu’on pourrait leur envoyer en mai quand Fanny sera là… Peut être que je ferais un effort pour leur fournir avant, avec nos moyens du bord… Avec John, on s’est demandé ce que cette coupure allait provoquer comme changement chez nous : couper internet, nous qui y sommes, en une poignée de jours tellement habitués déjà..

01 / 05 / 09 - 12 : 11

Jeudi 26 mars 2009

Brièvement d’abord la journée pour ne pas l’oublier… faite de petits riens comme on les aime.. de reconnaissance de notre action.


A l’atelier où je ne suis allée filmer que l’après-midi, Semese m’a engueulée de n’être pas venue le matin… « on a beaucoup parlé d’Alofa, les représentants des îles lointaines ont demandé des infos sur le biogaz… » Comment j’aurais pu imaginer que dans un atelier biodiversité où il n’avait même pas parlé de la pollution des cochons, quelqu’un poserait la question du biogaz… Hmm peut être est-ce parce que j’ai demandé hier à quelques participants si cette pollution avait été abordée, qu’ils ont soulevé le problème aujourd’hui…

Cet aprem, juste au moment où je décide de couper ma caméra, après un long tunnel d’explication de tous les organismes à impliquer, Eliala re-cite Alofa. je rallume et puis encore, bien sûr en Tuvaluen… A la fin de la workshop quand je les félicitais de cette cohésion, de ce nouvel investissement que je sentais en général et particulièrement chez un groupe de jeunes femmes (la plupart des adhérentes d’Alofa), Sania a répondu « Voir combien vous vous donnez pour notre pays nous pousse à agir aussi, on est les premiers intéressés et on ne faisait rien.. ». Ce petit bout de reconnaissance m’a particulièrement fait plaisir.

Discussion avec Semese à la fin « ça m’agace, dit-il que ces gens d’institutions régionales arrivent et nous imposent des formats qui ne fonctionnent pas, ils ne s’informent pas avant, ils ne connaissent pas la culture tuvaluenne, c’est pas comme toi ou moi… ».., et rendez vous pris avec lui et Sarah et les représentants des îles lointaines lundi.

Mais avant, vendredi, y’a pique-nique à Tepuka pour clore la workshop. J’avais décidé de ne pas y aller.. mais l’idée d’une virée en patrouilleur m’a fait changer d’avis d’autant que je dois voir le capitaine pour pouvoir filmer du lagon et un peu de haut le Earth hour du lendemain…

Aussitôt après j’avais prévu d’aller filmer quelques minutes les membres du Fagogo tous investis dans la construction de la clinique pour bébés.. Sur le chemin blabla avec Tito et Sarah devant le fusi, à propos du nouveau bouquin sur Tuvalu .. Sont passés la jeune allemande et son mari de sud africain. Les ai présentés et les ai laissés. Impressionnée par la taille de la « petite » clinique… Y’avait pas tout le fagogo et en particulier pas celui qui m’avait parlé du projet le premier.. mais ils étaient déjà pas mal nombreux et l’accueil a été étonnant là aussi.

Le Fagogo est une communauté en soi, composée d’individus aux occupations diverses : y’avait là par exemple, Sam des fisheries que je n’y avais jamais vu…. Avec lui, il aura fallu plusieurs années pour le faire sortir de sa coquille mais je pense que ça y est… We joke a lot… Malo, lui, voulait me parler « quand j’aurais fini de filmer » pour me tenir informée des réunions au sein du gouvernement sur les déchets et d’un projet de biogaz à Funafuti (dont j’avais entendu parler par le secrétaire permanent des Home Affairs), Amosa qui tient à ce qu’on se voit pour monter un club de musique, Karl qui me demande 10 mn d’images pour qu’ils puissent montrer au cours de son prochain voyage à Samoa, « mais pas pour rien, hein.. »… ajoute t’il… Je verrai avec Fanny ce qu’on a avec logo.

Quand j’ai passé à Malo la BD en tuvaluen il a été très touché… Il n’était pas là l’an dernier et ignorait son existence.. Du coup j’ai raconté la dizaine de versions. En fait très peu de gens sont au courant de ce qu’on fait hors Tuvalu, le conseil des ministres et nos proches, mais on ne fait pas de campagne radio sur nos autres actions.. Je ne les avais jamais vus l’air aussi surpris et… fiers. Sam l’a lue tout de suite. J’en apporte une poignée samedi quand je retourne filmer la progression des travaux (ils me l’ont demandé : ils seront encore plus nombreux, tous en tshirt rouge et fo sur la tête). Heureusement qu’il y a un dimanche !

Au retour, une bonne heure plus tard, Sarah et Tito discutaient toujours devant le Fusi. J’allais me mêler à la conversation quand deux autres femmes que je ne connaissais pas m’ont appelée par mon prénom, j’ai fait comme si je les reconnaissais, et demandé comment elles allaient depuis l’an dernier..

Sinon, a priori le modem sera installé demain matin (faut qu’on briefe Elena qui connaît à peine le mot internet au cas où ils arrivent après notre départ) en revanche je doute que le matos biodiesel et gazogene soit dans le cargo qui arrive après demain.. La bonne nouvelle du jour c’est que Gilles arriverait plutôt le 24 Avril que le 17… à peu près en même temps que le cargo du mois prochain…


01 / 05 / 09 - 12 : 09


Mercredi 25 mars 2009

Ce qui m’a frappée alors que je filmais la workshop d’Eliala, c’est l’attitude un peu méprisante des gens du Sprep face à la cohésion, la communion presque qui ressortait de l’équipe autour d’Eliala : Semese, le frère d’Eliala et le petit mignon de la direction de l’environnement, les fisheries, le Kaupule, nos adhérentes, maintenant aussi membres d’Island Care… En une semaine, ils ont le temps d’apprendre à connaître les gens… La participation du public a été incroyable, joyeuse, sérieuse, active.. Super sauf que je ne me vois pas porter la caméra à bout de bras pendant 4 jours de huit heures. En plus pas le temps… J’ai négocié une demi journée par jour… aux moments clés… Par chance, la grippe s’estompe rapidement.

Sem m’a montré brièvement aujourd’hui une partie de son travail d’inventaire. Il m’avait appelée dans un break de la workshop Je suis impressionnée mais c’est vrai qu’il peut se demander ce que Sandrine va apporter (il ne l’a pas dit mais son refus exprimé de lui donner ses données, signifie sans doute ça. Il a déjà intégré, en tout cas dans le peu que j’ai vu, la plupart des paramètres que je lui avais décrit pour notre bouquin : les noms « savants », anglais et tuvaluens, les contes… Et un tas d’autres paramètres dans un excel des familles. Je n’ai pas demandé combien restent à répertorier ni combien de temps encore, mais je suis ravie de voir que ça avance et de réaliser qu’il en a fait « son » livre. Donc on lui montrera le bouquin de l’Unesco sur la biodiversité des îles Salomon, remis par Douglas Nakashima à Fanny à Paris. Et bien sûr quand je le vois plus spécifiquement pour lui parler de ça (ou peut être que ça attendra ton arrivée) je lui traduirai ton compte-rendu.

Kelesoma : l’ancien assistant personnel du Premier Ministre, un de nos adhérents de la première heure, devrait rentrer de NZ un de ces jours. Hier son frère m’a dit n’avoir pas de nouvelle depuis décembre et un responsable de je ne sais quoi mais très sympathique m’a dit que Solofa l’avait informé que Soma attendait une extension de son passeport… Je n’ai pas tout à fait compris mais ce n’était pas l’endroit pour me faire préciser, j’ai préféré lancer mon refrain « si tout les gens éduqués s’en vont, je ne vois pas comment on va s’en sortir. It is sad. » Frères et vieux monsieur m’ont fait la même sortie que Semese : « seuls les courageux, les vrais, resteront. C’est là qu’on est né c’est là qu’on veut mourir.. » Depuis j’ai appris que le gouvernement lui a coupé ses salaires depuis quelques temps. We will see s’il résistera à la tentation d’un futur plus certain ailleurs.

Modem/téléphone : J’attends de le voir et l’entendre marcher pour me réjouir. L’appel à Fidji n’était pas de la meilleure qualité… Et quand je suis passés voir les services techniques après le déjeuner, ils m’ont proposé de passer à 15h…. C’était plutôt une bonne nouvelle, sauf que quand je suis rentrée à 15h30, il n’y avait personne à la maison (rarissime). Je ne saurais donc que demain s’ils ont trouvé porte close ou s’ils ont zappé le rendez-vous qu’ils proposaient…

Mes douceurs du soir sont plus soft qu’overseas. Mes réserves de ferrero, choco noir aux amandes et autrs gourmandises américaines tiennent bien le choc.. Le lait est tellement moins bon qu’en France que ce n’est pas pareil.. En revanche, comme je ne peux pas m’endormir sans une touche sucrée, j’ai terminé deux petites boites des ricola citron.. Commande est faite à Fanny pour une boite ou deux.


01 / 05 / 09 - 12 : 03

Mardi 24 mars 2009

Je réalise que depuis l’arrivée de Sarah, je n’ai plus guère le temps de me remémorer la journée. Les blogs d’à partir de maintenant risquent d’être moins longs mais décousus. A ceux qui suivront jusqu’au bout, nous tirons d’ores et déjà un grand chapeau.

Ce matin, je filmais l’atelier biodiv d’Eliala… mais fallait aussi entre deux bandes trouver une fenêtre pour la banque et le département de l’agriculture pour obtenir le document de quarantaine pour les éventails à plumes qu’emporte Polao à Susie son épouse, pour l’opération de Fanny à Papeete.. Solomona du bureau de l’environnement m’avait dit un jour qu’il aimerait bien que je lui apprenne à filmer… « qu’est ce que tu dirais d’essayer là maintenant, si je te montre les bases ? »… En fait, il n’a pas eu à filmer car je me suis échappée au moment du tea brake… mais il m’a dit « euh, elle est lourde cette caméra… tu dois être habituée ». J’ai montré mes biceps.

Sopac se lance dans un projet de repérage des noix de coco par GPS. Ca les repère, mais ne permet pas de les compter. Mafalu lui fait faire des études à qui mieux mieux, à croire qu’il touche au passage, sinon c’est incompréhensible…

Les difficultés d’acheminement de notre commande de méthanol et les unités biofuels toujours en chemin commencent à m’inquiéter un peu. La grippe m’inquiète moins, parce que ça m’a jamais empêché de bosser, mais heureusement quand même que Sarah a débarqué avec ses médicaments miracles.

Parmi les bonnes nouvelles du jour : Telecom vient d’installer le téléphone… Demain je fonce à l’autre service pour brancher le modem…

Et Polao s’est envolé avec le papier de quarantaine dont l’obtention m’a demandé au moins 10 voyages à l’aéroport… Les mecs n’étaient jamais là..

Toujours pas de petits points verts dans la gouttière qui nous sert de jardin. Demain peut être..

01 / 05 / 09 - 12 : 01

Dimanche 22 mars 2009

Il est 10h30 ce dimanche. Sarah s’est donc levée à ses aurores. « A quelle heure tu veux que je te réveille » m’avait elle demandé en se retirant dans sa chambre hier soir. « Pas ».

Moi donc d’abord à 6h30 comme tous les matins ici puis à 9h30.. plus urbain.. Petit dej et shower pris, nous voilà prêtes à démarrer notre journée ensemble. Elle a réparé son violon et maintenant elle l’accorde après avoir jeté un œil aux graines plantées hier soir à la lampe électrique. J’y reviendrai.

Mais d’abord assurer que je ne perde pas pied dans les réponses que je dois à Fanny en essayant de garder le rythme d’un message par jour.

Et faut que je trouve le temps aujourd’hui de résumer les dernières pêches biodiv. Avant faut aussi que j’extrais quelques photos de la video réalisée pendant la première réunion biodiversité/communauté mise en place par Eliala. Elle démarre demain 3 jours d’atelier avec les représentants de l’UNDP et GEF qu’elle m’a présentée. Et bien sûr, elle m’a invitée mais… demain aussi réunion et déjeuner ambassade de Taiwan et mardi/mercredi réunions Sopac/Tec… Les heures se bousculent… et ça ne fait que commencer. Parmi les demandes diverses, Amosa, l’un des compositeurs du Fagogo, qui accueille le groupe tous les soirs chez lui ou plutôt sous la grande hutte derrière chez lui, m’a demandé si j’aurais du temps pour une réunion avec Albert, un des compositeurs qui ont démarré Fagogo, pour discuter de la création d’un club de musiciens qui réunirait les quelques autres groupes du coin… Je n’ai pas vraiment compris pourquoi moi mais je suis touchée de la confiance.

01 / 05 / 09 - 11 : 59

Hello du vendredi soir, 20 mars

Sarah vient de se coucher : elle se lève à 4h pour aller pêcher avec Nala dans le lagon devant la résidence… J’ai dit que je prendrai la ligne au coucher du soleil puisque c’est l’autre bonne condition de pêche.

Petites nuits, longues journées depuis son arrivée hier. Matinée à Amatuku où on a attendu plus qu’on n’a fait.. Mais on a une autre piste, et pas des moindres, pour expliquer l’absence de gaz depuis quelques mois : en fouillant un peu sur la méthode d’utilisation et surtout de remplissage du digesteur, elle a compris qu’Utala n’alimentait le digesteur qu’une ou deux fois par mois au lieu de 2 à 3 fois par semaine… depuis qu’on a mis un système de blocage des eaux de pluies l’an dernier ET surtout depuis la visite de Sopac en Octobre qui les a tellement déstabilisés (tout le monde y allait de son conseil, souvent contradictoire avec la formation de Sikeli – comme boucher le tuyau qui alimente le digesteur pour que le gaz ne s’échappe pas !) qu’Utala semble avoir compris l’inverse de ce qu’ils avaient préconisé : poursuivre l’alimentation… D’après Sarah, dans la mesure où il laisse la merde et l’eau plusieurs semaines dans le bassin « provisoire », le gaz se forme là et ce qui s’introduit dans le digesteur n’est plus qu’un sous produit, le slury. Utala part un mois en vacances, Lee le responsable administratif s’est proposé pour prendre la relève et est allé s’acheter une paire de bottes cet après-midi… tandis que je prenais toutes les brosses dures de chez Jacks pour la porcherie.. Croisons encore une fois les doigts, peut être que cette rectification permettra d’éviter la vidange et d’avoir à re-sceller. Si ce n’est pas ça, il ne reste plus que le pire diagnostic : infiltration d’eau salée…

Au retour Elena était occupée à l’ombre du jardin à fabriquer son premier collier… Un de ceux que Polao emportera pour que Susie les emportent à Tahiti.

Déjeuner rapide à l’hôtel, rencontré Eliala, Saini et Sania… 2 adhérentes et une pote, Eliala, qui veut devenir membre et pourra nous représenter, en notre absence, en alternance avec Fong, aux réunions diverses … TuCAN et autres.

Payer, en 3 étapes, (caissier du gouvernement, puis caissier telecom puis repasser par la case départ pour donner le reçu aux services techniques) la facture telecom pour l’abonnement adsl alors que nous n’avons toujours pas le téléphone.. mais ça ne saurait tarder…

En achetant les brosses, rencontré Loia qui travaille depuis au moins 18 mois sur un des plans Eau et espère bien pouvoir mettre en place le digesteur à déchets humains. Au sortir de la boutique, arrêtée par Minute (ex-mission à l’Onu) et son épouse de retour de leur île Nanumanga… Parlé de solaire… Faut que j’arrête d’estomper les enthousiasmes sur le solaire..

