Vendredi 24 avril : Bomb Day
Bomb Day, c’était hier. Le 24 Avril 1942 (ou 3) L’église de Funafuti s’est pris une bombe japonaise… Depuis les funafutiens célèbrent et du coup les autres îles aussi…On est friands de jours fériés pour tous à Tuvalu.
TMTI avait dû oublier puisque c’est ce jour là qu’ils ont callé la cérémonie de remise des diplômes. Sarah ayant prévu d’aller pêcher avec Nala et Apisai, fallait que je m’y colle. TMTI c’est quand même notre partenaire principal pour le training et montrer son nez leur fait toujours plaisir. J’y suis allée avec John et Eti et nous sommes revenus avant le fatele, les discours et le lunch. Pratique d’avoir un bateau !… L’année dernière Sarah nous représentait, moi j’avais fait acte de présence les années précédentes. La première année, j’ai apprécié la découverte de cette tradition, la seconde encore j’ai filmé tout du long, la troisième avec beaucoup moins d’enthousiasme.
La veille a minuit moins vingt la cloche de l’église a été secouée au moins 100 fois…. Puis à minuit. Un peu interloquées, nous avons imaginé que c’était pour annoncer Bomb day encore que ça ne semblait pas très logique.. Alors quoi ? Pour alerter ? de quoi ? d’un tsunami ? d’un cyclone ? On s’est endormi en se disant qu’on verrait bien…
En fait c’était pour appeler à la prière pour la douzaine de tuvaluens détenus, depuis plusieurs semaines, sur le cargo piraté à 500 miles des cotes somaliennes. En fait depuis la bombe japonaise Tuvalu n’a sans doute jamais vécu d’autres tragédies à part cette dernière..
Samedi : pas sortie de la journée et les éruptions de boutons qui n’ont pas eu de cesse depuis mon arrivée se sont un peu estompées, en revanche une ampoule s’est infectée et après une légère incision, Sarah m’a appliqué crème et compresse. Je ne vais jamais très attention à ce genre de choses mais l’infection s’étalait un peu vite… il fallait agir…
Nala elle aussi, comme la petite fille d’Eliala, a son lot de furoncles purulents. La petite en avait 3 bien vilains sur le crâne… Pour moi on ne peut pas dire que c’est l’eau du lagon comme j’aurais tendance à le penser pour eux, puisque je ne m’y trempe jamais. Alors cest quoi ? Soleil ? transpiration ? aoutats ? tout ça mélangé puis infecté ?
Bomb Day, c’était hier. Le 24 Avril 1942 (ou 3) L’église de Funafuti s’est pris une bombe japonaise… Depuis les funafutiens célèbrent et du coup les autres îles aussi…On est friands de jours fériés pour tous à Tuvalu.
TMTI avait dû oublier puisque c’est ce jour là qu’ils ont callé la cérémonie de remise des diplômes. Sarah ayant prévu d’aller pêcher avec Nala et Apisai, fallait que je m’y colle. TMTI c’est quand même notre partenaire principal pour le training et montrer son nez leur fait toujours plaisir. J’y suis allée avec John et Eti et nous sommes revenus avant le fatele, les discours et le lunch. Pratique d’avoir un bateau !… L’année dernière Sarah nous représentait, moi j’avais fait acte de présence les années précédentes. La première année, j’ai apprécié la découverte de cette tradition, la seconde encore j’ai filmé tout du long, la troisième avec beaucoup moins d’enthousiasme.
La veille a minuit moins vingt la cloche de l’église a été secouée au moins 100 fois…. Puis à minuit. Un peu interloquées, nous avons imaginé que c’était pour annoncer Bomb day encore que ça ne semblait pas très logique.. Alors quoi ? Pour alerter ? de quoi ? d’un tsunami ? d’un cyclone ? On s’est endormi en se disant qu’on verrait bien…
En fait c’était pour appeler à la prière pour la douzaine de tuvaluens détenus, depuis plusieurs semaines, sur le cargo piraté à 500 miles des cotes somaliennes. En fait depuis la bombe japonaise Tuvalu n’a sans doute jamais vécu d’autres tragédies à part cette dernière..
Samedi : pas sortie de la journée et les éruptions de boutons qui n’ont pas eu de cesse depuis mon arrivée se sont un peu estompées, en revanche une ampoule s’est infectée et après une légère incision, Sarah m’a appliqué crème et compresse. Je ne vais jamais très attention à ce genre de choses mais l’infection s’étalait un peu vite… il fallait agir…
Nala elle aussi, comme la petite fille d’Eliala, a son lot de furoncles purulents. La petite en avait 3 bien vilains sur le crâne… Pour moi on ne peut pas dire que c’est l’eau du lagon comme j’aurais tendance à le penser pour eux, puisque je ne m’y trempe jamais. Alors cest quoi ? Soleil ? transpiration ? aoutats ? tout ça mélangé puis infecté ?
16 / 05 / 09 - 06 : 19
Dimanche « j’veux pas », 19 avril 2009
Réveillée comme tous les matins à 6h30 par un ensemble de bruits dont les coq qui trompettent toute la nuit. Quand on s’est couché à 4, ça ne le fait pas trop. Rendormie jusqu’à 9h30. C’est plus comme un dimanche. Mais j’aurais bien, pendant quelques secondes, jeté une grenade dans le petit espace sous ma chambre où toute la famille voisine avait décidé de passer à la salle de bain, c’est-à-dire à la bassine juste là, en bas. Hier soir, une femme d’une cinquantaine d’années, déjà, y faisait ses ablutions, bassine et boite de conserve en guise de douche.
Premier plaisir en entrouvrant mon rideau pour saisir la scène qui me tirait du sommeil : une séance d’épouillage. C’est un des rares aspects profonds de la société tuvaluenne d’aujourd’hui qui me rappellent nos grosses différences de culture. Most of the time, I feel like we are so close even though brought up differently. La grosse voisine s’activait sur le crâne de sa fillette d’une dizaine d’années, assise dans la bassine, je n’ai pas regardé longtemps mais elle en a attrapé plusieurs. Bizarrement, alors que c’est la coutume ici, elle ne les a pas mangés. Mais écrasés entre ses ongles. Avec elles, la jeune fille un peu neurasthénico-hystérique rencontrée pour la première fois hier quand elle se sauvait du jardin en me voyant, puis assise avec la fille de Susie dans leur jardin. Qui, de toute évidence, a élu domicile dans la maison d’à côté elle aussi. L’hospitalité est une des grandes qualités (mais aussi un gros emmerdement) de la société tuvaluenne. Mes amis sont devenus prisonniers de guests, de 2 à 4 ou 6, pendant plus d’une année.
