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Mardi 10 Mars

La matinée de ce mardi me parait digne d`une semaine. Parmi les bonnes nouvelles et rencontres, je ne me suis présentée aux deux journalistes que je croyais néerlandais. ``ah vous êtes Trouble in Paradise alors ? Vous faites un travail magnifique ici`` ` « Euh et ca vous en avez entendu parler en montrant la BD ». On a besoin d`une traduction danoise pour la COP`` `` oh ca va c`est pas trop long, je le ferais gratuitement``.. On verra s`ils tiennent leur promesse mais voila donc une piste... Ils sont la encore une semaine ceux la... donc on se revoit....

Blog du soir : j’ai rempli aujourd'hui ma mission du dépôt de la lettre du père Camille à la poste pour l’avion du jour. Vu Pusinelli, Secrétaire Permanent aux transports pour lui glisser dans l’oreille ce dont j’avais touché un mot avec les plus concernés, d’investiguer avec les japonais les « nouvelles » technologies liées au vent et bien sur un peu de solaire… J’ai tellement peur que l’architecte japonais qui est passé les voir pour leur dessiner un nouveau bateau soit de la même trempe que ceux qu l’ont précédés à l’énergie et qu’ils affublent Tuvalu d’un vaisseau qu’ils ne pourront plus utiliser dans 5 ans… Faut maintenant que je lui dépose des docs. John, notre capitaine, à qui j’avais envoyé les docs allemands remis par Laurent L, va rechercher des infos en anglais et propose une réunion avec Pusinelli, Eti et lui pour en parler plus avant.

Vu Uale, le secrétaire Permanent à l’Environnement qui tient à ce que Sopac paie pour Sikeli, et qui est d’accord pour faire la lettre biodiversité, très positif, très supportive… M’enfin, on ne sait jamais..

Vu le directeur des transports et des taxes pour le remboursement des frais payés en 2007. Banque à plusieurs reprises pour récupérer les relevés de septembre, novembre et février… et pour commander un nouveau chéquier. Si j’ai eu le chéquier tout de suite, manque encore le relevé de Novembre. Pas grave je m’en suis sortie de la réconciliation des comptes… Quand j’ai demandé à la fille « le compte alofa tuvalu ou quelquefois c’est à mon nom.. Gilliane.. » Elle a rougi et inscrit sur un bout de papier le nom de Vavao. L’ancien responsable des déchets (il a pris sa retraite ces derniers mois) qui intervient dans Trouble in Paradise. Je la regarde : oui je l’ai vu l’autre jour… Vous êtes sa fille ? »… Oui a t’elle répondu en rougissant à nouveau.

Aéroport pour saluer ceux qui avaient prévu de partir : Monika et sa famille pour 3 semaines, Emma, l’australienne de Fidji, le photographe néo-Zélandais et la française au châle. En quelques jours, lui, est passé d’arrogant à super content… et elle a gagné en humilité. Ils jetteront un œil à notre blog fleuve. Aude lui traduira.

Et ceux qui partaient sans avoir prévenu comme Seinati, notre proprio… dont le ministre de mari m’a fait un mot hier pour s’excuser de ne pas m’avoir revue avant son départ en NZ… Elle, s’envole pour les US. En fait elle doit repartir aux US tous les 3 mois. Je n’ai pas tout à fait compris pourquoi. Et ceux dont je croyais qu’ils partaient mais pas. Comme la paire de journalistes dont on m’avait dit qu’ils étaient néerlandais et que j’ai abordés comme tels…
Aperçu aussi Mafalu, le directeur de Tuvalu Electricity, avec qui rendez vous fut pris après l’avion… et un tas d’autres à qui j’ai serré la pince et souhaité bon voyage… Peu de mains serrées parmi les arrivants : une délégation d’une 20aines de japonais, des scientifiques venus étudier le climat à Tuvalu… blabla aussi avec Mataio, (le directeur de l’environnement venu accueillir la délégation et à qui j’ai proposé de filmer les réunions, plus pratique que de prendre des notes)…. ☺ et 2 palagis… Je n’ai pas vu descendre Pasivao de l’avion mais j’espère qu’il s’y trouvait car je compte sur lui pour nous approvisionner en huile de coco. Et ça n’a pas l’air d’être une mince affaire en ce moment à Tuvalu.

Avant déjeuner rapide à la cantine des femmes avec John.. Et blabla avec Pula, la directrice de l’assoc des femmes à qui j’irai parler du projet de laverie de couches coton.

RV Mafalu, pas tout retenu mais Tuvalu Electricity Corporation est sur beaucoup de dossiers de financement. Dont une unité de biodiesel à Nukufetau inspirée des démo de Gilles l’an dernier… analyse des données éolien… et du photovoltaique à Amatuku… « T’es OK ? » me demande t’il… .. On pourra faire le point Piggarep sur les 2 ans passés. Repris aussi mon credo de l’addition de plusieurs technologies et repris rendez vous à l’arrivée de Sarah. Puis de Gilles.

Si la matinée et la soirée furent productives, l’après midi fut plus familiale. Apisai, notre premier ministre, est reparti hier pour une dizaine de jours… accompagné de Pasuna qui actait pour Enele (foreign affairs) lui même en vacances sur son île lointaine… La maison Tuvalu est entre les seules mains de Solofa. C’est ce que je lui ai crié quand en passant en voiture il me faisait un sourire de 15 pouces.



08 / 04 / 09 - 11 : 58

Lundi 9 mars - commonwealth day

Ce lundi férié à commencé en fanfare, sur celle de l’école qui célébrait le commonwealth day dès 7h30.. Ca m’a permis d’être à l’heure pour Katy. Après une bonne heure de blabla, je suis partie.. en trombe, et en jupe… qui s’est immédiatement prise dans la chaine mais sans trop de dommages. Unn peu plus loin alors que nous avions l’info de là ou retrouver le cortège, la jupe s’est prise dans les freins arrières. Kat a gentiment proposé de porter le sac caméra pour que je puisse tenir les volants de la jupe tranquille...

Ce lundi n’aura ressemblé en rien à ce que j’aurais pu prévoir. Quand nous avons retrouvé les femmes, j’ai récupéré la cam, pédalé en tête de cortège pour avoir un plan de face.. un peu sophistiqué. Les femmes s’étaient spontanément arrêtées en me voyant devant elles. Je leur ai fait signe de continuer à marcher comme si je n’étais pas là, je me suis accroupie, et elles sont passées de part et d’autre.. J’sais pas ce que ça va donner comme plan… d’autant qu’elles n’étaient pas très nombreuses à marcher, l’autre moitié de la bonne centaine de femmes, suivait dans des camions.. Je les connaissais toutes ou presque et je me réjouissais de faire plus de plans avec elle, de lire leurs pancartes..

C’était sans compter sur Père Camille, le prêtre Catholique dévoué à ses ouailles. J’avais posé la bicyclette sur le bord de la route… devant son église,. Kat me propose d’aller le voir « juste pour l’inviter à un thé ces jours prochains » et on reprend le cortège quand il aura fait demi tour un peu plus loin… J’aurai du me méfier, je connais père camille, ca risquait de prendre plus de temps que ça…

Quand on a entendu les slogans des femmes, on s’est précipité pour voir passer un camion… Le dernier… Juste eu le temps de filmer le flic qui fermait la marche automobile en moto rutilante qui me dit « c’est fini »…

Nous sommes donc rentrées à nouveau tenir compagnie à Père Camille, handicapé par une allergie violente à la noix de coco… Je crois en avoir déjà parlé mais c’est encore impressionnant deux mois plus tard… Sa main droite est encore très gonflée et il ne peut pas la mouvoir. Il nous a raconté dieu et les autres, du purgatoire, du paradis.. comment y entrer.. pendant une bonne heure et demie.. S’adressant à Katy « vous avez lu la bible, tel extrait ? » elle a bafouillé un « oui »..Puis il se tourne vers moi.. « moi vous savez bien Père Camille que je suis une pêcheuse, je ne vais pas à la messe mais je fais ce que je peux au quotidien ». « il va te falloir te faire encore beaucoup.. »

Retrouvé les femmes sous la manéapa de Nanumea.. Elles n’y étaient plus toutes mais la cérémonie de blabla se poursuivait.. Seinati a bien fai rire les filles.. Y’avait des panneaux encore lisibles, la plupart en Tuvaluen, mais une des femmes voyant ma caméra se poser sur elle s’est emparée d’un panneau en anglais « on veut de l’amour pas de la violence ». Courte interview de l’organisatrice. Un mot à droite, un mot à gauche.. Dehors Monise, le directeur de la coopérative est venu me serrer la main. On a parlé du parfum Hermès qu’il m’avait demandé de lui rapporter, du nouveau kaupule qui se construit à coté et je passe le voir cette semaine, j’espère récupérer quelques futs coupés pour y démarrer notre jardin et les 2 containers pour le verre….

Je suis repassée chez Père Camille pour lui taper une de ses lettres qui doit partir à l’avion demain…. Ca a pris une bonne heure et il m’a remerciée d’un excellent bout de papaye… J’y retourne jeudi pour une autre lettre en Français et Kat y passera aussi pour une lettre en anglais….

Vers 15h30, j’ai espéré pouvoir me poser et faire quelques mails de réponse. Mais j’avais proposé un apéro la veille à John et aux autres s’ils avaient le temps à Sunset.. Rien n’était moins sûr (Emma terminerait sans doute plus tard et je préférais que Stephy reste avec sa famille si elle n’était pas rétablie… mais même si on n’était que 2, une noix de coco découpée en lamelle serait pas mal.

A la recherche de la noix, j’ai pensé au jardin de la maison où nous vivions en 2006, là ou vit maintenant Monica (et son mari avec leur paire de jumeaux totalement différents et depuis peu une petite Anastasia, adorable elle aussi).. Elle était attablée avec Tala, l’ancien voisin et son épouse, ex teacher à l’école primaire que je connais bien. La famille de Monika part demain pour 3 semaines (du coup Stephy et ryan qui cherchent une maison pour 3 mois s’y installent) donc café/biscuits d’au revoir… Le sujet des traditions et celui des couches culottes ont été amenés dans la discussion par Monika et son invitée (une des rares dont j’oublie le nom depuis 3 ans). J’ai parlé des projets de laveries de couches coton et du tout nouveau projet de bouquin général sur le pays, les communautés, les traditions où on pourrait aussi inclure ce dont parlait Monika : un document pour les femmes un peu comme la BD. Les deux projets ont enthousiasmé Monika qui se propose à son retour de faire une demande de fond pour la laverie. L’autre doit rechercher un terrain où on pourrait l’installer et on prévoit des réunions des communautés de femmes pour en parler.. On a aussi parlé d’huile de coco qui vient principalement ces jours-ci de Vaitupu. Je l’ai chargée de nous en trouver de bonne quantité au tarif de vente « en gros »..

Avant que je lève le siège, Monika est allée me chercher les bouquins tuvaluens qu’elle avait trouvés : Tuvalu a History et une introduction au tuvaluen que nous avons à Paris et un autre que je n’avais jamais vu : celui d’Ann et Keith Chambers, sur les traditions de Nanumea. un couple qui avait écrit un article dithyrambique sur « Trouble in Paradise » en le comparant avantageusement à quelques autres parus. Là, déclic : bien sûr c’est eux qui doivent coordonner le nouvel ouvrage ! On verra ce que vont donner ces lignes lancées et ces propositions spontanées.

En rentrant, Polao le mari de notre présidente locale était installé avec son ordi dans son jardin (une scène très rare à Tuvalu). Il m’a dit que la noix de coco ramassée chez Monika n’était pas bonne et m’en a donné 2 autres et une papaye. Nous avons discuté 2 mn de l’importation du méthanol comme me l’avait conseillé Panapasi, il importe des bouteilles de gaz et s’en chargera pour nous.

Tala (taxi) et son épouse sont allés chercher la caisse de bouteilles laissée chez Alpha(dont le litre et demi de vinaigre balsamique non utilisé l’an dernier). Ils ont visité la maison… et sont repartis avec quelques anti douleurs pour l’arthrite… sans certitude sur le résultat.

Le soleil se couchant et personne ne montrant son nez, j’ai filé copier les mails reçus, sans les lire, en donnant pour mission à Elena de faire monter si quelqu’un se présentait….. Le Pastis a été finalement été pris en tête à tête avec John puis l’heure du dîner sonnant nous nous sommes transportés chez lui où il proposait de sortir du congé des spaghettis bolognaises cuisinés ce weekend. Il fait ainsi des tas d’autres choses qu’il met en barquette.. dont une soupe encore dans une marmite de 20 litres… J’ai préféré la soupe aux spaghettis et je n’ai pas regretté. Faite d’un peu de tout, y compris haricots, lentilles, petits pois, gingembres, ail et bien sur papates, oignons et carottes. Un vrai délice.

Home a 22h et il est maintenant 1h du mat. Je n’ai donc pas arrêté d’écrire depuis 3 heures… Ouh la la… (Tapa ! en Tuvaluen)

02 / 04 / 09 - 10 : 30

Samedi 7 mars et dimanche 8, 2009 - Que du bonheur !