Arrêté ensuite par Kalisi.. « Tu vas où ? » « A la maison et je repars faire mes mails ».. « Sarah est où » « J’sais pas très bien » « Je peux passer vous voir ? » « oui bien sûr Sarah sera sans doute là au coucher du soleil.. » Il n’est pas venu au coucher du soleil ou n’a pas osé entrer. Nous étions sur la terrasse. Elena n’était pas là, mais son fils dormait en bas..

En repartant de chez Alpha où les ordi faisaient des leurs bizarres.. surprise incroyable, 2 flics ou plutôt 1 flic et une fliquette arrêtaient bikes and cars.. La fliquette m’a demandé à qui appartenait la mob « à Grace et Leota » …. Avec un sourire : « dites leurs qu’il faut mettre une plaque devant »… A 50 metres, à l’embranchement de notre chemin, 2 autres. J’ai poursuivi ma route directement chez Grace où ils ont mis la plaque (un bout de foam cracra).

Tenté de négocier une bike plus grosse… Sarah ne se sent pas en sécurité sur celle-ci, du coup pour aller chez Nala, dans l’après midi, elle a pris la bicyclette, qui ne lui convient guère plus…

Devant chez Sulani, des paquetages de biscuit en genre alu, belles, grandes boîtes, (dans lesquelles on pourrait planter un citronnier) nous en avons pris 2 et espérons bien en trouver d’autres.. Demain nous mettons le jardin suspendu sur pied.

Ce soir écouté avec Sarah, Osez Joséphine en lui parlant d’Alain B.

Plein de trous dans l’histoire du jour mais c’est mieux qu’hier et avant-hier où j’ai surtout listé pour ne pas oublier.. Je commence à prendre du retard et je ne vois pas comment ça peut s’arranger puisque maintenant le soir nous discutons biogas, survey todi, replantation pour biofuel, solar ovens demo et de plein d’autres choses plus personnelles.


01 / 05 / 09 - 11 : 57

Tuvalu Earth Hour 2009 : The only country where the power was cut from the source !

Tuvalu, the tiniest nation on earth and the most vulnerable to Climate Change, was the only country, on March 28 2009th, to take into account Earth Hour, nationally, by powering down the whole country. Saving 284 kg Co2 on the main island.

In 2009, following up on last year’s first shot at Earth Hour, the Tuvalu Climate Action Network (TUCAN) chose to have the activity pass cabinet and to make Earth Hour a national event : the power was cut from the Tuvalu Electricity Corporation on the 9 islands of the archipelago.

This year only one preparation meeting was necessary to coordinate the event. Members of TUCAN, the organization coordinating Earth Hour in Tuvalu. One week before the planned members met : Semese Alefaio (TANGO, a marine life specialist, acting in the absence of President Tafaue Lusama defending the cause abroad), Tataua Pese (Red Cross), Hilia Vavae (Met Office), Gilliane Le Gallic (Alofa Tuvalu), It is to be noted that all are founding members of the Alofa Tuvalu NGO. Solomona Metia represented the Environment Office.

Was decided to reproduce last year strategy by updating the paper to be presented to Cabinet meeting 2 days prior to the event. It was also decided to communicate to the population prior to the event and internationally after it took place with a press release and a video to be posted .

A few days before March 28th, Semese organized radio interviews and announcements, while Tataua was translating the e-poster received by the international coordinators (who had failed to drop some printed documents at the high commission in Suva). For the video, Gilliane was to film the coast and government building from the Australian Navy patrol boat in Funafuti Lagoon. Solomona to shoot drive by sequences along the 13rd km of tar sealed road on the Fongafale atoll. Sarah Hemstock (Alofa Tuvalu’s biomass scientist) and Melton Tauetia (Climate Change officer and Alofa Tuvalu’s general secretary) who arrived the day before, offered to to be at Tuvalu Electricity Cooporation, and at the south end of the island.

A survey the Friday before the planned Earth Hour Day revealed that if the GoT building was not lit prior to the cut, there would not be anything to see. Stepping out of the boat, Solofa Uota, Secretary of Government, was reached to get the authorization to turn on the bulding’s lights 5 mins before the cut. Solofa immediately offered to come himself to make sure it would be done. Agreement was made with the Patrol boat captain too.

Friday night, Tataua printed his draft of poster for submitting to Semese, Sarah and Gilliane. Few small changes and Tataua rush to print them and pass them around to Semese, Solomona and Sarah for them to go around Saturday morning to post them in public places with explanations as to why the event was taking place and its relevance to Tuvalu.

On Saturday night everyone was getting ready and kind of met by chance at the hotel, at around 7.30. Sarah went to check at TEC how she could get in to film and realized there was no one there and no one knew that the electricity had to be shut down. On her way back she met Tataua who had had the same info and was looking for Solofa to resolve this issue as clearly TEC had not been warned by GoT. Solofa made himself immediately available and went, with Tataua, to inform Mafalu who gathered his team in less than 15 mins. At the said hour, the power was cut. Only in Tuvalu can this happen ! And only in Tuvalu did Earth Hour lasted 90 mins !

People dealt with the lack of electricity in a variety of ways : candles mostly but also torch lights and vehicles lights and everyone we had a chance to interview were quite pleased about participating in the event and not bothered about the inconvenience.

In the rush, though, the hospital was turned off too for something like 1/2h. Power was turned back on, luckily without incident.

Apart from making sure this does not happen anymore, another obvious lesson learned is to make sure more than once that TEC is informed. Among other abnormalities pointed out by Tataua and seen on video, one store, JY , seemed to have done « business as usual » and run generators.

Thanks all the Tuvaluans who took up the challenge to make of the tiniest nation on earth,
the most threatened by Climate Change, the only state to cut its power from the source : the Electricity provider ! And to save around 300 kg of Co2 nationally.

In Tuvalu, in many aspects of life, things can happen faster than anywhere else in the world. In Tuvalu time has another value and in Tuvalu, the video edited for immediate release is awaiting being screened by the Tucan members who did participate before being released.

A short press release extracted from this report will be sent to international media.

A video was edited by Alofa Tuvalu for TUCAN from segments shot by : Melton Taueia, Patsi & Solomona Metia, Sarah Hemstock, Gilliane Le Gallic. All rights are reserved and copyright belong to ©ALOFATUVALU/TUCAN 2009. The video will be posted on Youtube and forwarded to the organizers of Earth Hour, WWF.

We take the opportunity of this to allow ourselves to correct WWF’s mistake in reporting the event : locating Tuvalu in Fiji and calling Tuvalu’s capital “Suva” !!!!! TUVALU and FIJI are 2 different sovereign nations. Suva is Fiji’s capital while TUVALU’s capital is FUNAFUTI.

14 / 04 / 09 - 18 : 00

Le Jeudi 19 a démarré sur les chapeaux de roue...

... pour récupérer mes emails et expédier ceux du jour… avant de jouer les « looking desesperatly for Temu » dans l’immeuble du gouvernement… A 10h, 10h30, 11h, j’ai pointé mon nez au bureau de l’éducation. Elle pas. Je l’ai croisée dans les couloirs alors que je courais à la banque pour sortir un peu de liquide pour Sarah. Nous sommes remontées à son bureau et je lui ai expliqué que ces documents n’étaient pas adaptés en tant que tels pour les enfants et que si son événement n’avait pas lieu dans la journée, il serait sans doute mieux si Sarah et/ou moi étions présents pour les expliquer… J’ai parlé de Small is Beautiful, du chapiteau à Tahiti et ça l’a bien tenté. Comme tous les autres tuvaluens, elle a emporté chez elle le dvd Trouble. Elle a refusé celui de Gore… Elle devait me le rendre le lendemain… Rencontré dimanche, elle s’est arrêtée pour saluer Sarah et nous recontacte quand elle met en place son opération. Le film ? Pas eu le temps de le voir encore.. Soon.

A l’aéroport, passé des colliers au cou des Danish guys. Eux m’ont donné une bouteille de vin qu’ils avaient apportée avec eux. Félicité Tavau pour son nouvel haircut… A raz.. Goodbye à John. Et Sarah est sortie.. On a vite déposé ses valises dans le coffre de Tala qui était au rendez vous fixé la veille et en courant, elle et les 2 danois sont allés s’asseoir au Filamona pour une interview, convenue à l’avance. Puis, enfin, elle a pu vider ses valises de la caisse à outils, caisses de pharmacie, matériel de pêche et autres cadeaux.

Moi je suis allée montrer aux telecom que, oui, enfin, nous avions un modem et payer notre abonnement bien que nous n’ayons toujours pas de ligne téléphonique. Récupéré au passage le son de l’interview réalisée par TMC, et à l’hôtel, deux employés ont sauté dans leur camion pour récupérer la grosse branche que je convoitais depuis un moment. Ils l’ont déposée à la maison et moi je me suis installée pour lire les mails enregistrés le matin.

Tentative de déposer les infos sur le marché du Nonu à Fiji au secrétaire général de l’eglise et son accolyte, un membre du parlement, qui tentent d’en monter un commerce. Personne. Enfin si, mais pas eux. Je repasserai.

Et la soirée s’est terminée sur un blabla de plusieurs heures après une soupe de lentille (dal) avec Sarah. Depuis mon départ nous n’avions pas communiqué sauf pour lurgence méthanol qu’elle devait transporter. Une mise à jour des petites histoires de Tuvalu indispensable.
Et exceptionnellement pas de session internet ce soir là.



13 / 04 / 09 - 09 : 56

Mercredi 18 mars 2009

Bientôt un mois que j’ai repris ma vie tuvaluenne et toujours un mois de décalage dans le postage des blogs. Ce n’est pas que je n’ai pas fourni au quotidien, c’est juste que ni Fanny ni moi n’avons le temps de relire pour élaguer mes notes toujours trop longues. Je ne sais donc pas quand ces pages seront postées… Pour moi elles sont des pages rattrapées sur une chronologie au quotidien de plus en plus difficile à tenir, depuis que Sarah est arrivée. J’avais posé des mots clefs pour éviter l’oubli inévitable après une semaine.. Déjà en fin de journée je ne sais plus ce que j’ai fait ni qui j’ai vu alors si je n’avais pas jeté ces mots clefs je serais aujourd’hui totalement paumée..

C’est sans doute parce que je commençais à culpabiliser d’avoir envoyé un peu promener Sandrine sur la recherche des documents qui lui manquent pour boucler l’étape 1 du Tuvalu Marine Life (étape 1 si on fait abstraction des 3 ans passés à développer le projet biodiversité) que ce mercredi 18 Mars j’ai eu l’impulsion soudaine d’y consacrer ma matinée en essayant « to kill 2 birds with one stone » à chaque étape.

Premier stop : la « UPS library » om je devais déposer la BD en tuvaluen et en Anglais et aussi bien sûr voir s’ils disposaient de documentation sur les poissons … Au moins un objectif atteint : le dépôt des BD. La fille semblait un peu déçue. Sa demande d’il y a quelques semaines portait en fait plutôt sur le film mails 1-Elle avait mal exprimé et 2-On a distribué assez de films à Tuvalu, ils ont fait assez de copies pour les marins, leur famille un peu partout dans le pacifique pour que nous distributions avec discernement désormais. Car quand il s’agit du film, il est évident que la copie se retrouve à la maison et n’appartient plus aux archives. C’est ce que j’ai pu remarquer, un peu plus tard, aux Archives Nationales où nous avions remis, pour archivage plusieurs copies du film et des extraits presse qui allaient avec.. Pas de copie, nulle part.. J’allais dire que les documents sur les fisheries étaient « répertoriée » mais à Tuvalu , le mot à mon avis n’existe pas. Il y a eu sans doute de la part d’un palagi de passage, tentative d’organiser les bouquins et rapports divers. Dans la catégorie « fish » un dossier d’archives presque plein et quelques dossiers qui traînaient autour, posés là comme par hasard. Une quinzaine de rapports et autres survey, principalement sur la pêche, dont 3, bien différents et émanant de 3 organismes différents de la région, portaient le même numéro d’archivage, tandis que d’autres volumes n’étaient pas numérotés…

Sur le chemin des fisheries, vu Leota pour prévenir de notre voyage à Amatuku prévu le vendredi.

Comme d’habitude, près du port, en remodelage par une équipe de japonais, j’ai eu du mal à trouver le bon bâtiment. Dans un bureau, une jeune femme et 2 mecs, dont les visages ne me disaient rien. Ce n’était pas ma copine Frida, une bénévole de la Croix Rouge, partie, comme une bonne douzaine d’autres, étudier overseas. Dans son cas, c’est à Fidji, mais ils sont nombreux à parachever leurs études en Australie et en Nouvelle Zélande aussi… C’est peut être ce qui fait penser à quelques journalistes qui ne vérifient pas plus loin que la première information reçue que la communauté de New Zealand compte 4 à 5000 personnes !!! Alors qu’ils sont moins de la moitié.

Au retour, un saut à la coopérative où j’espérais qu’ils me livreraient mes 2 vieux futs coupés en deux pour notre potager, mais, s’ils avaient les futs (vendus 1 dollar) ils n’avaient plus de gaz pour alimenter la machine qui pourrait les découper… Au prochain cargo..

Un petit coucou à Father camillo, pour vérifier l’état de sa main, toujours très gonflée après l’attaque des sucettes à la noix de coco… J’ai dû l’expliquer déjà mais en deux mots : il est victime d’une allergie à la noix de coco depuis 31 ans et a réussi à ne s’alimenter d’aucun produit à base de noix de coco (un exploit à Tuvalu) mais n’a pas eu cette vigilance pour prendre dans sa main ces sucettes. Cette seule action a déclenché une crise qui dure depuis bientôt 3 mois ! Il avait réussi cependant à dactylographier la 2e lettre en Français qu’il lui fallait écrire. Je ne sais pas trop quoi faire pour lui. Et bien sur ce ne sont pas les antibiotiques que les toubibs d’ici donnent à tout bout de champ qui ont aidé… Sarah va demander à un de ses potes toubibs.

Visite désormais quotidienne à Sue et Semu, to sort out an optional way to bring freight in Tuvalu than DHL. Silia leur fille se mettait sur le coup et allait nous trouver une compagnie avec laquelle travaille le transitaire à Fidji… La mob électrique et les fours solaires devraient être emballés en fin de semaine… par bonheur, là aussi, petit délai de la part de Zane (le distributeur de moto et scooters électriques.

Déjeuner sur le pouce mitonné par john. Et j’étais la première, avec Semese, à la réunion prévue par TuCan, le Rac Tuvaluen, pour le Earth Hour. Eu le temps de tailler une bavette avec Utala puis Lee et le Captain de TMTI qui passaient par là. Puis sont arrivés Tataua (red cross),Solomona (department de l’environnement) et Hilia rencontrée la veille.

Petite virée chez Nala pour récupérer les rideaux ourlés par sa copine puisque sa machine à elle ne marchait plus… Sur le chemin du retour, vérifié chez TMC quel était exactement le problème qui les empêchait désormais de poster des infos sur tuvalunews.tv. Le site avait été mis à disposition par Tuvalu Overview qui s’est agacé de la fréquence plus qu’aléatoire des infos et a prétexté le coût occasionné par cette page pour l’arrêter. Depuis, les media attendent patiemment que le service informatique du gouvernement leur crée un site.. Ca fait presqu’un an. J’ai proposé d’ouvrir une page blog sur notre site. J’espère que c’est possible… Mais y’a de toute évidence pas d’urgence..

