Potron minet du mercredi 17.
Enfin pas tout à fait puisque le soleil (s’il est au rendez-vous) ne montrera son nez que dans quelques heures, mais il est bientôt 2 h du matin, bientôt l’heure de m’allonger et à la flash light de décorner la dernière page du bouquin d’Obama pour en déchiffrer quelques autres à la lueur jaunâtre souvent animée d’ombres chinoises d’insecte énormes en ombre portée sur la page mais minuscules sur le verre… de la torche.
Faut à nouveau que je me débriefe seule sur les étapes de la semaine, les avancées de mes journées.. Me suis dite ce soir que je passais trop de temps à blablater et à écrire et pas assez à réfléchir. Ce rendez vous Napa par exemple qui devrait être porteur de partenariats fructueux, mais lents, mérite réflexion. Nakata gère ce fond d’adaptation de 9 millions de $ US pour 7 projets d’adaptation dont 2 au moins sont déjà en cours 3 fois (Australie, EU + IRW et autre PACC… et 3 sur la biodiversité. Je m’étais un peu préparée au RV pour finalement décider de lui laisser porter la conversation plutôt que d’asséner mes commentaires et mes principes. Il m’a posé des tas de questions. La première : j’imagine que tu suis NAPA depuis un moment et que tu sais tout ? ». Ca a donné le ton et m’a permis de rayer dès l’entrée mes premières lignes « Depuis longtemps oui, mais j’sais pas tout… Ce qu’il me semble c’est que depuis que Poni a commencé l’écriture en 2003 et aujourd’hui, il y a des tas de choses obsolètes. Je regrette qu’on n’aille pas plus loin dans la vision d’essayer de permettre aux tuvaluans de rester sur leur terre. J’ai rappelé IPCC et autres infos de plus en plus pessimistes. Glissé qu’une étude sur île artificielle ou remblaiement pourrait être de la prochaine édition du NAPA (car oui ca se poursuivra). Je plante cette idée dans tous les cerveaux que je croise et pense à un programme radio update sur la situation. Après une heure où on a parlé de tout, mais surtout de nous, Alofa, du film, de la BD, de Copenhague, des actions, des renouvelables, de Nanumea. Pourquoi pas Nuitao ? et de la biodiv bien sûr et du corail qu’il serait bien de faire en plus. Entre autres choses, en presque conclusion, il m’a dit qu’Alofa ferait partie des NGO qui implémenterait des activités. Il a bien retenu que Sarah était aussi spécialiste des Changements climatiques et sandrine des poisssons/corails. J’avais noté d’avancer un peu plus loin dans leur investissement dans nos projets, comme financer au moins les workshops, dont celle avec NZAid et si possible leurs billets. Mais c’était trop a bâtons rompus et familial pour que je sois, moi, capable d’entrer dans cette sphère. Petesa, la fille de risasi, l’assistante, a reçu l’oscar du meilleur thé sucré au lait. Et je suis une connaisseuse puisque je n’aime pas le thé. Le rendez vous a duré 1h30. C’est Petesa qui a rappelé que ça faisait une demi heure que le bureau aurait du être fermé. Nouveau soutien d’Alofa, je suis repartie avec son mail pour lui expédier notre newsletter COP15.
La porte d’à côté c’est le bureau d’Eliala. J’avais passé une tête à l’aller pour la remercier de son petit mot de soutien dans l’histoire du press release (tu ne peux pas abandonner l’an prochain). Elle y était, elle, bien sûr encore malgré l’heure et avait l’intention de travailler quelques heures encore. En fait blablabla encore une fois sur tout y compris religion et climat, l’impact de l’éducation sur les enfants, les habitants de nukufetau, l’île de son père, qu’elle trouve arrivistes, dirigés par le blé bien que son père ne soit pas comme ça. Nous parlions de l’ambassadeur à l’ONU, et elle a ajouté une liste en commençant par…. Fakasoa. Elle aussi a souvent l’impression de ne pas avancer même si elle en fait beaucoup. « Je me demande si ce que je fais sert à quelque chose.. » Je la remotive tout en lui disant que je me pose les mêmes questions chaque matin en me brossant les dents sur la terrasse (quand les vents le permettent) en trouvant dans mon champ de vision, les déchets alentour. Sur les sceptiques, je lui ai glissé l’argument de Sam sur la Shoah aussi ça se savait mais personne ne voulait y croire…. Aujourd’hui encore il y a des négationistes.
John avec qui on a partagé une demi portion de sashimi et une demie de thon à la poele à l’hôtel, me semble n’être toujours pas convaincu… Alors qu’on rentrait en marchant, quand je lui ai dit que Tomas était le 19e et celui du Vanuatu le 20 de la saison et que c’était beaucoup plus que la normale, il a fait la moue… Même s’il n’a jamais vu autant de tempêtes à Tuvalu. Pas voulu entrer dans la discussion avec lui. Mais un jour je lui sortirai l’argument shoah.
Enfin pas tout à fait puisque le soleil (s’il est au rendez-vous) ne montrera son nez que dans quelques heures, mais il est bientôt 2 h du matin, bientôt l’heure de m’allonger et à la flash light de décorner la dernière page du bouquin d’Obama pour en déchiffrer quelques autres à la lueur jaunâtre souvent animée d’ombres chinoises d’insecte énormes en ombre portée sur la page mais minuscules sur le verre… de la torche.
Faut à nouveau que je me débriefe seule sur les étapes de la semaine, les avancées de mes journées.. Me suis dite ce soir que je passais trop de temps à blablater et à écrire et pas assez à réfléchir. Ce rendez vous Napa par exemple qui devrait être porteur de partenariats fructueux, mais lents, mérite réflexion. Nakata gère ce fond d’adaptation de 9 millions de $ US pour 7 projets d’adaptation dont 2 au moins sont déjà en cours 3 fois (Australie, EU + IRW et autre PACC… et 3 sur la biodiversité. Je m’étais un peu préparée au RV pour finalement décider de lui laisser porter la conversation plutôt que d’asséner mes commentaires et mes principes. Il m’a posé des tas de questions. La première : j’imagine que tu suis NAPA depuis un moment et que tu sais tout ? ». Ca a donné le ton et m’a permis de rayer dès l’entrée mes premières lignes « Depuis longtemps oui, mais j’sais pas tout… Ce qu’il me semble c’est que depuis que Poni a commencé l’écriture en 2003 et aujourd’hui, il y a des tas de choses obsolètes. Je regrette qu’on n’aille pas plus loin dans la vision d’essayer de permettre aux tuvaluans de rester sur leur terre. J’ai rappelé IPCC et autres infos de plus en plus pessimistes. Glissé qu’une étude sur île artificielle ou remblaiement pourrait être de la prochaine édition du NAPA (car oui ca se poursuivra). Je plante cette idée dans tous les cerveaux que je croise et pense à un programme radio update sur la situation. Après une heure où on a parlé de tout, mais surtout de nous, Alofa, du film, de la BD, de Copenhague, des actions, des renouvelables, de Nanumea. Pourquoi pas Nuitao ? et de la biodiv bien sûr et du corail qu’il serait bien de faire en plus. Entre autres choses, en presque conclusion, il m’a dit qu’Alofa ferait partie des NGO qui implémenterait des activités. Il a bien retenu que Sarah était aussi spécialiste des Changements climatiques et sandrine des poisssons/corails. J’avais noté d’avancer un peu plus loin dans leur investissement dans nos projets, comme financer au moins les workshops, dont celle avec NZAid et si possible leurs billets. Mais c’était trop a bâtons rompus et familial pour que je sois, moi, capable d’entrer dans cette sphère. Petesa, la fille de risasi, l’assistante, a reçu l’oscar du meilleur thé sucré au lait. Et je suis une connaisseuse puisque je n’aime pas le thé. Le rendez vous a duré 1h30. C’est Petesa qui a rappelé que ça faisait une demi heure que le bureau aurait du être fermé. Nouveau soutien d’Alofa, je suis repartie avec son mail pour lui expédier notre newsletter COP15.
La porte d’à côté c’est le bureau d’Eliala. J’avais passé une tête à l’aller pour la remercier de son petit mot de soutien dans l’histoire du press release (tu ne peux pas abandonner l’an prochain). Elle y était, elle, bien sûr encore malgré l’heure et avait l’intention de travailler quelques heures encore. En fait blablabla encore une fois sur tout y compris religion et climat, l’impact de l’éducation sur les enfants, les habitants de nukufetau, l’île de son père, qu’elle trouve arrivistes, dirigés par le blé bien que son père ne soit pas comme ça. Nous parlions de l’ambassadeur à l’ONU, et elle a ajouté une liste en commençant par…. Fakasoa. Elle aussi a souvent l’impression de ne pas avancer même si elle en fait beaucoup. « Je me demande si ce que je fais sert à quelque chose.. » Je la remotive tout en lui disant que je me pose les mêmes questions chaque matin en me brossant les dents sur la terrasse (quand les vents le permettent) en trouvant dans mon champ de vision, les déchets alentour. Sur les sceptiques, je lui ai glissé l’argument de Sam sur la Shoah aussi ça se savait mais personne ne voulait y croire…. Aujourd’hui encore il y a des négationistes.