Ce dimanche il faut que je sois à 18h à la réunion que j’ai facilitée entre l’assoc des musiciens et Nicky, j’ai décidé de ne pas me stresser outre mesure avant. Je n’ai pas mis à jour le premier brouillon d’idées et ne le ferai pas. Juste déposé hier un exemplaire imprimé (le mien, pas pu faire d’autre copie) à Nicky avec un petit mot pour l’heure… Enfin quand je dis que je lui ai déposé. Je l’ai donné à la fille de la réception, avec aucune certitude qu’il lui sera remis. Depuis ce matin, j’essaie d’appeler l’hôtel pour m’en assurer… Entre les 15 numéros à faire pour atterrir au 006, 500, 501, 502, 503, 504 et j’en passe, occupés ou sans réponse, je n’en suis toujours pas sûre. Mais je n’ai pas envie de sauter sur ma bicyclette… On verra bien
Encore une fois, ce dimanche, j’avais l’intention de me laisser inspirer par le moment… Allais-je terminer la lettre pour les affaires étrangères ? répondre à Corine et JF Bouffandeau, les derniers ambassadeurs à Fiji avant le tout dernier ou encore à Laima ? Reprendre le texte/compte rendu/communiqué pour Earth Hour, inspiré hier puis perdu dans un word détraqué ? Avancer sur le montage (j’en vois le bout je crois), mettre à jour le texte « tuvalu king tides day » ?
Au sortir du breakfast, un découragement incontrôlé m’a saisie en voyant le nombre de mails dans ma page courriers.
Je n’avais pas fait ma liste du jour et avais feint d’oublier que, comme chaque semaine, je dois leur mail hebdo à Chris (qui s’impatiente vite) et Sandrine. Peut être que j’aurais oublié pour de bon. Mais le nombre de pages reçues de Tahiti, la pêche de Fanny qui à peine arrivée, blogue ses impressions, ses plaisirs et me glisse des questions dans le corps des textes, donne ses instructions à Angie, à Susie, pose ses dernières questions à Elena de Te mana o te moana. Même si ce n’est que bon esprit et énergie de toute part là bas, moi, ici, aujourd’hui ça me décourage de devoir répondre à ces 5 pages en times 12.
Ce dimanche, « j’veux pas ». Et pourtant je vais faire… sans enthousiasme. D’ailleurs je vais commencer par ça, en expliquant à Fanny qu’elle évite de m’imposer des lectures intégrales. Ca va sans doute se calmer. J’ai d’ailleurs prévu de passer ma semaine sur les choses à préparer ici pour l’arrivée de Gilles et autres trucs qui traînent sans me mêler de Tahiti.
J’avais en tête de passer aux media pour leur dire que ça y était Susie et Fanny s’étaient envolées pour Tahiti. L’occasion ne s’est pas présentée vendredi. Samedi j’y aurais retrouvé Fong que je venais de croiser et ce n’était pas le moment. Ce dimanche peut être y passerai-je avant de rejoindre Nicky en fin d’après midi mais dans la mesure où ils vont recevoir le communiqué qu’expédiera Angie en début de semaine, ce n’est pas indispensable. Et Fanny fera une interview/ debriefing en arrivant. Pas assez communiqué à la radio ces 7 semaines passées. Trop à dire.
Dans la foulée de ces lignes, Clemmie me fait une visite surprise. Pas trop d’humeur. Elle l’a senti, c’est sûr. Et je lui ai dit. Mais c’est vraiment une chic fille, une empathie, un respect des autres, un investissement rares. Elle a encore du mal quand elle ne trouve pas la même attitude, les mêmes idéaux, en retour. Mais d’abord elle venait me rapporter le bouquin emprunté et le film (version longue, je n’en ai plus du format regardable)… Elle aime et voudrait acheter une copie… « Je t’en donnerais bien une si tu me promets de ne la montrer que chez toi. Pour tout autre utilisation… » laius habituel.. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle m’a raconté sa craquerie de la veille.
Elle avait prévu de prendre des photos de jeunes écrivant des messages sur des grandes feuilles et sur le sable. Une jeune fille dont le nom ne me dit rien avait promis de lui trouver les jeunes. Et rendez-vous était pris pour hier 10h. Clemmie était encore cool. On lui avait tous parlé des retards ou des no show même quand ce sont eux qui proposent. A midi, la fille est passé devant elle, sans la regarder, quand Clemmie lui a rappelé leur rendez vous la fille lui a dit qu’elle allait chercher des couleurs à l’école primaire (fermée bien sûr le samedi). Clemmie a attendu jusqu’à 13h jusqu’à ce que Tafue qui passait par là lui conseille d’aller trouver la fille… Jusque-là, elle y croyait encore. Elle a retrouvé la nana enfermée dans une classe d’USP avec deux garçons. Clemmie a eu espoir que c’était 2 des 6, mais la fille avait l’air très énervée d’être dérangée. Puis elle l’a envoyée dans la classe d’à côté où blablataient 4 autres étudiantes… Elle s’est alors aperçue que personne n’était au courant et pas plus intéressé que ça par la fourniture de témoignages. Les filles allaient sans doute le faire pour lui faire plaisir mais sans l’enthousiasme dont a besoin Clemmie. Elle les a « libérées » et ce n’est que sur la moto qu’elle a éclaté en sanglots. Tellement le décalage lui semblait important entre son investissement, celui des 2 militants morts au G20 et le désintérêt de ces quelques jeunes.
Je l’avais prévenue à son arrivée que comme partout ailleurs, les adolescents sont difficiles à atteindre, qu’elle ferait mieux de s’adresser à l’école primaire où au moins, depuis quelques années, les enfants ont reçu l’information de manière régulière et ça les fait assez flipper même s’ils ne comprennent pas tout. La tristesse de Clemmie « mais elle m’a menti ».
On a reparlé de la réunion TUCAN. De Tafue, Tataua, allait-il ou non s’engager à signer la page sur internet avec photo… « il est très beau… » Euh si je vois une certaine beauté en Tatau, elle vient de l’intérieur. « «Tataua ? de la red cross ? ». « Non, l’autre celui qui est dans le film, je n’avais pas remarqué combien il était beau en vrai… » Il s’agissait de Semese, bien sûr. Et c’est vrai qu’il est beau. Heureusement qu’il n’a pas la grosse tête notre pote car toutes les visiteuses doivent craquer comme Clemmie. Après lui avoir dit la veille que ça ne servait à rien que je sois moi sur internet pour leur campagne avec Tuvalu en symbole, aujourd’hui, I guess to cheer her up, j’ai dit oui.