Pause à la coopérative, Fusi, pour une poignée de victuailles pour l’arrivée de Sarah le lendemain. Croisé James chargé des demandes de fond UE et donc de EDF 10 sur les déchets dont le plan et celui de Taiwan n’arrivent pas à s’intégrer. L’un a une vision mais peu pensée, l’autre un programme pensé mais a l’envers… sans aucun début d’apprentissage du tri sélectif. Ils avaient eu une réunion et UE estimait que le programme des taiwanais allait se planter et que UE prendrait la suite.. ou plutôt réduirait le plan taiwanais à la seule récolte de déchets organiques (ce qu’ils font déjà non officiellement avec le waste management chargé du ramassage).

Just’en face, devant la maison où habitait notre amie Teu avant d’être nommée au Kaupule de son île, Nanumea, j’ai abordée une femme dont le visage me disait quelque chose : « vous êtes la sœur de Teu »… « Non, je suis Lorraine »… Un peu confuse , je l’ai alors reconnue. A ma décharge nous ne nous étions rencontrées qu’une fois, aux funérailles de son mari, Filipo, en 2007. Je lui avais promis alors une copie de son mari s’éclatant au Fagogo. Il adorait chanter et s’en sortait bien. Mais aussi une copie de la video mise bout à bout en gros blocs par Fanny la même année.

De retour à la maison, la surprise de la soirée fut Temu, la directrice d’école, à la recherche de posters et documentation sur le climat et les énergies.. Pour les enfants. A part la BD sur laquelle ils ont déjà travaillé, je n’avais pas grand chose et certainement pas des posters mais j’ai promis de voir ce que je pouvais lui trouver… « Tu en as besoin quand ? » « Demain matin »… Ca m’a bouffé un bout de la soirée mais j’étais prête, le lendemain, entre 10 et 11h, comme elle me l’avait demandé au bureau du ministère de l’éducation. 2 DVD, Trouble et Gore, des photos de nos trucs de biomasse ici, le power point de Gilles… et quelques autres documents.

Apéro sympathique avec John and Kat(y, la prof marrante mariée à un tuvaluen, puis dîner assez beurk avec John qui prenait l’avion le lendemain pour un mois. Je voulais le sortir de chez lui et a priori, le restaurant chinois, réouvert depuis une semaine, est le meilleur du coin… Ce ne fut pas le cas ce soir là mais ça nous a bien amusés. Il avait comme à son habitude apporté bouteille de rouge et verres à pied. Il a d’ailleurs transformé 2 bouteilles plus bellles que bonnes bues ces derniers jours en carafes « aqua alofa » avec son eau purifiée.



13 / 04 / 09 - 09 : 54

Mardi 17 Mars 16h30

De retour à la maison pour rédiger plus de mails encore… et revoir le rapport réalisé par Fanny pour la finalisation de notre convention avec le Conseil Régional d’IdF. Je n’ai pas osé imprimer ces 16 pages chez Alpha… C’est pourtant la méthode que je préfère pour lire et corriger quoi que ce soit de plus long qu’une page. J’aurais dû mais je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser de profiter autant de l’hospitalité de John, Eti et Sina…

Hier matin encore… Enfin… il était plus proche de midi que du petit déjeuner que j’avais pris assez tardivement, sur la terrasse, comme d’hab.

Quand je suis arrivée ma pile de mails à envoyer sur ma clé, John préparait des œufs au bacon pour Eti et lui. Bien sûr ils m’ont conviée et… bien sûr, j’ai accepté avec plaisir. Il y avait longtemps que je n’avais pas dégusté de vrai bacon cuisiné par un connaisseur !

A 14h pétantes, j’ai commencé mon tour des bureaux, jusqu’à 18h et pour la plupart de mes visites, ce fut à refaire aujourd’hui, pour une raison ou une autre :

Telecom dont l’un des deux techniciens n’avait pas remis à l’autre le numéro que j’avais laissé vendredi… Normal.. On n’a perdu que 3 jours encore… La bonne nouvelle d’aujourd’hui, alors que j’allais relancer notre fournisseur de modem à Fiji, John m’a appris que David, (son second à Fiji qui a, entre autres responsabilités, la signature sur notre compte) avait récupéré les modems et les déposaient à l’hotel où Sarah va se poser (le seul souci c’est que personne à l’hotel n’est au courant de son arrivée.. pas grave, ils nous connaissent tous et en particulier John qui a vécu dans cet hotel plus d’un an)… A Telecom je retourne jeudi après midi, notre modem en main…

Ressources humaines pour voir où ils en étaient de la sélection des candidatures au poste de responsable video des affairs sociales du ministère des Home Affairs qu’ils devaient faire il y a 15 jours… et reportée à une dizaine de jours. Je pense que je serai du comité de sélection et ils sont demandeurs d’un peu de training.

Solomai, Sue & Semu, un des rares importateurs locaux pour vérifier s’ils avaient un nom de compagnie, de bateau qui fait le trajet US/Suva pour que Chris puisse y déposer notre caisse avec la moto et les fours solaires…. Pas encore. Ils ne m’ont toujours pas donné de noms mais demandé les dimensions et le port d’embarquement… ce que j’ai été en mesure de leur confirmer aujourd’hui (en deux voyages, le premier pour donner les dimensions à Sue, le second après avoir reçu la réponse de Chris, au mari pour confirmer que San Pedro ou Long Beach étaient les ports d’embarquement les plus proches… Je me demande quand tout ça va arriver. Avant mon départ en Juin, j’espère…

Grace et Leota : comme ailleurs je n’en ai vu qu’un a la fois. Merci à Grace pour le prêt « forfait séjour » de sa bike.. et je voulais prévenir Leota (chef ingénieur à Amatuku) que Sarah et moi nous rendrions à Amatuku vendredi… Il ne reprend son taf que la semaine prochaine mais tient à participer avec nous à toutes les étapes. Leurs mécanos en ont profité pour redresser un peu la mob qui était tombée deux fois… mais pas assez solidement pour que le clignotant ne repende pas lamentablement le long de la mob après 10 mètres.. Repassée ce mardi. Là, y’avait personne..

Pula, directrice des associations de femmes, ex première dame, avec laquelle la relation n’était pas des plus cordiale depuis qu’elle n’était plus la première… et surtout depuis notre émission de radio où Nala, la nouvelle première dame, expliquait qu’en coupant la climat de la chambre de sa résidence, elle avait économisé un paquet de dollars par mois… Je l’avais croisée à plusieurs reprises, demandant à ce qu’on se voit et elle semblait plus amène.

Rendez vous fut donc pris pour ce matin… Le sujet principal du rendez vous : lui parler de l’idée de laverie de couches que je pensais pas développer à ce voyage mais les circonstances s’y prêtant, battons le fer tant qu’il est chaud… Elle est enthousiaste sur l’idée (autant qu’elle peut le montrer)… sur les fours solaires (dont l’association de femmes n’avaient pas entendu parler de la démonstration Sopac, c’est dire de l’utilité de ce dernier atelier…) En fin de conversation, je lui ai expliqué qu’il était important dans un si petit pays que tout le monde travaille avec tout le monde… Nala avec elle… « Elle ne m’aime pas… Elle ne me regarde même pas quand elle me voit » « Tu sais Pula, fin 2006, tu étais tellement déçue de n’être plus sur le trône que ça se voyait, tu avais l’air en colère, et je me suis demandée si tu ne m’en voulais pas de quelque chose… Aujourd’hui tu as l’air mieux… » « Oui, je m’en fiche maintenant de ce que les gens peuvent dire ou penser.. tout le monde dit du mal de tout le monde à Tuvalu.. » « C’est partout pareil, Pula, l’humain est humain… Super de ne plus s’en faire… » Elle a amené le sujet radio… « oui ce truc, je ne sais pas si tu l’interviewais… mais elle disait du mal de nous… « « pas du tout, rien n’était dirigé contre toi… Tu avais tout à fait le droit d’utiliser l’aircon… Nala avait aussi le droit de ne pas l’utiliser.. L’important c’est qu’aujourd’hui tu sois plus zen et qu’on essaie de tous travailler ensemble… »… Nouveau rendez vous vendredi next week, au retour de Monika (qui m’oblige a aller un peu vite sur ce projet en proposant de se mettre immédiatement sur une demande de fonds) au snack bar des femmes.

Parmi les mails d’hier : une convocation à une réunion de TuCan demain, expédié par un Semese qui, après ses airs de fuite que je comprends maintenant, s’emballe à nouveau pour Alofa. Ce matin, il me voyait à toutes les réunions qu’il organise jusqu’à mon départ… et rêve déjà de tout ce qu’on pourra faire.. Je suis même invitée à un week end de 4 jours pour Pâques à Funafala, un îlot occupé par une poignée de familles, où nous avions passé une nuit avec la Croix Rouge l’an dernier, Quand je lui ai demandé d’envoyer le rapport poisson (toujours pas terminé…., là où il en était) à Sandrine*, il m’a répondu « Je te l’enverrai à toi ».. « Et pourquoi pas à Sandrine ? « « je n’aime pas les scientifiques »… « C’est une chouette fille tu sais » il a souri… Et alors que je me fais toujours une petite parano quant à l’estime dans laquelle me porte la responsable de Tango, quand j’ai demandé « est ce que je suis bienvenu cette année dans les bureaux de Tango… » « bien sûr, viens quand tu veux et si tu veux louer des bureaux dans le nouveau building, ce sera avec plaisir.. ». Donc j’irai, de toute façon, en toute honnêteté je leur dois une visite et une réunion pour confirmer nos dires (confirmés par email quand même) de l’an dernier sur leur étude et leur rapport pour le bouquin. Quand j’ai voulu mettre tout au clair par email, Taukiei m’avait répondu on voit ça quand tu viens.. J’ai aussi réalisé que pour beaucoup de gens (y compris les palagis comme la femme de l’ingénieur environnemental) que nous n’avons prévenu personne sauf les amis proches des reports, cette année comme la précédente, de mon arrivée. Semese lui m’avait relancé vers septembre sans mentionner bien sûr que j’avais promis de revenir dans ces eaux-là pour lui porter les quelques photos prises ce jour volé où l’avion en panne avait décidé de m’octroyer une journée de rab. J’ai envoyé quelques photos plusieurs semaines plus tard… en m’excusant et en espérant que c’était toujours d’actualité… Pas de réponse. Bien sûr, j’ai lancé le sujet avant de clore la conversation du jour : « t’as bien reçu les photos, tu les as utilisées » « oui, merci » « euh, tu pouvais pas me prévenir.. dire merci alors.. » en me marrant et lui proposant un « hi5 ». Mais ce qui me semble le plus important de tout c’est qu’il est revenu à Tuvalu parce qu’il ne veut pas migrer en NZ comme toute sa famille qu’il avait rejointe aux Iles Marshall s’apprête à le faire. « Ne resteront que les plus forts ».

*Ce que Semese détient, c’est la base de notre projet Biodiv puisque celui ci a été écrit avec lui, pour eux… Si Sandrine ne l’obtient pas dans les semaines qui viennent, elle ne pourra pas au prochain voyage prévu début mai, faire sa « restitution » aux communautés comme prévu..

Quoi encore hier et aujourd’hui ?

Ah oui : Monise , le directeur général de TCS, la coopérative, principal importateur… pour lui déposer le parfum qu’il m’avait demandé de leur rapporter, Terre d’Hermès.. Je lui ai raconté notre visite à la boutique Hermès, rue St Honoré.. Je lui ai demandé des barils..découpés. Ils en ont des entiers, tout rouillés, mais après j’en fais quoi… Faut que j’y retourne..

Avant et après Monise, transport de seau de terre tamisé du jardin de Patipati qu’il m’a fait tellement plaisir de revoir… fait des graines Kokopeli et Ferme Ste Marthe…. A notre péninsule totalement dépourvue de ce qu’on peut appeler terre… au mieux une fine poussière sableuse, balayée donc consciencieusement, religieusement tous les matins… Le premier voyage fut un peu scrablleux, le seau déséquilibrait la mob et je faisais peine même aux enfants qui me voyaient passer « ca va ? »… Encore quelques seaux empruntés (avec sa permission) dans le jardin d’Eti et tout sera fin prêt pour que Sarah et moi préparions nos plantations… Me reste à trouver aussi des vieux containers plastiques du diamètre des gouttières pour éviter à la terre de s’écouler à la moindre pluie.

TMC pour demander enregistrement itw+postage sur tuvalu ;news.. comme d’hab rien obtenu sur le coup… en revanche, merci à la productrice Tiani que j’aime beaucoup… j’ai retrouvé mon cahier de notes, perdu y’a plus de 15 jours, j’étais tellement sûre que c’était paumé à Amatuku que j’en avais fait mon deuil. Bien sûr je n’ai pas pu le récupérer immédiatement car les garçons avaient vidé 2 bureaux pour la party du soir organisée par une équipe de japonais venue pour refaire les locaux et la tour d’émission de TMC.. Comme j’y étais invitée, ce n’était donc que partie remise pour remettre mon notebook dans mon sac… Le chef de l’équipe japonaise parlait un peu français, sympathique mais dur à la négociation m’ont dit les filles de TMC qui tenaient à ce qu’ils reviennent à leur proposition d’origine, faire un bâtiment à un étage… alors qu’ils proposent maintenant de garder la même surface de locaux… ce qui est un peu idiot… Finances.. Finances répondaient-ils à la réunion… J’y suis allée de mon « et si vous pouvez pensez à un panneau solaire ou 2 » « je n’ai rien entendu », a plaisanté le responsable…

John m’ayant dit qu’il cherchait l’équipe néozélandaise de toubibs des yeux pour voir si c’étaient les mêmes que l’an dernier.. je suis passée voir à l’hôtel. Au bar, Eti et un autre tuvaluen dont j’ai oublié nom et fonction, l’australien du département des finances qui vient régulièrement et un jeune homme, un très beau garçon je dois dire, qui m’interpelle : « you must be Gilliane le Gallic » avec un accent parfait… « euh.. oui.. » « Tony Kortegast – un pote qui avait fait l’étude sur les déchets – qui travaille dans la même boite que moi m’a dit de voir si vous étiez sur l’île.. » « ah sympa, vous vous occupez des déchets… vous êtes dans l’équipe UE ? » « Non, je suis ingénieur geo ».

Le couple de mariés… allemands. Venus à Tuvalu pour se marier. Je me suis présentée car je savais qu’ils repartaient le lendemain…. « I’m Gilliane » « you are the one with the film Trouble in Paradise. How can we see it ? » « There’s 15mm streaming somewhere on the web » Je ne dis plus que j’ai une copie surtout à la veille d’un départ, faut aller la chercher, la récupérer… tout ça c’est du temps… que je n’ai vraiment pas. Risasi m’a dit aujourd’hui qu’elle avait essayé de me joindre pour que je sois présente à la petite cérémonie que l’hôtel avait préparée pour eux… J’aurais bien aimé mais bon, je ne peux pas être partout non plus..

Le visiteur du soir : J’aurais aimé me filmer à l’affût, les coudes sur le comptoir de la cuisine, attendant que le rat caché dans le four et sans doute auteur de la plupart des bruits des dernières semaines et surtout de la dernière, veuille bien montrer sa tronche… Y’avait pas de doute, c’était bien un rat : en rentrant hier fin d’aprèm (avant de repartir pour TMC), j’avais juste vu la queue rentrer dans la cuisine…. Ce rat aime l’eau… Il n’y a rien à manger et le dernier sachet de mort à rat n’a pas été ouvert depuis une bonne semaine… Je m’étais donc dit que j’étais venue à bout de l’invasion… Sauf que tous les jours je découvrais ici une petite crotte, là un truc qui était tombé, principalement dans la salle de bain.. Et je n’oublierai jamais surtout ma frayeur de la nuit où entrant dans la salle d’eau, un animal m’a couru sur le pied… Je m’étais fait la réflexion que c’était plutôt doux, je n’avais pas senti de griffes… ca semblait aussi plutôt léger…au point que je me demandais si ce n’était pas un gecko. Hier soir, avec un peu de patience j’ai compris : c’est un petit rat, plutôt mignon à peine plus gros que deux petites souris mises bout à bout… Je lui ai fait peur de temps en temps, en remuant la cuisinière, ou en tapant dans les portes de placards mais sauf à être prête à une vraie chasse, en ouvrant la porte pour qu’il puisse trouver une sortie facile, à 1h du mat, ce n’était plus le moment. J’ai juste prié que, vue sa taille, il ne puisse pas passer sous la porte de ma chambre..