Pas réussi à revoir Nala après la réunion « cabas » pour confirmer ou non le pique-nique qu’elle avait prévue pour ce samedi... Mais ce matin, Elena m’a réveillée timidement à 6 h : Apisai, le PM, était en bas... pour me prévenir que le bateau était prévu à 7h30... J’ai failli dire non et puis finalement branlebas de combat et je suis arrivée à l’heure. Et j’ai passé une des journées les plus agréables depuis mon premier voyage à Tuvalu : Il y avait aussi l’ambassadeur et son épouse et le fils de Nala, un néo zélandais qui ne parle ni taukelauan (où a vécu Nala longtemps) ni tuvaluen et une bonne douzaine de « sherpas » qui nous avaient précédé une heure avant pour recueillir sur l’îlot la nourriture pour notre déjeuner : crabes des cocotiers, fruits de l’arbre à pain, laolu (un genre de fougère) et bien sûr noix de coco que les femmes ont râpée pendant des heures. J’ai pas pu m’empêcher de filmer mais j’ai aussi profité du lagon immaculé avec Nala et les « officiels ». Alors que la nuit dernière un orage avec tonnerre, éclairs et pluie drue m’a totalement surprise, toute la journée fut superbe.. Jusqu’à ce que nous décidions de rentrer.. Et la déluge à nouveau... Nous sommes arrivés trempés mais heureux.. Il faisait beau à l’arrivée mais pas assez pour que je sèche et j’ai traversé le village sur ma mob dans un état qui a dû en surprendre plus d’un.

Frustrant de ne pas pouvoir noter instantanément, enregistrer directement dans le cerveau pour y garder en mémoire, sans autre technologie, les images aperçues, les sensations, les sentiments spontanés. J’espère voir ça avant de n’en avoir plus besoin..

Samedi a ressemblé à un dimanche avec ce pique nique/festin organisé par notre PM et Nala son épouse - hummm la queue/système digestif des crabes de cocotiers si riche qu’on ne peut que pré-voir les méfaits sur le taux de cholesterol.. et sur les hanches. Les Tuvaluens, ceux que je n’ai pas encore rencontrés encore sur ceux que nous connaissons (la moitié de la population ? ) ou qui nous connaissent (la totalité ?) et auprès de qui je m’arrête quelques minutes, continuent à me saluer d’un « you’re getting big ! ». Je suis encore loin des standards d’ici que je lorgne du coin de l’oeil en me demandant si la bouboulitude me guette vraiment à me délecter de ces entrailles de crabes et autres délicieux lait, sauce, gratin de noix de coco.

Ce dimanche, j’aimerais en faire un joursaint/joursans avec aucune obligation de sortir de ma coquille et d’un bout à l’autre de la journée, n’en faire qu’a ma tête, dans ma tête, chez moi.

Ca a commencé par une petite grasse mat. 9h : ouverture en grand de la porte de la terrasse pour embrasser, en quelques pas, quelques secondes, un panoramique à 180° du lagon, des nuages et des instantanés de la vie alentour. C’est ce que j’aurais aimé pouvoir enregistrer ce matin.

Double frustration puisque je ne peux même pas inscrire ces visions fugitives (une scène ne revient forcément pas toujours devant l’objectif de nos yeux comme l’impriment quelquefois des professeurs de « filmage » à leurs élèves). Même à l’ombre, l’écran de mon ordinateur est illisible tellement la luminosité ambiante est importante. OK ça se pose aussi avec un stylo, mais tellement moins vite...

A droite de la péninsule, des enfants et leur (s) grands mères se baignent près des barques. Une grand sœur épouille son petit frère, mon œil n’est pas resté sur eux jusqu’au croquage du pou.. Au bout du petit jardin se dirigeant un peu en arrière, vers un autre coin du lagon, deux adolescents dont l’approche à l’eau diffère… l’intérêt de la description s’annule devant l’inintérêt du sujet : approche à l’eau..

Droit devant moi, en bas, la pointe de la péninsulette est tendue de cordes à linge qu’Elega occupe abondamment. 3 tapis sont posés, enroulés, sur le bout de béton surélevé qui a du être une fosse pas tout à fait septique un jour… Maintenant ? Et bien maintenant que j’y pense, je ne sais pas trop bien où sont évacuées les déchets liquides de la maison.

A gauche, un tuvaluen s’adonne à l’activité favorite du week end : manger le poisson cru dans le lagon avec la sauce de coco, à quelques pas la famille « crado » celle qui a dû éliminer le tas d’ordures accumulées avant mon arrivée, dans le cadre d’un campagne de nettoyage lancée par Willy, et qui en a démarré un autre de l’autre côté, a aussi installé une hutte vite fait mal fait au ras de la propriété. Ce dimanche matin, la maîtresse de maison est allongée comme un lion de mer, son mari assis en lotus regarde au loin, les yeux perdus ailleurs encore embués de l’alcool de la nuit dernière. Une femme plus mince mais à la voix plus aigre, l’air dur qui partage leur maison, cuisine dans un faitout posé sur une grille, elle même posée sur une grande cuvette dans laquelle brûle des charbons de bois faits de coquilles de noix de coco. Le tout installé conveniently à hauteur humaine sur un drum de 200 litres.

En bas, « chez » Elega, une mob s’est arrêtée, son fils sans doute, qui vit avec elle encore quelques semaines « chez nous » ou sa fille qui déserte quelquefois le logis familial pour venir tenir compagnie à sa mère. J’ai eu tendance au début quand j’entendais une mob à jeter un œil par le balcon. La plupart du temps c’était Elega’s family. Je suis maintenant habituée.

Puisque je suis assise à l’intérieur, je vais poursuivre sur quelques mails, à commencer par les réponses à Fanny dont l’activité à Paris me donne parfois le tournis. Difficile de ne pas mélanger les nouveaux noms de ceux et celles avec qui elle est en contact depuis mon départ. Je suis très fière d’elle et de l’équipe sur laquelle elle peut compter autour d’elle (d’Angie à Linda, en passant par Elizabeth ou Françoise qui oeuvrent avec elle dans des domaines spécifiques ou Liz qui la soutient moralement). Yaily rentre bientôt et Laurent se rend toujours disponible quand c’est nécessaire. Les nombreux messages de soutien à la suite des communiqués de presse l’ont sans doute aidée à passer à la vitesse supérieure en sachant qu’elle peut compter sur beaucoup de « fidèles ». Merci à Tous.

14h – le lagon s’est vidé et clapote au vent sur les rochers de corail or « man made ». Le soleil tape rafraîchi par un souffle de vent suffisant pour rendre merveilleuse la lecture du spécial Canard Enchaîné « ces dames qui nous gouvernent » que je sirote doucement, en faisant durer le plaisir pour que mon stock de livres et magazines dure jusqu’à la fin du séjour. Pas facile. Avec 3 ou 4 bouquins et les 3 spéciaux que je garde sans les lire à Paris pour pouvoir m’en délecter à Tuvalu (je n’en ai pas le temps en France, à peine celui de survoler le Canard hebdo).

16h30 : Je réalise qu’il va me falloir quand même lever mon désormais gros popotin pour rendre visite à John et expédier la douzaine de mails auxquels j’ai répondus cette nuit et cet après midi : de Corinne la femme de l’ex ambassadeurr à Fiji, à Malama et Seve, responsable au sprep de ne ne sais quel folio, en passant par Thomas d’ADB et une poignée d’autres amis ainsi que des représentants de pompe à eau et fours solaires. Demain c’est férié, je pourrai continuer et, on peut rêver, vider mon dossier « mails à répondre ».

Bien que plus sociale que prévue, la journée de dimanche s’est terminée sur des notes agréables. Avec une longue conversation avec Fanny par skype d’une part et la rencontre d’une jeune australienne, venue ici pour filmer Tafue TUCAN-Tuvalu Climate Action Network, notre pasteur réformiste qui a un bureau dans le bâtiment de l’Eglise, et quelques autres… Quand Kat, une prof d’anglais, Celtes/Wells, arrivée l’an dernier et mariée depuis à un tuvaluen, très affable, riant tout le temps, nous a présentée, la fille m’a accueillie « Gilliane… la vraie Gilliane ». John a immédiatement réagi waou, Gilliane, so it is not only in Tuvalu… ».

Bien sûr elle avait vu Trouble in Paradise, via un mec que je ne connais pas. Emma, c’est son nom, vit à Fiji, elle est «filmaker » comme elle dit, et a aussi monté une NGO to help with Climate Change et si j’ai tout compris de son australien cadencé, elle a aussi un lieu d’exposition dans un hôtel à Fiji « marine center », travaille avec des jeunes et est reparti la BD sous le bras en imaginant avec un enthousiasme certain, la traduire en Fidjien et l’inclure dans leur expo. Tafue nous a rejoint. Décidément avec lui, je suis très maladroite. Non seulement j’avais oublié plusieurs années de suite qu’il faisait partie de ceux interviewés en 2004, je n’avais jamais répondu à son mail de 2005 ou il demandait comment adhérer à Alofa mais en plus, alors que j’avais l’an dernier corrigé mes bévues d’origine en passant un long moment avec lui à discuter pour lui proposer d’être le « présentateur » du débat spécial climat de l’an dernier, j’ai réalisé ce soir là qu’il n’avait jamais vu la BD, ni en anglais ni en tuvaluen… ! Je me suis à nouveau platement excusée et lui en déposerai une poignée demain.

Un peu avant, je suis allée rendre deux bocaux d’ananas au sirop au goût d’essence…, après m’être assurée auprès de John et Lee que ça se faisait ici de rendre un truc avarié ou mauvais. Lee m’a dit qu’il avait eu le même problème avec le même bocal de chez Jimmy, (l’ex cuisinier d’un ex restaurant coté, au Filamona, l’endroit où on pouvait manger raisonnablement à Funafuti, et le 1er chinois à s’être installé à Tuvalu il y a au moins 7 ans.).. Après la séparation d’avec Penny, le restaurant du filamona a périclité, et quelques mois après, celui que Jimmy avait ouvert, moins bien placé pour les palagis de passage, est devenu un magasin de meubles et depuis il a ouvert 1 magasin à tout vendre. Avec une ou deux étagères de bouffe… « Tu ne trouves pas que ça a le gout d’essence ? » « Il a senti, goûté ». Pas vraiment de réponse, mais un « I’ll give you a refund ».. « Do you have more of these on the shelves ? Because it’s not only this one, I’m afraid it is your whole stock.. » Dans la minute qui suivait, il a fait enlever les 3 bocaux des étagères. A la sortie rencontré Hilia qui m’a informée d’une marche des femmes le lendemain. Elle allait m’envoyer un mail si elle en avait le temps (il était 20h). A l’hôtel après le dîner, quand nous étions avec Emma, Tafue (et Katy) nous a rejoint Stephanie, la jeune allemande mariée au Sud Aficain, parents de la petite Lili qui m’avait émue le jour de notre rencontre. La petite s’était cassée la figure, je lui ai dit « it’s nothing » et sa mère l’a prise dans ses bras. Là elle s’est mise à pleurer et m’a tendu les bras. C’était dans les miens qu’elle voulait être. Et nous sommes restées ensemble un bon ¼ d’heure…. Anyway sa mère hier soir nous a informés que la petite et son père avaient attrapé une fièvre de cheval après la douche en rentrant de Tepuka la veille et a confirmé avoir entendu parlé de la marche des femmes mais ne savait pas à quelle heure non plus. On s’est dit qu’à 9h elles seraient bien quelques part. Katy a proposé de venir prendre le café à 8h… J’ai négocié « 9h-1/4 ? » On s’est accordé sur 8h30……


02 / 04 / 09 - 10 : 25

Réveillée à nouveau par Elega pour être à 9h, caméra à l’épaule au « pocket meeting » biodiversité organisé par Eliala... Une dizaine de personnes pour parler des poissons, enfin, je crois puisque tout est en Tuvaluen.. Pause thé à 10h30 avec côte dagneau, saucisse, papaye, sandwichs, watermelon et j’en passe… Bien sûr, j’ai demandé à Eliala si elle a prévu une poubelle recyclage et suggéré qu’ils fassent du compost avec leurs déchets végétaux. J’ai remballé la caméra pour me rendre à la réunion des femmes de ministres organisée par l’Ambassade de Taiwan. Arrivée à l’hôtel, on me dit qu’un chauffeur est partie me chercher à la maison ☺.

L’objectif de la réunion : décider d’un type de cabas pour remplacer les sacs plastiques... 3mn aussi pour présenter le plan déchets proposé (et lancé aussitôt) par Daniel l’ancien ambassadeur de Taiwan après une visite éclair de 2 spécialistes l’an dernier. Nous leur avions donné notre étude énergie et celle de Tony spécifiquement sur les déchets et pas mal discuté avec l’ambassadeur... Mais comme leur véritable objectif est d’obtenir du compost, va falloir batailler pour les mener au biogaz et à la gazéification... Risasi a démarré ses commentaires sur les sacs... j’ai poussé Penny à réagir sur le cabas plastique proposé ... « c’est du plastique recyclé ? » comme elle confond recyclé et recyclable, c’est un peu tombé à côté... J’ai remis ça un peu plus tard... Seinati a mis son grain de sel, et Nala itou... Nada sur les déchets. Je veux dire aucune réaction. J’ai préféré prendre rv avec l’ambassadeur pour en parler tranquillement sans passer pour l’emmerdeuse du coin alors que j’étais la seule blanche. A ce point, je ne vois pas trop comment on peut interrompre le processus mais on peut peut-être adapter. Le matos part le 1er avril et arrive en juin, l’équipe fin juin pour mettre en place, former, awareness, tout ça en 15 jours... (c’est à dire impossible). Bien sûr, c’est juste après mon départ et je ne peux pas prolonger mon séjour davantage. Peut-être Sarah pourra-t’elle revenir, et ce soir j’ai demandé à John s’il pouvait jouer les mouches du coches pour éviter qu’ils nous découpent en petits morceaux le plastique pour l’entreposer, sacs ouverts on ne sait où.... Pour l’incinérateur : éviter de brûler les déchets genres feuilles sèches, bois divers comme prévu, en même temps que les couches et autres déchets « tout venant »... La aussi va falloir se battre... Mais tout n’est pas négatif. Et le schredder pour affiner le compost sera bien utile, tout comme les containers pour recyclables.. Je ne sais plus ce qu’ils entendent par faire du verre, mais je creuserai ça la semaine prochaine.