Ce soir, la réunion Musiciens/Nicki, où je suis allée littéralement en traînant les pieds n’a pas été si dure que ça… J’ai récupéré un peu de l’énergie de Nicki qui baillait tout le temps mais est parvenue quand même à occuper tout l’espace de paroles. On allait repartir à pieds moi à la maison, elle au fusi quand elle a vu au menu de l’hôtel « lobster-homard », nous en avions bien vu dans l’assiette de la star japonaise installée sous la hutte avec l’équipe de Suitchi (tuvalu ovrview) mais n’imaginions pas que ce soit au menu. Si. Alors pas d’hésitation. On est retourné devant le lagon à une table avec le reste de l’équipe du Tuvalu Trust Fund et un mec de la Croix Rouge arrivé jeudi. Lui il repart lundi, en gros il sera venu passer le week end pour poser, demain, 15 questions à Eseta, la présidente de la croix rouge locale. Comme David, marié à Sala, une tuvaluenne, il est d’un conservatisme crasse. Nicki qui est rentrée avec moi pour emprunter un livre (et me donner 2 fromages) a ajouté qu’il l’était moins que David, qui lui est anglais.
Finalement le homard même pas très bon a fait de ce dimanche qui démarrait mal, un vrai dimanche.
Réveillée comme tous les matins à 6h30 par un ensemble de bruits dont les coq qui trompettent toute la nuit. Quand on s’est couché à 4, ça ne le fait pas trop. Rendormie jusqu’à 9h30. C’est plus comme un dimanche. Mais j’aurais bien, pendant quelques secondes, jeté une grenade dans le petit espace sous ma chambre où toute la famille voisine avait décidé de passer à la salle de bain, c’est-à-dire à la bassine juste là, en bas. Hier soir, une femme d’une cinquantaine d’années, déjà, y faisait ses ablutions, bassine et boite de conserve en guise de douche.
Premier plaisir en entrouvrant mon rideau pour saisir la scène qui me tirait du sommeil : une séance d’épouillage. C’est un des rares aspects profonds de la société tuvaluenne d’aujourd’hui qui me rappellent nos grosses différences de culture. Most of the time, I feel like we are so close even though brought up differently. La grosse voisine s’activait sur le crâne de sa fillette d’une dizaine d’années, assise dans la bassine, je n’ai pas regardé longtemps mais elle en a attrapé plusieurs. Bizarrement, alors que c’est la coutume ici, elle ne les a pas mangés. Mais écrasés entre ses ongles. Avec elles, la jeune fille un peu neurasthénico-hystérique rencontrée pour la première fois hier quand elle se sauvait du jardin en me voyant, puis assise avec la fille de Susie dans leur jardin. Qui, de toute évidence, a élu domicile dans la maison d’à côté elle aussi. L’hospitalité est une des grandes qualités (mais aussi un gros emmerdement) de la société tuvaluenne. Mes amis sont devenus prisonniers de guests, de 2 à 4 ou 6, pendant plus d’une année.
Ce dimanche il faut que je sois à 18h à la réunion que j’ai facilitée entre l’assoc des musiciens et Nicky, j’ai décidé de ne pas me stresser outre mesure avant. Je n’ai pas mis à jour le premier brouillon d’idées et ne le ferai pas. Juste déposé hier un exemplaire imprimé (le mien, pas pu faire d’autre copie) à Nicky avec un petit mot pour l’heure… Enfin quand je dis que je lui ai déposé. Je l’ai donné à la fille de la réception, avec aucune certitude qu’il lui sera remis. Depuis ce matin, j’essaie d’appeler l’hôtel pour m’en assurer… Entre les 15 numéros à faire pour atterrir au 006, 500, 501, 502, 503, 504 et j’en passe, occupés ou sans réponse, je n’en suis toujours pas sûre. Mais je n’ai pas envie de sauter sur ma bicyclette… On verra bien
Encore une fois, ce dimanche, j’avais l’intention de me laisser inspirer par le moment… Allais-je terminer la lettre pour les affaires étrangères ? répondre à Corine et JF Bouffandeau, les derniers ambassadeurs à Fiji avant le tout dernier ou encore à Laima ? Reprendre le texte/compte rendu/communiqué pour Earth Hour, inspiré hier puis perdu dans un word détraqué ? Avancer sur le montage (j’en vois le bout je crois), mettre à jour le texte « tuvalu king tides day » ?
Au sortir du breakfast, un découragement incontrôlé m’a saisie en voyant le nombre de mails dans ma page courriers.
Je n’avais pas fait ma liste du jour et avais feint d’oublier que, comme chaque semaine, je dois leur mail hebdo à Chris (qui s’impatiente vite) et Sandrine. Peut être que j’aurais oublié pour de bon. Mais le nombre de pages reçues de Tahiti, la pêche de Fanny qui à peine arrivée, blogue ses impressions, ses plaisirs et me glisse des questions dans le corps des textes, donne ses instructions à Angie, à Susie, pose ses dernières questions à Elena de Te mana o te moana. Même si ce n’est que bon esprit et énergie de toute part là bas, moi, ici, aujourd’hui ça me décourage de devoir répondre à ces 5 pages en times 12.
Ce dimanche, « j’veux pas ». Et pourtant je vais faire… sans enthousiasme. D’ailleurs je vais commencer par ça, en expliquant à Fanny qu’elle évite de m’imposer des lectures intégrales. Ca va sans doute se calmer. J’ai d’ailleurs prévu de passer ma semaine sur les choses à préparer ici pour l’arrivée de Gilles et autres trucs qui traînent sans me mêler de Tahiti.
J’avais en tête de passer aux media pour leur dire que ça y était Susie et Fanny s’étaient envolées pour Tahiti. L’occasion ne s’est pas présentée vendredi. Samedi j’y aurais retrouvé Fong que je venais de croiser et ce n’était pas le moment. Ce dimanche peut être y passerai-je avant de rejoindre Nicky en fin d’après midi mais dans la mesure où ils vont recevoir le communiqué qu’expédiera Angie en début de semaine, ce n’est pas indispensable. Et Fanny fera une interview/ debriefing en arrivant. Pas assez communiqué à la radio ces 7 semaines passées. Trop à dire.
Dans la foulée de ces lignes, Clemmie me fait une visite surprise. Pas trop d’humeur. Elle l’a senti, c’est sûr. Et je lui ai dit. Mais c’est vraiment une chic fille, une empathie, un respect des autres, un investissement rares. Elle a encore du mal quand elle ne trouve pas la même attitude, les mêmes idéaux, en retour. Mais d’abord elle venait me rapporter le bouquin emprunté et le film (version longue, je n’en ai plus du format regardable)… Elle aime et voudrait acheter une copie… « Je t’en donnerais bien une si tu me promets de ne la montrer que chez toi. Pour tout autre utilisation… » laius habituel.. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle m’a raconté sa craquerie de la veille.