Parmi les autres rencontres du mardi : Pusileni que j’avais prévu de voir hier puisqu’il avait dit qu’il organiserait une réunion pour parler des bateaux à vent. « I owe you an apology… I have not organized it… What about Friday.. » « But Friday John is gone, you know he is a captain, I’m not… » « It is just to introduce our guys to the technology not to enter into details.. » « OK, I’ll come…euh maybe not… I ought to go to Amatuku »… On verra avec Sarah : peut être réunion voile le matin et amatuku l’après midi.

Et le gardien de PWD qui me laisse passer sans m’interroger et repartir avec du matos sans problème. Les ouvriers que je remerciaient d’avoir livré les gouttières. Non, ils n’ont pas de « fitting » pour ces gouttières.. En jetant un œil, j’ai vu des cercles en je ne sais quelle matière qui pourraient servir… Je n’ai pu en attraper que 3 sur les 5 en vue. Et passer de l’autre côté est une aventure, un piège à rats où je ne mettrai plus les pieds après les avoir vus courir (les rats) à chaque fois que je me suis rendue sur le site de PWD, les premières années. C’est le seul endroit où j’en voyais, avec la décharge..

A 11h30, une bonne douzaine de japonais est descendus de l’avion tandis que la vingtaine de scientifiques du même pays arrivés jeudi dernier à la recherche de la créature qui produit le sable de Funafuti y remontaient pour remplir les ¾ de l’avion… Même chassé croisé de palagis : il en descendu plus qu’il n’en est monté… Et Seulement 2 tuvaluens ont pu embarquer à Suva ce jour là… Je n’ai pas fait attention à combien de tuvaluens ont pu partir… mais sans doute pas plus de 2. Parmi les Palagis qui repartaient, le sympathique néozélandais, le newly married couple et une paire d’autres que j’ai pas eu l’occasion de croiser, qui dormaient au Filamona..

Premier sashimi du séjour : délicieux…, après 3 semaines quand même alors que j’ai vu des poissons s’échanger dans les rues presque tous les jours, dont, samedi, sur un étal 3 yellow fins de plus d’un mètre… Les pêcheurs étaient passés prévenir patipati cheffe de la cuisine quand elle me montrait son jardin. Elle leur avait dit d’en déposer deux à l’hôtel… Ca devait donc être l’un d’entre eux…) Nous avons savouré chaque petits bouts, John et moi, sur la terrasse de l’hôtel où déjeunaient aussi, de curry chicken, 2 paires de palagis débarquées du jour..

Parmi les 36 mails reçus et expédiés aujourd’hui : un Nième collectionneur de cartes postales timbrées… Il décrit sa collection et en PS insiste : il est à la recherche de cette carte depuis longtemps, ajoutant « je me demande ce que je peux faire de plus » . J’ai failli répondre sur le champ « hey dude, what about proposing to pay for the expense or at least acknowledging it ? »

Enfin pu répondre à une proposition d’amis sur Hi5, de la patronne d’air pacific, avec qui j’avais été en contact en 2003 et 2004 quand elle manageait Air Fiji. Elle avait pris contact en Aout 2008 et je n’avais pas répondu. Ceci dit, j’ai ainsi répondu (par mail perso pas sur les sites de rencontres) à des propositions de Corinne Bouffandeau, épouse de l’ancien ambassadeur de France à Fidji.. Idem d’alain Nicolas, sur un autre site. Ts les deux m’ont répondu n’avoir jamais ouvert de compte chez ces fournisseurs internet. Ce sont donc pour la plupart des scam comme les mails nigerians.

Répondu aussi aux vœux « gorilles » de la belle Rachel de Sciences et Avenir.. Je sais qu’elle ne m’en voudra pas du retard… Et long mail à Sandrine, sur le projet biodiversité… Nous échangeons relativement beaucoup, étant sur place avant elle j’essaie de l’aider à récupérer les données dont elle a besoin, mais bien sûr je manque de temps et n’avais pas prévu ça dans mon planning. Si j’ai obtenu sans problème l’accord pour la lettre de soutien du GoT dont elle a besoin, il faut que je fasse un brouillon. Ses mails aux responsables des fisheries qu’elle a pourtant rencontrés ici et aussi à Nouméa, sont restés lettres mortes. En revanche dès qu’elle a écrit à Eliala, Eliala a fait suivre à Semese qui s’active.. J’essaierai de passer demain aux archives nationales où j’ai promis de déposer les BD à je ne sais plus qui.

Il a fait plutôt gris toute la journée, ce soir tout est noir et le vent se lève. « rain is coming ».
J’espère qu’elle ne tombera pas pendant que je suis sur la route pour aller poster mon mail bi-quotidien à Fanny. La vie sera quand même plus simple quand nous aurons… enfin… internet à la maison.. C’est une organisation différente… et hier par exemple, j’avais oublié ma clé usb à la maison… obligée d’y retourner. Inversement quelques heures plus tôt j’avais laissé mes notes de la semaine chez Alpha..

Je n’y ai rien oublié quand j’y suis retournée ce soir, expédier mes pages. John cassait la croûte d’un de ses petits plats décongelés devant son grand écran où étaient répertoriées les plus riches jeunes héritières de la Planète.. J’allais repartir et restais debout à discuter et à commenter ce que nous voyons. J’aurais dû refuser quand il m’a proposé de m’asseoir pour regarder la fin « Ce programme devrait bientôt se terminer ».. OK.. Je n’ai finalement pas regretté : dans le compte à rebours des plus riches héritières, en tout dernier : la « princesse » Mittal qui vaut 97 milliards de dollars… J’ai raconté à John Arcilor (c’est ça ?), en 2e place, la « princesse » Arnaud… J’ai dit à John mon scepticisme que de telles fortunes (et de nombreuses plus petites mais toujours indécentes par rapport à la moyenne planétaire) puissent être accumulées en une génération en restant honnêtes, humains.



13 / 04 / 09 - 09 : 51

Dimanche 15 mars

14h : C’est d’un calme… Debout à près de 11h après avoir lorgné de l’œil le réveil toutes les heures pour m’assurer qu’elles ne frisaient pas l’indécence.

Sur la terrasse surplombant notre petite péninsule sur le lagon. quelques pages du bouquin de Pierre P. où tout me ramène au côté belliqueux du personnage qu’il décrit et que j’avais senti si profondément un de ces soirs à la télé, en prenant mes 2 tranches de pain grillé avec du beurre à tartiner (y’a plus de beurre sur l’ile pour le moment, sauf dans le frigo de John) et du peanut butter croquant (ça ne fait jamais défaut).. en dernière couche, sur l’une de la confiture d’abricot, sur l’autre de la marmelade d’orange… Chaque jour j’alterne. Car ici je breakfaste, contrairement à Paris ou j’avale un gros bol de café au lait dans la matinée (ou ce qu’il en reste).

A peine terminé le café que j’ai retrouvé 2 heures plus tard là où je l’avais laissé avant d’engloutir une bonne paire d’heures à quelques travaux. Les mails à préparer bien sûr, le pseudo blog mais aussi vérifier une dernière fois les prévisions bancaires sur les maintenant 4 comptes, un ou dans chacun de nos ports d’escale. 6 avec les miens qui servent souvent d’escale aussi. Gérer nos petits budgets pour grandes ambitions est un challenge cette année encore qui demande une attention régulière et des prévisions précises. J’ai l’habitude depuis mes débuts dans la gestion d’entreprise de prévoir larges les dépenses et de réduire les rentrées potentielles. Ca permet d’avoir souvent des bonnes surprises et aussi de pouvoir palier à la plupart des imprévus. Une des difficultés ici est de déterminer avec certitude sur quel compte chaque item seront payés (comme le voyage de Susie à Papeete pour le Chapiteau que prépare Fanny avec l’assoc Te mana o Te moana avec qui Corinne Bouffandeau nous avaient mises en contact.

Dans le cas d’aujourd’hui, ces dernières mises à jour permettront à Fanny de demander les divers virements prévus en mars et avril pour les US (pour payer entre autre l’expédition de la mob et des fours solaires). Ca rassurera aussi sans doute Angie d’avoir confirmation qu’elle n’aura pas trop de détails comptables et administratifs à gérer en l’absence de Fanny…

Il est bientôt 15 h il est temps que je repose le mac brûlant. Les batteries des Mac Book (comme les portables Apple qui l’ont précédé) chauffent au point de devenir brûlantes. C’est au moins supportable sur les derniers modèles, mais pas utile dans un pays où la température ambiante est déjà de l’ordre de 35°.

A défaut de faire une sieste (malgré toutes mes tentatives, si j’apprécie le repos d’une plage de temps comme celle ci, je n’ai jamais pu m’endormir l’après midi. En Sierra Leone par exemple quand tout le monde dormait l’après midi je dessinais un programme de construction de l’école du village à qui j’avais fait expédier des bouquins par des éditeurs scolaires britanniques et us), je vais lire à l’ombre, comme Elena lisait sa bible tout à l’heure sur le mat posé sur le rectangle de béton dans le jardin. Profiter du silence puisque je n’ai « plus de mots » comme dit mon petit fils.

A 4mn de 4h un sacristain se démène sur la cloche de l’église voisine faisant exploser en éclats métalliques le silence immaculé pour réveiller les ouailles de la sieste j’imagine ! Et quand on pense que c’est terminé, ça reprend de plus belle. Et le coq s’emmêle..

Vers 17h30 j’irai chez Alpha expédier mails et attachements, on ira sans doute diner au Halavai qui a rouvert ses portes d’un poisson frit à l’ail.. et après diner : skyper Fanny sans faute.

Finalement y’a pas eu lecture à l’ombre. Visite non annoncée de Stephy, Ryan et lili leur fille, pour essayer de parler de leur bouquin.. encore un peu flou… Je leur ai conseillé de lister leurs thèmes avant de s’affoler « on n’aura pas le temps »… En 3 mois, si… « Mais comment vous avez fait pour votre film en 3 semaines… ». On a rencontré beaucoup de gens, beaucoup discuté, beaucoup filmé et beaucoup négocié pour obtenir de filmer les musiciens et d’utiliser leur musique, pour filmer à l’église etc etc. Comme ils veulent des personnages à suivre (comme tout le monde) qui auraient deux activités (comme tous, entre job et hobby et occupations traditionnelles, ils en ont souvent 3 ou 4), je leur ai suggéré de choisir un des musiciens du Fagogo, et pourquoi pas notre copine météo qui se démarque aujourd’hui avec son fichu musulman… En plus du sujet adoption que je leur avais conseillé de traiter la première fois que nous nous sommes vus, aujourd’hui j’ai ajouté les petits jardins de survie… Notre copine de l’hôtel sera un bon personnage aussi..


13 / 04 / 09 - 09 : 48

Samedi 14 mars

Je pourrais dire à Fanny avec qui j’ai complètement zapé le rendez-vous skype du jour que l’internet ne marchait pas, mais je ne peux même pas. J’ai zappé… avec la visite surprise des journalistes danois qui voulaient, cette fois, regarder et recopier une bande d’un de leurs interviewés, just’avant diner ou plutot just’avant le pastis prévu avec John.. Ils sont partis à 8 heures, john est resté jusqu’à 9h peut être mais je n’ai eu notion de l’heure que là maintenant, l’esprit un peu partout avec le pastis entre autres…

Et puis comme on a décidé de ne pas dîner, vu la salade copieuse qu’il avait préparé pour le lunch. (John avait entendu mes furieuses envies de salades légères comme à Paris, laitue ou chêne tendre etc. et a fait avec ce qu’il a trouvé ce matin en allant repérer les rares rayons fruits et légumes de Tuvalu. Céleri, oignons, chou fleur (rare) et asperges et champignons en boite. J’avais apporté la première papaye cadeau, offerte par Polao, le mari de Susie notre Présidente, quand je lui avais demandé s’il avait un pieu pour découper la bourre de la noix de coco ramassée chez Monika.. Au premier coup d’œil, il a vu que ma noix n’était pas bonne, et me l’a échangé contre 2… Et une papaye !

Ce matin, à peine réveillée et attablée devant mon café, j’ai entendu qu’on appelait. C’était la petite fille de mon copain Kalisi que j’ai pas encore vu depuis mon arrivée. Elle non plus je ne l’avais pas croisée. Accompagnée de son cousin, elle m’a tendu fièrement le sac plastique avec une papaye… La 3e de la journée ! On a discuté comme on pouvait, car si je pense qu’elle comprend tout ce que je lui dis ou presque elle ne parle pas encore l’anglais. Son cousin plus âgé saisissait mieux. Lui j’ai compris que ça n’allait pas fort à l’école… Quelques mots sur l’importance de la connaissance et je leur ai expliqué que j’étais en train de prendre mon petit dej et que j’allais y retourner…

Avant une voiture qui pue s’était arrêtée presqu’en bas des marches avec un boom box comme dans les années 90 dans les rues de Los Angeles… Pour Elena… La première fois en 3 ans et sans doute la dernière !

Pendant que je n’étais pas à Tuvalu tout le monde a pris l’habitude de passer voir Elena, de dormir là, de venir voir son fils et s’ajoute maintenant la curiosité du « palagi » que je suis. Elle a moins de gens la nuit mais le jour ça défile. Globalement si cette promiscuité m’a un peu surprise au début, now it is OK. Je me demande seulement si j’aurai le cœur de dire à Elena d’aller dormir avec sa mère, comme avant, quand nous serons 4 palagis dans la maison à utiliser la chambre où son fils et elle ont entreposé leurs affaires, préférant dormir sur les tapis dans le salon qui nous servira de bureau..

Une fois prête, j’ai filé direct sur les claviers d’Alpha expédier les mails préparés la nuit. Et lancer la machine à laver. Les mails ont pris un moment, l’internet se coupe quelques minutes et repart à peu près toutes les 5 minutes. Un peu déstabilisant.

Vers 14 h, arrêt salade puis remails et direction maison pour étendre le linge sur la terrasse. John, lui, a glissé le sien dans le séchoir « je sais je sais j’utilise trop d’énergie… »

A la recherche d’un genre tringle souple, rencontré James Conway au Fusi. Blabla déchets. Réunion hier entre RoC et EU representatives locaux… Si j’ai bien compris RoC ne démord pas de faire ce qu’ils ont prévu de faire malgré les réticences de beaucoup et EU itou… avec l’espoir de tout chapeauter quand le projet RoC se sera cassé la figure faute de véritable analyse de la part des équipes taiwanaises qui ne font que dupliquer ce qu’ils connaissent chez eux… Bennes et camions pas adaptés, incinération des bois et bien sûr, « confétisation » du plastique… sans savoir qu’en faire. EU n’est pas mieux comme je l’ai déjà raconté et manque sérieusement de vision. Au moins RoC en a une ! Le côté positif c’est que pour une fois, il y a un semblant de coordination entre les donneurs même si ça ne mène à rien. Au moins, ils sont au courant des projets des autres ce qui fut rarement le cas dans le passé..

