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10 h rv avec Yuki Suzuki, le jeune étudiant japonais. 11h30, pendant qu’il prenait quelques photos avec l’armée d’étudiants japonais frais descendus du bateau qui leur fait faire le tour du Pacifique, j’ai récupéré la petite bicyclette crevée chez le réparateur, un très vieux monsieur, qui ne voulait pas me faire payer parce qu’il y avait passé peu de temps… I cant accept… You have to give me a price… OK 3 dollars… puis déposé Yuki chez Maatia, l’ex premier Ministre à qui j’ai promis de repasser avant la prochaine session du parlement, fin mai…

12h : passé voir Leota le capitaine/ingénieur qui rentrait d’un voyage inter-îles, briefing rapide biogas, bike, biofuels etc… Il est en vacances, mais « tu me dis quand tu veux et je vais avec toi à Amatuku »… Demain bateau de 13h30. « le bateau normal, Leota. pas un spécial, pas de gaspillage, ok ? »… Il a confirmé que la mob que m’avait prêtée son épouse, Grace, était sa participation à Alofa et qu’il fallait que je la garde même si j’avais maintenant ma bicyclette.

12h15 : relevé de mails chez John et expédition compte rendu des réunions biogaz de suva.. Un peu tard pour visiter l’hôtel du gouvernement. Direction le snack bar des femmes, dévalisé par les jeunes japonais. Rencontré Marica, la consule de France à Tuvalu, qui a demandé comment elle pouvait devenir membre de l’assoc… « Mais tu l’es déjà ». Son mail ne fonctionnant pas très bien, elle n’avait pas reçu nos dernières communications et croyait avoir été rayée des listes… Repli déjeuner chez John qui avait préparé un mix curry, chutney, émincé de bœuf, purée en quelques minutes, le temps pour moi de récupérer à la maison quelques adresses oubliées et acheter 2 bières. Déjeuner délicieux comme toujours quand John cuisine.

Puis direction l’immeuble du gouvernement. Solofa d’abord.. secrétaire du gouvernement en l’absence de Panapasi.. son sourire et son hug fut sans doute le plus affectueux de tous. Un peu comme on reçoit sa fille. Blablabla… je lui ai demandé à qui m’adresser pour être entendue à la prochaine réunion du DCC (j’ignore la signification de l’acronyme mais je sais que c’est la réunion des secrétaires permanents et autres hauts fonctionnaires). C’est la voie hiérarchique que Molipi et d’autres l’an dernier m’ont reproché ne pas avoir suivie… Je mets donc cette année un point d’honneur à présenter nos plans de mission à ce DCC avant le conseil des ministres. « Just give me a paper, I’ll make sure you are in the meeting next Tuesday… » « Euh.. je préfèrerais que Sarah soit là aussi… C’est pas toutes les semaines ? » « Mensuel »… « Tu crois que je vais m’en sortir toute seule, l’anglais c’est pas ma langue.. » « c’est pas technique, c’est policy » (un mot que je considère comme institutionnel, allez savoir pourquoi, et que je vérifie toujours mille fois dans le dictionnaire pour en comprendre l’exacte signification…) Aujourd’hui j’ai compris régulation…

Direction département de l’énergie ensuite où j’ai vu tous les fonctionnaires. Ministre et Secrétaire permanent étaient en réunion. Tavau ensuite qui a écourté son meeting pour m’accueillir, rv pris demain matin.

Service social où Betty, la seconde de ma copine Teu, a du prendre en main l’ensemble du service. Teu ayant accepté le poste de responsable du Kaupule à Nanumea, y est partie pour deux ans la veille de mon arrivée… Super pour la survey et demo fours solaires là bas.. Betty aidera aussi ici comme d’habitude. Pas de problème pour utiliser leur chargeur de batteries (puisque, j’ai oublié le mien à Paris)… Le hic pour eux et aussi peut être pour notre projet « préservation culturelle », Nia l’apprenti cameraman a démissionné pour ouvrir une Nième petite boutique… Betty a passé une annonce pour le remplacer et pour le moment les quelques candidatures sont au service « training et ressources humaines », dirigé par le mec rencontré dans l’avion.

Apisai, le PM, n’était pas dans son bureau, mais je l’ai vu plus tard à la résidence, Nala m’a fait signe en me voyant passer sur le chemin de chez Penny où je voulais rencontrer sa fille, Eliala pour prendre rv pour la biodiversité dont elle s’occupe depuis peu… Elle allaitait son bébé sous la hutte… RV pris demain aussi.