John avec qui on a partagé une demi portion de sashimi et une demie de thon à la poele à l’hôtel, me semble n’être toujours pas convaincu… Alors qu’on rentrait en marchant, quand je lui ai dit que Tomas était le 19e et celui du Vanuatu le 20 de la saison et que c’était beaucoup plus que la normale, il a fait la moue… Même s’il n’a jamais vu autant de tempêtes à Tuvalu. Pas voulu entrer dans la discussion avec lui. Mais un jour je lui sortirai l’argument shoah.
28 / 03 / 10 - 18 : 25
Mardi Midi
Il faisait soleil quand j’ai ouvert les yeux. Le ciel s’est couvert depuis mais le vent désormais Nord-Est souffle en brise agréable. John pourtant endurci des conditions atmosphériques au fil de ses voyages au long cours en tant que Capitaine et hyper actif incontrôlable m’a rassurée en me confessant que le temps de samedi dernier l’incitait plutôt à rester au pieu. Je culpabilisais du peu de lignes rayées sur ma liste de samedi.
Sur les dossiers biodiversités depuis le réveil. Pour préparer au mieux le RV de cet aprem avec le tout nouveau directeur de NAPA, Nakala, le père de Nia notre cadreur volontaire. Et aussi pour comprendre et digérer les sommes qui m’ont semblé hallucinantes des projets de contrats expédiés par Sandrine et Dani. Près de 80000 $ australiens ça interpelle et incite à plonger son nez dans les derniers budgets échangés avec Sandrine. Imprimé comme les documents excel comme j’ai pu . Microsoft ne semble plus vouloir répondre, ni en word ni en excel, en fonction impression. L’une comme l’autre de ces applications quitte d’elle-même dès que j’appuie sur « imprimer ». La seule parade trouvée pour le moment : copier sur un document text, qui bien sûr ne respecte plus les paramètres mais permet au moins d’avoir tout sous les yeux. C’est imprimé en tellement petit que je ne suis pas sûre de pouvoir lire.
Parlé aussi à Sarah qui appelait de Nanumea. Tout semble bien se passer. Ils ont eu aussi des grands vent (mais vu le déplacement du cyclone, certainement moitié moindre). C’est ce jour là qu’elle est allé pécher avec Kaio. Elle réside avec notre ami Teu et ‘it’s very nice’. RV avec le kaupule demain et avec l’école jeudi.
Bon je retourne à la biodiv…
Il faisait soleil quand j’ai ouvert les yeux. Le ciel s’est couvert depuis mais le vent désormais Nord-Est souffle en brise agréable. John pourtant endurci des conditions atmosphériques au fil de ses voyages au long cours en tant que Capitaine et hyper actif incontrôlable m’a rassurée en me confessant que le temps de samedi dernier l’incitait plutôt à rester au pieu. Je culpabilisais du peu de lignes rayées sur ma liste de samedi.
Sur les dossiers biodiversités depuis le réveil. Pour préparer au mieux le RV de cet aprem avec le tout nouveau directeur de NAPA, Nakala, le père de Nia notre cadreur volontaire. Et aussi pour comprendre et digérer les sommes qui m’ont semblé hallucinantes des projets de contrats expédiés par Sandrine et Dani. Près de 80000 $ australiens ça interpelle et incite à plonger son nez dans les derniers budgets échangés avec Sandrine. Imprimé comme les documents excel comme j’ai pu . Microsoft ne semble plus vouloir répondre, ni en word ni en excel, en fonction impression. L’une comme l’autre de ces applications quitte d’elle-même dès que j’appuie sur « imprimer ». La seule parade trouvée pour le moment : copier sur un document text, qui bien sûr ne respecte plus les paramètres mais permet au moins d’avoir tout sous les yeux. C’est imprimé en tellement petit que je ne suis pas sûre de pouvoir lire.
Parlé aussi à Sarah qui appelait de Nanumea. Tout semble bien se passer. Ils ont eu aussi des grands vent (mais vu le déplacement du cyclone, certainement moitié moindre). C’est ce jour là qu’elle est allé pécher avec Kaio. Elle réside avec notre ami Teu et ‘it’s very nice’. RV avec le kaupule demain et avec l’école jeudi.
Bon je retourne à la biodiv…
28 / 03 / 10 - 18 : 24
Biodiv et divers-Mardi 16 mars tout petit matin
Bien énervée tout le week-end par les grands vents sans doute mais aussi assurément par le brouillon de 3 pages de « pressrelease » expédié par l’office du tourisme post festival. Il m’aura fallu 3 jours pour finaliser un courrier incendiaire mais je l’espère tout de même diplomate sur la communication et la démocratie.
Toute la journée dehors de ce lundi j’ai sillonné les ruelles de Funcity que nous avons commencé à baptiser trashcity tellement les tempêtes ont souillonné la ville et en particulier les rives de notre petite péninsule ; J’en ai fait une stance dans ma lette du jour au mec du tourisme.
Ce matin, PWD d’abord pour qu’ils viennent réparer la gouttière ou plutôt les tuyaux qui la relie au réservoir d’eau arraché par les vents. Au bureau du dessus, Cat qui représentait Alofa en notre absence et sans qui, aux dires du mec du tourisme, rien n’aurait eu lieu, car en bonne alofienne, elle a poussé les portes fermées et forcé aux réunions… Tuvalu média ensuite pour vérifier s’ils avaient été consultés sur ce torchon de press release. NON. Melton ensuite : IDEM. Blablaté aussi avec lui de la sur-réponse de l’officier du tourisme à une offre de UCLA de faire venir des danseurs et chanteurs à Los Angeles (un autre de nos contacts) à laquelle Melton avait répondu la nuit précédente. Que des paraphrases du mail de Melton. Risasi ensuite, dont le ministre de mari a le tourisme dans son portefeuille. Je voulais voir Enele, ex ambassadeur à l’ONU et devenu secrétaire permanent aux transports et tourisme, mais il est sur son ile, donc pas consulté non plus je pense. Plusieurs heures avec Risasi, puis Nala ensuite, où ma tirade n’a pris que quelques minutes mais, même si les nouvelles des mésententes dans le gouvernement ajoutent à mon petit manque de motivation, il était important que je sois à jour des news du gouvernement et des rumeurs.
Au retour, la gouttière était réparée. J’ai fait un saut chez le voisin récupérer le petit chat Kingtidesfestival qu’ils avaient volé à Elega, note gardienne du foyer. Elle n’osait pas y aller « t’es sure que tu le veux ? » « Ao, Ao ».. OK j’y vais écrasé une sardine à l’huile pour lui et son frère. En fait je suis presque sure que ce sont deux filles. Comme la première vet du pays ne peut stériliser pour le moment que les mâles, on est mal barré. J’ai indiqué à Elega la recette de ma mère qui noyaient à la naissance les petits de ses premières chattes. Bien sur l’idée ne lui plait pas des masses mais comme ici, il y a de grandes chances qu’ils finissent au fusil, comme les chiens errants tués une fois par an, je pense l’avoir convaincue.
Je n’avais pas eu le temps de me détonguer qu’est arrivé Melton qui passait, sur le chemin du Fagogo, sentir quelques parfums. Reblabla d’une paire d’heures.
J’ai l’impression d’avoir beaucoup écouté aujourd’hui mais aussi de m’être fait entendre en peu de mots. Et finalement toute cette histoire m’aura poussée à mettre en place le task force communication demandé par le PM. J’ai promis une convocation à une réunion d’ici la fin de la semaine.
Bien énervée tout le week-end par les grands vents sans doute mais aussi assurément par le brouillon de 3 pages de « pressrelease » expédié par l’office du tourisme post festival. Il m’aura fallu 3 jours pour finaliser un courrier incendiaire mais je l’espère tout de même diplomate sur la communication et la démocratie.
Toute la journée dehors de ce lundi j’ai sillonné les ruelles de Funcity que nous avons commencé à baptiser trashcity tellement les tempêtes ont souillonné la ville et en particulier les rives de notre petite péninsule ; J’en ai fait une stance dans ma lette du jour au mec du tourisme.