Rencontré aussi Pati Pati dans son jardin qui s’agrandit d’années en années. Elle a compris le système de replanter les graines d’une récolte. « pas avec les papayes F1 qui viennent de la ferme taiwanaise », j’ai été obligé de lui expliquer.. Quelle surprise de voir 2 énormes plans de basilic et surtout d’apprendre que les femmes viennent lui en demander et comme l’an dernier Pati l’utilise à la cuisine de l’hôtel… Ses poivrons sont un peu petits mais ça fait 3 ans que son plan donne des fruits… et les tomates plantées y’a 15 jours sont hautes de 10 cm. Je suis repartie avec… une papaye. J’y retourne demain car elle avait un peu de terre qu’elle est prête à partager pour mélanger à mon compost (qui en fait n’en est pas c’est plus des bouts de bois découpés), je suis sûre qu’il n’a pas mûri ni chauffé comme nous l’avait montré Vavao…

C’est chez Sue que j’ai trouvé la tringle à rideaux… Pris aussi une boite de tomates entières (ma phobie que sarah ne trouve pas « ses » tomates pelées pour ses curry, comme l’an dernier) Discuté aussi du problème de shipment… puisque ni UPS ni TNT ne font la liaison US/SUVA/TUVALU en bateau contrairement à ce qu’ils m’avaient laissé entendre et comme en a été informé Chris en appelant l’un et l’autre. J’en suis repartie avec un demi grappe de petites bananes, cadeaux de la maison.

Stop brosse pour la porcherie chez Jacks le magasin fidjien… La aussi ils avaient des tomates pelées… et m’ont assurée n’avoir subi aucune rupture de stock l’an dernier !

J’étais en train de changer une des tringles quand les Danois sont arrivés. Je n’avais reconnu ni leurs voix, ni leur ombre au bas de l’escalier… Ils ont regardé, sur notre caméra, les bandes filées par Seti sans y trouver les king tides. L’idée était de digitaliser direct sur son ordi. Un Mac avec Final Cut… qu’ils ne savaient pas utiliser. Le journaliste a demandé si les bandes dv s’enregistraient sur 2 faces ! Faute de King tides, j’ai digitalisé 1mn de là où on pensait qu’elles avaient été enregistrées (y’avait un plan avec de l’eau), effacées, remplacées par des prises de vues d’anniversaire… afin qu’ils s’en assurent en montrant l’extrait à Seti… Rasmus m’a aussi remis la trad BD, faite dans la nuit.

Et voilà comment j’ai zappé ce soir la partie de Skype prévue avec Fanny. Impulsion de sortir de ma torpeur et d’y aller mais il était vraiment trop tard pour déranger John.

Petite pause pour un mot à mon fils. Ca me manque de moins pouvoir communiquer, à lui aussi sans doute.

13 / 04 / 09 - 09 : 46

Vendredi 13 mars 2009

La petite lampe de lecture que Fanny m’a trouvée avant de partir et la frontale (toutes les deux aux led) sont très pratiques. En revanche les quelques lampes achetées par Chris l’an dernier à L.A. me semblent kapout…

Il est bientôt 2 heures… J’ai déjà oublié le déroulé de mes ballades. Rendez vous sur le plan de déchet taiwanais… En fait Taiwan et l’UE financent 2 programmes déchets qu’il faut consolider… Taiwan fonce un peu vite mais met en place du recyclage.. En revanche, quand j’ai demandé quel était le plan pour EDF 10, Greg (l’ingénieur australien de Pulbic Works) a été un peu étonné comme si l’idée de la réunion c’était seulement de trasher le plan Taiwanais… Et moi horrifiée en réalisant que dans ce plan, à part les déchets organiques qu’ils laissent à Taiwan, ils sont opposés à toute tentative de collecte sélective… OK, le verre à la rigueur, ils ont compris que ça pouvait se concasser et se réutiliser sur place, mais tout le reste, y compris le plastique, ils veulent améliorer la décharge et pouvoir y compacter tous les déchets qui s’y trouvent (sauf les pops et autres déchets médicaux incinérés dans l’incinérateur de l’hôpital). J’ai exprimé un peu vivement ma déception, expliquant qu’il faudrait 10 ans, comme ailleurs, pour que les tuvaluens prennent le pli... Même si EU ne voit pas de débouchés, même si ça n’est pas rentable pour le moment, ils devraient envisager un minimum de tri. Taiwan veut faire venir des bins, OK discutons sur la solidité, sur la forme des bins, mais avec 3 bins ou sacs, déchets ménagers, recyclables et organiques ça peut le faire.. Un peu trop entendu aussi « des entreprises privées peuvent s’en charger »… Comme si quiconque pouvait vivre d’une opération dont eux-mêmes disent que ce n’est pas rentable. J’ai parlé de spirale, de cercle vicieux.. « Vous avez des millions dans ce fonds, vous ne pouvez pas par exemple, provisionner le salaire d’une ou deux personnes pour trier les déchets du 3e sac une fois à la décharge, c’est pas la mer à boire de les stocker à part… ». Un peu obtus, ils préférent la solution où on ne commence à faire que quand on saura où recycler… « mais c’est le même volume… et une fois que vous saurez où et comment recycler, il vous faudra 10 ans pour obtenir assez de recyclables.. ».. J’imagine que les équipes de Taiwan et de l’UE vont finir par s’entendre sur un plan médian, mais y’a du pain sur la planche et des kms à bicyclette à prévoir.

Une assiette rapide à l’hôtel où se trouvait un couple d’allemands arrivé en yacht.. Stephy, l’autre allemande arrivée la semaine précédente pointe son nez et m’informe qu’un autre couple d’Allemands a débarqué jeudi pour se marier à Tuvalu et repartir mardi… Ca m’a permis d’enfoncer le clou « tu vois que tu n’es pas la seule en Allemagne à connaître Tuvalu »… Puis quelques mails chez John, et petit saut à la maison pour vérifier si PWD a effectué la livraison promise d’une gouttière pour nos plantations. Non. foncé au waste management pour acheter du compost « vous devez venir avec vos sacs » en général trouvables à la coopérative, y’en avait plus… Une cliente m’indique que j’en trouverai à la coopérative de copra (qui ne fait plus de copra depuis longtemps). Ca tombait bien c’est là où j’avais rendez-vous avec Pasivao qui m’a effectivement confirmé qu’on aurait toute l’huile qu’on voulait et a incendié les politiques coupables/auteurs pour lui de la chute du copra… Pour se faire élire dans leurs îles, les candidats membres du parlement n’hésitent pas à promettre monts et merveilles et ont promis des taux d’achat du coprah à 2 $ le kg alors que le prix de la région oscillaient entre 0,35 et 0,50.

Refoncé avant la fermeture devant le tas de compost avec mes deux sacs… 2 employés les ont remplis (pour 8 dollars que je paierai à susan au bureau la semaine prochaine). Resaut à la maison. PWD avait bien déposé le gros pneu mais pas le bon bout de gouttière… Je resaute sur ma mob (aujourd’hui heureusement que j’ai abandonné le vélo) pour prévenir PWD.. Sur le chemin, je vois mes deux sacs au cul d’un camion… Super me dis-je.. A PWD je préviens les gars de leur erreur… A la maison toujours pas de compost… J’y retourne… Ils avaient tiré le rideau mais le responsable était encore là… Ils avaient bien livré mais à la maison d’à côté.. « OK, pas de problème, je vais les traîner.. ». « non, non c’est trop lourd je viens avec vous… » Il enfourche aussitôt sa mob, en portant le bucket de nourriture pour les cochons et avant d’aller les nourrir, m’a aidé à déplacer les sacs qu’en fait j’aurais pu traîner toute seul…. Entre temps, les gouttières, où j’espère pousseront nos tomates, étaient bien arrivées…

Chez Nala j’ai avalé 3 verres de Kaleve (todi frais à l’eau glacée) et récupéré mes bouts de tissu/rideaux ourlés, blabla une petite heure sur nos capacités respectives à faire des rêves prémonitoires. Elle, alors qu’elle ne joue jamais au loto, a rêvé les 6 chiffres… et les a annoncées à ses copines juste avant le tirage…. Mails.. avec l’urgente surprise d’Emma qui avait quitté la veille Tuvalu où elle était venue avec sa caméra filmer Tafue (un pasteur qui non seulement croit au changement climatique mais œuvre en tant que président de TuVan- tuvalu climate action network)… me demandant d’urgence des videos des king tides pour un montage du lendemain !!!!!! Tout ce que j’ai pu proposer ce sont des photos pas assez définies pour la télé… ou celles de chris où j’exige copyright et autorisation avant reproduction… Ca lui a semblé impossible ! Alors que quand nous nous sommes rencontrées, un des sujets principaux de notre conversation fut qu’au minimum les gens qui utilisent rendent à césar ce qui est à lui en inscrivant l’origine…. Nos deux échanges m’ont agacée au point qu’à chaque fois j’ai du sortir fumer une clope… John était outré. (pas de la cigarette, de l’incapacité à identifier, à reconnaître les droits des auteurs… même et surtout sans échange de sous…)

Pour me détendre, John m’a à nouveau proposé un délicieux repas avec quelques-unes des barquettes mitonnées ce week end : agneau au curry, petits pois/champignons et riz. Il ferait fortune s’il ouvrait un restaurant. Les Danois l’autre jour m’ont demandé, d’un air gourmand, si je pouvais recommander un autre resto que l’hôtel. Malheureusement à part le chinois crade qu’ils avaient, bien sûr, trouvé tout seuls, les 3 autres chinois passables sont fermés et devraient rouvrir next week. Quant au Filamona, les expériences des années précédentes n’ont pas été probantes. Peut être nous faudra-t’il quand même ressayer…

Il est maintenant 2h15.. Il faut vraiment que j’éteigne, pas mal à faire demain matin dont la lessive… et je commence à me décaler vraiment dangereusement vers le milieu de la nuit.

08 / 04 / 09 - 12 : 12

Jeudi 12 mars 2009

Sur fond des « 25 titres les plus écoutés ces dernières années ». Starting with « Le Coup de Soleil » puis Aubert, right now, Alter ego. Puis Fagogo.

Enfin seule !

La journée s’est terminée avec un visionnage pour une équipe Danoise des 4mn de King tides 2006… Ils sont sympathiques, semblent genuinely crédibles quand ils disent qu’ils enverront leurs articles, video etc, quand ils disent aussi traduire en danois la BD, quand ils donnent l’impression d’être sincèrement outrés par l’histoire Paris Match (qui a, je le rappelle utilisé des photos remises naïvement par un membre tuvaluen d’Alofa, de la météo, informé de leur passage et de leur promesse de faire un encadré sur Alofa, Ils croyaient les donner à un ami d’Alofa « ils avaient l’air si gentils ».... Non seulement les photos ont été publiés en pleine page mais elles ont aussi fait l’objet d’une expo.. Le tout sans le moindre centime bien sûr. Sans encadré d’Alofa, et sans le nom du photographe tuvaluen. Toutes les photos du reportage publié sont attribuées au photographe Paris Match. Et je pourrai en rajouter sur l’élégance des manœuvres qui m’ont donné envie de dépenser quelques sous dans une action judiciaire. Mais on sait ce que coûte ce type d’actions même menées par des avocats amis.. Et ça s’éternise.. Pas la peine donc. Je me suis défoulée en une lettre de 2 pages… Nous étions pourtant tout à fait sur nos gardes, ayant été refaits pas mal de fois par les médias… Et encore plus pendant la presqu’année qu’a durée la saga assistance Paris Match….Nous avions raison de nous méfier mais étions encore trop crédules…. Anyway, ce n’était pas le sujet, juste une digression, un accident de parcours, mais une chose est sure je ne tiens pas à renouveler nos bourdes du passé avec les paire de Danois sympathiques.

Bon eux s’étaient engagés avant de demander quoi que ce soit. Ils n’avaient pas besoin d’assistance et se débrouillaient bien tous seuls. Et en 15 jours, et pas en 3 ou 4 pour la plupart, ils se font accepter et c’est ce qu’il faut. Ils avaient juste demandé à venir voir les King Tides (montées en 4 mn) au coucher de soleil un soir… C’était donc ce soir, le soleil était couché depuis un moment quand je suis revenue de ma randonnée du jour…

A la fin, bien sûr, ils m’ont demandée s’ils pouvaient en utiliser un bout. Fanny et les filles au bureau connaissent la réponse. « non ». Et j’ai raconté.. que c’était un de nos moyens de vivre que de valoriser ce que nous possédons.. raconté les déboires précédents..Que nous donnions sans problème tout ce qui pouvait participer à une reproduction, les images de nos actions pour inspirer les gens à agir, mais plus désormais les images de Tuvalu, liée seulement aux effets du climat. Autant il était nécessaire de faire prendre conscience, de l’amplifier avec le symbole de Tuvalu, autant aujourd’hui on le sait tous : FAUT FAIRE !

Aubert à nouveau : « comme un atoll » enfin c’est ce que je comprenais, il y a quelques années quand nous nous le passions en boucle, avec Fanny, en 2005 sur l’atoll de Funafuti… En fait bien sur « commun accord »..

A nos amis Danois, j’ai proposé de donner 2 ou 3 photos contre la traduction. Avec bien sur la mention Alofa qu’ils avaient d’emblée proposée. Ils sont free lance et ont proposé et proposeront articles, photos et TV une fois rentrés. J’ai proposé que Fanny (comme si elle avait pas assez à faire ☺) leur envoie une sélection d’une demi douzaine en basse déf. Ils font leur sélection pour 2 ou 3 et on expédie en meilleur format. On a encore le temps d’en parler. Faut que je leur demande mais je peux aisément imaginer que leur série idéalement devrait démarrer en diffusion avant la COP et pendant. Avec l’ambition de faire une série de 13 émissions sur le climat, ils suivront sûrement la COP. A ma connaissance aucune équipe de cette région n’avait mis les pieds à Tuvalu. Ils m’ont dit « si, une, en 2003 ».. Ils ont donc de bonnes chances de vendre leurs reportages.

Ce jeudi avait commencé par un réveil tardif et un premier arrêt chez Alpha pour appeler Pasivao, le responsable du copra inter-iles , parti le jour de mon arrivée et de retour depuis la veille . Je commençais à m’inquiéter un chouillah sur la disponibilité d’assez d’huile. On me disait que la plupart des presseuses installées sur les îles lointaines ne fonctionnaient plus, que seulement 2 îles pressaient encore de l’huile. (J’avais préparé un mail au cas où je ne parvienne pas à le joindre par téléphone (tous ceux qui avaient le téléphone ont été coupés il y a quelques mois et certains seulement ont retrouvé des lignes…). Non seulement son bureau était encore relié, et non seulement il s’y trouvait, mais en plus il m’a totalement rassurée et nous trouvera ce qu’on veut. Lui me dit avoir des approvisionnements de toutes les îles sauf de celles du sud.