Bien sûr je me suis arrêtée pour embrasser Nala au retour. Apisais était décontracté assis à ses genoux… Parlé de son prochain voyage en Europe et des précédents.. Il avait l’air fatigué.. Je ne sais pas comment ils tiennent… à voyager autant autour du monde. L’organisation des itinéraires n’est clairement pas la spécialité des fonctionnaires qui en sont chargés. Leur petit fils, Tony, 2 ans, lui, s’était transformé en superman malgré la chaleur. Le fils de Nala qui vit en NZ était de passage et n’a jamais vu encore le biodigesteur dont Nala lui parlait. Il est heureux de pouvoir faire le voyage demain avec Leota et moi à Amatuku. Nala elle organise un pique-nique à Tepuka, un îlot du lagon, pour ce week end, avec le couple d’ambassadeur de Taiwan. On sera une « demi dizaine ». En plus de la BD en Taiwanais (et en anglais) dont elle dit avoir besoin pendant leurs voyages officiels, elle m’a demandé si je connaissais un bouquin qui présenterait Tuvalu, je lui ai cité les deux vieux achetés y’a longtemps à leur bibliothèque nationale mais finalement, nous avons conclu qu’il fallait l’écrire ☺… En repassant chez John au moment magique du coucher de soleil, je n’ai pu m’empêcher de lui reparler de mon idée de bouquin photos spécial coucher de soleil pour le jour ou j’en aurais marre des énergies renouvelable.

Stop au bureau de l’environnement : vu Kilifi, Solomona (qui plus tard, m’a donné une des noix de coco qu’il préparait pour les cochons) et Mataio, le directeur… Prévu une réunion quand Sarah arrive.. En passant, j’ai donné le 2e dvd birthday des jumelles à Sinah, et blabla avec Melton puis avec un couple à qui je n’avais jamais parlé auparavant et qui m’a adressé la parole comme si nous nous connaissions bien. Ils sortaient d’un petit baraquement rapidement repeint dans le prolongement de ceux ou se trouve une partie du ministère de l’environnement, climat, biodiversité, gestion des déchets…

Déposé l’ouvre boite promis chez Sue et vérifié les indications à porter sur les formulaires que va remplir Chris pour l’expédition de la mob électrique et des fours solaires. Elle m’a appris qu’elle avait des sacs entiers de cannettes et qu’il semblait que cancare ait fermé ses portes. Ca m’a découragée car je sais que si on veut que ça reparte, il nous faut relancer l’affaire. Je vais aller voir le dernier responsable en date… Et quid de leur compacteur flambant neuf de l’UE qui n’entrait pas dans leur local et pour lequel il avait fallu en plus installer du triphasé quasi inconnu à Tuvalu ? Mystère…

Au retour, Elega qui ne bouge pas de la maison, comme la gardienne du feu, m’attendait. Je lui ai demandé pourquoi elle n’allait pas voir ses copines.. « je n’en ai pas »… Mais là où tu habitais avant ? « Il y a ma mère que je vais voir de temps en temps. » Toute la journée, elle fait des mats, des colliers. Je lui ai déjà commandé quelques mats Alofa Tuvalu et lui ai demandé ce soir si elle savait faire les tapis faits de restes de tissus… Elle n’avait pas l’air de voir de quoi je parlais… T’as mangé ? Oui… Quoi ? Du pain… C’est pas assez Elega… Tu sais cuisiner, right, ? Un jour on va se faire un vrai dîner. J’ai du cependant ce matin lui dire que je veux bien son fils pusiqu’elle m’a prévenue « mais c’était qui celui qui dormait là ce matin…. « mon neveu »… Bof, ça commence à faire beaucoup..

PS : une des confidences faite par Nala le premier jour où nous nous sommes retrouvées : la proposition d’Apisai concernant ma nomination a été acceptée à l’unanimité par le conseil des Ministres. Pour la 2e proposition, Suitchi je suppose, la moitié s’y est opposée. Des petites informations comme ça sont légion mais je les oublie dès que je les ai entendues. Trop reçu ces dernières heures et ma mémoire ne me revient que plus tard…



01 / 04 / 09 - 11 : 29

Dimanche 1er mars 2009

Ce matin ce fut merveilleux de prendre mon premier café sur la terrasse avec Elega à qui j’ai montré le newsweek special sur Obama… dont elle n’avait pas entendu parler… Quand je lui ai dit que 2 millions de personnes s’étaient déplacées, elle m’a demandé « y’a combien de gens à Tuvalu ? » « 11000 » et elle a éclaté de rire !