Ensuite une heure genre comédie à la Marx Brothers pour essayer de régler l’installation de notre adsl.. Passé d’un bureau à un autre building. Chez les responsables du téléphone qui m’avaient dit rétablir notre ligne cette semaine, on m’informe qu’il n’y a plus de lignes que leur nouveau « porteur » a moins de lignes que le précédent et qu’il faut attendre le nouveau matériel... Blablabla, rien n’y faisait. Le mot magique fut internet.. « ah si c’est pour internet, on peut peut-être faire quelque chose... mais il faut d’abord que vous alliez payer votre abonnement.. » « Mais Kula, la responsable internet m’a dit l’inverse l’autre jour, il faut d’abord avoir une ligne et ensuite seulement aller la voir... »... Il insiste, je saute sur ma bike pour avoir confirmation que oui il faut une ligne d’abord... « Euh, vous ne pouvez pas les appeler pour accorder vos violons »...Ce qu’elle fait devant moi, après s’être assurée que j’avais bien un modem, car eux n’en ont plus... Retourné au bureau téléphone « Alors ça y est, vous vous êtes mis d’accord c’est bon ? Elle vous a appelée. » « non... « eh les mecs j’étais avec elle, elle a parlé à quelqu’un... » Finalement ils me disent qu’ils sont en train de chatter avec elle et qu’ils vont mettre notre ligne en marche... Ca aura pris une bonne heure.. Faut dire que sur les 500 m qui séparent les deux bureaux, j’ai fait des pauses pour discuter avec Vavao ancien responsable de la collecte des déchets, qui vient de prendre sa retraite et Vete, l’ingénieur civil qui lui aussi à rendu son tablier aux département des travaux publics..

Un verre (ou plutôt une cigarette mais faut pas le dire) avec Risasi, notre trésorière, interrompues par Utala, notre ingénieur biogaz qui demandait s’il pouvait avoir son chèque un peu avant la date... Et par l’arrivée d’un jeune couple et d’un bébé de 15 mois. Lui est Sud Africain, elle Allemande et ils vivent à Munich. Coincidence, ils ont eux envie de venir après avoir vu « Trouble in Paradise » ... « Vous avez quelque chose à voir avec Alofa Tuvalu ? » Risasi éclate de rire.. « Oui, c’est nous... » de « Vous êtes
vraiment des pionniers et votre site a fini de nous convaincre de venir passer 3 mois ici ». Elle est étudiante photographe... Lui j’ai pas très bien compris. Elle souhaite « faire parler les gens, les contes qu’on raconte aux enfants, des recettes de cuisine et autres sujets qui m’ont semblé très bien pouvoir s’inscrire dans le livre général discuté rapidement avec Nala, la 1ère dame... « OK on vous aidera si vous nous cédez les droits pour un bouquin plus général sur Tuvalu ».. « Avec plaisir... On peut même sans doute trouver un éditeur ». Risasi était sur le cul car bien sur elle n’était pas encore au courant de cette idée qui avait germée la veille « Gilliane couvre tous les sujets ici... » et plus tard « tu manques pas d’a propos, toi ». Ca allait quand même de soi. ☺

Une trentaine de mails m’attendaient quand je suis passée chez John. Fanny et Angeline s’activent à Paris et ça donne des résultats super positifs. Le chapiteau de Papeete pour le Jour de la Terre prend forme, la BD traduite en allemand est fin prête pour sa sortie officielle à Bonn pour la conférence mondiale de la décennie de l’éducation au développement durable de l’Unesco, un chapiteau se profile pour la fin de l’année à Copenhague etc etc etc.

J’avais une folle envie de salade, genre laitue tendre, tomates, avocat. Bien sûr ce n’était pas possible. Ma 2e envie : du poisson. Ca c’est plus jouable. Direction l’hôtel où c’est quand même le seul endroit où on peut être presque sure d’en trouver au menu (enfin sur les 2 plats proposés). John m’avait dit qu’il avait rencontré une française. Un couple est effectivement arrivé, une française avec un australien... Après avoir avalé le poisson nous nous sommes attablés avec eux : il est journaliste photographe, un peu arrogant. Elle l’assiste, affublée d’un châle par 35*. Arrivés le jeudi pour repartir le mardi alors que lundi est férié (mais personne ne se souvient pourquoi, même pas le premier ministre à qui j’ai posé la question aujourd’hui) ils veulent faire un reportage... Ils sont allés voir l’école pour filmer des dessins d’enfants. La directrice a demandé 200 dollars ! Certes un peu cher le dessin mais j’ai expliqué en long et en large que les Tuvaluens en ont ras le bol des demandes répétés qui signifient du temps pour tout le monde et qu’en plus avec des escrocs type Paris Match, ils vont être de plus en plus sur leur garde.

« Vous nous conseillez quoi ? Vous pouvez nous aider ce week end ? » « Non, mais allez voir Temu la directrice mardi matin, proposez 100 dollars et surtout offrez aussi d’envoyer votre photo reportage... ». Si vous avez le moindre problême, allez voir l’ambassade de Taiwan... les dessins sont faits pour illustrer les cabas qu’ils vont fabriquer. Je leur en parlerai... » « En fait je suis prêt à payer les 200 »... «Pas la peine, le jeu c’est aussi de négocier.. » Ils sont partis très vite dans leur lodge à 88 dollars la nuit... Je n’en reviens pas des prix... A la tête du client sans doute... Ce motel de 3 chambres est au milieu du village sans aucun intérêt... alors que l’hôtel devant le lagon avec internet, grande chambre et restaurant est à 90 dollars (enfin 110 pour 2)... Je ne sais pas s’ils obtiendront ce qu’ils veulent mais je ne leur fais qu’une confiance limitée.

A la table à côté se sont installés deux mecs que j’avais vu filmer un peu plus tôt. Des hollandais. m’avait on dit. Décidément l’avion de jeudi a déchargé son lot de Palagis ...

Au retour, un nouveau bruit de la maison a été identifié : un énorme insecte volant, qui aurait pu être un papillon de nuit mais aux ailes dures comme du bois... Alors bien sûr quand il se cogne contre les murs, ça fait un bruit assez étrange.



02 / 04 / 09 - 10 : 18

Visite à Amatuku pour mettre en application les conseils de sikeli :

Elena m`a reveillée aux aurores... puis un apprenti marin est venu frapper à la porte pour s`assurer que j’étais bien réveillée pour le bateau. Là-bas, toute l`équipe est tellement enthousiaste que c`est un vrai plaisir. On a (enfin ils ont) ajouté de l`eau. Il leur a fallu une bonne demi-heure pour mettre en route la petite pompe à eau qu`ils ont là-bas... A priori, avec un peu d’eau et en remuant un peu, il y a eu des bulles et une odeur donc Leota en a conclu qu’il y avait bien du gaz... Ensuite Utala et 2 trainees se sont beaucoup donnés pour remplir la cuve comme l’avait indiqué Sikeli. On s’est arrêté quand les 2 chambres ont été au même niveau sans aller plus loin car ça me semblait trop liquide. J’envoie à mot à Sikeli pour vérifier s’il faut vraiment que ça déborde dans le département compost... Ce qui ne m’a pas rassurée (encore que je suis tout à fait prête depuis des mois à une ouverture, vidange, re-étanchéité donc pas si grave) c’est que Utala m’a montré jusqu’où étaient montées les dernières king tides et si ça ne recouvrait pas le digesteur c’était vraiment à raz. S’ils n’ont pas scellé les parois jusqu’en haut et au dessus, y’a un risque que l’eau ait réussi à s’infiltrer... J’ai dit à tous que ce prototype était là pour ça : apprendre à faire, solutionner les problèmes.

Autre bonne idée de Leota : acheter un bleu de travail (enfin un beige ou un vert clair comme on veut) pour Utala avec une impression “Alofa Tuvalu”. Faut aussi que j’achète de nouveaux balais pour nettoyer les pigpens, des gants et des bottes caoutchouc pour manipuler la merde... et marcher dedans… Utala qui est vraiment investi et qui réfléchit beaucoup va remplacer le trou fait en son absence pour réduire le débit à la seule évacuation de l’eau sans entrainer le lisier.... Pas con hein ?

L’équipe de TMTI voulait absolument que je check mes mails de leur bureau. ``Non merci, je préfère être avec vous, je peux regarder mes mails chez alpha où john et eti sont aussi de vrais soutiens...`` ils se sont sentis offenses... « et tmti ? »` J`ai ri bien sûr «hey guys, évidemment que vous êtes les premierssoutiens ! ». Et avant le bateau de retour, une assiette m`attendait sous la hutte pour le déjeuner... C`était trop mignon..

Hier, Le matin j’ai vu Eliala, la fille de Penny missionnée sur la biiodiversité, j’ai pas encore exactement compris sur quoi mais c’est un fonds GEF/UNEP (ou UNDP). Une fille super que j’avais vu une fois à Fidji où elle avait lancé et manageait à merveille avec son mari, le FaleTuvalu qu’avait souhaité John pour les marins en transit. Je l’ai revue aujourd’hui pour lui donner l’adaptation plan. Et je vais demain à ce qu’elle appelle “pocket meeting”, un genre de réunion communautaire où elle écoute les gens que je filmerai pour qu’elle puisse transcrire leurs idées/info etc. Entre autre similitude, elle me disait qu’elle avait envie de travailler avec les enfants et qu’elle ne pouvait pas s’empêcher, quand elle en voyait un jeter un truc par terre, de le rappeller pour lui faire ramasser en lui expliquant. Elle a une voix tellement douce que ça ne peut que passer. Je lui expliqué que moi ça me gonflait tellement que j’avais réussi à terrifier des mômes au retour du field trip.

Ensuite j’ai reçu une invitation officielle de l’ambassade de Taiwan pour assister à la réunion avec les femmes de ministres sur la fabrication de sacs coton qu’ils veulent lancer. Déjà l’invitation arrivée pendant que j’étais à Amatuku a impressionné Elega mais que le chauffeur de l’hôtel puis la secrétaire de l’ambassade repassent pour s’assurer que je serais là, l’a estomaquée..

Comme elle n’était pas très claire sur le message du chauffeur, j’ai cru que c’était Eliala qui confirmait que 9h c’était bien pour se voir avec Mataio, le directeur de l’environnement. Mataio a été l’un des premiers que je suis allée voir pour en fait lui dire que je le verrai quand Sarah serait là. Ca l’arrangeait bien, il avait des urgences avant.. Il suggère qu’on se rapproche aussi d’une bénévole (à laquelle beaucoup m’ont comparée y’a quelques années pour l’investissement et la motivation avec laquelle elle se consacrait à la biodiversité marine, son projet a en fait lancé la création parc marin de Funafuti... Cette femme, une plongeuse, est partie au bout d’une dizaine d’années, sans que personne ne sache trop pourquoi... A ceci près qu’à cette époque, c’était avant notre arrivée, une bénévole australienne a été violée et laissée pour morte, ça a refroidi les velléités d’assistance étrangères..

J’ai aussi parlé à Eliala de la journée internationale de l’Ocean quand elle me parlait de la journée de l’environnement... A priori donc, ils feront la semaine complète pour inclure l’océan.

Après Eliala, petit saut dans le bureau de Willy, notre proprio et ami, toujours aussi disponible, en short et chemisette jaune... je voulais juste lui dire que j’avais oublié de le remercier de ses mails qui nous faisaient du bien à Paris, Lui dire aussi que je paierai pour les aménagements demandés aux gars venus remplacer la porte, comme couper une étagère dans le dressing et une supplémentaire de l’autre coté pour avoir plus de place, remplacer les ampoules extérieures (pas des plus simples à trouver ), réparer la fuite de la gouttière etc. Décoration toujours : ce soir j’ai acheté du tissu jaune orange pour remplacer les rideaux moches qui ne servent même pas à cacher des regards des voyeurs...Nala fera une couture pour glisser le cordon.

Willy m’a raconté où il en est du plan déchet taiwanais. J’y reviendrai mais parmi les aberrations : une machine à transformer le plastique en confettis.... et un incinérateur… “T’en penses quoi toi” comme il avait l’air dubitatif : “et toi ? » . Nous ne sommes pas allés beaucoup plus loin puisque de toute façon le gouvernement avait signé et que le matos était déjà embarqué. J’en ai mal dormi la nuit ! Tavau lui me parlait de faire des briquettes de plastique, de papier... plus intelligent (et surtout c’est ce qu’on lui avait glissé l’an dernier, donc ça prouve que ça entre) mais clairement obsolète... Enfin peut être que je n’ai pas tous les éléments et que le shreddeur peut faire des briquettes...