Elle avait prévu de prendre des photos de jeunes écrivant des messages sur des grandes feuilles et sur le sable. Une jeune fille dont le nom ne me dit rien avait promis de lui trouver les jeunes. Et rendez-vous était pris pour hier 10h. Clemmie était encore cool. On lui avait tous parlé des retards ou des no show même quand ce sont eux qui proposent. A midi, la fille est passé devant elle, sans la regarder, quand Clemmie lui a rappelé leur rendez vous la fille lui a dit qu’elle allait chercher des couleurs à l’école primaire (fermée bien sûr le samedi). Clemmie a attendu jusqu’à 13h jusqu’à ce que Tafue qui passait par là lui conseille d’aller trouver la fille… Jusque-là, elle y croyait encore. Elle a retrouvé la nana enfermée dans une classe d’USP avec deux garçons. Clemmie a eu espoir que c’était 2 des 6, mais la fille avait l’air très énervée d’être dérangée. Puis elle l’a envoyée dans la classe d’à côté où blablataient 4 autres étudiantes… Elle s’est alors aperçue que personne n’était au courant et pas plus intéressé que ça par la fourniture de témoignages. Les filles allaient sans doute le faire pour lui faire plaisir mais sans l’enthousiasme dont a besoin Clemmie. Elle les a « libérées » et ce n’est que sur la moto qu’elle a éclaté en sanglots. Tellement le décalage lui semblait important entre son investissement, celui des 2 militants morts au G20 et le désintérêt de ces quelques jeunes.
Je l’avais prévenue à son arrivée que comme partout ailleurs, les adolescents sont difficiles à atteindre, qu’elle ferait mieux de s’adresser à l’école primaire où au moins, depuis quelques années, les enfants ont reçu l’information de manière régulière et ça les fait assez flipper même s’ils ne comprennent pas tout. La tristesse de Clemmie « mais elle m’a menti ».
On a reparlé de la réunion TUCAN. De Tafue, Tataua, allait-il ou non s’engager à signer la page sur internet avec photo… « il est très beau… » Euh si je vois une certaine beauté en Tatau, elle vient de l’intérieur. « «Tataua ? de la red cross ? ». « Non, l’autre celui qui est dans le film, je n’avais pas remarqué combien il était beau en vrai… » Il s’agissait de Semese, bien sûr. Et c’est vrai qu’il est beau. Heureusement qu’il n’a pas la grosse tête notre pote car toutes les visiteuses doivent craquer comme Clemmie. Après lui avoir dit la veille que ça ne servait à rien que je sois moi sur internet pour leur campagne avec Tuvalu en symbole, aujourd’hui, I guess to cheer her up, j’ai dit oui.
Ce soir, la réunion Musiciens/Nicki, où je suis allée littéralement en traînant les pieds n’a pas été si dure que ça… J’ai récupéré un peu de l’énergie de Nicki qui baillait tout le temps mais est parvenue quand même à occuper tout l’espace de paroles. On allait repartir à pieds moi à la maison, elle au fusi quand elle a vu au menu de l’hôtel « lobster-homard », nous en avions bien vu dans l’assiette de la star japonaise installée sous la hutte avec l’équipe de Suitchi (tuvalu ovrview) mais n’imaginions pas que ce soit au menu. Si. Alors pas d’hésitation. On est retourné devant le lagon à une table avec le reste de l’équipe du Tuvalu Trust Fund et un mec de la Croix Rouge arrivé jeudi. Lui il repart lundi, en gros il sera venu passer le week end pour poser, demain, 15 questions à Eseta, la présidente de la croix rouge locale. Comme David, marié à Sala, une tuvaluenne, il est d’un conservatisme crasse. Nicki qui est rentrée avec moi pour emprunter un livre (et me donner 2 fromages) a ajouté qu’il l’était moins que David, qui lui est anglais.
Finalement le homard même pas très bon a fait de ce dimanche qui démarrait mal, un vrai dimanche.
10 / 05 / 09 - 22 : 36
Ce lundi de Pâques va bientôt voir couché son soleil. Il est 16h30. De retour du port où le bateau de Sarah, enfin celui qui l’emmène sur les îles lointaines, vient de lever l’ancre. J’étais bonne dernière à quitter le quai. Je dois déjà avoir une poignée de départs du Nivaga II dans notre stock de centaines d’heures d’images, mais je n’ai pas résisté à faire une poignée de plans du bateau d’un peu plus loin.
Le départ était prévu hier puis à 10h puis à 12 ce matin. A 10h je suis allée m’assurer que Tala, notre taxi n’avait pas oublié. Si. Mais il fut là dans les 2 mn. Moi j’étais partie un peu en avant pour faire un plan de passage devant le lagon. J’étais depuis longtemps au port quand ils sont arrivés. Ce fut un coup pour rien, enfin si, Sarah a pu déposer valises et sacs et nous sommes rentrées. Sur le chemin du retour je suis allée m’inquiéter de la santé de Père Camille dont la main est toujours enflée depuis sa rencontre avec des loli (ou sucettes) à la noix de coco début janvier. Plus de 3 mois pour une allergie. Mais il peut la bouger et a tenu à me serrer la main. C’est toujours pas très très beau.. Au coin de notre chemin, croisé Semese, qui n’est pas allé à Funafala non plus. Et quelques autres.
Parmi les 5 lignes non rayées ces 3 derniers jours : visite à la petite fille de Fong à l’hôpital pour lui déposer les reeses mous qu’elle peut manger sans dents. Le spectacle n’est pas très beau non plus. Je vous l’épargnerai. La petite se meurt d’une leucémie. Quand je suis arrivée dans sa chambre, sa mère n’y était pas. J’ai essayé de communiquer par le faciès puisqu’elle n’entend plus. Comme elle ne comprend sans doute pas beaucoup d’anglais à son âge, lire sur les lèvres n’étaient pas l’idéal mais je l’ai calmée je crois et elle m’a montré qu’elle ne pouvait pas manger qu’elle avait un problème en bas des côtes qu’on peut compter tellement elle est maigre et tellement sans doute son ventre énorme lui écrase tout là dedans. Assise, elle faisait clairement des efforts pour respirer. Sa mère est revenue. Elle avait reçu il y a quelques jours la visite d’un pasteur pas très bien attentionné vis à vis de Fong et la culpabilisant.
Avant ces quelques minutes avec elles deux, j’étais allée à nouveau m’assurer que Tala serait à la maison où l’attendais Sarah à 12h30. Quand je suis repassée à la maison à 12h32, Sarah venait de partir. A l’heure donc. Dan, un du Fagogo, responsable des transports m’avait indiqué ce matin que le bateau partirait à 14h. Un cargo arrimé au quai.. Mais c’est quoi ce cargo encore ? y’a eu le Moana Roi kiribatien en fin de semaine et celui là dont le nom ne me dit rien. Si c’est le cargo habituel de Pacific Direct Line (PDL) et qu’il remplace le Southern Moana, alors est ce qu’il y en aura un autre en fin de mois comme on me l’avait assuré ? Encore un truc à vérifier si je veux suivre la filière méthanol australienne dont la commande doit théoriquement être acheminée « directement » de Sydney. Comme y’a pas de direct il faut passer par Fidji et par PDL.