Il me faut toujours un temps d’adaptation aux bruits de la maison. Dans le salon depuis tout à l’heure, j’entends comme un chat qui serait tombé du comptoir de la cuisine en se raccrochant avec ses griffes... Peut-être un rat qui a mangé de l’anti… rat. Peut-être est-ce celui qui a réussi à bouffer le plastic du sac d’aéroport jusqu’à s’y glisser pour essayer d’ouvrir un des paquets de cigarettes duty free... Quand j’ai ouvert le sac, un peu répugnée, j’ai préféré penser que c’était un gecko... fumeur..

Autre adaptation nécessaire, accepter les voisins crados... Si la montagne de déchets qu’ils accumulent au fil des mois a disparu à l’entre de notre « propriété » -Je remercierai notre ministre pour cette réalisation-, ils ont installé une petite hutte qui déborde de l’autre coté de la maison just’en limite de notre jardin. Ils y jettent tout ce qui leur tombe sous les mains... Elaga avec son balai va jusqu’au coin de leur baraquement et jette ostensiblement dessous tout ce qu’ils ont laissé déborder chez nous. Bizarre ce rapport aux déchets : sur la colline à Paris, malgré l’excellence des services municipaux, les poubelles débordent plus que souvent sur le trottoir, dans les escaliers. Et combien sommes-nous à recycler ?

Le bruit du balai a été couvert par la cloche de l’église.. ça a duré plus d’un quart d’heure ! M’enfin bon c’était une heure raisonnable : 9h30...

Elaga a adopté un chat roux au poil rèche... Je lui ai expliqué la théorie d’Eti et des hommes de l’île : si on les nourrit trop et trop régulièrement, ils ne chassent plus... Mais du coup je ne sais pas si je vais aller chercher Alpha, la petite chatte que nous avons adoptée l’an dernier et que John a fini par refiler à Dinah tant il en avait marre de nettoyer ses excréments...

01 / 04 / 09 - 11 : 21

à Tuvalu, 22h
Debout avec le jour, café tristounet dans le salon sans soleil : l’accès à la terrasse a été sécurisé d’une planche sur la porte, à l’extérieur… Puis j’ai poussé la bicyclette laissée, crevée, par la nièce de Jocelyn, notre amie photographe, membre d’Alofa en Nouvelle Zélande, jusqu’à chez Grace, une autre de nos adhérentes, qui tient un garage de motos, pour voir s’ils pouvaient réparer le pneu en attendant de récupérer la nôtre disparue..

Ils m’ont indiqué le réparateur du coin, à 20 mètres… juste sous l’appartement de Mafalu, le directeur de Tuvalu Electricity Corporation. Sur les 20 m du retour ☺, le secrétaire général de l’église puis son président se sont arrêtés… Blabla.. Tous les deux étaient très contents de me voir malgré mon franc parler sur l’église (où ils savent que je ne mets les pieds que pour filmer les cérémonies) et sur leur désinformation passée sur le climat… Tous les deux avaient participé à nos débats et démonstrations l’an dernier et avaient demandé des graines organiques. J’espère que ça a bien poussé depuis…

Au retour, Grace était sortie de sa douche, et a été, comme d’habitude, adorable. A lieu de me louer une mob en attendant la réparation de la nôtre qui a rendu l’âme sous le poids de Sarah l’an dernier, elle a insisté pour me prêter son scooter, gratuitement et indéfiniment..

J’ai pu faire le tour de nos amies, membres du bureau tuvaluen, toute la matinée : Seinati d’abord, qui a dans les heures qui ont suivi a fait enlever la planche qui bloquait l’accès de la terrasse… et déposé un jeu de clés… Penny ensuite à qui j’ai remis son parfum préféré, au muguet, « contre » des invitations à dîner.. puis Nala, notre première dame, qui elle collectionne les petites bouteilles de parfum… J’ai toujours peur de me planter car elle en a déjà une bonne collection… Par bonheur (et pour le sien) elle n’avait pas encore les Nina Ricci. J’en suis repartie avec là encore une invitation à dîner après le départ de leurs invités du moment, et une bouteille de todi frais… Un saut rapide sur le chemin pour embrasser Vase, la femme à tout faire du Filamona, la lodge de Penny… dont les problèmes de santé l’an dernier nous avaient tous inquiétés… Puis Risasi, directrice de l’hôtel et notre trésorière qui se demandait quand j’allais passer. Elle était venue m’embrasser à l’aéroport avant le passage à la douane. Ca faisait quand même 24 heures que je m’étais posée sans que nous ayons eu le temps de converser. Blabla donc toute la matinée et compléments aux infos reçues au fil de mes rencontres tuvaluennes à Fidji et par John la veille.