Ensuite rv déjeuner avec Hilia un petit fichu musulman sur la tête. Sur le chemin, j’ai croisé son 2nd celui qui a donné ses photos à Paris Match. Je lui montre l’article. “ils avaient l’air si gentils”... Il était un peu défait des infos. Hilia elle était furieuse... Qu’est ce qu’on peut faire ?“Malheureusement les poursuivre coûterait trop cher mais peut être déjà faites un mail”...

Semese croisé pendant le blabla s’est arrêté pour me souhaiter la bienvenue.. Il a donc entendu la mésaventure Paris Match (des photos exposées en France comme leurs par l’équipe de ce grand journal français et primées sans que le photographe tuvaluen ne soit crédité…, entre autres, on va pas polluer ce blog mais on a un dossier de 40 pages sur les échanges avec l’équipe qui souhaitait réaliser la photo du siècle avec tous les tuvaluens réunis en bout d’île photographiés depuis e ciel). J’ai conseillé de faire passer le mot et surtout de nous consulter avant de donner quoi que ce soit à un média...

Après Hilia, j’ai retrouvé Risasi pour une séance de blabla où elle m’a beaucoup parlé de squatters qu’elle a chez elle depuis presqu’une année.. Elle est drôle et n’a bien évidemment pas la langue dans sa poche, mais ça leur glisse dessus comme de l’eau sur un canard… On va se pencher sur un bilan car elle sait que c’est nécessaire pour présenter une demande de fonds.

Et John nous a fait à diner. Un morceau de mozzarelle achetée à L.A. a fait office d’entrée...

Sur le chemin du retour sur la petite mob de Grace, les gens continuent de me souhaiter la bienvenue ou la bonne nuit. Bien sur, dans le noir, entre chiens et loups, surtout quand leur moto arrive de l’autre côté, je ne sais pas de qui il peut s’agir... mais je réponds à leur “ah Gilliane tu es là?” toujours très chaleureusement aussi sans savoir à qui je m’adresse...

J’ai posé mes affaires, mis la banque Alofa à jour et puis j’ai enfourché la bicyclette pour récupérer un chargeur du service social. Betty qui remplace Teu est vraiment un amour aussi. Je suis repartie avec leur deux chargeurs pour voir s’ils marchaient et leur unique batterie... Passé ensuite au service de recrutement et ressources humaines où à priori il y a des candidatures pour remplacer Nia qui a démissionné... pour leur proposer de les aider dans le recrutement en parlant de notre projet de preservation culturelle. On voit ça next week..

Puis eliala, voir plus haut et suitchi... emails jusqu’à 19h, retour à la maison pour charger les batteries... Super les deux chargeurs fonctionnent, ca va donc 2 fois plus vite. Et dîner dans le bouibouis où nous avions déjeuné avec Fanny et Pierre en 2005... Une première pour John... qui n’avait guère confiance mais il a aimé la soupe...

Allez j’arrête, il est minuit et demi, le mac est brûlant et je me lève tôt demain…

02 / 04 / 09 - 10 : 13

Le matin, visite à hôtel du gouvernement. Devant, blabla avec Lagi la responsable de la communauté de Niukelaelae puis Yuki, l’étudiant japonais… Bonne discussion, principalement sur les déchets et les idées de recyclages avec Tavau, ministre de l’environnement (qui ne détient plus les déchets justement), sur les bateaux de pêche, sur le projet de biodiversité…

Avec Willy, des home affairs (et qui a maintenant la responsabilité des déchets) ce fut un peu plus bâclé, l’avion du mardi arrivait et je voulais voir qui en descendait. Je retournerai le voir demain.

Pas d’inconnus palagis dans l’avion mais David Abbott et son adjoint venus pour 3 jours pour discuter de la crise financière internationale et peut être aussi celle de Tuvalu où il y a quelques mois y’avait plus de monnaie… Je n’ai pas encore eu l’occasion de discuter avec le Ministre des Finances mais ceux avec qui j’en ai parlé accusent les commerçants chinois et autres tuvaluens de sortir des liasses de billets du pays, ce qui n’est sans doute pas faux. Eliala, la responsable de la biodiversité n’était pas dans son bureau, j’ai filé chez Alpha relever mon courrier… puis « curry chicken » au snack des femmes avec lui, et blabla avec Hilia, Emily, Vasa que je retrouvais pour la première fois. Déjeuner prévu demain avec Hilia.

Filé à l’embarquement où tout le monde attendait déjà le bateau qui partait ¼ d’heure plus tard pour Amatuku… J’avais le temps d’aller chercher ma cam… Leota m’a demandé si le capitaine était prévenu de mes deux invités (le fils d’Apisai et Nala, et Yuki)… Non… je pensais qu’as long as the boat was going, ils pouvaient venir… Usu m’a pardonnée tout de suite quand je me suis excusée et nous a offert du lait de coco… dans la noix bien sûr. Tout le monde fut très chaleureux… J’ai raconté le biogas, le fuelpod, le gasifier kit, les fours solaires… Et alors que nous allions nous diriger vers le digesteur, Usu m’a demandé si j’avais des nouvelles de l’Ambassade de France à Fidji.. No comment ou plutôt si.. J’ai dit ce que j’avais sur le cœur et ce que nous avions subi avec ce duo de français puants. J’ai préféré et de loin mettre ma tête dans le caca de cochon pour voir à la torche le fond du digesteur… pas facile de distinguer quoi que ce soit. Leota a offert de revenir quand je voulais pour qu’on passe un peu plus de temps et qu’on rajoute l’eau comme préconisé par Sikeli… Jeudi…

Sur le chemin du retour, Luni un des profs passionnés par ce que nous faisons transportait un cochon rôti pour l’anniversaire de sa nièce, les « un an » bien sûr, toujours un événement pour les familles tuvaluennes. « C’est à l’hôtel, passes y faire un tour ».

Leota, lui, près de l’embarcadère, a montré pas peu fier : « la maison d’Alofa »… et m’a conseillée de planter un drapeau Alofa sur la terrasse.. Quelle bonne idée.

Au retour dans la maison, surprise, la porte de la terrasse avait été changée mais sans poignée, sans serrure… John est arrivée avec un loquet et des outils. La vraie serrure sera posée demain, mais alors que je commençais à me faire aux bruits divers, y compris celui des geckos qui se laissent tomber d’un bruit mat sur le lino, l’idée de dormir sans protection ne m’attirait pas du tout. Toutes les femmes de Tuvalu ont des histoires à raconter de mecs qui les observent derrière les carreaux, ou d’autres qui essaient d’ouvrir les portes.

Bien sûr tout étant toujours plus compliqué qu’il n’y paraît, John y a passé plus d’une heure…. Et nous avons fêté son accomplissement en sirotant un pastis.

Diner : sandwich à la sardine en boite comme hier.. Et fin de la transcription de mes notes de voyage.. en suant à grosses gouttes puisque j’oublie toujours de mettre en route le ventilateur.., tout ça au son d’un fatele à la maneapa de Funafuti. Et d’un autre, en l’honneur du bateau japonais et de sa centaine d’étudiants, dans la communauté de Vaitupu. Je me rends compte combien je fais partie de la vie : ces « fonctions » comme ils disent ne m’attirent plus. Je suis contente d’entendre de loin, de savoir que c’est là, mais pas envie de m’y rendre… Enfin peut être juste pour y faire un tour, mais je sais que je ne saurais pas m’y rendre sans prendre la caméra et là… cercle vicieux… Je filme de bout en bout… Et comme à Paris, tant que je n’ai pas fini de rayer mes listes (c’est à dire jamais) je n’ai pas trop envie de sortir…



02 / 04 / 09 - 10 : 07

10 h rv avec Yuki Suzuki, le jeune étudiant japonais. 11h30, pendant qu’il prenait quelques photos avec l’armée d’étudiants japonais frais descendus du bateau qui leur fait faire le tour du Pacifique, j’ai récupéré la petite bicyclette crevée chez le réparateur, un très vieux monsieur, qui ne voulait pas me faire payer parce qu’il y avait passé peu de temps… I cant accept… You have to give me a price… OK 3 dollars… puis déposé Yuki chez Maatia, l’ex premier Ministre à qui j’ai promis de repasser avant la prochaine session du parlement, fin mai…

12h : passé voir Leota le capitaine/ingénieur qui rentrait d’un voyage inter-îles, briefing rapide biogas, bike, biofuels etc… Il est en vacances, mais « tu me dis quand tu veux et je vais avec toi à Amatuku »… Demain bateau de 13h30. « le bateau normal, Leota. pas un spécial, pas de gaspillage, ok ? »… Il a confirmé que la mob que m’avait prêtée son épouse, Grace, était sa participation à Alofa et qu’il fallait que je la garde même si j’avais maintenant ma bicyclette.

12h15 : relevé de mails chez John et expédition compte rendu des réunions biogaz de suva.. Un peu tard pour visiter l’hôtel du gouvernement. Direction le snack bar des femmes, dévalisé par les jeunes japonais. Rencontré Marica, la consule de France à Tuvalu, qui a demandé comment elle pouvait devenir membre de l’assoc… « Mais tu l’es déjà ». Son mail ne fonctionnant pas très bien, elle n’avait pas reçu nos dernières communications et croyait avoir été rayée des listes… Repli déjeuner chez John qui avait préparé un mix curry, chutney, émincé de bœuf, purée en quelques minutes, le temps pour moi de récupérer à la maison quelques adresses oubliées et acheter 2 bières. Déjeuner délicieux comme toujours quand John cuisine.

Puis direction l’immeuble du gouvernement. Solofa d’abord.. secrétaire du gouvernement en l’absence de Panapasi.. son sourire et son hug fut sans doute le plus affectueux de tous. Un peu comme on reçoit sa fille. Blablabla… je lui ai demandé à qui m’adresser pour être entendue à la prochaine réunion du DCC (j’ignore la signification de l’acronyme mais je sais que c’est la réunion des secrétaires permanents et autres hauts fonctionnaires). C’est la voie hiérarchique que Molipi et d’autres l’an dernier m’ont reproché ne pas avoir suivie… Je mets donc cette année un point d’honneur à présenter nos plans de mission à ce DCC avant le conseil des ministres. « Just give me a paper, I’ll make sure you are in the meeting next Tuesday… » « Euh.. je préfèrerais que Sarah soit là aussi… C’est pas toutes les semaines ? » « Mensuel »… « Tu crois que je vais m’en sortir toute seule, l’anglais c’est pas ma langue.. » « c’est pas technique, c’est policy » (un mot que je considère comme institutionnel, allez savoir pourquoi, et que je vérifie toujours mille fois dans le dictionnaire pour en comprendre l’exacte signification…) Aujourd’hui j’ai compris régulation…

Direction département de l’énergie ensuite où j’ai vu tous les fonctionnaires. Ministre et Secrétaire permanent étaient en réunion. Tavau ensuite qui a écourté son meeting pour m’accueillir, rv pris demain matin.

Service social où Betty, la seconde de ma copine Teu, a du prendre en main l’ensemble du service. Teu ayant accepté le poste de responsable du Kaupule à Nanumea, y est partie pour deux ans la veille de mon arrivée… Super pour la survey et demo fours solaires là bas.. Betty aidera aussi ici comme d’habitude. Pas de problème pour utiliser leur chargeur de batteries (puisque, j’ai oublié le mien à Paris)… Le hic pour eux et aussi peut être pour notre projet « préservation culturelle », Nia l’apprenti cameraman a démissionné pour ouvrir une Nième petite boutique… Betty a passé une annonce pour le remplacer et pour le moment les quelques candidatures sont au service « training et ressources humaines », dirigé par le mec rencontré dans l’avion.

Apisai, le PM, n’était pas dans son bureau, mais je l’ai vu plus tard à la résidence, Nala m’a fait signe en me voyant passer sur le chemin de chez Penny où je voulais rencontrer sa fille, Eliala pour prendre rv pour la biodiversité dont elle s’occupe depuis peu… Elle allaitait son bébé sous la hutte… RV pris demain aussi.

Bien sûr je me suis arrêtée pour embrasser Nala au retour. Apisais était décontracté assis à ses genoux… Parlé de son prochain voyage en Europe et des précédents.. Il avait l’air fatigué.. Je ne sais pas comment ils tiennent… à voyager autant autour du monde. L’organisation des itinéraires n’est clairement pas la spécialité des fonctionnaires qui en sont chargés. Leur petit fils, Tony, 2 ans, lui, s’était transformé en superman malgré la chaleur. Le fils de Nala qui vit en NZ était de passage et n’a jamais vu encore le biodigesteur dont Nala lui parlait. Il est heureux de pouvoir faire le voyage demain avec Leota et moi à Amatuku. Nala elle organise un pique-nique à Tepuka, un îlot du lagon, pour ce week end, avec le couple d’ambassadeur de Taiwan. On sera une « demi dizaine ». En plus de la BD en Taiwanais (et en anglais) dont elle dit avoir besoin pendant leurs voyages officiels, elle m’a demandé si je connaissais un bouquin qui présenterait Tuvalu, je lui ai cité les deux vieux achetés y’a longtemps à leur bibliothèque nationale mais finalement, nous avons conclu qu’il fallait l’écrire ☺… En repassant chez John au moment magique du coucher de soleil, je n’ai pu m’empêcher de lui reparler de mon idée de bouquin photos spécial coucher de soleil pour le jour ou j’en aurais marre des énergies renouvelable.