Ce matin, PWD d’abord pour qu’ils viennent réparer la gouttière ou plutôt les tuyaux qui la relie au réservoir d’eau arraché par les vents. Au bureau du dessus, Cat qui représentait Alofa en notre absence et sans qui, aux dires du mec du tourisme, rien n’aurait eu lieu, car en bonne alofienne, elle a poussé les portes fermées et forcé aux réunions… Tuvalu média ensuite pour vérifier s’ils avaient été consultés sur ce torchon de press release. NON. Melton ensuite : IDEM. Blablaté aussi avec lui de la sur-réponse de l’officier du tourisme à une offre de UCLA de faire venir des danseurs et chanteurs à Los Angeles (un autre de nos contacts) à laquelle Melton avait répondu la nuit précédente. Que des paraphrases du mail de Melton. Risasi ensuite, dont le ministre de mari a le tourisme dans son portefeuille. Je voulais voir Enele, ex ambassadeur à l’ONU et devenu secrétaire permanent aux transports et tourisme, mais il est sur son ile, donc pas consulté non plus je pense. Plusieurs heures avec Risasi, puis Nala ensuite, où ma tirade n’a pris que quelques minutes mais, même si les nouvelles des mésententes dans le gouvernement ajoutent à mon petit manque de motivation, il était important que je sois à jour des news du gouvernement et des rumeurs.
Au retour, la gouttière était réparée. J’ai fait un saut chez le voisin récupérer le petit chat Kingtidesfestival qu’ils avaient volé à Elega, note gardienne du foyer. Elle n’osait pas y aller « t’es sure que tu le veux ? » « Ao, Ao ».. OK j’y vais écrasé une sardine à l’huile pour lui et son frère. En fait je suis presque sure que ce sont deux filles. Comme la première vet du pays ne peut stériliser pour le moment que les mâles, on est mal barré. J’ai indiqué à Elega la recette de ma mère qui noyaient à la naissance les petits de ses premières chattes. Bien sur l’idée ne lui plait pas des masses mais comme ici, il y a de grandes chances qu’ils finissent au fusil, comme les chiens errants tués une fois par an, je pense l’avoir convaincue.
Je n’avais pas eu le temps de me détonguer qu’est arrivé Melton qui passait, sur le chemin du Fagogo, sentir quelques parfums. Reblabla d’une paire d’heures.
J’ai l’impression d’avoir beaucoup écouté aujourd’hui mais aussi de m’être fait entendre en peu de mots. Et finalement toute cette histoire m’aura poussée à mettre en place le task force communication demandé par le PM. J’ai promis une convocation à une réunion d’ici la fin de la semaine.
28 / 03 / 10 - 18 : 22
Cyclone & Co-Samedi 14 mars :
Ce matin, vents encore plus tourbillonnants et pluies encore plus cinglantes… même lagon blanc d’écume et ciel gris à n’en plus finir… de quoi vous donner envie de vous lever, c’est sûr. Et ce qui est annoncé pour les jours à venir n’est guère brillant.
« Two tropical cyclones with potential to bring flooding rain and punishing winds
Through Saturday, T.C. 19P will track toward the west and south as it further organizes and strengthens. Eventually, it will pose the threat of excessive rain and damaging winds to Fiji late in the weekend and early next week. Well to the west, a second blowup of heavy tropical thunderstorms has continued to consolidate near Vanuatu and has been designated Tropical Cyclone (T.C.) 20P. Movement of 20P will tend to drift it toward the west over the northeastern Coral Sea. T.C. 20P could become a major typhoon in the next few days. »
Il faut vraiment chercher pour avoir plus de détails et comprendre les itinéraires. Sur la plupart des cartes meteo internet, Tuvalu ne figure même pas.. La météo de Fiji bâptise ces cyclones dans son « Special Weather Bulletin Number ONE for Tuvalu » : Celui qui nous concerne pour le moment s’appelle Tomas. Il menace plus les îles du sud que la capitale un peu plus haut. La microscopique Niulakita et sa trentaine d’habitants risquent de morfler.
« A GALE WARNING IS NOW IN FORCE FOR NIULAKITA AND NUKULAELAE.
A STRONG WIND WARNING REMAINS IN FORCE FOR THE REST OF THE GROUP.
TROPICAL CYCLONE TOMAS CENTRE WAS LOCATED 130 MILES EAST-SOUTHEAST OF NIULAKITA AND 230 MILES SOUTHEAST OF FUNAFUTI. FOR NIULAKITA: DAMAGING GALE FORCE WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 40 KNOTS WITH GUSTS TO 60 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN AND SQUALLY THUNDERSTORMS. HIGH SEAS. DAMAGING HEAVY SWELLS. SEA FLOODING OF LOW-LYING COASTAL AREAS EXPECTED. FOR THE REST OF THE GROUP: STRONG WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 30 KNOTS WITH GUSTS TO 50 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN. VERY ROUGH SEAS. »
Voila donc les gaies prévisions pour le reste du week-end et le début de semaine… More rain et vents de 50 à 80 km.. Rien de nouveau, juste plus violent. En fait de punition, la maison a écopé ces derniers jours. Je me réjouissais la nuit dernière qu’elle fut construite en béton pour résister à la violence des vents. Ce matin, en sirotant mon café devant la fenêtre de la cuisine, j’ai vu un jet d’eau passer devant mon nez. Le tuyau qui joint la gouttière à la cuve d’eau s’était envolé… Quand ? il y a une dizaine de jours quand tout fut inondé au rez de chaussée ?… Rapide tour du jardin, des panneaux de placo détachés du mur de la cuisine derrière la cuve. J’avais jamais remarqué que des bouts de la maison était recouverts de placo.. Protections des Climatiseurs (que nous n’utilisons jamais) arrachées ; Deux grosses branches cassées avaient traversé le jardin, protégeant l’autre rive… Un autre coup de vent les à jetées dans le lagon.
Cette maison de la péninsule est en fait aussi peu isolée des éléments que le bateau parisien qui se tient droit, résistant aux éléments seul sans murs mitoyens avec les voisins. Ici : devant, le lagon, à droite, le lagon, à gauche, le lagon, derrière : une maison que nous protégeons mais qui, plus fragile, se détériore plus rapidement. Je n’ose imaginer les dégâts de ces vents et pluies sur les baraques rafistolées de bouts de placo ici, de bouts de lino là. La plupart des habitations, même celles qui retapées un peu ont pimpante allure quelques mois, sont en placo. Il n’est pas rare de voir un mur traversé par un coup de poing, en général homme ou ado alcoolisé.
Ce qui est vraiment pénible, une fois qu’on s’est fait aux décibels des vents la nuit, aux rafales de pluie qui transpercent les os le jour, à l’absence de soleil qui devrait revigorer, c’est la moiteur ambiante permanente. On ne peut rien laver puisque rien ne sèche. Tout est toujours humide, cheveux compris. Entre le soupçon de fièvre dû à la crève, et l’humidité environnante, impossible de garder quoi que ce soit à commencer par soi au sec. A la sensation de moiteur s’ajoute celle du petit coup de frais des courants d’airs dont seule ma chambre est préservée.. Même sensation de frisson au retrait de la seule couche que supporte le corps. Les années précédentes, nous faisions notre lessive chez John/Alpha et avons toujours refusé d’utiliser le séchoir. Cette année non seulement nous allons être contraintes d’en faire usage mais en plus peut être vais je devoir demander à John si je peux prendre une douche tiède chez lui. A Tuvalu, seuls les Australiens « expats » ou assimilés comme les 3 représentants de la marine ont accès à l’eau chaude.
Parmi les petites tâches accomplies aujourd’hui :
- l’oeil jeté à la « grosse » caméra qui depuis quelques douches successives montrait elle aussi des symptômes de coup de froid, n’est pas de bon augure : si le sautement de l’image a disparu, y’a plus de contrôle du menu, aucune icône en vue, et, à priori, plus de son. Aucun des positionnements des paramètres du micro n’a donné le moindre décibel en retour des enregistrements test. J’espère encore que du son s’enregistre sur les bandes. Je vais essayer de lire une bande à priori bonne en son pour checker le monitoring et haut parleur. Après un des 3 disks durs qui lâche en ayant eu l’amabilité de tenir jusqu’à la fin du montage des drama de l’environnement mais m’interdit le montage d’autres séquences 2009 comme Fagogo, la cam remet en question de futurs tournages. OK, y’a toujours la mini dv, la première sony, qui malgré quelquefois des signes de faiblesse, je touche du bois, fonctionne toujours. Et puis y’a la petite HD trop légère pour être stable. Pour la digit des KTF prévue bientôt, je ferai un essai et l’utilisation de la camera du service social dont je formerai la jeune Halo à l’exercice m’est déjà acquise.
- Répondu en vitesse à quelques mails dont Gilles via un forward aux ingénieurs TMTI sur une question de bouton orange défectueux ou pas. Et au KTF committee member, Niuone (celui qui veut absolument devenir membre d’Alofa), sur l’offre d’une fille, de nos contacts, d’UCLA qui veut faire venir des musiciens et des danseurs
- Quasi terminé la mise à jour des documents « biogas history » et « from symbol to example » pour Melton
- Repris rapidement le document Ademe com proposition 2010 que m’avait laissé, imprimé, Fanny.. Demain je mets à jour sur Mac et j’envoie.