A l’hôtel j’ai salué Mataio le directeur de l’environnement, en réunion, et Melton (climate change) qui me cherchait. Il était déjà 2h. Attrapé un sandwich au corned beef avant de rejoindre Melton, notre secrétaire général, qui voulait me confirmer que nous appartenions à TuCan, le RAC Tuvaluen.

Entre temps, pause chez John pour récupérer les mails et farcir mon dossier ‘à répondre’. Puis stop ici ou là pour acheter deux trois trucs pour la maison et bien sûr blablater… A 4h, je suis repartie chez Steve et Monica, où se trouvait notre bicyclette. S’y trouvait aussi Katy, une volontaire, prof au collège religieux et mariée depuis peu à un Tuvaluen. Monica, arménienne mariée à un australien, expert comptable volontaire pour 2 ans. Rendez-vous pris pour un pot dînatoire au snack bar des femmes habituellement ouvert seulement à l’heure du déjeuner mais dont elle ont le projet, avec Pula, la femme de l’ancien premier ministre et présidente d’un groupe de femmes, d’ouvrir aussi le soir, avec pastries salés ou sucrés et boissons non alcoolisées. Un coup d’essai… J’étais un peu inquiète de revoir Pula, ancienne première dame et directrice de l’asso des femmes, qui allait sans doute revenir sur sa tentative de censure du spot radio sur l’énergie où elle s’était sentie visée parce que Nala, qui lui a succédé, racontait qu’en prenant possession de la maison du Premier Ministre elle avait fait enlever les climatiseurs et réduit sa consommation de 800 dollars par mois. Mais tout c’est bien passé avec promesse de se revoir pour discuter plus avant.

Melton m’a accompagnée sur sa bike pour la première du Snack Bar. Où seuls ceux qui avaient eu l’idée étaient (les 2 filles puis un peu plus tard Pula et son mari etc.), puisque personne d’autres ne le savait… J’ai bien sûr conseillé des affichettes dans la ville et un peu de radio…

Se trouvait aussi un jeune étudiant japonais (né en 1988, un an avant que je tombe dans l’environnement) arrivé la veille, attiré par l’histoire de Tuvalu dans les médias japonais. En 24 heures, comme il ne voyait pas d’évidence, il en avait conclu qu’il n’y avait pas de problème à Tuvalu… Il croyait arriver pendant les king tides mais sans s’être renseigné sur les dates… et, naturellement comme les média japonais ont sans doute exagéré l’imminence de la disparition des îles, il a aussi entendu son contraire.. que Tuvalu n’avait rien à craindre et que leur seul problème c’était « le » trou laissé par les Américains.. A part ça que j’ai bien entendu rectifié, il était sympathique et curieux.. Il passe voir lundi matin un peu d’images, et la BD dont il a dit qu’il essaierait de la traduire et je l’accompagnerai chez Matia qui accepte aussi de lui en raconter un peu plus… Avec les filles, c’était sympa. Je suis juste restée sur ma faim, avec mes deux bouchées de quiches et trois cuillerées de gâteaux. Pendant ce temps-là, Kat a fini d’organiser le rapatriement de la bicyclette et quand je suis finalement rentrée à la maison après un dernier arrêt chez Alpha pour engranger les derniers mails de la journée, elle trônait, fière et pimpante, dans le salon du rez de chaussée où Elaga faisait une réussite.

Et moi, je m’étais promis de reprendre et répondre dans le détail aux mails qui gonflent mon dossier « à répondre ». Hmmm.. Je sais que peu à peu je vais me laisser prendre par le quotidien et oublierai au fur et à mesure ce que je vis pour ne penser qu’au lendemain…. Alors j’essaie de contrer l’évidence en créant une routine… Illusoire.



01 / 04 / 09 - 10 : 37

Ayé je suis posée dans la maison Alofa Tuvalu. On est jeudi le 26 février, je ne sais quelle heure de la nuit peut être bien qu’on est même le 27. Oublié réveil et radio quelque part entre le rez de chaussée et ma chambre. Pas encore tout vidé/consolidé mais je suis posée.