J’ai eu l’impression une nouvelle fois d’être arrivée avant Sarah et Tala, j’suis allée au bateau, ils faisaient le plein d’essence et personne n’était monté à bord encore. Mais où était donc passée Sarah ? Quelques plans du nouveau port, d’autres dans l’entrepôt de montagnes de riz et de paquets évidemment sortis du Nivaga en fin de semaine dont des buckets blancs qu’ils utilisent tous ici, adressés à des gens que je connaissais, ça venait donc de potes à Fiji. En revanche, pas vu de boîtes qui pourraient être un fuelpod ou un GEK (kit gazogène). Pas vu non plus de petits drums de méthanol…
Sarah était planquée, avec tous les tuvaluens en attente, sous la jolie hutte qui jouit de la brise de l’océan, mais qui est maintenant cachée derrière l’armée de containers alignée le long de la route. Nous avons attendu là un moment entre les enfants qui se trouvaient toujours une occupation, les plus vieux aussi, comme les mères qui donnaient la tétée à leurs enfants. Je suis allée à 2 reprises voir où en était le bateau.
A la 2e je m’étais donné comme mission de renseigner Taukelina, là pour dire au revoir aux deux ministres qui seraient sur le bateau, Tavau et Sir Tomu. Il a regardé sa montre . Il était 14h, avait-il le temps de retourner « en ville » ? La conversation au guichet fut sympathique : «encore a peu près ½ h ? ? » « euh… » « Une heure ? ». Long silence. C’est pour Tau… Il a le temps de … ? « euh peut être pas ? Disons 45 mn. ».. Nous on commençait à crever la dalle et bien sur les 10 paquets de crispies de Paapa étaient dans la valise inaccessible… Y’a une petite épicerie avant la décharge. J’y fais un saut.. Je l’ai manquée à l’aller, demi tour devant la décharge débordante. Acheté 3 paquets de merdes et salué Sir Tomu, un membre du gouvernement, à qui j’avais serré une fois la main l’an dernier. Je ne le connais pas plus que ça. Mais Kalisi nous a dit que le yukelele sur lequel il avait permis à Sarah de s’entraîner lui appartenait. Il prenait l’ombre sous un cocotier après le port. On a encore attendu une bonne heure avant qu’un homme que je connais de vue et qui semble fiable me fasse signe « ça y est, les passagers peuvent monter ». C’était vrai. La voiture de Sir Tomu nous a doublées lentement « Sir, je tenais à vous remercier personnellement pour ma nomination. La France peut ne pas m’accepter ce qui m’importe c’est votre confiance »… « It was my real pleasure. You deserve it »…. Une fois à bord, sarah s’est inquiétée de sa valise qu’elle ne voyait pas dans sa cabine 4. Une employée m’a appris qu’elle avait changé de cabine, c’était la 1… Peut être les bagages y avaient ils été déposés… Je l’ai laissée aller vérifier pour discuter deux minutes avec un monsieur d’un certain age que j’avais croisé souvent sans savoir qui il était. Inversement, tous mes potes tuvaluens m’avaient demandé si j’avais rencontré celui qui avait lancé la radio ici à Tuvalu il y a une trentaine d’années.. C’était le même homme. Sur le quai, nos trois ministres.
Je me suis insérée dans le groupe pour saluer Tavau, le ministre de l’environnement que je n’avais pas vu depuis un moment. Contrairement aux deux autres, il avait l’air mal embouché. En fait j’ai réalisé qu’il avait bu (un peu, tout étant relatif) et qu’il avait honte, comme un petit enfant. Quand j’ai eu terminé de parler avec les deux autres (ah vous êtes déjà en campagne… riant « elle a commencé depuis les dernières élections »… On a parlé des promesses des politiques. Sir Tomu a insisté sur le fait qu’un homme politique qui faisait des promesses devait les tenir ou partir… Quand j’ai voulu les quitter « pardon d’avoir interrompu vos discussions ». Tous « non, non tu peux rester. Tu ne nous déranges jamais. » . Super ! Tavau a été le dernier à bord, avant il voulait me parler rapidement de sa volonté de mettre du biogaz à Niulakita… « hein, hein, qu’est ce que tu en penses ? ». J’ai failli répondre que c’était bien mieux que la centrale nucléaire qu’il avait naïvement demandé à Areva lors de son passage en France. Et on ne m’extraira pas de la tête l’idée que Laure lui avait glissé ça dans l’oreille en forme de boutade et qu’il était tombé dans le panneau. En tout cas, il n’y a plus que Vaitupu et Nukufetau pour faire « officiellement » demande de biogaz. Ceci dit, à Nukufetau Malafa veut installer une unité de biodiesel et à Vaitupu ils vont être (à nouveau) équipés de solaire. Assez satisfaisant en même pas 3 ans depuis la présentation de notre étude et 18 mois après les ateliers biogaz dans notre so called centre de formation !
Et le bateau s’est éloigné. Sarah rentre en fin de semaine si elle a pu avancer suffisamment à Nanumea, avec l’aide de Teu pour qui elle emporte quelques petits flacons de parfum… ou pas. Ensuite y’a les deux autres îles à faire aussi en quelques heures. Pour les Iles du Sud et du Centre Pasivao l’assiste et passe des questionnaires. Elle pourra c’est sur avancer son étude sur le bateau en discutant avec les 2 représentants au parlement de Niutao… Il est possible aussi qu’elle rentre le 26 ou le 27.
Le départ était prévu hier puis à 10h puis à 12 ce matin. A 10h je suis allée m’assurer que Tala, notre taxi n’avait pas oublié. Si. Mais il fut là dans les 2 mn. Moi j’étais partie un peu en avant pour faire un plan de passage devant le lagon. J’étais depuis longtemps au port quand ils sont arrivés. Ce fut un coup pour rien, enfin si, Sarah a pu déposer valises et sacs et nous sommes rentrées. Sur le chemin du retour je suis allée m’inquiéter de la santé de Père Camille dont la main est toujours enflée depuis sa rencontre avec des loli (ou sucettes) à la noix de coco début janvier. Plus de 3 mois pour une allergie. Mais il peut la bouger et a tenu à me serrer la main. C’est toujours pas très très beau.. Au coin de notre chemin, croisé Semese, qui n’est pas allé à Funafala non plus. Et quelques autres.