La liste prévue pour le week-end étant encore longue, je culpabilisais d’avoir passé du temps à ces recherches météo. Il m’était passé par la tête qu’à la prochaine alerte tsunami, je n’aurais pas la chance, comme il y a 15 jours d’avoir la nouvelle avant tout le monde. Peut être même qu’ils oublieraient de prévenir la maison de la péninsule (et quid de Kathryn, la citoyenne US enfermée dans son catamaran depuis la mort de son mari)… L’explication de cette tempête de 3 jours par la montée en puissance de deux cyclones pas loin m’a rassurée. C’est vraiment moins facile de fanfaronner quand on est seule. Cette recherche a aussi servi à rassurer la jeune femme du magasin de tissus de la coopérative. Profitant d’une courte accalmie, j’ai mis le nez dehors, à pied car l’équilibre sur la mob était aléatoire, à la recherche d’un oreiller. Histoire de m’assurer que les acariens étaient responsables d’une partie de mes rougeurs… Y’en avait pas mais la caissière, regardant en l’air, montrant le ciel déchaîné. « vous avez des nouvelles ? » « Euh, 2 cyclones alentour… ils sont sur la fin… le climat change hein ? ce sont les 19e et 20e cyclones de la saison… ». « Oui ça change me dit elle d’un ton apeuré ».. Du coup, après lui avoir rappelé que les cyclones c’est une chose mais que l’élévation progressive du niveau de la mer semble moins effrayante mais inéluctable… elle a eu droit à « il faut que vous vous positionniez tous sur la solution que vous voulez voir mettre en place : île artificielle ou départ ailleurs… Mais pour ce week-end soyez rassurée ». Elle le fut.
Ce matin, vents encore plus tourbillonnants et pluies encore plus cinglantes… même lagon blanc d’écume et ciel gris à n’en plus finir… de quoi vous donner envie de vous lever, c’est sûr. Et ce qui est annoncé pour les jours à venir n’est guère brillant.
« Two tropical cyclones with potential to bring flooding rain and punishing winds
Through Saturday, T.C. 19P will track toward the west and south as it further organizes and strengthens. Eventually, it will pose the threat of excessive rain and damaging winds to Fiji late in the weekend and early next week. Well to the west, a second blowup of heavy tropical thunderstorms has continued to consolidate near Vanuatu and has been designated Tropical Cyclone (T.C.) 20P. Movement of 20P will tend to drift it toward the west over the northeastern Coral Sea. T.C. 20P could become a major typhoon in the next few days. »
Il faut vraiment chercher pour avoir plus de détails et comprendre les itinéraires. Sur la plupart des cartes meteo internet, Tuvalu ne figure même pas.. La météo de Fiji bâptise ces cyclones dans son « Special Weather Bulletin Number ONE for Tuvalu » : Celui qui nous concerne pour le moment s’appelle Tomas. Il menace plus les îles du sud que la capitale un peu plus haut. La microscopique Niulakita et sa trentaine d’habitants risquent de morfler.
« A GALE WARNING IS NOW IN FORCE FOR NIULAKITA AND NUKULAELAE.
A STRONG WIND WARNING REMAINS IN FORCE FOR THE REST OF THE GROUP.
TROPICAL CYCLONE TOMAS CENTRE WAS LOCATED 130 MILES EAST-SOUTHEAST OF NIULAKITA AND 230 MILES SOUTHEAST OF FUNAFUTI. FOR NIULAKITA: DAMAGING GALE FORCE WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 40 KNOTS WITH GUSTS TO 60 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN AND SQUALLY THUNDERSTORMS. HIGH SEAS. DAMAGING HEAVY SWELLS. SEA FLOODING OF LOW-LYING COASTAL AREAS EXPECTED. FOR THE REST OF THE GROUP: STRONG WINDS WITH AVERAGE SPEEDS OF 30 KNOTS WITH GUSTS TO 50 KNOTS. FREQUENT HEAVY RAIN. VERY ROUGH SEAS. »
Voila donc les gaies prévisions pour le reste du week-end et le début de semaine… More rain et vents de 50 à 80 km.. Rien de nouveau, juste plus violent. En fait de punition, la maison a écopé ces derniers jours. Je me réjouissais la nuit dernière qu’elle fut construite en béton pour résister à la violence des vents. Ce matin, en sirotant mon café devant la fenêtre de la cuisine, j’ai vu un jet d’eau passer devant mon nez. Le tuyau qui joint la gouttière à la cuve d’eau s’était envolé… Quand ? il y a une dizaine de jours quand tout fut inondé au rez de chaussée ?… Rapide tour du jardin, des panneaux de placo détachés du mur de la cuisine derrière la cuve. J’avais jamais remarqué que des bouts de la maison était recouverts de placo.. Protections des Climatiseurs (que nous n’utilisons jamais) arrachées ; Deux grosses branches cassées avaient traversé le jardin, protégeant l’autre rive… Un autre coup de vent les à jetées dans le lagon.
Cette maison de la péninsule est en fait aussi peu isolée des éléments que le bateau parisien qui se tient droit, résistant aux éléments seul sans murs mitoyens avec les voisins. Ici : devant, le lagon, à droite, le lagon, à gauche, le lagon, derrière : une maison que nous protégeons mais qui, plus fragile, se détériore plus rapidement. Je n’ose imaginer les dégâts de ces vents et pluies sur les baraques rafistolées de bouts de placo ici, de bouts de lino là. La plupart des habitations, même celles qui retapées un peu ont pimpante allure quelques mois, sont en placo. Il n’est pas rare de voir un mur traversé par un coup de poing, en général homme ou ado alcoolisé.
Ce qui est vraiment pénible, une fois qu’on s’est fait aux décibels des vents la nuit, aux rafales de pluie qui transpercent les os le jour, à l’absence de soleil qui devrait revigorer, c’est la moiteur ambiante permanente. On ne peut rien laver puisque rien ne sèche. Tout est toujours humide, cheveux compris. Entre le soupçon de fièvre dû à la crève, et l’humidité environnante, impossible de garder quoi que ce soit à commencer par soi au sec. A la sensation de moiteur s’ajoute celle du petit coup de frais des courants d’airs dont seule ma chambre est préservée.. Même sensation de frisson au retrait de la seule couche que supporte le corps. Les années précédentes, nous faisions notre lessive chez John/Alpha et avons toujours refusé d’utiliser le séchoir. Cette année non seulement nous allons être contraintes d’en faire usage mais en plus peut être vais je devoir demander à John si je peux prendre une douche tiède chez lui. A Tuvalu, seuls les Australiens « expats » ou assimilés comme les 3 représentants de la marine ont accès à l’eau chaude.
Parmi les petites tâches accomplies aujourd’hui :
- l’oeil jeté à la « grosse » caméra qui depuis quelques douches successives montrait elle aussi des symptômes de coup de froid, n’est pas de bon augure : si le sautement de l’image a disparu, y’a plus de contrôle du menu, aucune icône en vue, et, à priori, plus de son. Aucun des positionnements des paramètres du micro n’a donné le moindre décibel en retour des enregistrements test. J’espère encore que du son s’enregistre sur les bandes. Je vais essayer de lire une bande à priori bonne en son pour checker le monitoring et haut parleur. Après un des 3 disks durs qui lâche en ayant eu l’amabilité de tenir jusqu’à la fin du montage des drama de l’environnement mais m’interdit le montage d’autres séquences 2009 comme Fagogo, la cam remet en question de futurs tournages. OK, y’a toujours la mini dv, la première sony, qui malgré quelquefois des signes de faiblesse, je touche du bois, fonctionne toujours. Et puis y’a la petite HD trop légère pour être stable. Pour la digit des KTF prévue bientôt, je ferai un essai et l’utilisation de la camera du service social dont je formerai la jeune Halo à l’exercice m’est déjà acquise.
- Répondu en vitesse à quelques mails dont Gilles via un forward aux ingénieurs TMTI sur une question de bouton orange défectueux ou pas. Et au KTF committee member, Niuone (celui qui veut absolument devenir membre d’Alofa), sur l’offre d’une fille, de nos contacts, d’UCLA qui veut faire venir des musiciens et des danseurs
- Quasi terminé la mise à jour des documents « biogas history » et « from symbol to example » pour Melton
- Repris rapidement le document Ademe com proposition 2010 que m’avait laissé, imprimé, Fanny.. Demain je mets à jour sur Mac et j’envoie.