L’avion est parti et arrivé à l’heure. A l’aéroport ce fut un festival de welcome, de baisers sonnants de la part de tous ceux qui s’y trouvaient, et même ceux qui a priori ne me portent pas dans leur cœur comme Kilifi ou Annie extrêmement (trop peut être) enthousiastes. John m’attendait (et Eti bien sûr mais je ne vais pas commencer à les citer tous). Pauesi, le chauffeur de l’hôtel a pris mes bagages et une fois les 3 clients déposés, il m’a emmenée à la maison Alofa… Là m’attendait Elega qui avait occupée les lieux pendant notre absence et s’est installée en bas. Juste le temps d’apprécier une maison toute propre et Pauesi m’a ramenée à l’hôtel pour un déjeuner rapide avec John. Autour, des sourires partout et autre hug de notre Tito du Comité… Arrêt chez Alpha au bureau de John pour voir les mails. Beaucoup d’échanges encore avec les fournisseurs fidjiens puis retour à pied à la maison… Le voyage a duré un moment avec des arrêts tous les dix mètres… Petite manifestation de la croix rouge, bisous à Eseta la patronne avec qui sont prévues 2 projections des dvd de leur formation sur le petit îlot de Funafala, une sur la capitale pour les volontaires et leurs familles, une autre sur Funafala pour les quelques résidents. Chez Luisa j’ai bu un verre d’eau et blabla.. Je suis ensuite partie à la recherche de lait, pain et beurre pour le premier breakfast tuvaluen. 4 boutiques et à nouveau rencontres multiples… dans l’une y’avait le pain et le beurre, dans l’autre le lait… Pas de confiture… On m’avait prévenue que la coopérative nationale n’avait quasiment plus rien à vendre. En revanche, un nouveau commerce monté par un Kiribatien, est bien achalandé m’a t’on dit… Et les petits commerces continuent de pousser comme des champignons. Bientôt chacun aura son échoppe, comme dans une île lointaine tout au nord de l’hémisphère nord où chaque habitant devenait échoppier à tour de rôle… car bien sûr c’est commercialement invivable. (c’était pas un livre d’Orsenna ?)

Retour à la maison au milieu de l’après-midi pour vider les valises et commencer à ranger… et je suis repartie dîner chez John… Il est 13 heures 30 en France dit mon ordi + 11 = Minuit et demi ici. Je n’ai pas préparé la journée de demain. Le plus urgent : banque pour avoir un peu de liquide ce week-end et Seinati/Willy mes amis proprio qui ont sécurisé la maison en mettant une planche devant la porte qui donne à la terrasse.. Sortie terrasse à libérer d’urgence..

La pas très bonne nouvelle c’est que la bicyclette Alofa a été « empruntée »…, elle avait été prêtée par l’ex palagi national, emmanuel l’autrichien qui occupait la maison et faisait clairement siens ce qui s’y trouvait… Il a aussi arraché les fils du téléphone qui ne fonctionne donc plus, sans doute après un nouveau trop plein d’alcool, lui qui avait promis qu’il avait arrêté de boire. Voilà qui ne facilite pas mes efforts pour que la communication avec NY et Paris soit régulière, heureusement que John et Eti nous offrent toujours les bureaux d’Alpha. Par bonheur aussi, la nouvelle installation internet adsl est très performante. Les séances internet seront moins laborieuses que l’an dernier…

fetaui..

25 / 03 / 09 - 08 : 38

AIR PACIFIC SUN flight ATR 42 de Suva à Funafuti : Almost there.
Le coucou est moins agréable que le 50’s Convair d’Air Fiji mais pas mal quand même. D’autant que l’hôtesse vient de me proposer de m’installer au premier rang où, une fois encore, je peux étendre les jambes et prendre mes aises. J’ai vraiment eu de la chance sur tous mes vols cette fois. Et ça me permet de griffonner dans mon vieux filolax, rubrique pages jaunes.