Parmi les 5 lignes non rayées ces 3 derniers jours : visite à la petite fille de Fong à l’hôpital pour lui déposer les reeses mous qu’elle peut manger sans dents. Le spectacle n’est pas très beau non plus. Je vous l’épargnerai. La petite se meurt d’une leucémie. Quand je suis arrivée dans sa chambre, sa mère n’y était pas. J’ai essayé de communiquer par le faciès puisqu’elle n’entend plus. Comme elle ne comprend sans doute pas beaucoup d’anglais à son âge, lire sur les lèvres n’étaient pas l’idéal mais je l’ai calmée je crois et elle m’a montré qu’elle ne pouvait pas manger qu’elle avait un problème en bas des côtes qu’on peut compter tellement elle est maigre et tellement sans doute son ventre énorme lui écrase tout là dedans. Assise, elle faisait clairement des efforts pour respirer. Sa mère est revenue. Elle avait reçu il y a quelques jours la visite d’un pasteur pas très bien attentionné vis à vis de Fong et la culpabilisant.
Avant ces quelques minutes avec elles deux, j’étais allée à nouveau m’assurer que Tala serait à la maison où l’attendais Sarah à 12h30. Quand je suis repassée à la maison à 12h32, Sarah venait de partir. A l’heure donc. Dan, un du Fagogo, responsable des transports m’avait indiqué ce matin que le bateau partirait à 14h. Un cargo arrimé au quai.. Mais c’est quoi ce cargo encore ? y’a eu le Moana Roi kiribatien en fin de semaine et celui là dont le nom ne me dit rien. Si c’est le cargo habituel de Pacific Direct Line (PDL) et qu’il remplace le Southern Moana, alors est ce qu’il y en aura un autre en fin de mois comme on me l’avait assuré ? Encore un truc à vérifier si je veux suivre la filière méthanol australienne dont la commande doit théoriquement être acheminée « directement » de Sydney. Comme y’a pas de direct il faut passer par Fidji et par PDL.
J’ai eu l’impression une nouvelle fois d’être arrivée avant Sarah et Tala, j’suis allée au bateau, ils faisaient le plein d’essence et personne n’était monté à bord encore. Mais où était donc passée Sarah ? Quelques plans du nouveau port, d’autres dans l’entrepôt de montagnes de riz et de paquets évidemment sortis du Nivaga en fin de semaine dont des buckets blancs qu’ils utilisent tous ici, adressés à des gens que je connaissais, ça venait donc de potes à Fiji. En revanche, pas vu de boîtes qui pourraient être un fuelpod ou un GEK (kit gazogène). Pas vu non plus de petits drums de méthanol…
Sarah était planquée, avec tous les tuvaluens en attente, sous la jolie hutte qui jouit de la brise de l’océan, mais qui est maintenant cachée derrière l’armée de containers alignée le long de la route. Nous avons attendu là un moment entre les enfants qui se trouvaient toujours une occupation, les plus vieux aussi, comme les mères qui donnaient la tétée à leurs enfants. Je suis allée à 2 reprises voir où en était le bateau.
A la 2e je m’étais donné comme mission de renseigner Taukelina, là pour dire au revoir aux deux ministres qui seraient sur le bateau, Tavau et Sir Tomu. Il a regardé sa montre . Il était 14h, avait-il le temps de retourner « en ville » ? La conversation au guichet fut sympathique : «encore a peu près ½ h ? ? » « euh… » « Une heure ? ». Long silence. C’est pour Tau… Il a le temps de … ? « euh peut être pas ? Disons 45 mn. ».. Nous on commençait à crever la dalle et bien sur les 10 paquets de crispies de Paapa étaient dans la valise inaccessible… Y’a une petite épicerie avant la décharge. J’y fais un saut.. Je l’ai manquée à l’aller, demi tour devant la décharge débordante. Acheté 3 paquets de merdes et salué Sir Tomu, un membre du gouvernement, à qui j’avais serré une fois la main l’an dernier. Je ne le connais pas plus que ça. Mais Kalisi nous a dit que le yukelele sur lequel il avait permis à Sarah de s’entraîner lui appartenait. Il prenait l’ombre sous un cocotier après le port. On a encore attendu une bonne heure avant qu’un homme que je connais de vue et qui semble fiable me fasse signe « ça y est, les passagers peuvent monter ». C’était vrai. La voiture de Sir Tomu nous a doublées lentement « Sir, je tenais à vous remercier personnellement pour ma nomination. La France peut ne pas m’accepter ce qui m’importe c’est votre confiance »… « It was my real pleasure. You deserve it »…. Une fois à bord, sarah s’est inquiétée de sa valise qu’elle ne voyait pas dans sa cabine 4. Une employée m’a appris qu’elle avait changé de cabine, c’était la 1… Peut être les bagages y avaient ils été déposés… Je l’ai laissée aller vérifier pour discuter deux minutes avec un monsieur d’un certain age que j’avais croisé souvent sans savoir qui il était. Inversement, tous mes potes tuvaluens m’avaient demandé si j’avais rencontré celui qui avait lancé la radio ici à Tuvalu il y a une trentaine d’années.. C’était le même homme. Sur le quai, nos trois ministres.
Je me suis insérée dans le groupe pour saluer Tavau, le ministre de l’environnement que je n’avais pas vu depuis un moment. Contrairement aux deux autres, il avait l’air mal embouché. En fait j’ai réalisé qu’il avait bu (un peu, tout étant relatif) et qu’il avait honte, comme un petit enfant. Quand j’ai eu terminé de parler avec les deux autres (ah vous êtes déjà en campagne… riant « elle a commencé depuis les dernières élections »… On a parlé des promesses des politiques. Sir Tomu a insisté sur le fait qu’un homme politique qui faisait des promesses devait les tenir ou partir… Quand j’ai voulu les quitter « pardon d’avoir interrompu vos discussions ». Tous « non, non tu peux rester. Tu ne nous déranges jamais. » . Super ! Tavau a été le dernier à bord, avant il voulait me parler rapidement de sa volonté de mettre du biogaz à Niulakita… « hein, hein, qu’est ce que tu en penses ? ». J’ai failli répondre que c’était bien mieux que la centrale nucléaire qu’il avait naïvement demandé à Areva lors de son passage en France. Et on ne m’extraira pas de la tête l’idée que Laure lui avait glissé ça dans l’oreille en forme de boutade et qu’il était tombé dans le panneau. En tout cas, il n’y a plus que Vaitupu et Nukufetau pour faire « officiellement » demande de biogaz. Ceci dit, à Nukufetau Malafa veut installer une unité de biodiesel et à Vaitupu ils vont être (à nouveau) équipés de solaire. Assez satisfaisant en même pas 3 ans depuis la présentation de notre étude et 18 mois après les ateliers biogaz dans notre so called centre de formation !