Clapton-Layla

Faudra que pendant sa survey todi et replantation, en plus des demo fours solaires, Sarah jette un œil aux presses dans son tour des îles. Et puis qu’elle emporte The Al Gore film et Trouble… Il lui faudrait 10 jours sur chaque île. Alors qu’on ne sait pas encore du tout quel sera le planning ni l’itinéraire des bateaux… et qu’elle n’a prévu de rester « que » 6 semaines en tout dont, obligatoire, au moins 2 au début et 2 à la fin sur Funafuti. Des réunions qu’il faut qu’on fasse ensemble : DCC, cabinet, commuities, amatuku.. On verra ça quand elle aura atterri. Pour le moment elle est quelque part dans les airs ou déjà arrivée en NZ où elle passe toujours soit à l’aller, soit au retour…

Après Pasivao, séances de mails, et déjeuner avec Suitchi de Tuvalu Overview… D’abord j’étais curieuse de savoir s’il avait pu apprendre d’Apisai pourquoi il n’était pas nommé Consul, lui qui œuvre depuis plus longtemps que moi/nous à Tuvalu. Parmi les choses que je voulais discuter avec eux deux : l’idée de Suitchi (background architecte j’ai appris) de renflouer l’anse dont une partie est habitée par 2 ou 3 familles. Panapasi nous en a touché un mot en proposant un rapprochement d’autant que via Cyril, notre secrétaire Général qui travaille en Belgique, il a été mis en contact avec des entreprises de pompage qui ont fait des ouvrages de ce genre en Hollande et à Dubai. Ca répond parfaitement à la recherche de lieux que nous avions commencé à entreprendre en pensant à une île artificielle (idée du bureau local d’Alofa) ou réhaussement d’une partie de l’île capitale. Un peu sur ses gardes « c’est mon idée »…. « J’ai commencé par ça, Suitchi. Panapasi nous a fait part de ton idée »… Il a compris qu’il valait mieux unir nos forces et a été tout à fait ravi d’apprendre que Chris est diplômé en Architecture environnementale.
Le deuxième sujet bien sûr c’était la traduction de la BD en Japonais. C’est bon, il a confirmé qu’il avait une fille parfaitement bilingue qui la fera. Pour l’impression, je n’ai pas essayé de le charger des coûts, donc pour la premiere série d’impression, ce sera soit à Paris plus exped, soit à Tokyo si ça revient moins cher.

Elton John-Sacrifice

Discuté aussi du programme de gestion des déchets avec eux, ils ont la même opinion mais sont moins informés. Je les invité à se joindre à nous à la réunion proposée par Gregg, l’Australien qui, depuis un an et pour encore un autre, travaille sur les problèmes d’eau et d’assainissement à PWD (Public Works Department)… Quand je suis passée caller avec lui l’heure du lendemain, nous avons parlé un peu bien sûr, des qualités que pourraient avoir le plastique compressé dans le bâtiment ou pour renforcer les berges… de biogas pour les écoles et j’en passe…

En sortant de son bureau, Ampelosa que j’appelle Ampex son pseudo-adresse mail, est venu à ma rencontre très jovial, comme si nous avions été amis toutes ces années… A lui il en fallu plusieurs pour qu’il me donne sa confiance et ses sourires… 5 ans… Il s’est ouvert l’an dernier. Aujourd’hui (nous verrons bien si ça se concrétise) quand je lui demandais s’il avait des vieux bouts de gouttières qui pourraient me servir de jardinières à mettre sur le balcon pour quelques plantations, il m’a montré où se trouvait leur tas et comme je le remerciais en lui disant que je repasserais avec un véhicule, il m’a proposé de me faire déposer ça à la maison Alofa… « Et des vieux pneus, à part la décharge tu sais pas où ? » « Vas voir Tapia en bas.. » Tapia avait déjà emporté les vieux pneus de PWD pas loin de la décharge où il pense qu’ils ont sans doute tous étaient récupérés pour en faire ci ou ca… Super ! J’ai déposé le vieux pneu près des mecs qu’Ampex m’avait pointé du doigt en leur expliquant.

Ce que je sais, ce que j’ai ressenti profond en moi tous les jours qui ont composé cette quinzaine passée (comme ceux qui composeront les prochaines et composaient les années précédentes) à prêcher la parole verte à tous les niveaux, dans tous les domaines continuellement, c’est « lobby individuel »… Je m’arrête, on m’arrête une vingtaine de fois par jour dans la rue et je vois, plus officiellement, une dizaine de personnes par jour (on n’en est pas encore aux ateliers…) et à chacun un mot sur un des multiples sujets qui font tourner un pays et ceux qui peuvent permettre de prétendre à la sustainability…Ce soir en allant voir si la machine de Nala lui permettait de faire l’ourlet des rideaux, en face du Fusi (l’encore plus grand magasin de l’île capitale, malgré les coups de canifs du privé, chinois principalement) était posé, Pusinelli, le secrétaire permanent aux transports.. à qui j’avais touché un mot des bateaux à vent et solaire pour qu’il puisse faire passer le message à l’architecte japonais chargé de dessiner le prochain bateau tuvaluen.. Je lui ai filé les photos que John m’avait imprimées et que j’avais par chance sur moi… « Si tu veux en parler un peu plus, John est à disposition, il a un peu étudié le sujet… On peut prendre un verre chez Alpha.. » « Pas ce soir, disons Mardi, j’organise une réunion.. » OK… juste oublié de passer le message ce soir à John. Pas grave on se voit demain… Diner sur le pouce d’un partage de « meatpie » de la bakery d’à coté avec Elena… Un peu salé.

Et voilà… Il était neuf heures.

La nouvelle porte m’inquiète. Ce matin, quand je me suis levée, ça m’a fait plaisir de voir le soleil dans la maison mais il m’a fallu une seconde pour réaliser que c’était pas normal : la porte de la terrasse, que j’avais verrouillée avant de me coucher, était grande ouverte… Pour entendre si quelqu’un essaie vraiment de rentrer, ce soir, j’ai posé devant le ventilateur sur pied, et en rempart devant la porte de ma chambre, la valise en simili alu à roulettes de chez Brookstone. Si on pousse la porte, elle roule et tombe d’une marche.. Ca devrait le faire pour me réveiller en sursaut… Mais ça ne servira à rien pour me réveiller à 8h demain matin pour la réunion « anti-plan des déchets Taiwanais » ☺

08 / 04 / 09 - 12 : 09

Mercredi 11 Mars 2009

J’avais voulu vérifier en fin de mat avec Nala s’il était opportun de répondre à une interview sur ma nomination (l’info était arrivée par Fidji et TMC l’avait déjà diffusée le matin… J’en avais touché un mot quelques jours plus tôt aux filles de la radio en disant que je préférais demander à Apisai si on pouvait la diffuser ici tant que ce n’était pas confirmé par la France. Diana, une anti-Apisai déclarée, mais qui m’aime bien, avait tenu sa langue… Ce matin fièrement, elle m’a attrapée pour m’informer qu’une info était passée puisqu’ils l’avaient reçue de Fidji.

En fait j’allais chez Nala aussi pour vérifier qu’elle voulait toujours bien faire un ourlet pour y glisser un fil pour tendre la dizaine de bouts de tissus achetés et coupés pour des rideaux un peu plus joyeux que les tuvaluens blanc gris à fleur bleu, vert, rose le tout gris et moche… Quand je suis arrivée vers 3h30 pour lui déposer les panneaux… elle jouait au bingo avec les membres de sa famille qui vivent chez elle, comme les squatteurs chez Risasi, depuis plusieurs mois… Pour un fundraising quelconque. Elle a arrêté pour que nous taillions une bavette… Au bout d’une heure, les joueuses se sont retirées et est arrivé le fils de Nala (un cœur avec sa mère, difficile d’être plus attentionné. Je lui ai dit qu’elle avait dû être une bonne mère. Elle l’a élevé seule. Néo-Zélandais il travaillait depuis 4 ans à Dubai et après quelques déboires conjugaux, en pleine dépression, il est venue voir sa mère, son premier voyage à Tuvalu !…) et un Fidjien, celui par qui a démarré via Susie l’an dernier, la mode des jus de fruits et légumes à guérir de tout… mais surtout à maigrir. Elle leur avait préparé un déjeuner léger, fait de légumes à peine revenus dans l’huile, un poisson volant au court-bouillon curry, avec quand même des patates et du riz (il était 16h30)… Je n’avais pas déjeuné, bien que préférant les légumes (comme la viande d’ailleurs) crus ou alors bien cuits avec plein de beurre, j’ai accepté l’invitation… sans trop culpabiliser de n’avoir, en fait, rien fait de l’après-midi. Bon, on peut dire que j’ai déjeuné/dîné et c’était très bon. Et puis quand même parlé un peu d’une prochaine réunion avec l’ambassadeur. Elle va d’abord demander à l’assistant qui a projeté le diaporama déchets en 1mn 10 l’autre jour, de lui remontrer en s’arrêtant sur chaque phase. En tout cas, elle réfléchit à la stratégie.

J’ai dit à Nala que Fanny allait expédier des BD en anglais pour son prochain voyage. Faut que je vérifie, j’ai retenu fin mars à début avril mais comme nous regardions le calendrier (pour la fête qu’ils veulent faire en mon honneur, et je préfèrerais qu’ils repoussent jusqu’à ce que Fanny et Gilles soient là)… et on regardait mai… J’y retournerai pour être sûre.

Le matin expédié quelques mails puis passé aux Telecoms « Alors on en est où ? » « On se bat pour pouvoir vous brancher le téléphone. Euh, vous vous souvenez de votre ancien numéro ? ». Ce que j’avais bien sûr proposé de leur donner y’a 15 jours.. J’ai bien essayé de mémoire, mais c’était plus sure de rentrer vérifier… J’avais les bons numéros mais dans le désordre. Après l’heure de pause, ce n’était plus le même technicien… Il a pris le numéro… J’y repasserai demain. A la banque, en revanche les relevés de novembre et janvier m’attendaient. Croisé Greg, un australien installé depuis bientôt un an, et qui travaille à PWD sur les problèmes de l’eau. Il m’a arrêté. « Je pense qu’il faut qu’on parle de ce plan déchets de l’ambassade de Taiwan. « D’après John, nous avons vous et moi les mêmes préoccupations ». Comme moi, il pense qu’il faut empêcher l’expédition de matériel qui va pourrir la vie ici plus que l’améliorer…. Puis finir rouillé dans la décharge.

Passé à TMC pour récupérer les reçus pour les cartes de presse auprès de Melalie et Fong. Diana m’a alors interpellée pour me parler de l’article Consul… On peut faire une interview ? Elle m’a montré l’article que j’ai corrigé pour la prochaine diffusion. C’était notre communiqué dans Pacific News ou un truc comme ça. Mais remis à la sauce où en plus du titre de consul, Alofa devenait l’ambassadeur pour l’environnement.. Je lui ai expliqué la nuance. Le titre est la récompense pour le rôle d’ambassadeur joué par Alofa. Interview planifiée à 14h30. Je suis arrivée à 14h45… Diana « Semi has been waiting for you ». « You know I’m a tuvaluan now right ? I ought to be late ☺ ». Impossible de faire l’interview. Le « grand » studio a peu près insonorisé était occupé par un quizz inter ministère. Et les deux petits étaient inutilisables en enregistrement because le camion d’eau remplissait le réservoir de TMC qui avait une fuite avec une pompe à 1000 décibels. Elle a pris son enregistreur de poche datant de mathusalem et nous sommes allées sous la hutte de l’hôtel devant le lagon.

J’ai dit mon émotion de cette marque de confiance et remercié tout le monde y compris les précédents gouvernements qui nous avaient initialement soutenus… mais alors que je l’avais écrit, je n’ai pas insisté sur le fait que cette nomination ne serait officielle qu’une fois acceptée par les autorités françaises. Vues nos relations actuelles avec le personnel de l’ambassade à Fiji, je ne serais pas étonnée d’apprendre que le message tuvaluen n’a pas été transmis en France. Je suis retournée le préciser pour être sure que ce serait noté dans le lancement ou la chute de l’interview.

Repassé donc ensuite chez Nala pour ce thé dînatoire. Au retour maison direct avec juste un arrêt au Fusi pour voir ce qu’ils avaient de nouveau. Je suis à la recherche depuis mon arrivée du sirop de citron pour parfumer l’eau. Ce soir, sur une étagère, le citron avait réapparu. Quelques mails de relance pour faire avancer les exped de méthanol et savoir si les cargos en provenance de France et des US sont bien arrivés à Suva et ma réponse du jour à Fanny qui continue à briller par son organisation, sa capacité d’entreprendre et son énergie surprenante.

Dernier passage chez John vers 20h..Il s’est levé dès que j’ai posé le pied. Il savait, m’a-t’il dit en ayant vu arriver de loin comme une étoile évanescente qui venait de nulle part : la lumière du led frontal... L’internet aujourd’hui s’est conduit comme un jeune homme, tout en vigueur et sans faillir.

Parmi les découvertes du jour : des petits crackers locaux bien meilleurs que les chips dont les enfants s’empiffrent tous particulièrement pendant les anniversaires, comme un délice de chez Fauchon.. qui coûtent la peau des fesses et dont le paquet se retrouve souvent vous savez où…. dans la nature..

Internet tortue… et lapin des danois.. Encore une fois pastis en tête à tête avec John qui est reparti travailler en me proposant de faire à dîner. Je n’étais pas sûre, plus envie de céréales à la maison… Et puis l’urgence qui m’est apparue de renvoyer mes corrections sur la dernière version des bâches reçues le matin, m’a poussée à enfourcher a bicyclette, à enfiler la lampe frontale led sur le front… Mails envoyés, AOL relevé et libé virtuel feuilletté, why not une soupe délicieuse comme la veille ? En fait John avait mis les petits plats dans les grands : la soupe était différente, à la viande de bœuf cette fois, avec purée et chou… et dessert.. Je m’attendais à une glace vite faite, non il a sorti du four 2 pommes au sirop avec raisins et larme de Grand-Marnier !



08 / 04 / 09 - 12 : 08

Mardi 10 Mars

La matinée de ce mardi me parait digne d`une semaine. Parmi les bonnes nouvelles et rencontres, je ne me suis présentée aux deux journalistes que je croyais néerlandais. ``ah vous êtes Trouble in Paradise alors ? Vous faites un travail magnifique ici`` ` « Euh et ca vous en avez entendu parler en montrant la BD ». On a besoin d`une traduction danoise pour la COP`` `` oh ca va c`est pas trop long, je le ferais gratuitement``.. On verra s`ils tiennent leur promesse mais voila donc une piste... Ils sont la encore une semaine ceux la... donc on se revoit....

Blog du soir : j’ai rempli aujourd'hui ma mission du dépôt de la lettre du père Camille à la poste pour l’avion du jour. Vu Pusinelli, Secrétaire Permanent aux transports pour lui glisser dans l’oreille ce dont j’avais touché un mot avec les plus concernés, d’investiguer avec les japonais les « nouvelles » technologies liées au vent et bien sur un peu de solaire… J’ai tellement peur que l’architecte japonais qui est passé les voir pour leur dessiner un nouveau bateau soit de la même trempe que ceux qu l’ont précédés à l’énergie et qu’ils affublent Tuvalu d’un vaisseau qu’ils ne pourront plus utiliser dans 5 ans… Faut maintenant que je lui dépose des docs. John, notre capitaine, à qui j’avais envoyé les docs allemands remis par Laurent L, va rechercher des infos en anglais et propose une réunion avec Pusinelli, Eti et lui pour en parler plus avant.

Vu Uale, le secrétaire Permanent à l’Environnement qui tient à ce que Sopac paie pour Sikeli, et qui est d’accord pour faire la lettre biodiversité, très positif, très supportive… M’enfin, on ne sait jamais..

Vu le directeur des transports et des taxes pour le remboursement des frais payés en 2007. Banque à plusieurs reprises pour récupérer les relevés de septembre, novembre et février… et pour commander un nouveau chéquier. Si j’ai eu le chéquier tout de suite, manque encore le relevé de Novembre. Pas grave je m’en suis sortie de la réconciliation des comptes… Quand j’ai demandé à la fille « le compte alofa tuvalu ou quelquefois c’est à mon nom.. Gilliane.. » Elle a rougi et inscrit sur un bout de papier le nom de Vavao. L’ancien responsable des déchets (il a pris sa retraite ces derniers mois) qui intervient dans Trouble in Paradise. Je la regarde : oui je l’ai vu l’autre jour… Vous êtes sa fille ? »… Oui a t’elle répondu en rougissant à nouveau.