Stop au bureau de l’environnement : vu Kilifi, Solomona (qui plus tard, m’a donné une des noix de coco qu’il préparait pour les cochons) et Mataio, le directeur… Prévu une réunion quand Sarah arrive.. En passant, j’ai donné le 2e dvd birthday des jumelles à Sinah, et blabla avec Melton puis avec un couple à qui je n’avais jamais parlé auparavant et qui m’a adressé la parole comme si nous nous connaissions bien. Ils sortaient d’un petit baraquement rapidement repeint dans le prolongement de ceux ou se trouve une partie du ministère de l’environnement, climat, biodiversité, gestion des déchets…

Déposé l’ouvre boite promis chez Sue et vérifié les indications à porter sur les formulaires que va remplir Chris pour l’expédition de la mob électrique et des fours solaires. Elle m’a appris qu’elle avait des sacs entiers de cannettes et qu’il semblait que cancare ait fermé ses portes. Ca m’a découragée car je sais que si on veut que ça reparte, il nous faut relancer l’affaire. Je vais aller voir le dernier responsable en date… Et quid de leur compacteur flambant neuf de l’UE qui n’entrait pas dans leur local et pour lequel il avait fallu en plus installer du triphasé quasi inconnu à Tuvalu ? Mystère…

Au retour, Elega qui ne bouge pas de la maison, comme la gardienne du feu, m’attendait. Je lui ai demandé pourquoi elle n’allait pas voir ses copines.. « je n’en ai pas »… Mais là où tu habitais avant ? « Il y a ma mère que je vais voir de temps en temps. » Toute la journée, elle fait des mats, des colliers. Je lui ai déjà commandé quelques mats Alofa Tuvalu et lui ai demandé ce soir si elle savait faire les tapis faits de restes de tissus… Elle n’avait pas l’air de voir de quoi je parlais… T’as mangé ? Oui… Quoi ? Du pain… C’est pas assez Elega… Tu sais cuisiner, right, ? Un jour on va se faire un vrai dîner. J’ai du cependant ce matin lui dire que je veux bien son fils pusiqu’elle m’a prévenue « mais c’était qui celui qui dormait là ce matin…. « mon neveu »… Bof, ça commence à faire beaucoup..

PS : une des confidences faite par Nala le premier jour où nous nous sommes retrouvées : la proposition d’Apisai concernant ma nomination a été acceptée à l’unanimité par le conseil des Ministres. Pour la 2e proposition, Suitchi je suppose, la moitié s’y est opposée. Des petites informations comme ça sont légion mais je les oublie dès que je les ai entendues. Trop reçu ces dernières heures et ma mémoire ne me revient que plus tard…



01 / 04 / 09 - 11 : 29

Dimanche 1er mars 2009

Ce matin ce fut merveilleux de prendre mon premier café sur la terrasse avec Elega à qui j’ai montré le newsweek special sur Obama… dont elle n’avait pas entendu parler… Quand je lui ai dit que 2 millions de personnes s’étaient déplacées, elle m’a demandé « y’a combien de gens à Tuvalu ? » « 11000 » et elle a éclaté de rire !

Il me faut toujours un temps d’adaptation aux bruits de la maison. Dans le salon depuis tout à l’heure, j’entends comme un chat qui serait tombé du comptoir de la cuisine en se raccrochant avec ses griffes... Peut-être un rat qui a mangé de l’anti… rat. Peut-être est-ce celui qui a réussi à bouffer le plastic du sac d’aéroport jusqu’à s’y glisser pour essayer d’ouvrir un des paquets de cigarettes duty free... Quand j’ai ouvert le sac, un peu répugnée, j’ai préféré penser que c’était un gecko... fumeur..

Autre adaptation nécessaire, accepter les voisins crados... Si la montagne de déchets qu’ils accumulent au fil des mois a disparu à l’entre de notre « propriété » -Je remercierai notre ministre pour cette réalisation-, ils ont installé une petite hutte qui déborde de l’autre coté de la maison just’en limite de notre jardin. Ils y jettent tout ce qui leur tombe sous les mains... Elaga avec son balai va jusqu’au coin de leur baraquement et jette ostensiblement dessous tout ce qu’ils ont laissé déborder chez nous. Bizarre ce rapport aux déchets : sur la colline à Paris, malgré l’excellence des services municipaux, les poubelles débordent plus que souvent sur le trottoir, dans les escaliers. Et combien sommes-nous à recycler ?

Le bruit du balai a été couvert par la cloche de l’église.. ça a duré plus d’un quart d’heure ! M’enfin bon c’était une heure raisonnable : 9h30...

Elaga a adopté un chat roux au poil rèche... Je lui ai expliqué la théorie d’Eti et des hommes de l’île : si on les nourrit trop et trop régulièrement, ils ne chassent plus... Mais du coup je ne sais pas si je vais aller chercher Alpha, la petite chatte que nous avons adoptée l’an dernier et que John a fini par refiler à Dinah tant il en avait marre de nettoyer ses excréments...

01 / 04 / 09 - 11 : 21

à Tuvalu, 22h
Debout avec le jour, café tristounet dans le salon sans soleil : l’accès à la terrasse a été sécurisé d’une planche sur la porte, à l’extérieur… Puis j’ai poussé la bicyclette laissée, crevée, par la nièce de Jocelyn, notre amie photographe, membre d’Alofa en Nouvelle Zélande, jusqu’à chez Grace, une autre de nos adhérentes, qui tient un garage de motos, pour voir s’ils pouvaient réparer le pneu en attendant de récupérer la nôtre disparue..

Ils m’ont indiqué le réparateur du coin, à 20 mètres… juste sous l’appartement de Mafalu, le directeur de Tuvalu Electricity Corporation. Sur les 20 m du retour ☺, le secrétaire général de l’église puis son président se sont arrêtés… Blabla.. Tous les deux étaient très contents de me voir malgré mon franc parler sur l’église (où ils savent que je ne mets les pieds que pour filmer les cérémonies) et sur leur désinformation passée sur le climat… Tous les deux avaient participé à nos débats et démonstrations l’an dernier et avaient demandé des graines organiques. J’espère que ça a bien poussé depuis…

Au retour, Grace était sortie de sa douche, et a été, comme d’habitude, adorable. A lieu de me louer une mob en attendant la réparation de la nôtre qui a rendu l’âme sous le poids de Sarah l’an dernier, elle a insisté pour me prêter son scooter, gratuitement et indéfiniment..

J’ai pu faire le tour de nos amies, membres du bureau tuvaluen, toute la matinée : Seinati d’abord, qui a dans les heures qui ont suivi a fait enlever la planche qui bloquait l’accès de la terrasse… et déposé un jeu de clés… Penny ensuite à qui j’ai remis son parfum préféré, au muguet, « contre » des invitations à dîner.. puis Nala, notre première dame, qui elle collectionne les petites bouteilles de parfum… J’ai toujours peur de me planter car elle en a déjà une bonne collection… Par bonheur (et pour le sien) elle n’avait pas encore les Nina Ricci. J’en suis repartie avec là encore une invitation à dîner après le départ de leurs invités du moment, et une bouteille de todi frais… Un saut rapide sur le chemin pour embrasser Vase, la femme à tout faire du Filamona, la lodge de Penny… dont les problèmes de santé l’an dernier nous avaient tous inquiétés… Puis Risasi, directrice de l’hôtel et notre trésorière qui se demandait quand j’allais passer. Elle était venue m’embrasser à l’aéroport avant le passage à la douane. Ca faisait quand même 24 heures que je m’étais posée sans que nous ayons eu le temps de converser. Blabla donc toute la matinée et compléments aux infos reçues au fil de mes rencontres tuvaluennes à Fidji et par John la veille.

A l’hôtel j’ai salué Mataio le directeur de l’environnement, en réunion, et Melton (climate change) qui me cherchait. Il était déjà 2h. Attrapé un sandwich au corned beef avant de rejoindre Melton, notre secrétaire général, qui voulait me confirmer que nous appartenions à TuCan, le RAC Tuvaluen.

Entre temps, pause chez John pour récupérer les mails et farcir mon dossier ‘à répondre’. Puis stop ici ou là pour acheter deux trois trucs pour la maison et bien sûr blablater… A 4h, je suis repartie chez Steve et Monica, où se trouvait notre bicyclette. S’y trouvait aussi Katy, une volontaire, prof au collège religieux et mariée depuis peu à un Tuvaluen. Monica, arménienne mariée à un australien, expert comptable volontaire pour 2 ans. Rendez-vous pris pour un pot dînatoire au snack bar des femmes habituellement ouvert seulement à l’heure du déjeuner mais dont elle ont le projet, avec Pula, la femme de l’ancien premier ministre et présidente d’un groupe de femmes, d’ouvrir aussi le soir, avec pastries salés ou sucrés et boissons non alcoolisées. Un coup d’essai… J’étais un peu inquiète de revoir Pula, ancienne première dame et directrice de l’asso des femmes, qui allait sans doute revenir sur sa tentative de censure du spot radio sur l’énergie où elle s’était sentie visée parce que Nala, qui lui a succédé, racontait qu’en prenant possession de la maison du Premier Ministre elle avait fait enlever les climatiseurs et réduit sa consommation de 800 dollars par mois. Mais tout c’est bien passé avec promesse de se revoir pour discuter plus avant.

Melton m’a accompagnée sur sa bike pour la première du Snack Bar. Où seuls ceux qui avaient eu l’idée étaient (les 2 filles puis un peu plus tard Pula et son mari etc.), puisque personne d’autres ne le savait… J’ai bien sûr conseillé des affichettes dans la ville et un peu de radio…

Se trouvait aussi un jeune étudiant japonais (né en 1988, un an avant que je tombe dans l’environnement) arrivé la veille, attiré par l’histoire de Tuvalu dans les médias japonais. En 24 heures, comme il ne voyait pas d’évidence, il en avait conclu qu’il n’y avait pas de problème à Tuvalu… Il croyait arriver pendant les king tides mais sans s’être renseigné sur les dates… et, naturellement comme les média japonais ont sans doute exagéré l’imminence de la disparition des îles, il a aussi entendu son contraire.. que Tuvalu n’avait rien à craindre et que leur seul problème c’était « le » trou laissé par les Américains.. A part ça que j’ai bien entendu rectifié, il était sympathique et curieux.. Il passe voir lundi matin un peu d’images, et la BD dont il a dit qu’il essaierait de la traduire et je l’accompagnerai chez Matia qui accepte aussi de lui en raconter un peu plus… Avec les filles, c’était sympa. Je suis juste restée sur ma faim, avec mes deux bouchées de quiches et trois cuillerées de gâteaux. Pendant ce temps-là, Kat a fini d’organiser le rapatriement de la bicyclette et quand je suis finalement rentrée à la maison après un dernier arrêt chez Alpha pour engranger les derniers mails de la journée, elle trônait, fière et pimpante, dans le salon du rez de chaussée où Elaga faisait une réussite.

Et moi, je m’étais promis de reprendre et répondre dans le détail aux mails qui gonflent mon dossier « à répondre ». Hmmm.. Je sais que peu à peu je vais me laisser prendre par le quotidien et oublierai au fur et à mesure ce que je vis pour ne penser qu’au lendemain…. Alors j’essaie de contrer l’évidence en créant une routine… Illusoire.



01 / 04 / 09 - 10 : 37

Ayé je suis posée dans la maison Alofa Tuvalu. On est jeudi le 26 février, je ne sais quelle heure de la nuit peut être bien qu’on est même le 27. Oublié réveil et radio quelque part entre le rez de chaussée et ma chambre. Pas encore tout vidé/consolidé mais je suis posée.

L’avion est parti et arrivé à l’heure. A l’aéroport ce fut un festival de welcome, de baisers sonnants de la part de tous ceux qui s’y trouvaient, et même ceux qui a priori ne me portent pas dans leur cœur comme Kilifi ou Annie extrêmement (trop peut être) enthousiastes. John m’attendait (et Eti bien sûr mais je ne vais pas commencer à les citer tous). Pauesi, le chauffeur de l’hôtel a pris mes bagages et une fois les 3 clients déposés, il m’a emmenée à la maison Alofa… Là m’attendait Elega qui avait occupée les lieux pendant notre absence et s’est installée en bas. Juste le temps d’apprécier une maison toute propre et Pauesi m’a ramenée à l’hôtel pour un déjeuner rapide avec John. Autour, des sourires partout et autre hug de notre Tito du Comité… Arrêt chez Alpha au bureau de John pour voir les mails. Beaucoup d’échanges encore avec les fournisseurs fidjiens puis retour à pied à la maison… Le voyage a duré un moment avec des arrêts tous les dix mètres… Petite manifestation de la croix rouge, bisous à Eseta la patronne avec qui sont prévues 2 projections des dvd de leur formation sur le petit îlot de Funafala, une sur la capitale pour les volontaires et leurs familles, une autre sur Funafala pour les quelques résidents. Chez Luisa j’ai bu un verre d’eau et blabla.. Je suis ensuite partie à la recherche de lait, pain et beurre pour le premier breakfast tuvaluen. 4 boutiques et à nouveau rencontres multiples… dans l’une y’avait le pain et le beurre, dans l’autre le lait… Pas de confiture… On m’avait prévenue que la coopérative nationale n’avait quasiment plus rien à vendre. En revanche, un nouveau commerce monté par un Kiribatien, est bien achalandé m’a t’on dit… Et les petits commerces continuent de pousser comme des champignons. Bientôt chacun aura son échoppe, comme dans une île lointaine tout au nord de l’hémisphère nord où chaque habitant devenait échoppier à tour de rôle… car bien sûr c’est commercialement invivable. (c’était pas un livre d’Orsenna ?)