Et le bateau s’est éloigné. Sarah rentre en fin de semaine si elle a pu avancer suffisamment à Nanumea, avec l’aide de Teu pour qui elle emporte quelques petits flacons de parfum… ou pas. Ensuite y’a les deux autres îles à faire aussi en quelques heures. Pour les Iles du Sud et du Centre Pasivao l’assiste et passe des questionnaires. Elle pourra c’est sur avancer son étude sur le bateau en discutant avec les 2 représentants au parlement de Niutao… Il est possible aussi qu’elle rentre le 26 ou le 27.
10 / 05 / 09 - 22 : 34
Dimanche de Pâques, 12 avril 2009
Contrairement à ce que j’ai écrit ici y’a pas si longtemps, Tuvalu n’est pas que paisible et particulièrement ce matin de dimanche de Pâques. Les coqs ont été les premiers. Ils ont élu domicile sous ma fenêtre, dans le carré de jardin dont s’occupait un des voisins l’an dernier… Un paradis à poules ! Ce matin, les coqs étaient pour une fois presqu’à l’heure, le ciel passait du noir de la nuit aux gris de l’aube. Il était 4h30. Puis tous les membres de la famille « voisins » s’y sont mis d’heure en heure. Bruits à peu près habituels des matins (sauf le dimanche) des bruits de cuisine, des tabourets qu’on traîne, les enfants qui babillent ou qui hurlent. A tous ceux-là aujourd’hui à 6h30 s’en ajoutait un autre et, j’ai dû tirer le rideau pour identifier ce bruit sourd qui m’avait à nouveau tirée du sommeil : le père de la famille « voisin » cassait une noix de coco juste derrière mes oreilles.. Aujourd’hui comme hier, faits rarissimes, j’ai été debout avant Sarah, faits rarissimes.
Pour en revenir à nos visiteurs nocturnes, quels qu’ils soient, ils s’activent dès que j’ai le dos tourné, comme s’ils attendaient, tapis quelque part, que j’éteigne les feux de la pièce à vivre. C’est d’ailleurs pas « comme si » mais sûrement. Hier donc, un peu après minuit, quand j’ai fermé la porte de ma chambre, la joyeuse sarabande a commencé (un ou 2 max quand même). Si la petite souris en fait partie, le poids que j’entends sauter comme du comptoir de la cuisine sur le lino, me fait plus l’effet d’un chat que d’une crotte de souris. Donc peut être gros rat. Sauf que nous ne trouvons plus de pastilles noires de big size en nombre.
Bébé rat ou souris : souris dit sarah, certaine de son info. J’en doute un peu car elle m’a appris à ne pas prendre toutes ses affirmations pour argent comptant et mes recherches laborieuses sur internet ces dernières nuits ne confirment pas ses dires, les photos non plus. Je n’ai pas vraiment vu de différence d’oreilles, rondes ou pas entre les deux races de rongeurs. A la rubrique « odeur pisse de chat pisse de rat », j’ai découvert que les odeurs qui m’indisposaient depuis quelques semaines et que j’attribuais aux rares visites du chat (non coupé évidemment) sont sans doute dues aux pisses de rats dont l’effet sur les poils du nez est identique à celui du chat sauvage.
L’enquête auprès des locaux confirme qu’aucun d’entre eux n’a jamais vu de souris sur Tuvalu… Semese s’est même montré très surpris.
Rat ou pas, il y a quelques jours, nous avons toutes les deux noté une activité inhabituelle dans nos chambres (ce qui n’est pas rassurant car portes fermées nous nous croyions sauves). Sarah ne retrouvait plus ses chaussettes. Quant à moi, quelqu’un s’était aventuré dans la sacoche contenant mes slips… 2 d’entre eux étaient tombés.
Le lendemain nous l’avons vue : minuscule cachée dans la galoche de Sarah (nous lui avons laissé la vie sauve et refusé que le chat s’en occupe). C’est cette nuit-là que la noix de coco a été poussée du haut du comptoir dans un bruit d’explosion, micro souris qui pourrait être un bébé rat transformé en super-mice ! … J’ai revu la mini créature le lendemain cavalant sur le câble de l’internet et enfin.. hier en fin d’après midi, Sarah l’a découverte dans son tiroir. Sous le tiroir : ses chaussettes..
Chercherait elle à faire son nid ? Je pressentais depuis avant l’arrivée de Sarah qu’il y avait une histoire de famille dans l’air… Un petit de rat pouvait avoir été laissé là par une famille victime du poison que je laissais chaque nuit… Alors, petits égarés ou souris enceinte ? Plus de trace de rats nulle part, sauf un caca ici et là. Autre preuve, les restes du festin d’il y a quelques soirs sont, bien entendu, restés dans mon sac une nuit… S’ils ont été visités par un gecko.. pas par un rat qui aurait foutu le bordel dans mon sac.. alors que le sachet plastique était à peine entamé. Et j’ai réalisé seulement hier (2 nuits donc plus tard) que nous avions aussi emballé une petite poignée de restes de poulet dans de l’alu. Le sachet est resté, intact dans mon sac. Plutôt bonne nouvelle donc.
Fanny conseille de laisser du muscat pour voir s’il s’agit bien, comme il m’arrive de le penser, de ma mère qui me rend visite … comme elle l’avait fait sur la colline le jour de sa mort. « ah si je pouvais être une petite souris » avait-elle l’habitude de dire.
Sarah vient de rentrer d’une tentative internet chez Alpha. Même caca que chez nous. Et comme elle n’a pas la patience (la persévérance quasi obsessionnelle) que j’ai, elle n’a pas pu ouvrir ses mails depuis plusieurs jours. Ce qui ne lui pose pas grand problème puisqu’elle m’a dit deleter la plupart de ce qu’elle reçoit y compris de ses amis quand elle estime que ce n’est pas important… « C’est ce qu’on appelle un dimanche tranquille ». Il est maintenant 11h30 : les coqs s’y remettent et fait inhabituel dans la journée 3 chats s’insultent en des tonalités insupportables, tandis qu’une voix de femme traverse le lagon..
Au programme du reste de ce dimanche : encore beaucoup de mails et fwd documents : les bill of ladings pour le matos à dédouaner, un mot à Annie de NZAid, à John pour savoir quand il rentre, répondre à Greg sur les fonds water et forwarder sa newsletter au type du PNUD/GEF, vérifier si le méthanol est bien dans le Nivaga (même si le contenu de tout le bateau est resté intouché par la douane et le restera jusqu’à la fin du week-end), et ma missive aux anciens ambassadeurs à Fidji et ex attaché culturel, notre ami Aladin. Avec un peu de chance je trouverai le temps de replanter quelques graines. Nos premières plantations ont souffert du manque de soleil et du trop plein de pluie de ces dernières semaines.