3 nuits à Suva, 2 jours et demi bien remplis mais indolores et sympathiques. Appelé tout le monde en arrivant le lundi après midi pour préciser le planning des 2 jours suivants. Impasse sur beaucoup de nos contacts habituels, trop à régler concrètement cette fois pour laisser du temps à l’amical ou au public relation, à part l’ambassade par courtoisie, je n’avais prévenu personne comme je le faisais les années précédentes…

Saut en ville. « Talofa » au passage à Tine le haut commissaire, le frère de Laima, qui m’a mise au courant de certains développements, puis couru voir Air Pacific pour vérifier leurs conditions de transport de marchandises et leurs tarifs … J’ai peut-être trouvé un générateur pour gilles et les 20 litres de méthanol, qui ne peuvent pas être transportés par avion, seront sans doute sur le bateau de mi mars. J’y allais aussi pour rouspéter sur les tarifs qu’ils obligent Tuvalu Travel à pratiquer : 50% plus cher que sur Internet !

Dans la rue, (Fiji est toujours lieu de rencontres inattendues), j’ai croisé le jeune tuvaluen qui a remplacé Semese dont je parlais à Sandrine, notre scientifique chargée du survey scientifique du projet sur la vie marine tuvaluenne qu’on a démarré avec le soutien de l’AFD/CRIPS et de la Fondation Total pour la Biodiversité et la Mer.. Sandrine que j’ai rencontrée à Tuvalu l’an dernier se rendra à Tuvalu en mai pour la restitution des premières données récoltées. On s'était rencontré une fois, une seule. Il m’a hélée "gilliane"... Moi j'avais oublié son nom, lui ai redemandé, l'ai oublié sur le champ... Je lui ai dit qu'il fallait qu'on se voit et lui ai touché un mot du bouquin qui doit conclure l’inventaire.

J’ai embarqué quelques spécialités indiennes pour dîner dans la chambre à l’hôtel car, meilleure des nouvelles du jour : je suis tombée, sans chercher, sur un réseau wifi que je peux ouvrir de ma chambre... pas toujours très fiable, mais quand même... J’en ai profité entre autre pour retélécharger Skype paumé l’an dernier quand mon disk dur a rendu l’âme.

Le lendemain, debout 6h. Réunion à la SOPAC avec les spécialistes de l’eau qui étaient passés voir le digesteur pendant leur meeting annuel, à Tuvalu l’année dernière. Ils y sont tous allé de leur conseil pour améliorer le biogas et m’ont appris, entre autre chose, qu’ils ont fait des démo fours solaires avec Molipi et Cie de l’Energie.. d'où le fait qu'Hilia qui nous a demandé d’en apporter cette année, et les associations de femmes, n'aient pas été au courant ☺. Ils sont ravis qu’on prenne le relais et aimeraient bien du coup que Sarah fassent aussi des démo dans les îles lointaines.

Puis déjeuner avec Anare (ex Sopac, IUCN maintenant). Entre les deux, le chauffeur de taxi m’a posée chez David, le second de John pour Alpha Pacific à Suva qui devait nous trouver le modem recommandé par John pour faciliter les connexions depuis Tuvalu. Je voulais aussi voir Dinah, la fille d’Eti notre coordinateur à Tuvalu, transférée à Suva pour suivre son mari qui va y être dialysé sous peu. Son frère de 18 ans lui avait offert un rein, mais le père s’y est opposé pour raisons religieuses. Bien sûr je n'avais sur moi ni le dvd de l’anniversaire de leurs jumelles l’an dernier, ni les photos pour Dinah. Mal organisée la Gilliane ce matin... mais Dinah passera à l’hôtel dans l’après-midi.

David m’a raccompagnée à l’hôtel où Anare devait passer me prendre. Sur le chemin, je lui ai suggéré de me poser devant une boutique informatique dont Chris se souvenait... où, Alleluya, j'ai commandé le modem. David passera le prendre dans 15 jours et le remettra à un des marins d’Alpha Navigation. Déjeuner amical avec Anare qui va reparler de la biodiversité à Philippe dont c’est plus la partie et qui était malade.. Rendez-vous pris le lendemain avec Anare et Sikeli (notre spécialiste biogaz).

En rentrant, j'ai eu le sentiment agréable d'avoir 3 bureaux potentiels à Suva (sopac, apnl et uicn). Et dans ma boite déjà plusieurs messages de Paul avec des coordonnées de fournisseurs de pompes. Et deux messages à la réception: Thomas qui disait venir prendre un verre le lendemain. Il quitte ADB et prend sa retraite. Et Gremm chemical : nos litres de méthanol qui risquent de n’être disponibles que dans 3 semaines minimum. D'après david il y a maintenant 2 cargos par mois, si c'est vrai c'est génial et on gagnerait un peu de temps.