La liste prévue pour le week-end étant encore longue, je culpabilisais d’avoir passé du temps à ces recherches météo. Il m’était passé par la tête qu’à la prochaine alerte tsunami, je n’aurais pas la chance, comme il y a 15 jours d’avoir la nouvelle avant tout le monde. Peut être même qu’ils oublieraient de prévenir la maison de la péninsule (et quid de Kathryn, la citoyenne US enfermée dans son catamaran depuis la mort de son mari)… L’explication de cette tempête de 3 jours par la montée en puissance de deux cyclones pas loin m’a rassurée. C’est vraiment moins facile de fanfaronner quand on est seule. Cette recherche a aussi servi à rassurer la jeune femme du magasin de tissus de la coopérative. Profitant d’une courte accalmie, j’ai mis le nez dehors, à pied car l’équilibre sur la mob était aléatoire, à la recherche d’un oreiller. Histoire de m’assurer que les acariens étaient responsables d’une partie de mes rougeurs… Y’en avait pas mais la caissière, regardant en l’air, montrant le ciel déchaîné. « vous avez des nouvelles ? » « Euh, 2 cyclones alentour… ils sont sur la fin… le climat change hein ? ce sont les 19e et 20e cyclones de la saison… ». « Oui ça change me dit elle d’un ton apeuré ».. Du coup, après lui avoir rappelé que les cyclones c’est une chose mais que l’élévation progressive du niveau de la mer semble moins effrayante mais inéluctable… elle a eu droit à « il faut que vous vous positionniez tous sur la solution que vous voulez voir mettre en place : île artificielle ou départ ailleurs… Mais pour ce week-end soyez rassurée ». Elle le fut.
28 / 03 / 10 - 18 : 21
Cohabitation-Jeudi 11 Mars 22h
Après une cohabitation de 15 jours pas toujours facile à 3, me revoilà seule, pour une petite quinzaine, dans la Alofa House de la Péninsule de Luopo.
Fanny s’est envolée ce matin pour atterrir à Paris après 37 heures. Avec elle aucun problême de cohabitation. Une réelle connivence nous lie, tant au niveau professionnel que personnel. Elle sait mes habitudes de vie et mes exigences professionnelles. Elle a appris aussi avec la colocation les règles de vie à plusieurs et épouse ma passion du travail, de préférence bien fait. Sarah en revanche est plus habituée à vivre seule avec sa douzaine de chiens dans la campagne anglaise. Toutes ces dernières années, elle s’est occupée de sa grand mère qui est décédée avant noël dernier. Elle a fait quelques missions pour Alofa sur la biomasse et depuis l’an dernier donne des cours à l’université de sa région.
Elle et nous ne partageons pas les mêmes notions de propreté, d’organisation, de charges de travail. Y a eu des moments épiques où Fanny laissait délibérément tasses, assiettes, ou autres équipements de pêche de sarah traîner là où elle les posait. Ca ne durait jamais très longtemps car Fanny sait le mal que j’ai eu à chasser fourmis et autres rongeurs les premières semaines du séjour… Ca n’a servi à rien. Les petites phrases ici ou là non plus. Nous avons donc baissé les bras pour ça, sauf qu’il état impossible de faire l’impasse sur ce qui apparaît à des workoholics comme nous de la « flemmite » aïgue : en 15 jours, elle a fourni un travail d’une petite journée. Certes, elle est en grande partie bénévole, mais avoir dans notre champ de vision, quelqu’un qui ne fait que dormir, manger ou lire un, puis 2 puis 3 bouquins, ne pouvait que nous conforter dans l’idée qu’elle était en vacances et nous agacer prodigieusement.
Bien sûr ces 2 dernières années, j’avais pu remarquer qu’elle avait tendance à me parler comme elle doit le faire avec ses chiens, et que si elle s’exprime souvent de manière péremptoire, elle agissait peu. Cette année c’est devenu caricatural. Son ton n’est pas professoral mais elle est inflexible sur toutes ses idées bien arrêtées. Un soir, alors que voyant toujours gros, elle avait coupé 2 grandes branches de basilic chez Patipati dans l’idée de faire des pâtes (quand on sait le travail que ça représente pour Pati et tous ceux qui ont un petit jardin ici de faire pousser quelques trucs, on use des fruits de ce travail avec parcimonie). Bien sûr, trop de basilic pour une pâtée. J’ai proposé ma méthode de Paris de mettre une des branches dans l’eau, des racines se créent et on a du basilic pour toute la saison… Elle préférait le pendre pour le faire sécher… J’ai lâché le morceau mais.. contre toute attente, une heure plus tard, avant d’aller se coucher, elle m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais de la 2e branche. Depuis la branche a pris racine et les feuilles se portent bien, l’autre a séché et ne sent plus rien.
J’ai décidé de faire avec elle, comme pendant l’adolescence de mon fils, plutôt que de me fâcher, je relève et note tout ce qui est caricatural et peut faire rire. Un soir alors que Sarah après une journée « exténuante » faite d’un rendez vous avec une copine, allait se coucher vers 8 heures après une sieste de 3 heures, avec dans chaque main de quoi manger, sa silhouette facilement croquable par un dessinateur, m’a évoqué un personnage de BD… la prochaine BD d’Alofa, aura donc, pour caractères principaux, nos « scientifiques » : Sarah, du genre cachalot léthargique, Gilles notre fluet chercheur, humble, compétent, qui fait plus qu’il ne parle, Sandrine, le cheval sauvage que Fanny imagine aussi en speedy gonzales, l’inverse de Sarah, pushy à souhait pour faire avancer ses projets. J’appréhende pas mal d’ailleurs la cohabitation avec ces deux personnages si opposés, fin avril. Par bonheur Sandrine, et son équipe sous marine, ne restera que quelques jours dans la maison… On peut ajouter aussi Sikeli et Chris qui viennent moins souvent mais sont aussi des personnages de comédie. Même s’il était tard la nuit où nous avons ri sur le sujet avec Fanny, je suis sûre que quelque part dans son petit cahier, des notes résument nos premières idées.
Pour en revenir à Sarah, ma déception c’est que j’imaginais que, venant pour un projet qu’elle voulait diriger, ie la reproduction de biogaz à Nanumea, elle tiendrait la barre. Or si elle semble investie, elle a attendu d’être sur place pour commencer à faire un tout petit peu. Elle répète à tous bouts de champ qu’elle est spécialiste du biogaz, qu’elle a mis en place de nombreux projets… elle ajoute aussi souvent qu’elle a géré financièrement ces projets. Les deux lignes de budget qu’elle m’a passées l’an dernier en m’invitant à « finaliser » pour la veille, présageaient mal d’une quelconque capacité à administrer. A son arrivée cette année, avec dans l’idée de faire deux fois le voyage, il était évident qu’elle n’avait pas posé les yeux sur le budget finalisé et avalisé par UNDP/GEF, où sont indiqués en couleur, les postes qu’ils financent : aucun voyage, alors qu’elle nous en impose d’emblée 2.
Nous étions aussi convenus qu’elle ne ferait le premier voyage que lorsque le matos serait commandé et sur le point de quitter son port.. Elle était chargée depuis des mois de choisir le fournisseur de digesteur en plastique parmi la demi douzaine de contacts (que nous lui avions fournis, elle n’en ayant pas). Non seulement elle est venue alors que le matos n’est pas commandé et qu’on ne connaît toujours pas le prix du transport mais il aura fallu plus de 10 jours d’insistance de notre part pour qu’elle prenne la peine une fois à Tuvalu d’expédier un mail à son interlocuteur britannique pour s’enquérir de l’en cours. Son choix s’est porté sur les british alors que 2 indiens me semblaient plus professionnels dans le sens où ils en font plein depuis longtemps, moins chers, plus proches. Une fois de plus Alofa sera censée éponger la différence..
Des réunions communautaires étant prévues à Nanumea, en amont de l’installation, elle devait faire le voyage incessamment. D’après ses infos, prises je ne sais où, un bateau serait en partance pour les îles du nord le 16. Poussée à aller voir tous nos membres et soutiens originaires de cette île pour qu’informés du projet ils puissent eux aussi participer à sensibiliser leurs familles restées sur l’île des bienfaits et des usages possibles du biogaz, elle refusait de comprendre ce que je voulais dire. Pourquoi ? Incitée aussi à écouter Lee/Faeva, qui a pris soin du biogaz d’Amatuku cette dernière année et qui voulait nous faire un rapport et une petite liste d’idées pour la reproduction. Une vraie bataille là encore. L’idée était de faire un déjeuner ou un dîner avec lui et Leota, le chef ingénieur, un amour d’adhérent, formé à toutes ces technologies, ET de Nanumea. Il a fallu insister beaucoup pour que finalement elle prenne rv avec Lee. Elle n’aura pas pu obtenir les infos de Leota puisqu’elle s’était plantée sur les dates du bateau et que nous avons appris avant hier qu’un bateau partait le lendemain aux aurores, le prochain étant prévu le 22 ! Décision fut prise le soir qu’elle partirait le lendemain, avec Kaio un de nos actifs/assistant bénévole, natif de l’île. Une fois la décision prise, elle a décidé d’aller faire une sieste, il était 16h30 et rien n’était assuré pour le départ du lendemain. Fanny lui a proposé de la réveiller, histoire de suggérer qu’il y avait peut-être quelques trucs à préparer..