Retour à la maison au milieu de l’après-midi pour vider les valises et commencer à ranger… et je suis repartie dîner chez John… Il est 13 heures 30 en France dit mon ordi + 11 = Minuit et demi ici. Je n’ai pas préparé la journée de demain. Le plus urgent : banque pour avoir un peu de liquide ce week-end et Seinati/Willy mes amis proprio qui ont sécurisé la maison en mettant une planche devant la porte qui donne à la terrasse.. Sortie terrasse à libérer d’urgence..

La pas très bonne nouvelle c’est que la bicyclette Alofa a été « empruntée »…, elle avait été prêtée par l’ex palagi national, emmanuel l’autrichien qui occupait la maison et faisait clairement siens ce qui s’y trouvait… Il a aussi arraché les fils du téléphone qui ne fonctionne donc plus, sans doute après un nouveau trop plein d’alcool, lui qui avait promis qu’il avait arrêté de boire. Voilà qui ne facilite pas mes efforts pour que la communication avec NY et Paris soit régulière, heureusement que John et Eti nous offrent toujours les bureaux d’Alpha. Par bonheur aussi, la nouvelle installation internet adsl est très performante. Les séances internet seront moins laborieuses que l’an dernier…

fetaui..

25 / 03 / 09 - 08 : 38

AIR PACIFIC SUN flight ATR 42 de Suva à Funafuti : Almost there.
Le coucou est moins agréable que le 50’s Convair d’Air Fiji mais pas mal quand même. D’autant que l’hôtesse vient de me proposer de m’installer au premier rang où, une fois encore, je peux étendre les jambes et prendre mes aises. J’ai vraiment eu de la chance sur tous mes vols cette fois. Et ça me permet de griffonner dans mon vieux filolax, rubrique pages jaunes.


3 nuits à Suva, 2 jours et demi bien remplis mais indolores et sympathiques. Appelé tout le monde en arrivant le lundi après midi pour préciser le planning des 2 jours suivants. Impasse sur beaucoup de nos contacts habituels, trop à régler concrètement cette fois pour laisser du temps à l’amical ou au public relation, à part l’ambassade par courtoisie, je n’avais prévenu personne comme je le faisais les années précédentes…

Saut en ville. « Talofa » au passage à Tine le haut commissaire, le frère de Laima, qui m’a mise au courant de certains développements, puis couru voir Air Pacific pour vérifier leurs conditions de transport de marchandises et leurs tarifs … J’ai peut-être trouvé un générateur pour gilles et les 20 litres de méthanol, qui ne peuvent pas être transportés par avion, seront sans doute sur le bateau de mi mars. J’y allais aussi pour rouspéter sur les tarifs qu’ils obligent Tuvalu Travel à pratiquer : 50% plus cher que sur Internet !

Dans la rue, (Fiji est toujours lieu de rencontres inattendues), j’ai croisé le jeune tuvaluen qui a remplacé Semese dont je parlais à Sandrine, notre scientifique chargée du survey scientifique du projet sur la vie marine tuvaluenne qu’on a démarré avec le soutien de l’AFD/CRIPS et de la Fondation Total pour la Biodiversité et la Mer.. Sandrine que j’ai rencontrée à Tuvalu l’an dernier se rendra à Tuvalu en mai pour la restitution des premières données récoltées. On s'était rencontré une fois, une seule. Il m’a hélée "gilliane"... Moi j'avais oublié son nom, lui ai redemandé, l'ai oublié sur le champ... Je lui ai dit qu'il fallait qu'on se voit et lui ai touché un mot du bouquin qui doit conclure l’inventaire.

J’ai embarqué quelques spécialités indiennes pour dîner dans la chambre à l’hôtel car, meilleure des nouvelles du jour : je suis tombée, sans chercher, sur un réseau wifi que je peux ouvrir de ma chambre... pas toujours très fiable, mais quand même... J’en ai profité entre autre pour retélécharger Skype paumé l’an dernier quand mon disk dur a rendu l’âme.

Le lendemain, debout 6h. Réunion à la SOPAC avec les spécialistes de l’eau qui étaient passés voir le digesteur pendant leur meeting annuel, à Tuvalu l’année dernière. Ils y sont tous allé de leur conseil pour améliorer le biogas et m’ont appris, entre autre chose, qu’ils ont fait des démo fours solaires avec Molipi et Cie de l’Energie.. d'où le fait qu'Hilia qui nous a demandé d’en apporter cette année, et les associations de femmes, n'aient pas été au courant ☺. Ils sont ravis qu’on prenne le relais et aimeraient bien du coup que Sarah fassent aussi des démo dans les îles lointaines.

Puis déjeuner avec Anare (ex Sopac, IUCN maintenant). Entre les deux, le chauffeur de taxi m’a posée chez David, le second de John pour Alpha Pacific à Suva qui devait nous trouver le modem recommandé par John pour faciliter les connexions depuis Tuvalu. Je voulais aussi voir Dinah, la fille d’Eti notre coordinateur à Tuvalu, transférée à Suva pour suivre son mari qui va y être dialysé sous peu. Son frère de 18 ans lui avait offert un rein, mais le père s’y est opposé pour raisons religieuses. Bien sûr je n'avais sur moi ni le dvd de l’anniversaire de leurs jumelles l’an dernier, ni les photos pour Dinah. Mal organisée la Gilliane ce matin... mais Dinah passera à l’hôtel dans l’après-midi.

David m’a raccompagnée à l’hôtel où Anare devait passer me prendre. Sur le chemin, je lui ai suggéré de me poser devant une boutique informatique dont Chris se souvenait... où, Alleluya, j'ai commandé le modem. David passera le prendre dans 15 jours et le remettra à un des marins d’Alpha Navigation. Déjeuner amical avec Anare qui va reparler de la biodiversité à Philippe dont c’est plus la partie et qui était malade.. Rendez-vous pris le lendemain avec Anare et Sikeli (notre spécialiste biogaz).

En rentrant, j'ai eu le sentiment agréable d'avoir 3 bureaux potentiels à Suva (sopac, apnl et uicn). Et dans ma boite déjà plusieurs messages de Paul avec des coordonnées de fournisseurs de pompes. Et deux messages à la réception: Thomas qui disait venir prendre un verre le lendemain. Il quitte ADB et prend sa retraite. Et Gremm chemical : nos litres de méthanol qui risquent de n’être disponibles que dans 3 semaines minimum. D'après david il y a maintenant 2 cargos par mois, si c'est vrai c'est génial et on gagnerait un peu de temps.

Dinah en bonne tuvaluenne a oublié dès qu’elle me l’a dit qu’elle passait à 15h et est arrivée à 18, avec Tevave, son mari.. On prenait un verre quand Paul est passé me rendre ma clé usb oubliée sur son ordi. En attendant, dizaine de coups de fil y compris à DHL pour vérifier nos expéditions en provenance des US et Europe… Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour j’aurais à me spécialiser dans tous ces outils qu’il nous faut maintenant commander, des pompes à eau (à fuel ou électriques, 220 ou 12v, diamètres et longueurs des tuyaux, submersibles ou pas…) des générateurs (Gilles a besoin d’un tout petit générateur diesel, j’avais cru avoir trouvé la merveille, sauf que c’était un générateur essence arghh !)… Et faire transporter du méthanol considéré comme « dangerous goods », ça non plus je n’aurais jamais pu imaginer devoir m’investir là dedans..

Ce soir-là j’ai dîné d’une soupe de potiron à la noix de coco à l’hôtel. Délicieuse.

Le mercredi, dernier jour de la halte fidjienne avant de m’envoler aux aurores jeudi pour Funafuti, la matinée a commencé chez DHL, accompagnée par un chauffeur de taxi qui en 10 mn voulait m’épouser après s’être renseignée sur ma situation maritale. Il m’a attendue une heure sur le parking alors que je lui avais évidemment dit que ce n’était pas là peine.. Y’a des centaines de taxis qui sillonnent Suva… Vérifié avec DHL les divers documents d’expédition par bateau de France et de Californie et essayé de me rassurer : nos équipements seraient bien dans le bateau du mois de mars, et les expéditions suivantes se passeraient bien. Pour la récupération de nos « dangerous goods » à Tuvalu, Panapasi m’a conseillée de voir avec les importateurs de gaz comme le mari de Susie.

Mon amoureux transi m’a reconduite à l’hôtel à temps pour le rendez vous avec un représentant de pompes. Il a refusé le paiement pour la course et a insisté pour me déposer à l’aéroport le lendemain matin. OK. Ca m’évitera d’en appeler un. Merci Atu.

Déçue que Sikeli reporte notre réunion à l’après midi, il aurait tout de suite vu quel type de pompe à eau il avait besoin… Car bien sûr, l’après midi j’ai compris que je m’étais plantée sur les options (pas du tout submersible, pas du tout électrique, au fuel…), comme je m’étais plantée en rêvant avoir trouvé le générateur des rêves de Gilles, au prix qu’il avait annoncé… de moins de 1 KVA et surtout de moins de 20 kg donc transportable en avion… Le diesel est 3 fois plus cher, 3 fois plus puissant, 3 fois plus lourd.

J’ai fini les take out indiens de l’avant veille sur le pouce entre téléphone et emails en attendant la voiture de Total Fidji que m’envoyait son responsable, très sympathique…. Sincèrement soucieux de l’environnement semble-t’il, (c’est lui qui a ouvert la discussion sur les déchets, les émissions), objectif, simple, diplomate sans être langue de bois, drôle, efficace et gentleman. Comme il l’avait proposé, il m’a fait déposer ensuite à l’ambassade… pour un rendez vous dont je reparlerai j’en suis sûre car il mérite d’être narré.

Retour à l’hôtel pour discuter biogaz avec Sikeli. La production de gaz s’est arrêtée à Amatuku. Depuis qu’Utala nous en a avertis, on mène l’enquête… Il y avait d’abord trop d’eau. La mise en place des solutions préconisées par Sikeli, Sarah et Gilles ont été efficaces mais maintenant, c’est trop sec ! Le problème ne vient pas du nombre de cochons dans la porcherie, comme l’affirmait Sopac, Sikeli vient de terminer un biodigesteur qui marche très bien avec 14 porcs. On est au-dessus, sans compter qu’à la longue même deux cochons auraient produit assez de gaz pour que ça marche. « Il suffit de remettre la quantité idoine d’eau pour que ça reparte ». Si ça ne repart pas c’est, comme je le redoute, que pendant les grandes marées, de l’eau salée s’est infiltrée. Si c’est le cas, on reprendra l’étanchéité jusqu’en haut du col…

Finalement je ne verrais pas Thomas d’ADB. Avertie de son appel à 21h30, il me demandait de le rappeler à 17h… J’espère que nous aurons l’occasion de nous voir en juin. C’est un type sympathique, un suédois, qui amenait toujours à Tuvalu une bonne bouteille de vin à la partager autour d’un dîner souvent médiocre.

Après une heure à passer les mails les plus urgents avant de partir principalement aux fournisseurs fidjiens présumés, j’ai grignoté un mauvais dîner à l’hôtel.

Jeudi 26, ça y est j’y vais

Le chauffeur de taxi a regretté que le trajet jusqu’à l’aéroport de Suva ait été si court. Pas moi, c’est une petite heure quand même et je suis, pour la première fois, arrivée la dernière à l’aéroport.. Alors que d’habitude, les Tuvaluens arrivent à la dernière minute, ils étaient déjà tous là. A la sortie du taxi, attablés au petit café de l’aéroport, sur le trottoir, un employé de l’ambassade taiwanaise qui s’occupe du jardin/ferme F1 et ce que j’ai supposé immédiatement être le nouveau couple d’ambassadeurs taiwanais, puisque Tine, le Haut commissaire à Suva, m’avait appris que Daniel notre ami avait perdu sa femme et était rentré au pays. Le petit (par la taille) taiwanais dont j’ai oublié le nom a fait les présentations et rendez vous est prévu pour faire que je leur parle d’Alofa dès que je trouve un moment.

Sur un banc à 3 pas, 3 femmes, si j’avais reconnu l’épouse de Tito, un membre de notre comité et grand fonctionnaire auprès du premier ministre, il a fallu que j’avance un peu pour reconnaître celle au plus grand sourire : Susie notre présidente. Vraiment heureuses de nous revoir. Je me réjouissais de faire le voyage avec elle, mais elle m’a appris qu’elle terminait une formation de professeur à Fiji (où 2 de ses enfants viennent d’entrer au collège) jusqu’à Avril. Elle est partante pour prêter main forte à Fanny pour le chapiteau qu’Alofa organise avec Te mana o Te Moana à Papeete fin avril.