Dinah en bonne tuvaluenne a oublié dès qu’elle me l’a dit qu’elle passait à 15h et est arrivée à 18, avec Tevave, son mari.. On prenait un verre quand Paul est passé me rendre ma clé usb oubliée sur son ordi. En attendant, dizaine de coups de fil y compris à DHL pour vérifier nos expéditions en provenance des US et Europe… Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour j’aurais à me spécialiser dans tous ces outils qu’il nous faut maintenant commander, des pompes à eau (à fuel ou électriques, 220 ou 12v, diamètres et longueurs des tuyaux, submersibles ou pas…) des générateurs (Gilles a besoin d’un tout petit générateur diesel, j’avais cru avoir trouvé la merveille, sauf que c’était un générateur essence arghh !)… Et faire transporter du méthanol considéré comme « dangerous goods », ça non plus je n’aurais jamais pu imaginer devoir m’investir là dedans..

Ce soir-là j’ai dîné d’une soupe de potiron à la noix de coco à l’hôtel. Délicieuse.

Le mercredi, dernier jour de la halte fidjienne avant de m’envoler aux aurores jeudi pour Funafuti, la matinée a commencé chez DHL, accompagnée par un chauffeur de taxi qui en 10 mn voulait m’épouser après s’être renseignée sur ma situation maritale. Il m’a attendue une heure sur le parking alors que je lui avais évidemment dit que ce n’était pas là peine.. Y’a des centaines de taxis qui sillonnent Suva… Vérifié avec DHL les divers documents d’expédition par bateau de France et de Californie et essayé de me rassurer : nos équipements seraient bien dans le bateau du mois de mars, et les expéditions suivantes se passeraient bien. Pour la récupération de nos « dangerous goods » à Tuvalu, Panapasi m’a conseillée de voir avec les importateurs de gaz comme le mari de Susie.

Mon amoureux transi m’a reconduite à l’hôtel à temps pour le rendez vous avec un représentant de pompes. Il a refusé le paiement pour la course et a insisté pour me déposer à l’aéroport le lendemain matin. OK. Ca m’évitera d’en appeler un. Merci Atu.

Déçue que Sikeli reporte notre réunion à l’après midi, il aurait tout de suite vu quel type de pompe à eau il avait besoin… Car bien sûr, l’après midi j’ai compris que je m’étais plantée sur les options (pas du tout submersible, pas du tout électrique, au fuel…), comme je m’étais plantée en rêvant avoir trouvé le générateur des rêves de Gilles, au prix qu’il avait annoncé… de moins de 1 KVA et surtout de moins de 20 kg donc transportable en avion… Le diesel est 3 fois plus cher, 3 fois plus puissant, 3 fois plus lourd.

J’ai fini les take out indiens de l’avant veille sur le pouce entre téléphone et emails en attendant la voiture de Total Fidji que m’envoyait son responsable, très sympathique…. Sincèrement soucieux de l’environnement semble-t’il, (c’est lui qui a ouvert la discussion sur les déchets, les émissions), objectif, simple, diplomate sans être langue de bois, drôle, efficace et gentleman. Comme il l’avait proposé, il m’a fait déposer ensuite à l’ambassade… pour un rendez vous dont je reparlerai j’en suis sûre car il mérite d’être narré.

Retour à l’hôtel pour discuter biogaz avec Sikeli. La production de gaz s’est arrêtée à Amatuku. Depuis qu’Utala nous en a avertis, on mène l’enquête… Il y avait d’abord trop d’eau. La mise en place des solutions préconisées par Sikeli, Sarah et Gilles ont été efficaces mais maintenant, c’est trop sec ! Le problème ne vient pas du nombre de cochons dans la porcherie, comme l’affirmait Sopac, Sikeli vient de terminer un biodigesteur qui marche très bien avec 14 porcs. On est au-dessus, sans compter qu’à la longue même deux cochons auraient produit assez de gaz pour que ça marche. « Il suffit de remettre la quantité idoine d’eau pour que ça reparte ». Si ça ne repart pas c’est, comme je le redoute, que pendant les grandes marées, de l’eau salée s’est infiltrée. Si c’est le cas, on reprendra l’étanchéité jusqu’en haut du col…

Finalement je ne verrais pas Thomas d’ADB. Avertie de son appel à 21h30, il me demandait de le rappeler à 17h… J’espère que nous aurons l’occasion de nous voir en juin. C’est un type sympathique, un suédois, qui amenait toujours à Tuvalu une bonne bouteille de vin à la partager autour d’un dîner souvent médiocre.