Aéroport pour saluer ceux qui avaient prévu de partir : Monika et sa famille pour 3 semaines, Emma, l’australienne de Fidji, le photographe néo-Zélandais et la française au châle. En quelques jours, lui, est passé d’arrogant à super content… et elle a gagné en humilité. Ils jetteront un œil à notre blog fleuve. Aude lui traduira.

Et ceux qui partaient sans avoir prévenu comme Seinati, notre proprio… dont le ministre de mari m’a fait un mot hier pour s’excuser de ne pas m’avoir revue avant son départ en NZ… Elle, s’envole pour les US. En fait elle doit repartir aux US tous les 3 mois. Je n’ai pas tout à fait compris pourquoi. Et ceux dont je croyais qu’ils partaient mais pas. Comme la paire de journalistes dont on m’avait dit qu’ils étaient néerlandais et que j’ai abordés comme tels…
Aperçu aussi Mafalu, le directeur de Tuvalu Electricity, avec qui rendez vous fut pris après l’avion… et un tas d’autres à qui j’ai serré la pince et souhaité bon voyage… Peu de mains serrées parmi les arrivants : une délégation d’une 20aines de japonais, des scientifiques venus étudier le climat à Tuvalu… blabla aussi avec Mataio, (le directeur de l’environnement venu accueillir la délégation et à qui j’ai proposé de filmer les réunions, plus pratique que de prendre des notes)…. ☺ et 2 palagis… Je n’ai pas vu descendre Pasivao de l’avion mais j’espère qu’il s’y trouvait car je compte sur lui pour nous approvisionner en huile de coco. Et ça n’a pas l’air d’être une mince affaire en ce moment à Tuvalu.

Avant déjeuner rapide à la cantine des femmes avec John.. Et blabla avec Pula, la directrice de l’assoc des femmes à qui j’irai parler du projet de laverie de couches coton.

RV Mafalu, pas tout retenu mais Tuvalu Electricity Corporation est sur beaucoup de dossiers de financement. Dont une unité de biodiesel à Nukufetau inspirée des démo de Gilles l’an dernier… analyse des données éolien… et du photovoltaique à Amatuku… « T’es OK ? » me demande t’il… .. On pourra faire le point Piggarep sur les 2 ans passés. Repris aussi mon credo de l’addition de plusieurs technologies et repris rendez vous à l’arrivée de Sarah. Puis de Gilles.

Si la matinée et la soirée furent productives, l’après midi fut plus familiale. Apisai, notre premier ministre, est reparti hier pour une dizaine de jours… accompagné de Pasuna qui actait pour Enele (foreign affairs) lui même en vacances sur son île lointaine… La maison Tuvalu est entre les seules mains de Solofa. C’est ce que je lui ai crié quand en passant en voiture il me faisait un sourire de 15 pouces.



08 / 04 / 09 - 11 : 58

Lundi 9 mars - commonwealth day

Ce lundi férié à commencé en fanfare, sur celle de l’école qui célébrait le commonwealth day dès 7h30.. Ca m’a permis d’être à l’heure pour Katy. Après une bonne heure de blabla, je suis partie.. en trombe, et en jupe… qui s’est immédiatement prise dans la chaine mais sans trop de dommages. Unn peu plus loin alors que nous avions l’info de là ou retrouver le cortège, la jupe s’est prise dans les freins arrières. Kat a gentiment proposé de porter le sac caméra pour que je puisse tenir les volants de la jupe tranquille...

Ce lundi n’aura ressemblé en rien à ce que j’aurais pu prévoir. Quand nous avons retrouvé les femmes, j’ai récupéré la cam, pédalé en tête de cortège pour avoir un plan de face.. un peu sophistiqué. Les femmes s’étaient spontanément arrêtées en me voyant devant elles. Je leur ai fait signe de continuer à marcher comme si je n’étais pas là, je me suis accroupie, et elles sont passées de part et d’autre.. J’sais pas ce que ça va donner comme plan… d’autant qu’elles n’étaient pas très nombreuses à marcher, l’autre moitié de la bonne centaine de femmes, suivait dans des camions.. Je les connaissais toutes ou presque et je me réjouissais de faire plus de plans avec elle, de lire leurs pancartes..

C’était sans compter sur Père Camille, le prêtre Catholique dévoué à ses ouailles. J’avais posé la bicyclette sur le bord de la route… devant son église,. Kat me propose d’aller le voir « juste pour l’inviter à un thé ces jours prochains » et on reprend le cortège quand il aura fait demi tour un peu plus loin… J’aurai du me méfier, je connais père camille, ca risquait de prendre plus de temps que ça…

Quand on a entendu les slogans des femmes, on s’est précipité pour voir passer un camion… Le dernier… Juste eu le temps de filmer le flic qui fermait la marche automobile en moto rutilante qui me dit « c’est fini »…

Nous sommes donc rentrées à nouveau tenir compagnie à Père Camille, handicapé par une allergie violente à la noix de coco… Je crois en avoir déjà parlé mais c’est encore impressionnant deux mois plus tard… Sa main droite est encore très gonflée et il ne peut pas la mouvoir. Il nous a raconté dieu et les autres, du purgatoire, du paradis.. comment y entrer.. pendant une bonne heure et demie.. S’adressant à Katy « vous avez lu la bible, tel extrait ? » elle a bafouillé un « oui »..Puis il se tourne vers moi.. « moi vous savez bien Père Camille que je suis une pêcheuse, je ne vais pas à la messe mais je fais ce que je peux au quotidien ». « il va te falloir te faire encore beaucoup.. »

Retrouvé les femmes sous la manéapa de Nanumea.. Elles n’y étaient plus toutes mais la cérémonie de blabla se poursuivait.. Seinati a bien fai rire les filles.. Y’avait des panneaux encore lisibles, la plupart en Tuvaluen, mais une des femmes voyant ma caméra se poser sur elle s’est emparée d’un panneau en anglais « on veut de l’amour pas de la violence ». Courte interview de l’organisatrice. Un mot à droite, un mot à gauche.. Dehors Monise, le directeur de la coopérative est venu me serrer la main. On a parlé du parfum Hermès qu’il m’avait demandé de lui rapporter, du nouveau kaupule qui se construit à coté et je passe le voir cette semaine, j’espère récupérer quelques futs coupés pour y démarrer notre jardin et les 2 containers pour le verre….

Je suis repassée chez Père Camille pour lui taper une de ses lettres qui doit partir à l’avion demain…. Ca a pris une bonne heure et il m’a remerciée d’un excellent bout de papaye… J’y retourne jeudi pour une autre lettre en Français et Kat y passera aussi pour une lettre en anglais….

Vers 15h30, j’ai espéré pouvoir me poser et faire quelques mails de réponse. Mais j’avais proposé un apéro la veille à John et aux autres s’ils avaient le temps à Sunset.. Rien n’était moins sûr (Emma terminerait sans doute plus tard et je préférais que Stephy reste avec sa famille si elle n’était pas rétablie… mais même si on n’était que 2, une noix de coco découpée en lamelle serait pas mal.

A la recherche de la noix, j’ai pensé au jardin de la maison où nous vivions en 2006, là ou vit maintenant Monica (et son mari avec leur paire de jumeaux totalement différents et depuis peu une petite Anastasia, adorable elle aussi).. Elle était attablée avec Tala, l’ancien voisin et son épouse, ex teacher à l’école primaire que je connais bien. La famille de Monika part demain pour 3 semaines (du coup Stephy et ryan qui cherchent une maison pour 3 mois s’y installent) donc café/biscuits d’au revoir… Le sujet des traditions et celui des couches culottes ont été amenés dans la discussion par Monika et son invitée (une des rares dont j’oublie le nom depuis 3 ans). J’ai parlé des projets de laveries de couches coton et du tout nouveau projet de bouquin général sur le pays, les communautés, les traditions où on pourrait aussi inclure ce dont parlait Monika : un document pour les femmes un peu comme la BD. Les deux projets ont enthousiasmé Monika qui se propose à son retour de faire une demande de fond pour la laverie. L’autre doit rechercher un terrain où on pourrait l’installer et on prévoit des réunions des communautés de femmes pour en parler.. On a aussi parlé d’huile de coco qui vient principalement ces jours-ci de Vaitupu. Je l’ai chargée de nous en trouver de bonne quantité au tarif de vente « en gros »..

Avant que je lève le siège, Monika est allée me chercher les bouquins tuvaluens qu’elle avait trouvés : Tuvalu a History et une introduction au tuvaluen que nous avons à Paris et un autre que je n’avais jamais vu : celui d’Ann et Keith Chambers, sur les traditions de Nanumea. un couple qui avait écrit un article dithyrambique sur « Trouble in Paradise » en le comparant avantageusement à quelques autres parus. Là, déclic : bien sûr c’est eux qui doivent coordonner le nouvel ouvrage ! On verra ce que vont donner ces lignes lancées et ces propositions spontanées.

En rentrant, Polao le mari de notre présidente locale était installé avec son ordi dans son jardin (une scène très rare à Tuvalu). Il m’a dit que la noix de coco ramassée chez Monika n’était pas bonne et m’en a donné 2 autres et une papaye. Nous avons discuté 2 mn de l’importation du méthanol comme me l’avait conseillé Panapasi, il importe des bouteilles de gaz et s’en chargera pour nous.

Tala (taxi) et son épouse sont allés chercher la caisse de bouteilles laissée chez Alpha(dont le litre et demi de vinaigre balsamique non utilisé l’an dernier). Ils ont visité la maison… et sont repartis avec quelques anti douleurs pour l’arthrite… sans certitude sur le résultat.

Le soleil se couchant et personne ne montrant son nez, j’ai filé copier les mails reçus, sans les lire, en donnant pour mission à Elena de faire monter si quelqu’un se présentait….. Le Pastis a été finalement été pris en tête à tête avec John puis l’heure du dîner sonnant nous nous sommes transportés chez lui où il proposait de sortir du congé des spaghettis bolognaises cuisinés ce weekend. Il fait ainsi des tas d’autres choses qu’il met en barquette.. dont une soupe encore dans une marmite de 20 litres… J’ai préféré la soupe aux spaghettis et je n’ai pas regretté. Faite d’un peu de tout, y compris haricots, lentilles, petits pois, gingembres, ail et bien sur papates, oignons et carottes. Un vrai délice.

Home a 22h et il est maintenant 1h du mat. Je n’ai donc pas arrêté d’écrire depuis 3 heures… Ouh la la… (Tapa ! en Tuvaluen)

02 / 04 / 09 - 10 : 30

Samedi 7 mars et dimanche 8, 2009 - Que du bonheur !

Pas réussi à revoir Nala après la réunion « cabas » pour confirmer ou non le pique-nique qu’elle avait prévue pour ce samedi... Mais ce matin, Elena m’a réveillée timidement à 6 h : Apisai, le PM, était en bas... pour me prévenir que le bateau était prévu à 7h30... J’ai failli dire non et puis finalement branlebas de combat et je suis arrivée à l’heure. Et j’ai passé une des journées les plus agréables depuis mon premier voyage à Tuvalu : Il y avait aussi l’ambassadeur et son épouse et le fils de Nala, un néo zélandais qui ne parle ni taukelauan (où a vécu Nala longtemps) ni tuvaluen et une bonne douzaine de « sherpas » qui nous avaient précédé une heure avant pour recueillir sur l’îlot la nourriture pour notre déjeuner : crabes des cocotiers, fruits de l’arbre à pain, laolu (un genre de fougère) et bien sûr noix de coco que les femmes ont râpée pendant des heures. J’ai pas pu m’empêcher de filmer mais j’ai aussi profité du lagon immaculé avec Nala et les « officiels ». Alors que la nuit dernière un orage avec tonnerre, éclairs et pluie drue m’a totalement surprise, toute la journée fut superbe.. Jusqu’à ce que nous décidions de rentrer.. Et la déluge à nouveau... Nous sommes arrivés trempés mais heureux.. Il faisait beau à l’arrivée mais pas assez pour que je sèche et j’ai traversé le village sur ma mob dans un état qui a dû en surprendre plus d’un.

Frustrant de ne pas pouvoir noter instantanément, enregistrer directement dans le cerveau pour y garder en mémoire, sans autre technologie, les images aperçues, les sensations, les sentiments spontanés. J’espère voir ça avant de n’en avoir plus besoin..

Samedi a ressemblé à un dimanche avec ce pique nique/festin organisé par notre PM et Nala son épouse - hummm la queue/système digestif des crabes de cocotiers si riche qu’on ne peut que pré-voir les méfaits sur le taux de cholesterol.. et sur les hanches. Les Tuvaluens, ceux que je n’ai pas encore rencontrés encore sur ceux que nous connaissons (la moitié de la population ? ) ou qui nous connaissent (la totalité ?) et auprès de qui je m’arrête quelques minutes, continuent à me saluer d’un « you’re getting big ! ». Je suis encore loin des standards d’ici que je lorgne du coin de l’oeil en me demandant si la bouboulitude me guette vraiment à me délecter de ces entrailles de crabes et autres délicieux lait, sauce, gratin de noix de coco.

Ce dimanche, j’aimerais en faire un joursaint/joursans avec aucune obligation de sortir de ma coquille et d’un bout à l’autre de la journée, n’en faire qu’a ma tête, dans ma tête, chez moi.

Ca a commencé par une petite grasse mat. 9h : ouverture en grand de la porte de la terrasse pour embrasser, en quelques pas, quelques secondes, un panoramique à 180° du lagon, des nuages et des instantanés de la vie alentour. C’est ce que j’aurais aimé pouvoir enregistrer ce matin.

Double frustration puisque je ne peux même pas inscrire ces visions fugitives (une scène ne revient forcément pas toujours devant l’objectif de nos yeux comme l’impriment quelquefois des professeurs de « filmage » à leurs élèves). Même à l’ombre, l’écran de mon ordinateur est illisible tellement la luminosité ambiante est importante. OK ça se pose aussi avec un stylo, mais tellement moins vite...

A droite de la péninsule, des enfants et leur (s) grands mères se baignent près des barques. Une grand sœur épouille son petit frère, mon œil n’est pas resté sur eux jusqu’au croquage du pou.. Au bout du petit jardin se dirigeant un peu en arrière, vers un autre coin du lagon, deux adolescents dont l’approche à l’eau diffère… l’intérêt de la description s’annule devant l’inintérêt du sujet : approche à l’eau..

Droit devant moi, en bas, la pointe de la péninsulette est tendue de cordes à linge qu’Elega occupe abondamment. 3 tapis sont posés, enroulés, sur le bout de béton surélevé qui a du être une fosse pas tout à fait septique un jour… Maintenant ? Et bien maintenant que j’y pense, je ne sais pas trop bien où sont évacuées les déchets liquides de la maison.

A gauche, un tuvaluen s’adonne à l’activité favorite du week end : manger le poisson cru dans le lagon avec la sauce de coco, à quelques pas la famille « crado » celle qui a dû éliminer le tas d’ordures accumulées avant mon arrivée, dans le cadre d’un campagne de nettoyage lancée par Willy, et qui en a démarré un autre de l’autre côté, a aussi installé une hutte vite fait mal fait au ras de la propriété. Ce dimanche matin, la maîtresse de maison est allongée comme un lion de mer, son mari assis en lotus regarde au loin, les yeux perdus ailleurs encore embués de l’alcool de la nuit dernière. Une femme plus mince mais à la voix plus aigre, l’air dur qui partage leur maison, cuisine dans un faitout posé sur une grille, elle même posée sur une grande cuvette dans laquelle brûle des charbons de bois faits de coquilles de noix de coco. Le tout installé conveniently à hauteur humaine sur un drum de 200 litres.