A l’enregistrement, Tau, le ministre des transports, m’a claqué un bécot de bienvenue. On pensait se revoir dans la salle d’embarquement. Sauf qu’il m’a fallu un peu plus de temps qu’eux. D’abord, Air Pacific ne m’avait fourni le ebillet que pour l’aller. Et puis même s’ils m’ont fait une fleur sur mes 60 kg de bagages, la surcharge coûtait près de 200 dollars fidjiens. L’an dernier j’avais fait le tour de la file pour me délester auprès d’autres passagers, là, bonne dernière, y avait plus personne. Et bam leur machine Visa ne marche pas, la fille part ¼ d’heures dans un bureau pour faire ça à la main pour finalement revenir et m’indiquer un tout nouveau distributeur de dollar. Elle aurait pu le dire avant.. Au duty free un mec est venu me serrer la main et m’a demandé si Sarah venait aussi. Je ne sais absolument pas qui il était, mais c’était gentil. Dans la salle d’embarquement un autre idem. Il ne se souvenait pas de mon nom (« I’m not Sarah »). Tous les deux lisent nos newsletters. Sans doute des membres, difficile de les connaître tous. A propos de membres, avant hier pendant mon meeting de plusieurs heures à la Sopac, Rhonda, qui s’occupe d’eau m’avait accueillie avec un « vous connaissez Alofa Tuvalu ? ». Elle m’a appris qu’une femme s’est revendiquée membre d’Alofa Tuvalu au cours d’un atelier Sopac. J’ai énuméré les noms les plus proches, ça ne lui disait rien. Donc je ne sais pas qui sait mais c’est sympa.

Dans l’avion, mon voisin m’a parlé de la BD, du film. Je lui ai raconté ce qu’on allait faire. Il va nous aider sur l’étude de replantation et todi. Il est lui de Nui (mais travaille à Funafuti, aux ressources humaines, auprès du PM) et les nuiens ont commencé à estimer les arbres à remplacer. Quand l’hôtesse m’a proposée de m’installer au premier rang, là où il y a plus de place, de l’autre coté de l’allée de Tau, le VIP quoi…, il m’a redit combien il était prêt à aider. « Voilà où j’habite, j’ai une voiture si vous avez besoin d’aller où que ce soit, je vous emmène ou je transporte ce que vous avez à déplacer ».

Tau m’a fait signe quand Niulakita a surgi des nuages, la plus petite des îles puis Niukelaelae une demi heure plus tard… Ce n’est qu’à l’arrivée que j’ai regretté de n’avoir pas sorti la caméra : le meilleur survol depuis 2003. Tant pis.

25 / 03 / 09 - 08 : 36

lundi 9 mars 2009 - Funafuti -

Un mois déjà que j’ai quitté Paris et je sais que quelques-uns de notre cercle proche se demande bien « ce que je fous ». 1 semaine à Jersey City, une autre entre L.A. et Fidji (dont 24 heures perdues dans un fuseau horaire). Arrivée à Tuvalu le 26 février. Entre mes fleuves chronologiques et mes pattes de mouches sur filofax et sur ordi et le manque de temps ici et là-bas, le blog a pris un mois de retard..

Cette fois, c’est parti pour des kilomètres de petites notes prise dans les avions ou l’autocar qui m’a menée de Nadi à Suva, et depuis la maison péninsule depuis. Des rencontres, instantanés de vie et nos actions en filigrane que nous partageons, entre deux listes de choses à faire, avec qui aura le courage et l’envie de les parcourir. Des lignes qui n’auront sinon vécu que le temps d’être posées. Une virgule de vie, aussi brève que Tuvalu est petit.

NEW YORK-NEW JERSEY
Une semaine chez mon fils, avec mon petit fils Egon à Jersey City à jouer les grands mères. Un plaisir. Je suis très fière d’eux deux. Le voisinage m’est familier : parents, grands parents des copains d’Egon, instits et animatrices d’après les classes, les rares commerçants, les gardiens de l’immeuble. Difficile de ne pas tailler une bavette avec l’un ou l’autre en sortant de la maison. J’ai repris mes campagnes anti-gaspi en famille, auprès du voisinage -enfants et parents-, de l’école. La nouvelle co-locataire péruvienne de mon fils m’a demandé de lui en dire plus sur les règles de recyclage. Ca entre ? J’aime bien Jersey, je suis contente que mes deux garçons y soient installés, c’est calme.

A NY, just’en face, c’est l’exact contraire. On se glisse, inaperçu, dans la foule de gens toujours pressés. Vitesse, bruit, pollution…, c’est l’agression permanente. Les new yorkais courent toujours, sans se préoccuper des autres autour. Je tenais Egon à l’abri dans mon sillage quand on se promenait… Une fois, deux jeunes femmes lui ont proposé leur siège…, ce type d’attention est tellement rare à NY que ça m’a vraiment surprise… A Manhattan, en fait je ne me souviens même pas avoir vu d’enfants dans les rues. Aux US, je ne me ferais jamais non plus aux coupes de présentateurs télé si terriblement apprêtées qu’on dirait des perruques. Les présentatrices ne font pas vraiment mieux. Et je ne parle même pas du look.

En même temps, moi qui ai dû mettre 3 saisons dans une valise, je ne devrais pas trop la ramener. Hiver cinglant à Paris, sibérien à NY, un peu plus clément à L.A, été tropical et saison des pluies à Fidji et torride à Tuvalu. Et printemps qui aura peut-être tourné à l’été au retour. Allez faire une valise avec ça !

De NY à LA : Emily, une bonne amie de Sam m’a accompagnée à l’aéroport. Moi, qui préfère les taxis, ce jour là c’était bienvenu. Dans l’avion Continental Airlines qui m’a valu de ressortir ma carte frequent flyers, qui dormait dans son étui depuis 20 ans ! un sentiment bien agréable d’anonymat complet. Peut-être parce qu’aujourd’hui je ne me demande plus, quand les gens me regardent, ce que j’ai de travers. L’avion Paris/NY était presque vide.. A moitié plein, ça m’embête un peu… quand il est aux ¾ vide, je préfèrerais qu’ils l’annulent. L’NY/LA en revanche était bondé, j’ai pu appliquer la règle pour m’éviter de culpabiliser sur mes émissions de gaz à effet de serre que je sais élevées… Un avion plein diminue ma part…

Une seule comédie à me mettre sous l’œil : Austin Power : un peu gras à mon goût mais les comédies sont les seuls films (ou presque) que j’accepte de voir depuis des années… Pourquoi se tirer des larmes ou se provoquer du stress supplémentaire quand la vie quotidienne en offre déjà trop ? Avec des hits des 70’s dans les oreilles ça le fait pas mal.


VENICE CALIFORNIA

Chris m’a cueillie à l’aéroport. Quelques jours à LA pas bezef, mais là encore c’est la famille, la maison, son jardin, ses opossums.. et les gamins du voisinage.. Le premier, Froggy, que j’ai connu bébé, sort d’une adolescence difficile. Poignardé à 12 ans par son frère, baigné dans l’univers des gangs. Il avait lu la BD y’a une paire d’années et m’en a reparlée. La tendresse de ses yeux, son hug affectueux et son regret que je parte aussi vite m’a touchée. Ensuite, le fils de mon amie Dee, 10 ans, venu avec sa mère pour une visite surprise à trois heures du décollage pour me montrer son nouveau chien.. Un gamin super qui m’a bien sûr parlé de Tuvalu. Enfin et ce fut plus étonnant, le fils français de 12 ans d’un pote de Chris en visite : alors que je lui donnais la BD en anglais, il me répond « ah mais je l’ai étudiée en classe en France »… Il ignorait tout de la situation globale et nous avons beaucoup discuté. Il a posé des tas de questions. Parlant de recyclage, il se demandait si la manufacture de produits recyclés ne polluait pas autant qu’à partir de matières premières. « Ce sera à toi, à ta génération à essayer de réparer nos bêtises »... Il a conclu notre conversation, un peu stressé « il faudrait plus de gens comme toi ».. J’espère ne pas l’avoir trop traumatisé en expliquant la situation dans laquelle nous nous trouvions. Ces trois là en tout cas se souvenaient du nom de Tuvalu. Mon petit fils continue d’en parler comme de « l’île de Manette » mais ce soir, j’ai reçu une photo de NY, où dans sa douche derrière son nouveau rideau il montre du bout du doigt le petit point sur la carte du Pacifique : Tuvalu.

Bye Bye LA

La halte californienne se termine. Les dernières fournitures sont achetées jusqu’aux 2 litres d’huile d’olive pour le curry de Sarah. J’ai réduit un peu la liste faute de place. Fais l'impasse par exemple sur les piles de la lampe torche.., y en a dans la boutique de Susie. Je n’ai pas encore pris le pli, mais on trouve maintenant pratiquement tout sur place.. si on n’a pas de goûts de luxe.

Les 2 sacs sont pesés à 23 kg pile chacun... Il y a encore 18 mois on avait droit à 2x32... Entre les bandes, les cartouches, les nouveaux bouquins, les douceurs de toutes sortes et en quantité, les tshirts Obama, une bonne dizaine de kgs en plus par rapport au départ de New York où j’avais pu me délester à NY et à L.A. d’un peu de mes kgs

Cette année, on emporte aussi du matériel pour les formations : le fuepol testé pour la production de biodiesel de coprah par le Cirad l’an dernier, un gazogène en kit pour aller au-delà du petit gazo construit sur place l’an dernier par Gilles, notre spécialiste biofuels qui revient cette année, et les ingénieurs de TMTI. Ca bien sûr n’est pas dans ma valise mais sur des cargos. J’ai aussi profité du passage aux us pour commander des fours solaires et un scooter électrique, Chris a négocié le scooter à prix coûtant avec le distributeur. Je dois voir avec Grace, la « loueuse » de motos, si elle a une préférence ou une autre idée pour le transport que DHL.

Appeler Joannie, Sam, nettoyer le bureau,… aller voir ma voisine Rosie, celle qui avait profité de mes miles pour faire le voyage à Paris dont elle rêvait depuis sa prime enfance.. J'ai sans doute déjà raconté cette histoire.. et là heu.. faut que j’y aille !

Fiji se profile.

Chris m’a accompagnée à l’aéroport, prêt à reprendre un ou deux kgs de mes valises si je dépassais les limites. Après plusieurs heures de pesage et d’angoisse à base de « qu’est-ce que j’enlève si y a trop ? », ils pèsent pile poil 23 kg chacun ! Les dieux étaient vraiment avec moi : le comptoir avant d’embarquer m’a changée pour un siège couloir, que j’adore, et comme ma télé ne fonctionnait pas, ils m’ont déplacée, couloir toute !, une rangée derrière les 1ere classes, où j’ai pu voir le film, écouter ma musique, étendre les jambes et dormir pendant que nous couvrions les 12060 km qui nous séparaient de Fidji.

De Paris à NY à L.A, j’étais dans un environnement protégé familial, Fiji c'est un peu plus l'inconnu quand même. Y'a plus Léonie ma copine de NZ Aid et pas mal de trucs à essayer de régler toute seule. Nos transit de matériel notamment. Expédier quelque chose à Tuvalu c’est possible, l’assurance qu’il arrive, l’est moins. Et puis s’il arrive, on ne sait jamais trop quand. Pour certains trucs c’est bien d’être sur place. Voir la Sopac, Uicn, Sikeli pour parler biogaz etc. Je dois aussi chercher le modem que nous a conseillé John pour accélérer la connexion à Tuvalu histoire d’assurer une communication tolérable avec le reste du monde. Le téléphone ne fonctionne toujours pas – ou si peu – à sa place, adsl gagne du terrain (encore faut il avoir un modem idoine).

Arrivée à Nadi

Les cieux m’ont encore fait de l’oeil. J’ai attendu mon 2e bagage des plombes… Et y’avait une queue pas possible au contrôle des bagages… pour lequel je paranoie toujours. Premier contrôle, ça passe, deuxième point de contrôle. Une fille m’a fait signe… Devant son écran « c’est quoi, là, on dirait une bouteille ». Je ne savais pas trop « sans doute du café ». C’est bon » m’a t’elle dit avec un sourire… Le gentleman des douanes debout derrière qui en général ouvre quand même les bagages histoire de, m’a aidée à les remettre sur le caddy et m’a fait signe de passer à gauche quand tout le monde allait à droite… Une seconde de panique encore… C’était la sortie… Libre d’acheter une carte Sim, d’avaler un café, d’acheter le ticket de bus et de noircir un peu plus mes poumons. Et le car arrivait… Sans que je demande quoi que ce soit, un mec m’aide à ranger mes bagages dans le coffre « vous faites partie de la compagnie de bus ? « « non je suis taxi.. » Du coup j’ai dérogé à la règle de fidji, où personne n’est habitué à recevoir un pourboire… Ce n’est plus familial mais, après 9 voyages, c’est au moins familier. Et je me sens assistée !

Dans le bus de Nadi à Suva : Herbier blog

7H30. Le car part à l’heure. A la sortie de la petite ville de Nadi, le temple hindou a été repeint et brille de 1000 couleurs ; un petit héron pavane sur les fils électriques juste au dessus de 2 buffles…

Les 4 h 30 de route sont un émerveillement à chaque fois renouvelé devant la luxuriance environnante. Une biodiversité végétale à couper le souffle, contrairement à Tuvalu où on en a vite fait le compte, à Fidji je serais incapable de chiffrer le nombre de plant sur 1 m2.
Prédominance de verts de toutes sortes… Tiens des pins, jamais remarqués… beaucoup de pins… Des grappes de fleurs jaunes pendent d’arbres énormes, des plumeaux mauves, des plumets roses, des frangipanes blanches, des roses, des fleurs rondes oranges, d’autres jaunes ou blanches à pétales, d’autres droites dans leurs bottes sur de petits arbustes, des cloches roses pales ou foncées..