Bien sûr j’aurais pu (Fanny aussi) préparer la réunion avec Leota puisque nous y tenions et qu’Alofa engage sa responsabilité dans la bonne conduite de ce projet, mais nous voulions aussi qu’elle se mette à l’ouvrage … Ce fut donc loupé pour ce rv là.. Fanny est descendue chercher les walky-talkies, des piles et autres accessoires, des trucs utiles pour un tel voyage… Sarah, sortie de sa sieste, a pensé à son matelas pneumatique, à ses palmes et à son matériel de pêche. Fanny lui a répondu qu’elle ne savait pas où il était, j’ai rappelé à Sarah où c’était entreposé et elle est descendue les chercher, les posant dans le salon puis elle a décidé d’aller se coucher avant d’avoir fait ses valises. J’aurais pu aussi la laisser démêler les problèmes de sous, de ration, et autres rouleaux de PQ utiles … Elle n’a rien demandé, sachant sans doute que ce serait fait.. Pourtant quelques heures auparavant, réalisant que Kaio et Fanny allaient partir et qu’il manquait la plupart des petits justifs de dépenses du festival, j’ai fait une mini crise : « il est hors de question qu’après votre départ je sois obligée d’aller les chercher moi mêmes. Il me les faut maintenant. ». Sarah s’est enquis auprès de Fanny « what was that about »… Fanny a expliqué que je ne voulais pas tout avoir à faire et surtout pas les petits trucs quand il y a des mains autour pour le faire.. Sarah a conclu « elle veut tout faire » se collant immobile pendant 20 minutes dans un fauteuil. Fanny a poursuivi « Au contraire, elle s’attend à ce que nous fassions chacun le travail qu’on est supposé faire ». Là elle s’est dirigée vers le frigo.. En tout cas, avant de partir, Sarah s’attendait clairement, une fois de plus, à ce que nous fassions son travail. Elle n’avait pas tort puisque je n’ai pas pu m’empêcher de faire le compte des per diem, de sortir les 200 dollars retirés de la banque le matin pour tout autre chose, de filer à l’hôtel pour voir s’ils pouvaient me changer quelques Travellers. Obtenu 100… ça ne faisait pas le compte puisque juste bouffe et petits frais, s’estiment à 20 par jour et par personne et Tataua nous avait dit que l’accomodation/endroit où dormir était de l’ordre de 20 aussi.. Estimant que Kaio pouvait dormir dans sa famille et Sarah, soit chez Teu, une membre historique d’alofa, responsable de la mairie locale, soit chez l’oncle de Hilia, celle de la météo, idem historique ou de willy, le ministre des home affairs, notre proprio et ami ou chez tout autre friend. Kaio nous a rappelé que la coopérative, qui ouvrait à 6h, encaissait des chèques contre du cash… Levée aux aurores, Fanny a pu faire l’appoint pour la bouffe et Sarah est partie, sans avoir posé la question de « je fais comment sur place » avec assez de liquide pour survivre et un cheque (dont on n’est pas sûre qu’ils puissent l’encaisser puisque la seule banque de Tuvalu est sur l’île capitale) pour l’hypothétique location de chambre. Et vogue la galère ! Un voyage de près de 48h et un séjour de 15 jours.
A nous maintenant de dealer avec les fournisseurs et de voir comment faire venir le matos ! Quand je pense qu’à la signature de ce dossier, j’ai dit à Sarah que si elle s’attendait à ce que nous nous en occupions, je préférais ne pas signer, elle m’avait assurée qu’elle pouvait tout faire sans moi.. Sans nous. Ma frustration étant maintenant couchée ici, je suis sure que je serais contente de la revoir à son retour mais pour le moment je suis contente d’être seule.
Fanny, elle, va me manquer. Son énergie (qui n’est plus comme en 2006, celle d’un chiot qui court dans les pattes), son « care », son amitié.
Ce soir, dîner avec John qui est arrivé par l’avion qui emmenait Fanny.
Hier soir, dîner surréaliste à l’occasion du dîner filles autour de son départ à la soirée organisée en l’honneur de la signature de l’accord Fifa//Tuvalu. Le vice président de Fifa international et président de la fédération océannienne, un type sympathique et naturel, est tahitien. Falesa, notre pote, le ministre de l’éducation et des sports était l’hôte de la soirée. Il nous a proposé de nous installer à sa table « falesa, tu vas avoir de plus importants VIP, si c’est pas le cas on se déplace ». On s’est installées à la table d’a coté.. Nala et son PM de mari, Kausea, de l’énergie et Selepa son épouse… étaient installés quelques tables derrière. On avait emporté une bd en tahitien pour remettre au vice-président qui s’est levé pour s’installer à notre table et échanger quelques mots en français sur les derniers cyclones qui ont frappé Tahiti entre autres dérèglements climatiques du moment et sur la prise de conscience des changements climatiques à Tuvalu dont il avait l’impression que les tuvaluens se fichaient. On lui a expliqué que c’était une attitude de façade et que beaucoup aimeraient croire que rien ne risque d’arriver. Derrière lui la cheffe du protocole essayait de l’interrompre pour l’inviter à la table du Premier Ministre. Lui, peu amateur du protocole voulait finir la conversation, nous avons craint un moment créer un mini-incident diplomatique. Il a finalement rejoint la table des VIP et s’est plié au jeu des discours, glissant dans un large sourire en retournant s’asseoir « j’ai oublié de citer les deux françaises ». Dans l’avion du lendemain, il demandera à Fanny qui s’y trouvait aussi à recevoir des infos d’alofa et dit qu’il voulait adhérer. Le dîner est ensuite parti sur des discussions de filles qu’on vous épargnera.
Flashback : autre petit plaisir avant le départ de Fanny, un milk-shake du bout du bout de l’île… L’océan déferlait en grandes vagues, surprenantes puisqu’il n’y a pas de grandes marées au calendrier et que le vent souffle de l’ouest contre l’océan. Dans ces cas là le lagon est démonté, et il l’est, mais pas l’océan. Ceci dit, hier fut un des rares jours d’accalmie dans la météo des 2 derniers mois. Le soleil nous a permis de faire l’aller et retour au sud de l’île, une poignée de kms quand même..
Cette nuit la tempête m’a réveillée à 4h, la puissance des vents et celle de la pluie conjuguées provoquaient un vacarme qui m’a alarmée pour la bike en train de se recharger. Même protégée de 3 couches d’imper plastiques, ça me semblait dangereux pour les prises et le chargeur et pour l’équilibre de la mob. Ca m’a coûté de descendre pour vérifier. Quelques minutes plus tard, les tornades se calmaient comme soufflées par tous les anges du ciel.
Et maintenant, 2 ouragans menacent Fidji et Vanuatu, ils devraient n’en faire plus qu’un bientôt. D’où sans doute le fait que le lagon ait repris son apparence d’océan fait de vagues qui se brisent à perte de vue.
La météo de ces dernières semaines faite de pluies drues m’a valu un sacré rhume qui se termine comme toujours par quelques semaines de toux peu amènes pour mes voisins et lessivantes pour moi. Je suis épuisée et pas mécontente que le voyage de Sarah ait été avancé même s’il va nous falloir assurer plein de trucs pour ne pas mettre en péril le projet. Dans le même temps, depuis le début de ce projet-là, je me dis qu’à tous moments, avant les gros investissements, nous pouvons rendre l’avance du GEF. Nous y perdrions un peu des plumes mais ma tranquillité d’esprit has a value too.
Ce qui me préoccupe aussi ces derniers jours, ce sont mes projets personnels, par essence et par obligation plus politiques.. moins agréables. Faut que je me mette sur les 2 Task forces que le PM m’a demandé de monter pour la stratégie COP et, plus général, la communication*. Mais mon questionnement sur « comment faire pour aller plus loin » va au delà. Le fossé entre la réalité scientifique et la nonchalance due en partie à l’ignorance mais beaucoup aussi au fait que les politiques sont les mêmes partout et ont du mal à voir plus loin que leur mandat, est profond. Il faut trouver le moyen to fill the gap vite… Il faut ici plus qu’ailleurs un leader avec une vision pour son pays. Il ne viendra que de la génération suivante, il me semble. Et, après en avoir discuté avec Fanny, essayant de trouver parmi ceux que nous connaissons quelqu’un qui pourrait avancer le « travail » dès maintenant, la seule option trouvée : Tafue, spirituel par essence puisque pasteur et enclimatisé depuis longtemps et aujourd’hui président de tucan…
Impression d’être là depuis des mois…. Ca fait tout juste 5 semaines. Déjà plus rien des choix de bouffe ne me fait vraiment envie. Piqures et boutons (transpiration ? acadiens ? insectes…) ne sont pas pour rien dans mon envie de repartir prématurément. Les missions qui suivent aussi. Et bien sûr la météo !
* de quoi me faire vomir : après une journée passée en deux réunions sur la biodiversité, je reçois à l’instant le press release de 3 pages concocté dans leur coin par les 2 du tourisme sans concertation aucune avec le comité et après qu’ils l’aient expédié à quelques contacts (plus ceux des nôtres qui ont fait le voyage ou ont répondu à l’adresse du Kingtidesfestival qui va direct chez l’officier du tourisme). Le texte met bien sûr en exergue le tourisme. Il mentionne le ministre, le sous ministre, Enele, jusque là rien à redire…. En lisant le nom de Kilifi, arrivé la veille du premier jour, tout comme l’officier du tourisme, a fait zéro pour le festival. Une claque pour tous les autres qui ont donné leur temps et souvent leur argent pour que ce festival existe. J’ai failli les envoyer péter sur le champ en leur demandant de rester à leur place mais il vaut mieux une réponse un peu plus élaborée ce week end.