En bas, « chez » Elega, une mob s’est arrêtée, son fils sans doute, qui vit avec elle encore quelques semaines « chez nous » ou sa fille qui déserte quelquefois le logis familial pour venir tenir compagnie à sa mère. J’ai eu tendance au début quand j’entendais une mob à jeter un œil par le balcon. La plupart du temps c’était Elega’s family. Je suis maintenant habituée.

Puisque je suis assise à l’intérieur, je vais poursuivre sur quelques mails, à commencer par les réponses à Fanny dont l’activité à Paris me donne parfois le tournis. Difficile de ne pas mélanger les nouveaux noms de ceux et celles avec qui elle est en contact depuis mon départ. Je suis très fière d’elle et de l’équipe sur laquelle elle peut compter autour d’elle (d’Angie à Linda, en passant par Elizabeth ou Françoise qui oeuvrent avec elle dans des domaines spécifiques ou Liz qui la soutient moralement). Yaily rentre bientôt et Laurent se rend toujours disponible quand c’est nécessaire. Les nombreux messages de soutien à la suite des communiqués de presse l’ont sans doute aidée à passer à la vitesse supérieure en sachant qu’elle peut compter sur beaucoup de « fidèles ». Merci à Tous.

14h – le lagon s’est vidé et clapote au vent sur les rochers de corail or « man made ». Le soleil tape rafraîchi par un souffle de vent suffisant pour rendre merveilleuse la lecture du spécial Canard Enchaîné « ces dames qui nous gouvernent » que je sirote doucement, en faisant durer le plaisir pour que mon stock de livres et magazines dure jusqu’à la fin du séjour. Pas facile. Avec 3 ou 4 bouquins et les 3 spéciaux que je garde sans les lire à Paris pour pouvoir m’en délecter à Tuvalu (je n’en ai pas le temps en France, à peine celui de survoler le Canard hebdo).

16h30 : Je réalise qu’il va me falloir quand même lever mon désormais gros popotin pour rendre visite à John et expédier la douzaine de mails auxquels j’ai répondus cette nuit et cet après midi : de Corinne la femme de l’ex ambassadeurr à Fiji, à Malama et Seve, responsable au sprep de ne ne sais quel folio, en passant par Thomas d’ADB et une poignée d’autres amis ainsi que des représentants de pompe à eau et fours solaires. Demain c’est férié, je pourrai continuer et, on peut rêver, vider mon dossier « mails à répondre ».

Bien que plus sociale que prévue, la journée de dimanche s’est terminée sur des notes agréables. Avec une longue conversation avec Fanny par skype d’une part et la rencontre d’une jeune australienne, venue ici pour filmer Tafue TUCAN-Tuvalu Climate Action Network, notre pasteur réformiste qui a un bureau dans le bâtiment de l’Eglise, et quelques autres… Quand Kat, une prof d’anglais, Celtes/Wells, arrivée l’an dernier et mariée depuis à un tuvaluen, très affable, riant tout le temps, nous a présentée, la fille m’a accueillie « Gilliane… la vraie Gilliane ». John a immédiatement réagi waou, Gilliane, so it is not only in Tuvalu… ».

Bien sûr elle avait vu Trouble in Paradise, via un mec que je ne connais pas. Emma, c’est son nom, vit à Fiji, elle est «filmaker » comme elle dit, et a aussi monté une NGO to help with Climate Change et si j’ai tout compris de son australien cadencé, elle a aussi un lieu d’exposition dans un hôtel à Fiji « marine center », travaille avec des jeunes et est reparti la BD sous le bras en imaginant avec un enthousiasme certain, la traduire en Fidjien et l’inclure dans leur expo. Tafue nous a rejoint. Décidément avec lui, je suis très maladroite. Non seulement j’avais oublié plusieurs années de suite qu’il faisait partie de ceux interviewés en 2004, je n’avais jamais répondu à son mail de 2005 ou il demandait comment adhérer à Alofa mais en plus, alors que j’avais l’an dernier corrigé mes bévues d’origine en passant un long moment avec lui à discuter pour lui proposer d’être le « présentateur » du débat spécial climat de l’an dernier, j’ai réalisé ce soir là qu’il n’avait jamais vu la BD, ni en anglais ni en tuvaluen… ! Je me suis à nouveau platement excusée et lui en déposerai une poignée demain.

Un peu avant, je suis allée rendre deux bocaux d’ananas au sirop au goût d’essence…, après m’être assurée auprès de John et Lee que ça se faisait ici de rendre un truc avarié ou mauvais. Lee m’a dit qu’il avait eu le même problème avec le même bocal de chez Jimmy, (l’ex cuisinier d’un ex restaurant coté, au Filamona, l’endroit où on pouvait manger raisonnablement à Funafuti, et le 1er chinois à s’être installé à Tuvalu il y a au moins 7 ans.).. Après la séparation d’avec Penny, le restaurant du filamona a périclité, et quelques mois après, celui que Jimmy avait ouvert, moins bien placé pour les palagis de passage, est devenu un magasin de meubles et depuis il a ouvert 1 magasin à tout vendre. Avec une ou deux étagères de bouffe… « Tu ne trouves pas que ça a le gout d’essence ? » « Il a senti, goûté ». Pas vraiment de réponse, mais un « I’ll give you a refund ».. « Do you have more of these on the shelves ? Because it’s not only this one, I’m afraid it is your whole stock.. » Dans la minute qui suivait, il a fait enlever les 3 bocaux des étagères. A la sortie rencontré Hilia qui m’a informée d’une marche des femmes le lendemain. Elle allait m’envoyer un mail si elle en avait le temps (il était 20h). A l’hôtel après le dîner, quand nous étions avec Emma, Tafue (et Katy) nous a rejoint Stephanie, la jeune allemande mariée au Sud Aficain, parents de la petite Lili qui m’avait émue le jour de notre rencontre. La petite s’était cassée la figure, je lui ai dit « it’s nothing » et sa mère l’a prise dans ses bras. Là elle s’est mise à pleurer et m’a tendu les bras. C’était dans les miens qu’elle voulait être. Et nous sommes restées ensemble un bon ¼ d’heure…. Anyway sa mère hier soir nous a informés que la petite et son père avaient attrapé une fièvre de cheval après la douche en rentrant de Tepuka la veille et a confirmé avoir entendu parlé de la marche des femmes mais ne savait pas à quelle heure non plus. On s’est dit qu’à 9h elles seraient bien quelques part. Katy a proposé de venir prendre le café à 8h… J’ai négocié « 9h-1/4 ? » On s’est accordé sur 8h30……


02 / 04 / 09 - 10 : 25

Réveillée à nouveau par Elega pour être à 9h, caméra à l’épaule au « pocket meeting » biodiversité organisé par Eliala... Une dizaine de personnes pour parler des poissons, enfin, je crois puisque tout est en Tuvaluen.. Pause thé à 10h30 avec côte dagneau, saucisse, papaye, sandwichs, watermelon et j’en passe… Bien sûr, j’ai demandé à Eliala si elle a prévu une poubelle recyclage et suggéré qu’ils fassent du compost avec leurs déchets végétaux. J’ai remballé la caméra pour me rendre à la réunion des femmes de ministres organisée par l’Ambassade de Taiwan. Arrivée à l’hôtel, on me dit qu’un chauffeur est partie me chercher à la maison ☺.

L’objectif de la réunion : décider d’un type de cabas pour remplacer les sacs plastiques... 3mn aussi pour présenter le plan déchets proposé (et lancé aussitôt) par Daniel l’ancien ambassadeur de Taiwan après une visite éclair de 2 spécialistes l’an dernier. Nous leur avions donné notre étude énergie et celle de Tony spécifiquement sur les déchets et pas mal discuté avec l’ambassadeur... Mais comme leur véritable objectif est d’obtenir du compost, va falloir batailler pour les mener au biogaz et à la gazéification... Risasi a démarré ses commentaires sur les sacs... j’ai poussé Penny à réagir sur le cabas plastique proposé ... « c’est du plastique recyclé ? » comme elle confond recyclé et recyclable, c’est un peu tombé à côté... J’ai remis ça un peu plus tard... Seinati a mis son grain de sel, et Nala itou... Nada sur les déchets. Je veux dire aucune réaction. J’ai préféré prendre rv avec l’ambassadeur pour en parler tranquillement sans passer pour l’emmerdeuse du coin alors que j’étais la seule blanche. A ce point, je ne vois pas trop comment on peut interrompre le processus mais on peut peut-être adapter. Le matos part le 1er avril et arrive en juin, l’équipe fin juin pour mettre en place, former, awareness, tout ça en 15 jours... (c’est à dire impossible). Bien sûr, c’est juste après mon départ et je ne peux pas prolonger mon séjour davantage. Peut-être Sarah pourra-t’elle revenir, et ce soir j’ai demandé à John s’il pouvait jouer les mouches du coches pour éviter qu’ils nous découpent en petits morceaux le plastique pour l’entreposer, sacs ouverts on ne sait où.... Pour l’incinérateur : éviter de brûler les déchets genres feuilles sèches, bois divers comme prévu, en même temps que les couches et autres déchets « tout venant »... La aussi va falloir se battre... Mais tout n’est pas négatif. Et le schredder pour affiner le compost sera bien utile, tout comme les containers pour recyclables.. Je ne sais plus ce qu’ils entendent par faire du verre, mais je creuserai ça la semaine prochaine.

Ensuite une heure genre comédie à la Marx Brothers pour essayer de régler l’installation de notre adsl.. Passé d’un bureau à un autre building. Chez les responsables du téléphone qui m’avaient dit rétablir notre ligne cette semaine, on m’informe qu’il n’y a plus de lignes que leur nouveau « porteur » a moins de lignes que le précédent et qu’il faut attendre le nouveau matériel... Blablabla, rien n’y faisait. Le mot magique fut internet.. « ah si c’est pour internet, on peut peut-être faire quelque chose... mais il faut d’abord que vous alliez payer votre abonnement.. » « Mais Kula, la responsable internet m’a dit l’inverse l’autre jour, il faut d’abord avoir une ligne et ensuite seulement aller la voir... »... Il insiste, je saute sur ma bike pour avoir confirmation que oui il faut une ligne d’abord... « Euh, vous ne pouvez pas les appeler pour accorder vos violons »...Ce qu’elle fait devant moi, après s’être assurée que j’avais bien un modem, car eux n’en ont plus... Retourné au bureau téléphone « Alors ça y est, vous vous êtes mis d’accord c’est bon ? Elle vous a appelée. » « non... « eh les mecs j’étais avec elle, elle a parlé à quelqu’un... » Finalement ils me disent qu’ils sont en train de chatter avec elle et qu’ils vont mettre notre ligne en marche... Ca aura pris une bonne heure.. Faut dire que sur les 500 m qui séparent les deux bureaux, j’ai fait des pauses pour discuter avec Vavao ancien responsable de la collecte des déchets, qui vient de prendre sa retraite et Vete, l’ingénieur civil qui lui aussi à rendu son tablier aux département des travaux publics..

Un verre (ou plutôt une cigarette mais faut pas le dire) avec Risasi, notre trésorière, interrompues par Utala, notre ingénieur biogaz qui demandait s’il pouvait avoir son chèque un peu avant la date... Et par l’arrivée d’un jeune couple et d’un bébé de 15 mois. Lui est Sud Africain, elle Allemande et ils vivent à Munich. Coincidence, ils ont eux envie de venir après avoir vu « Trouble in Paradise » ... « Vous avez quelque chose à voir avec Alofa Tuvalu ? » Risasi éclate de rire.. « Oui, c’est nous... » de « Vous êtes
vraiment des pionniers et votre site a fini de nous convaincre de venir passer 3 mois ici ». Elle est étudiante photographe... Lui j’ai pas très bien compris. Elle souhaite « faire parler les gens, les contes qu’on raconte aux enfants, des recettes de cuisine et autres sujets qui m’ont semblé très bien pouvoir s’inscrire dans le livre général discuté rapidement avec Nala, la 1ère dame... « OK on vous aidera si vous nous cédez les droits pour un bouquin plus général sur Tuvalu ».. « Avec plaisir... On peut même sans doute trouver un éditeur ». Risasi était sur le cul car bien sur elle n’était pas encore au courant de cette idée qui avait germée la veille « Gilliane couvre tous les sujets ici... » et plus tard « tu manques pas d’a propos, toi ». Ca allait quand même de soi. ☺

Une trentaine de mails m’attendaient quand je suis passée chez John. Fanny et Angeline s’activent à Paris et ça donne des résultats super positifs. Le chapiteau de Papeete pour le Jour de la Terre prend forme, la BD traduite en allemand est fin prête pour sa sortie officielle à Bonn pour la conférence mondiale de la décennie de l’éducation au développement durable de l’Unesco, un chapiteau se profile pour la fin de l’année à Copenhague etc etc etc.

J’avais une folle envie de salade, genre laitue tendre, tomates, avocat. Bien sûr ce n’était pas possible. Ma 2e envie : du poisson. Ca c’est plus jouable. Direction l’hôtel où c’est quand même le seul endroit où on peut être presque sure d’en trouver au menu (enfin sur les 2 plats proposés). John m’avait dit qu’il avait rencontré une française. Un couple est effectivement arrivé, une française avec un australien... Après avoir avalé le poisson nous nous sommes attablés avec eux : il est journaliste photographe, un peu arrogant. Elle l’assiste, affublée d’un châle par 35*. Arrivés le jeudi pour repartir le mardi alors que lundi est férié (mais personne ne se souvient pourquoi, même pas le premier ministre à qui j’ai posé la question aujourd’hui) ils veulent faire un reportage... Ils sont allés voir l’école pour filmer des dessins d’enfants. La directrice a demandé 200 dollars ! Certes un peu cher le dessin mais j’ai expliqué en long et en large que les Tuvaluens en ont ras le bol des demandes répétés qui signifient du temps pour tout le monde et qu’en plus avec des escrocs type Paris Match, ils vont être de plus en plus sur leur garde.

« Vous nous conseillez quoi ? Vous pouvez nous aider ce week end ? » « Non, mais allez voir Temu la directrice mardi matin, proposez 100 dollars et surtout offrez aussi d’envoyer votre photo reportage... ». Si vous avez le moindre problême, allez voir l’ambassade de Taiwan... les dessins sont faits pour illustrer les cabas qu’ils vont fabriquer. Je leur en parlerai... » « En fait je suis prêt à payer les 200 »... «Pas la peine, le jeu c’est aussi de négocier.. » Ils sont partis très vite dans leur lodge à 88 dollars la nuit... Je n’en reviens pas des prix... A la tête du client sans doute... Ce motel de 3 chambres est au milieu du village sans aucun intérêt... alors que l’hôtel devant le lagon avec internet, grande chambre et restaurant est à 90 dollars (enfin 110 pour 2)... Je ne sais pas s’ils obtiendront ce qu’ils veulent mais je ne leur fais qu’une confiance limitée.

A la table à côté se sont installés deux mecs que j’avais vu filmer un peu plus tôt. Des hollandais. m’avait on dit. Décidément l’avion de jeudi a déchargé son lot de Palagis ...

Au retour, un nouveau bruit de la maison a été identifié : un énorme insecte volant, qui aurait pu être un papillon de nuit mais aux ailes dures comme du bois... Alors bien sûr quand il se cogne contre les murs, ça fait un bruit assez étrange.



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