Dans ces situations, je rêve d’un compagnon de voyage biologiste qui puisse m’instruire, comme l’avait fait Patrick Blanc, il y a comme un siècle chez Mimi Pilhan, en jetant un œil sur la photo du plus grand arbre du jardin californien « humm beau spécimen de Dombaya ! »

Clochettes mauves, fleurs d’arbre à coton jaune comme en Australie, bougainvilliers de toutes tendances y compris un saumon pale magnifique, alors que je déteste l’arbuste à grappes saumon passé de fleurs elles mêmes toujours comme fanées…

Lauriers roses, bouquets de fleurs cerises, succulents à boutons roses, fleurs rouges en forme de sapin de noel, tamarin ou tamaris, boules de buis bleues, palmes et bananiers, oiseaux de paradis de toutes sortes bambous de 15 mètres, fougères parasol de 3 mètres, arbres a feuilles d’acacias, d’autres pourraient être des mimosas sauf que les fleurs sont des plumets rouges..

Liserons géants aux feuilles grosses comme des nénuphars ou plutôt comme des feuilles de kiwi, et autres lianes.. La jungle… mais aussi la mangrove, les plantations de papayas et le maiîre des arbres fidjiens : le manguier haut de plusieurs étages qui semble s’arrondir pour mieux protéger ceux qui vivraient/vivent dessous.

On s’approche de Suva, plus les plantes domestiquées se multiplient, dans les rigoles les fleurs de nénuphars roses et mauves se dressent fières sur leur longue tige tandis que les Dish Sky pacific fleurissent sur des baraques pas plus grandes que des petits poulaillers

Si la route a été refaite et des ralentisseurs installés depuis le déluge de 2007, celui d’il y a quelques mois, a laissé ses traces sur les plages avec des troncs arrachés par des dernières grandes pluies qui ont fait plusieurs morts dans les villages et privé d’électricité plusieurs centaines de milliers d’habitants à Fidji. Et d’après Anare on ne peut pourtant pas dire qu’il se soit agi d’un cyclone ou hurricane.

OK j’arrête ☺ Ca m’a bien occupée ce voyage d’observation de près de 5 heures. Agréable au point d’en oublier les hurlements d’un bébé d’un bout à l’autre du chemin…

Fetaui..

16 / 03 / 09 - 16 : 09





16 / 12 / 08 - 13 : 54

Troisième participation pour Alofa Tuvalu au Festiventu, rendez-vous incontournable des amoureux du vent et d'une planète respectée à Calvi, sur la bien nommée île de beauté. Une opération Chapiteau "A l'eau la Terre" soutenue pour Alofa par l'Ademe et le Conseil Régional d'Ile de France, sur l'espace Fête en l'air où l'équipe du Festival nous offrait l'opportunité de travailler pour la première fois avec Surfrider.

Avant la mise en ligne d'un récit plus exhaustif de ces 5 jours d'animations sur les changements climatiques et les moyens d'y faire face, menés en collaboration harmonieuse et complémentaire avec Surfrider donc et les Petits débrouillards, partenaires historiques de ces opérations, voici un petit aperçu en images :



11 / 11 / 08 - 13 : 30

Saturday, october 11th, the Arizona Verde Valley School rewarded Christopher Horner for Humanitarian And Artistic Achievement for the documentary "Trouble in Paradise"' and for Alofa Tuvalu's investment into
helping tuvalu, the first sovereign nation threatened with disapearing due to global warming related flooding.



Chris Horner, an alumni from Verde Valle School, made the trip from California to get the awards and discuss with the students. He represented as well, Gilliane Le Gallic, initiator of Alofa Tuvalu and the film co-producer.
More info about the film and the Small is Beautiful project :
www.europeantelevisioncenter.tv and www.alofatuvalu.tv

26 / 10 / 08 - 08 : 51

La Fondation Ashoka sillonne le monde à la recherche d'entrepreneurs sociaux. Le 9 octobre dernier, Gilliane était invitée à exposer son action en faveur de Tuvalu au Cirque d'Hiver, un marathon bien sympathique fait d'ateliers et d'entretiens individuels, et de jolies rencontres.









09 / 10 / 08 - 18 : 00







et bienvenue à Yaily, bénévole colombienne qui a rejoint le siège d'Alofa depuis quelques semaines !!

02 / 10 / 08 - 18 : 00

Hi Guys,
Can’t believe how mad it has been and that we actually managed to get it together!! Bloody hard work but really enjoyed it!
The opening was great – there were many more people through than I thought there would be and everyone was genuinely interested in the issues.
The support has been so amazing that we have decided to do a closing party, also, Booter has offered to DJ for free (just have to keep him plied with wine!), so this should be an amazing night out!! All in the name of awareness raising of course!
Keep the faith! Cheers, Sarah



01 / 10 / 08 - 18 : 00

Les mardis de l'environnement, bébé commun de Marie-Pierre Cabello et Patricia Ricard, c'est tous les premiers mardis du mois à la Fondation d'entreprise Ricard à Paris.
Ce mardi de septembre, Gilles Vaitilingom et Gilliane Le Gallic, fraichement rentrés de Tuvalu venaient présenter la mission printemps-été 2008 d'Alofa.




Lors de cette mission, Alofa a mis le cap sur les biofuels, et démontré la faisabilité de productions locales pour usage local de biodiesel de coprah et d'essence de todi comme substitut à l'énergie fossile pour le transport maritime et terrestre. Les ingénieurs de TMTI ont également construit sur place et sur les plans de Gilles, un petit gazogène qui fournit du gaz en brûlant les cosses et bourres de noix de coco.

Ecoutez l'itw de Gilliane sur la radio de la mer: http://www.laradiodelamer.com/podcast/environnement/ecoutez-interview-de-gilliane-le-gallic-presidente-de-l-association-alofa-tuvalu-1141.html

Plus d'infos sur les "mardis": www.s-e-r-e.com
Plus d'infos sur la mission sur place qui s'est étendue d'avril à juillet dans ce blog...


30 / 09 / 08 - 18 : 00

Escapade bretonne



Après une semaine overloaded avec entre autres, les fignolages des comptes finaux pour l’Ademe et la rédaction en quelques jours en collaboration étroite avec Sarah en GB, d’une demande de fonds pour la biomasse auprès de Wisions, la perspective d’un voyage éclair sur l’île de Groix calait mal avec une franche envie de lever le pied, plutôt que le camp. Pour moi en tout cas, qui suis à Paris depuis mi-juillet à peine. Certes la déconnection était la bienvenue mais une dizaine d’heures de voyage pour un séjour de même pas 24 où l’attention ne pouvait pas être relâchée, ça paraissait un peu speed.



Le Festival du film insulaire de l’Ile de Groix désireux d’organiser un rapprochement entre îliens nous avait contactés il y a de plusieurs mois. En 2005, Patricia s’y était rendu pour accompagner « Nuages au paradis », sélectionné alors parmi les dizaines de films et documentaires diffusés. J’étais moi à Tuvalu et Fanny, as a matter of fact, qui ne travaillait pas encore à temps surplein avec Alofa, aussi. Cette année, François Baron, le papa du festival, avait ajouté au programme habituel, une touche développement durable et nous y avait conviée pour 2 « conférences », l’une dans l’après midi, après le film d’Hervé Corbières, où les actions d’Alofa sont documentées, l’autre le soir devait prendre la forme d’un débat entre îliens sur fonds d’échange d’expériences.

La magie a opéré dès que nous nous sommes assises dans le train (ou presque)… Dès l’arrivée à Lorient d’où nous devions prendre le bateau pour l’île de Groix, nous croyions reconnaître des faciès bretons partout… Bien sûr je me retrouve en eux. Bien sûr aussi ce n’est qu’une impression mais au moins ce qui est certain c’est que le parler est franc et par les temps qui courent ça fait du bien.



A notre sortie du bateau nous avons été accueillies par une gentille organisatrice dont j’ai oublié le nom qui nous a menée au Parcabout, un hôtel d’un genre tout à fait nouveau au beau milieu d’une forêt de pins californiens, pour que nous déposions nos sacs.



Ce fut notre première grande surprise qui nous a tenues amusées un moment et qui demeurera une image mémorable : en fait de chambre, il s’agissait d’un nid, une sorte de teepee en forme d’œuf, garni d’un matelas et d’une couette ronde, le tout suspendu à une dizaine de mètres de hauteur dans les pins, sanglé par des cordes marines et des filets élastiques.


L’opération dépôt de sacs a demandé plus de temps que dans un hôtel disons plus traditionnel : il s’agissait de grimper à 10 mètres, en se hissant le long d’une petite échelle large de 20 cm, d’enjamber ensuite agrippées au filet un trou entre deux troncs pour accéder à une passerelle elle aussi élastique et enfin à la « terrasse » également en cordage. Tout ça avec des sacs plus grands qu’une trousse… Ca nous a permis de réaliser que, la nuit, sans lumière, nous ne serions pas forcément capables de réaliser la même ascension sans dommage. La perspective d’une envie pipi pressante au milieu de la nuit a également été déterminante pour nous faire accepter la substitution par un nid à l’accès plus direct. Pour les envies de pipi nocturnes, on a quand même suggéré au dieu des pins californiens de nous en prémunir jusqu’au petit déjeuner…

Direction le site du festival ensuite. La sensation agréable de « chez soi » s’est trouvée confortée à l’arrivée sur les lieux vers 15h30: ceux qui s’y trouvaient, François Baron qui nous a accueillies, les participants qu’il nous a présentés dont l’administrateur de Tara avec qui nous avons partagé un cidre au soleil sur fonds de discussions sur la dérive écourtée du célèbre bateau.



Le mini débat d’après film, (vers 16h) pour lequel François m’avait recommandé de rester générale pour ne pas trop déflorer le débat du soir, fut familial, positif. Celui du soir fut plus officiel, avec les élus de quelques îles du ponant. Ca a démarré par une visio-conférence avec Soren Hermansen, directeur de l’académie de l’énergie sur l’île de Samsö au Danemark. Il a lancé un programme d’autonomie énergétique sur son île en faisant participer activement les habitants et ça fonctionne à merveille. Jean-Pierre Kerloc’h, Maire de l’île de Sein, a ensuite fait part de ses velléités renouvelables sur la petite île de 0,5 km2 à 1,5m au dessus du niveau de la mer…, intégrant dans son discours à notre plus grand plaisir le biogaz de déchets humains dont nous lui avions touché deux mots lors du dîner. Un refrain repris par Perrine et Henry, élus de Belle île et par le très positif Maire de l’île de Groix, Eric Régénermel. En tribune, (en fait de tribune il s’agissait d’une coque de vieux bateau) Christian de Marliave, responsable scientifique de l’expédition TARA et Pierre Sachsé, expert en maîtrise de l’énergie étaient là également pour rappeler l’urgence climatique. Dans le public, Dominique Voynet, résidente secondaire, et une députée.



Le fait que la plupart des maires présents considère le biogaz à partir de déchets humains comme une solution à leur problème d’assainissement, fut vraiment une grande surprise et un vrai bonheur, l’objet même de notre plan Small is Beautiful : encourager la reproduction des initiatives que nous menons à Tuvalu pour le bénéfice du plus grand nombre. Devant tant d’enthousiasme et d’envie de faire ensemble, nous avons lancé l’idée d’un jumelage entre les îles représentées ou l’association des Iles du Ponan avec Tuvalu, qui semble faire son chemin.

Tout s’est donc passé sans encombre. Au retour, nous étions, Fanny et moi, comme rassérénées, touchées au plus profond de nous-mêmes par la réalisation, qui n’était pas la première, de notre attachement à l’eau qui nous entoure, à la vie côtière, insulaire…



La petite mauvaise nouvelle : Si nous avons pu goûter au cidre breton, nous n’avons pas eu le temps/opportunité de croquer dans une crêpe… Les crêperies de l’Ile nous ont bien tendu leurs terrasses quand nous sommes arrivées le dimanche midi sur le port après une marche rapide sur le chemin côtier, sauf que le bateau nous attendait… déjà ! A Lorient, où nous avons poireauté une bonne heure aux alentours de la gare, pas de crêperies en vue, sinon fermées…

Et tandis que nous nous repliions sur des sandwish sncf, comme pour faire le lien et boucler la boucle, mon portable a sonné : c’était Laima, la femme de Panapasi, qui appelait de Bruxelles. La première fois depuis 4 ans que nous nous connaissons qu’elle m’appelle. Si ces derniers temps les contacts sont réguliers par email, les discussions par téléphone sont rares. Elle demandait assistance pour obtenir des formulaires des affaires étrangères belges qui ne parlent que flamand et français… pour acheter une voiture et accueillir dignement le Premier Ministre tuvaluen et sa femme Nala en visite éclair en Europe à la fin de ce mois.

Laima nous a demandé de venir deux jours avant l’arrivée du chef de l’Etat tuvaluen pour l’aider à looker l’ambassade façon Tuvalu. La décoration du siège parisien d’Alofa lui a donné des idées.



Allez c’est pas tout mais on a quelques trucs sur le feu, alors à plus tard / fetaui
Gilliane

30 / 09 / 08 - 10 : 19


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