Après une cohabitation de 15 jours pas toujours facile à 3, me revoilà seule, pour une petite quinzaine, dans la Alofa House de la Péninsule de Luopo.
Fanny s’est envolée ce matin pour atterrir à Paris après 37 heures. Avec elle aucun problême de cohabitation. Une réelle connivence nous lie, tant au niveau professionnel que personnel. Elle sait mes habitudes de vie et mes exigences professionnelles. Elle a appris aussi avec la colocation les règles de vie à plusieurs et épouse ma passion du travail, de préférence bien fait. Sarah en revanche est plus habituée à vivre seule avec sa douzaine de chiens dans la campagne anglaise. Toutes ces dernières années, elle s’est occupée de sa grand mère qui est décédée avant noël dernier. Elle a fait quelques missions pour Alofa sur la biomasse et depuis l’an dernier donne des cours à l’université de sa région.
Elle et nous ne partageons pas les mêmes notions de propreté, d’organisation, de charges de travail. Y a eu des moments épiques où Fanny laissait délibérément tasses, assiettes, ou autres équipements de pêche de sarah traîner là où elle les posait. Ca ne durait jamais très longtemps car Fanny sait le mal que j’ai eu à chasser fourmis et autres rongeurs les premières semaines du séjour… Ca n’a servi à rien. Les petites phrases ici ou là non plus. Nous avons donc baissé les bras pour ça, sauf qu’il état impossible de faire l’impasse sur ce qui apparaît à des workoholics comme nous de la « flemmite » aïgue : en 15 jours, elle a fourni un travail d’une petite journée. Certes, elle est en grande partie bénévole, mais avoir dans notre champ de vision, quelqu’un qui ne fait que dormir, manger ou lire un, puis 2 puis 3 bouquins, ne pouvait que nous conforter dans l’idée qu’elle était en vacances et nous agacer prodigieusement.
Bien sûr ces 2 dernières années, j’avais pu remarquer qu’elle avait tendance à me parler comme elle doit le faire avec ses chiens, et que si elle s’exprime souvent de manière péremptoire, elle agissait peu. Cette année c’est devenu caricatural. Son ton n’est pas professoral mais elle est inflexible sur toutes ses idées bien arrêtées. Un soir, alors que voyant toujours gros, elle avait coupé 2 grandes branches de basilic chez Patipati dans l’idée de faire des pâtes (quand on sait le travail que ça représente pour Pati et tous ceux qui ont un petit jardin ici de faire pousser quelques trucs, on use des fruits de ce travail avec parcimonie). Bien sûr, trop de basilic pour une pâtée. J’ai proposé ma méthode de Paris de mettre une des branches dans l’eau, des racines se créent et on a du basilic pour toute la saison… Elle préférait le pendre pour le faire sécher… J’ai lâché le morceau mais.. contre toute attente, une heure plus tard, avant d’aller se coucher, elle m’a dit que je pouvais faire ce que je voulais de la 2e branche. Depuis la branche a pris racine et les feuilles se portent bien, l’autre a séché et ne sent plus rien.
J’ai décidé de faire avec elle, comme pendant l’adolescence de mon fils, plutôt que de me fâcher, je relève et note tout ce qui est caricatural et peut faire rire. Un soir alors que Sarah après une journée « exténuante » faite d’un rendez vous avec une copine, allait se coucher vers 8 heures après une sieste de 3 heures, avec dans chaque main de quoi manger, sa silhouette facilement croquable par un dessinateur, m’a évoqué un personnage de BD… la prochaine BD d’Alofa, aura donc, pour caractères principaux, nos « scientifiques » : Sarah, du genre cachalot léthargique, Gilles notre fluet chercheur, humble, compétent, qui fait plus qu’il ne parle, Sandrine, le cheval sauvage que Fanny imagine aussi en speedy gonzales, l’inverse de Sarah, pushy à souhait pour faire avancer ses projets. J’appréhende pas mal d’ailleurs la cohabitation avec ces deux personnages si opposés, fin avril. Par bonheur Sandrine, et son équipe sous marine, ne restera que quelques jours dans la maison… On peut ajouter aussi Sikeli et Chris qui viennent moins souvent mais sont aussi des personnages de comédie. Même s’il était tard la nuit où nous avons ri sur le sujet avec Fanny, je suis sûre que quelque part dans son petit cahier, des notes résument nos premières idées.
Pour en revenir à Sarah, ma déception c’est que j’imaginais que, venant pour un projet qu’elle voulait diriger, ie la reproduction de biogaz à Nanumea, elle tiendrait la barre. Or si elle semble investie, elle a attendu d’être sur place pour commencer à faire un tout petit peu. Elle répète à tous bouts de champ qu’elle est spécialiste du biogaz, qu’elle a mis en place de nombreux projets… elle ajoute aussi souvent qu’elle a géré financièrement ces projets. Les deux lignes de budget qu’elle m’a passées l’an dernier en m’invitant à « finaliser » pour la veille, présageaient mal d’une quelconque capacité à administrer. A son arrivée cette année, avec dans l’idée de faire deux fois le voyage, il était évident qu’elle n’avait pas posé les yeux sur le budget finalisé et avalisé par UNDP/GEF, où sont indiqués en couleur, les postes qu’ils financent : aucun voyage, alors qu’elle nous en impose d’emblée 2.
Nous étions aussi convenus qu’elle ne ferait le premier voyage que lorsque le matos serait commandé et sur le point de quitter son port.. Elle était chargée depuis des mois de choisir le fournisseur de digesteur en plastique parmi la demi douzaine de contacts (que nous lui avions fournis, elle n’en ayant pas). Non seulement elle est venue alors que le matos n’est pas commandé et qu’on ne connaît toujours pas le prix du transport mais il aura fallu plus de 10 jours d’insistance de notre part pour qu’elle prenne la peine une fois à Tuvalu d’expédier un mail à son interlocuteur britannique pour s’enquérir de l’en cours. Son choix s’est porté sur les british alors que 2 indiens me semblaient plus professionnels dans le sens où ils en font plein depuis longtemps, moins chers, plus proches. Une fois de plus Alofa sera censée éponger la différence..
Des réunions communautaires étant prévues à Nanumea, en amont de l’installation, elle devait faire le voyage incessamment. D’après ses infos, prises je ne sais où, un bateau serait en partance pour les îles du nord le 16. Poussée à aller voir tous nos membres et soutiens originaires de cette île pour qu’informés du projet ils puissent eux aussi participer à sensibiliser leurs familles restées sur l’île des bienfaits et des usages possibles du biogaz, elle refusait de comprendre ce que je voulais dire. Pourquoi ? Incitée aussi à écouter Lee/Faeva, qui a pris soin du biogaz d’Amatuku cette dernière année et qui voulait nous faire un rapport et une petite liste d’idées pour la reproduction. Une vraie bataille là encore. L’idée était de faire un déjeuner ou un dîner avec lui et Leota, le chef ingénieur, un amour d’adhérent, formé à toutes ces technologies, ET de Nanumea. Il a fallu insister beaucoup pour que finalement elle prenne rv avec Lee. Elle n’aura pas pu obtenir les infos de Leota puisqu’elle s’était plantée sur les dates du bateau et que nous avons appris avant hier qu’un bateau partait le lendemain aux aurores, le prochain étant prévu le 22 ! Décision fut prise le soir qu’elle partirait le lendemain, avec Kaio un de nos actifs/assistant bénévole, natif de l’île. Une fois la décision prise, elle a décidé d’aller faire une sieste, il était 16h30 et rien n’était assuré pour le départ du lendemain. Fanny lui a proposé de la réveiller, histoire de suggérer qu’il y avait peut-être quelques trucs à préparer..