Après une heure à passer les mails les plus urgents avant de partir principalement aux fournisseurs fidjiens présumés, j’ai grignoté un mauvais dîner à l’hôtel.

Jeudi 26, ça y est j’y vais

Le chauffeur de taxi a regretté que le trajet jusqu’à l’aéroport de Suva ait été si court. Pas moi, c’est une petite heure quand même et je suis, pour la première fois, arrivée la dernière à l’aéroport.. Alors que d’habitude, les Tuvaluens arrivent à la dernière minute, ils étaient déjà tous là. A la sortie du taxi, attablés au petit café de l’aéroport, sur le trottoir, un employé de l’ambassade taiwanaise qui s’occupe du jardin/ferme F1 et ce que j’ai supposé immédiatement être le nouveau couple d’ambassadeurs taiwanais, puisque Tine, le Haut commissaire à Suva, m’avait appris que Daniel notre ami avait perdu sa femme et était rentré au pays. Le petit (par la taille) taiwanais dont j’ai oublié le nom a fait les présentations et rendez vous est prévu pour faire que je leur parle d’Alofa dès que je trouve un moment.

Sur un banc à 3 pas, 3 femmes, si j’avais reconnu l’épouse de Tito, un membre de notre comité et grand fonctionnaire auprès du premier ministre, il a fallu que j’avance un peu pour reconnaître celle au plus grand sourire : Susie notre présidente. Vraiment heureuses de nous revoir. Je me réjouissais de faire le voyage avec elle, mais elle m’a appris qu’elle terminait une formation de professeur à Fiji (où 2 de ses enfants viennent d’entrer au collège) jusqu’à Avril. Elle est partante pour prêter main forte à Fanny pour le chapiteau qu’Alofa organise avec Te mana o Te Moana à Papeete fin avril.

A l’enregistrement, Tau, le ministre des transports, m’a claqué un bécot de bienvenue. On pensait se revoir dans la salle d’embarquement. Sauf qu’il m’a fallu un peu plus de temps qu’eux. D’abord, Air Pacific ne m’avait fourni le ebillet que pour l’aller. Et puis même s’ils m’ont fait une fleur sur mes 60 kg de bagages, la surcharge coûtait près de 200 dollars fidjiens. L’an dernier j’avais fait le tour de la file pour me délester auprès d’autres passagers, là, bonne dernière, y avait plus personne. Et bam leur machine Visa ne marche pas, la fille part ¼ d’heures dans un bureau pour faire ça à la main pour finalement revenir et m’indiquer un tout nouveau distributeur de dollar. Elle aurait pu le dire avant.. Au duty free un mec est venu me serrer la main et m’a demandé si Sarah venait aussi. Je ne sais absolument pas qui il était, mais c’était gentil. Dans la salle d’embarquement un autre idem. Il ne se souvenait pas de mon nom (« I’m not Sarah »). Tous les deux lisent nos newsletters. Sans doute des membres, difficile de les connaître tous. A propos de membres, avant hier pendant mon meeting de plusieurs heures à la Sopac, Rhonda, qui s’occupe d’eau m’avait accueillie avec un « vous connaissez Alofa Tuvalu ? ». Elle m’a appris qu’une femme s’est revendiquée membre d’Alofa Tuvalu au cours d’un atelier Sopac. J’ai énuméré les noms les plus proches, ça ne lui disait rien. Donc je ne sais pas qui sait mais c’est sympa.

Dans l’avion, mon voisin m’a parlé de la BD, du film. Je lui ai raconté ce qu’on allait faire. Il va nous aider sur l’étude de replantation et todi. Il est lui de Nui (mais travaille à Funafuti, aux ressources humaines, auprès du PM) et les nuiens ont commencé à estimer les arbres à remplacer. Quand l’hôtesse m’a proposée de m’installer au premier rang, là où il y a plus de place, de l’autre coté de l’allée de Tau, le VIP quoi…, il m’a redit combien il était prêt à aider. « Voilà où j’habite, j’ai une voiture si vous avez besoin d’aller où que ce soit, je vous emmène ou je transporte ce que vous avez à déplacer ».

Tau m’a fait signe quand Niulakita a surgi des nuages, la plus petite des îles puis Niukelaelae une demi heure plus tard… Ce n’est qu’à l’arrivée que j’ai regretté de n’avoir pas sorti la caméra : le meilleur survol depuis 2003. Tant pis.

25 / 03 / 09 - 08 : 36


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