Bien sûr j’aurais pu (Fanny aussi) préparer la réunion avec Leota puisque nous y tenions et qu’Alofa engage sa responsabilité dans la bonne conduite de ce projet, mais nous voulions aussi qu’elle se mette à l’ouvrage … Ce fut donc loupé pour ce rv là.. Fanny est descendue chercher les walky-talkies, des piles et autres accessoires, des trucs utiles pour un tel voyage… Sarah, sortie de sa sieste, a pensé à son matelas pneumatique, à ses palmes et à son matériel de pêche. Fanny lui a répondu qu’elle ne savait pas où il était, j’ai rappelé à Sarah où c’était entreposé et elle est descendue les chercher, les posant dans le salon puis elle a décidé d’aller se coucher avant d’avoir fait ses valises. J’aurais pu aussi la laisser démêler les problèmes de sous, de ration, et autres rouleaux de PQ utiles … Elle n’a rien demandé, sachant sans doute que ce serait fait.. Pourtant quelques heures auparavant, réalisant que Kaio et Fanny allaient partir et qu’il manquait la plupart des petits justifs de dépenses du festival, j’ai fait une mini crise : « il est hors de question qu’après votre départ je sois obligée d’aller les chercher moi mêmes. Il me les faut maintenant. ». Sarah s’est enquis auprès de Fanny « what was that about »… Fanny a expliqué que je ne voulais pas tout avoir à faire et surtout pas les petits trucs quand il y a des mains autour pour le faire.. Sarah a conclu « elle veut tout faire » se collant immobile pendant 20 minutes dans un fauteuil. Fanny a poursuivi « Au contraire, elle s’attend à ce que nous fassions chacun le travail qu’on est supposé faire ». Là elle s’est dirigée vers le frigo.. En tout cas, avant de partir, Sarah s’attendait clairement, une fois de plus, à ce que nous fassions son travail. Elle n’avait pas tort puisque je n’ai pas pu m’empêcher de faire le compte des per diem, de sortir les 200 dollars retirés de la banque le matin pour tout autre chose, de filer à l’hôtel pour voir s’ils pouvaient me changer quelques Travellers. Obtenu 100… ça ne faisait pas le compte puisque juste bouffe et petits frais, s’estiment à 20 par jour et par personne et Tataua nous avait dit que l’accomodation/endroit où dormir était de l’ordre de 20 aussi.. Estimant que Kaio pouvait dormir dans sa famille et Sarah, soit chez Teu, une membre historique d’alofa, responsable de la mairie locale, soit chez l’oncle de Hilia, celle de la météo, idem historique ou de willy, le ministre des home affairs, notre proprio et ami ou chez tout autre friend. Kaio nous a rappelé que la coopérative, qui ouvrait à 6h, encaissait des chèques contre du cash… Levée aux aurores, Fanny a pu faire l’appoint pour la bouffe et Sarah est partie, sans avoir posé la question de « je fais comment sur place » avec assez de liquide pour survivre et un cheque (dont on n’est pas sûre qu’ils puissent l’encaisser puisque la seule banque de Tuvalu est sur l’île capitale) pour l’hypothétique location de chambre. Et vogue la galère ! Un voyage de près de 48h et un séjour de 15 jours.
A nous maintenant de dealer avec les fournisseurs et de voir comment faire venir le matos ! Quand je pense qu’à la signature de ce dossier, j’ai dit à Sarah que si elle s’attendait à ce que nous nous en occupions, je préférais ne pas signer, elle m’avait assurée qu’elle pouvait tout faire sans moi.. Sans nous. Ma frustration étant maintenant couchée ici, je suis sure que je serais contente de la revoir à son retour mais pour le moment je suis contente d’être seule.
Fanny, elle, va me manquer. Son énergie (qui n’est plus comme en 2006, celle d’un chiot qui court dans les pattes), son « care », son amitié.
Ce soir, dîner avec John qui est arrivé par l’avion qui emmenait Fanny.
Hier soir, dîner surréaliste à l’occasion du dîner filles autour de son départ à la soirée organisée en l’honneur de la signature de l’accord Fifa//Tuvalu. Le vice président de Fifa international et président de la fédération océannienne, un type sympathique et naturel, est tahitien. Falesa, notre pote, le ministre de l’éducation et des sports était l’hôte de la soirée. Il nous a proposé de nous installer à sa table « falesa, tu vas avoir de plus importants VIP, si c’est pas le cas on se déplace ». On s’est installées à la table d’a coté.. Nala et son PM de mari, Kausea, de l’énergie et Selepa son épouse… étaient installés quelques tables derrière. On avait emporté une bd en tahitien pour remettre au vice-président qui s’est levé pour s’installer à notre table et échanger quelques mots en français sur les derniers cyclones qui ont frappé Tahiti entre autres dérèglements climatiques du moment et sur la prise de conscience des changements climatiques à Tuvalu dont il avait l’impression que les tuvaluens se fichaient. On lui a expliqué que c’était une attitude de façade et que beaucoup aimeraient croire que rien ne risque d’arriver. Derrière lui la cheffe du protocole essayait de l’interrompre pour l’inviter à la table du Premier Ministre. Lui, peu amateur du protocole voulait finir la conversation, nous avons craint un moment créer un mini-incident diplomatique. Il a finalement rejoint la table des VIP et s’est plié au jeu des discours, glissant dans un large sourire en retournant s’asseoir « j’ai oublié de citer les deux françaises ». Dans l’avion du lendemain, il demandera à Fanny qui s’y trouvait aussi à recevoir des infos d’alofa et dit qu’il voulait adhérer. Le dîner est ensuite parti sur des discussions de filles qu’on vous épargnera.
Flashback : autre petit plaisir avant le départ de Fanny, un milk-shake du bout du bout de l’île… L’océan déferlait en grandes vagues, surprenantes puisqu’il n’y a pas de grandes marées au calendrier et que le vent souffle de l’ouest contre l’océan. Dans ces cas là le lagon est démonté, et il l’est, mais pas l’océan. Ceci dit, hier fut un des rares jours d’accalmie dans la météo des 2 derniers mois. Le soleil nous a permis de faire l’aller et retour au sud de l’île, une poignée de kms quand même..
Cette nuit la tempête m’a réveillée à 4h, la puissance des vents et celle de la pluie conjuguées provoquaient un vacarme qui m’a alarmée pour la bike en train de se recharger. Même protégée de 3 couches d’imper plastiques, ça me semblait dangereux pour les prises et le chargeur et pour l’équilibre de la mob. Ca m’a coûté de descendre pour vérifier. Quelques minutes plus tard, les tornades se calmaient comme soufflées par tous les anges du ciel.
Et maintenant, 2 ouragans menacent Fidji et Vanuatu, ils devraient n’en faire plus qu’un bientôt. D’où sans doute le fait que le lagon ait repris son apparence d’océan fait de vagues qui se brisent à perte de vue.
La météo de ces dernières semaines faite de pluies drues m’a valu un sacré rhume qui se termine comme toujours par quelques semaines de toux peu amènes pour mes voisins et lessivantes pour moi. Je suis épuisée et pas mécontente que le voyage de Sarah ait été avancé même s’il va nous falloir assurer plein de trucs pour ne pas mettre en péril le projet. Dans le même temps, depuis le début de ce projet-là, je me dis qu’à tous moments, avant les gros investissements, nous pouvons rendre l’avance du GEF. Nous y perdrions un peu des plumes mais ma tranquillité d’esprit has a value too.
Ce qui me préoccupe aussi ces derniers jours, ce sont mes projets personnels, par essence et par obligation plus politiques.. moins agréables. Faut que je me mette sur les 2 Task forces que le PM m’a demandé de monter pour la stratégie COP et, plus général, la communication*. Mais mon questionnement sur « comment faire pour aller plus loin » va au delà. Le fossé entre la réalité scientifique et la nonchalance due en partie à l’ignorance mais beaucoup aussi au fait que les politiques sont les mêmes partout et ont du mal à voir plus loin que leur mandat, est profond. Il faut trouver le moyen to fill the gap vite… Il faut ici plus qu’ailleurs un leader avec une vision pour son pays. Il ne viendra que de la génération suivante, il me semble. Et, après en avoir discuté avec Fanny, essayant de trouver parmi ceux que nous connaissons quelqu’un qui pourrait avancer le « travail » dès maintenant, la seule option trouvée : Tafue, spirituel par essence puisque pasteur et enclimatisé depuis longtemps et aujourd’hui président de tucan…
Impression d’être là depuis des mois…. Ca fait tout juste 5 semaines. Déjà plus rien des choix de bouffe ne me fait vraiment envie. Piqures et boutons (transpiration ? acadiens ? insectes…) ne sont pas pour rien dans mon envie de repartir prématurément. Les missions qui suivent aussi. Et bien sûr la météo !
* de quoi me faire vomir : après une journée passée en deux réunions sur la biodiversité, je reçois à l’instant le press release de 3 pages concocté dans leur coin par les 2 du tourisme sans concertation aucune avec le comité et après qu’ils l’aient expédié à quelques contacts (plus ceux des nôtres qui ont fait le voyage ou ont répondu à l’adresse du Kingtidesfestival qui va direct chez l’officier du tourisme). Le texte met bien sûr en exergue le tourisme. Il mentionne le ministre, le sous ministre, Enele, jusque là rien à redire…. En lisant le nom de Kilifi, arrivé la veille du premier jour, tout comme l’officier du tourisme, a fait zéro pour le festival. Une claque pour tous les autres qui ont donné leur temps et souvent leur argent pour que ce festival existe. J’ai failli les envoyer péter sur le champ en leur demandant de rester à leur place mais il vaut mieux une réponse un peu plus élaborée ce week end.
28 / 03 / 10 - 18 : 18
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