20h- encore un festin à 15 dollars à 2 au Halavai. Avant oui j’avais eu le temps de rayer toutes mes lignes sauf 5 (dont le montage de Earth Hour sur lequel je n’ai pas reposé les yeux depuis plus d’une semaine. Trop tard sans doute pour le site WWF mais je fais une version longue pour nos amis d’ici, tous ceux qui ont participé aux images et à la réussite de cette heure et qui seraient déçus de ne voir que les 3 mn or so que je pense finaliser pour You Tube et Nous) J’ai aussi trouvé ¼ d’h pour mettre quelques graines en godets (des boites de conserves) cette fois pour les protéger d’éventuelles autres turpitudes météorologiques. Un peu moins de variétés que la fois précédente, mais quand même 5 sortes de tomates, 2 laitues, aubergines, 1 concombre, persil et basilic. Maintenant je croise les doigts que j’espèrent verts.
Sur le chemin du restaurant, toujours armée de ma lampe frontale, s’est confirmé un phénomène que j’avais déjà observé : de plus en plus de jeunes, adolescents pour la plupart, m’interpellent. Ce soir, dans le noir, 5 ou 6 « he tofa gilliane » et un qui ne devait pas se souvenir de mon nom m’a saluée d’un « he alofa tuvalu »… Alors que je racontais ça à Sarah qui me rejoignait, une paire de motards ont refait le coup. Bien sûr je n’en connais-reconnais aucun.
Et toujours sur le pas de la porte du restaurant, un presque miracle : Sarah a eu confirmation que le bateau partait bien demain et pas après demain comme elle l’avait entendu de la bouche d’Eti. « tu crois qu’on va trouver un taxi ? » « Heu Tala m’a expliqué 2 fois où il habitait et j’ai aussitôt oublié mais il me semble avoir vu un taxi garé la nuit de l’autre côté ». J’avais à peine terminé ma phrase qu’une voiture s’extirpait du petit chemin, le chauffeur m’appelle : c’était Tala qui sera au rendez-vous demain matin pour accompagner Sarah au port.
Elle part avec au moins 10 litres d’eau. Le voyage jusqu’à l’île la plus lointaine, Nanumea, où elle passera peut être plusieurs jours, est de 23h. Elle a une cabine 1ère classe pour éviter, alors qu’elle n’a pas le mal de mer, d’être malade en devant utiliser les toilettes des 2e classes où tout le monde vomit. Recommandation de Laure qui avait failli y aller de son jet.
Contrairement à ce que j’ai écrit ici y’a pas si longtemps, Tuvalu n’est pas que paisible et particulièrement ce matin de dimanche de Pâques. Les coqs ont été les premiers. Ils ont élu domicile sous ma fenêtre, dans le carré de jardin dont s’occupait un des voisins l’an dernier… Un paradis à poules ! Ce matin, les coqs étaient pour une fois presqu’à l’heure, le ciel passait du noir de la nuit aux gris de l’aube. Il était 4h30. Puis tous les membres de la famille « voisins » s’y sont mis d’heure en heure. Bruits à peu près habituels des matins (sauf le dimanche) des bruits de cuisine, des tabourets qu’on traîne, les enfants qui babillent ou qui hurlent. A tous ceux-là aujourd’hui à 6h30 s’en ajoutait un autre et, j’ai dû tirer le rideau pour identifier ce bruit sourd qui m’avait à nouveau tirée du sommeil : le père de la famille « voisin » cassait une noix de coco juste derrière mes oreilles.. Aujourd’hui comme hier, faits rarissimes, j’ai été debout avant Sarah, faits rarissimes.
Pour en revenir à nos visiteurs nocturnes, quels qu’ils soient, ils s’activent dès que j’ai le dos tourné, comme s’ils attendaient, tapis quelque part, que j’éteigne les feux de la pièce à vivre. C’est d’ailleurs pas « comme si » mais sûrement. Hier donc, un peu après minuit, quand j’ai fermé la porte de ma chambre, la joyeuse sarabande a commencé (un ou 2 max quand même). Si la petite souris en fait partie, le poids que j’entends sauter comme du comptoir de la cuisine sur le lino, me fait plus l’effet d’un chat que d’une crotte de souris. Donc peut être gros rat. Sauf que nous ne trouvons plus de pastilles noires de big size en nombre.
Bébé rat ou souris : souris dit sarah, certaine de son info. J’en doute un peu car elle m’a appris à ne pas prendre toutes ses affirmations pour argent comptant et mes recherches laborieuses sur internet ces dernières nuits ne confirment pas ses dires, les photos non plus. Je n’ai pas vraiment vu de différence d’oreilles, rondes ou pas entre les deux races de rongeurs. A la rubrique « odeur pisse de chat pisse de rat », j’ai découvert que les odeurs qui m’indisposaient depuis quelques semaines et que j’attribuais aux rares visites du chat (non coupé évidemment) sont sans doute dues aux pisses de rats dont l’effet sur les poils du nez est identique à celui du chat sauvage.
L’enquête auprès des locaux confirme qu’aucun d’entre eux n’a jamais vu de souris sur Tuvalu… Semese s’est même montré très surpris.
Rat ou pas, il y a quelques jours, nous avons toutes les deux noté une activité inhabituelle dans nos chambres (ce qui n’est pas rassurant car portes fermées nous nous croyions sauves). Sarah ne retrouvait plus ses chaussettes. Quant à moi, quelqu’un s’était aventuré dans la sacoche contenant mes slips… 2 d’entre eux étaient tombés.
Le lendemain nous l’avons vue : minuscule cachée dans la galoche de Sarah (nous lui avons laissé la vie sauve et refusé que le chat s’en occupe). C’est cette nuit-là que la noix de coco a été poussée du haut du comptoir dans un bruit d’explosion, micro souris qui pourrait être un bébé rat transformé en super-mice ! … J’ai revu la mini créature le lendemain cavalant sur le câble de l’internet et enfin.. hier en fin d’après midi, Sarah l’a découverte dans son tiroir. Sous le tiroir : ses chaussettes..
Chercherait elle à faire son nid ? Je pressentais depuis avant l’arrivée de Sarah qu’il y avait une histoire de famille dans l’air… Un petit de rat pouvait avoir été laissé là par une famille victime du poison que je laissais chaque nuit… Alors, petits égarés ou souris enceinte ? Plus de trace de rats nulle part, sauf un caca ici et là. Autre preuve, les restes du festin d’il y a quelques soirs sont, bien entendu, restés dans mon sac une nuit… S’ils ont été visités par un gecko.. pas par un rat qui aurait foutu le bordel dans mon sac.. alors que le sachet plastique était à peine entamé. Et j’ai réalisé seulement hier (2 nuits donc plus tard) que nous avions aussi emballé une petite poignée de restes de poulet dans de l’alu. Le sachet est resté, intact dans mon sac. Plutôt bonne nouvelle donc.
Fanny conseille de laisser du muscat pour voir s’il s’agit bien, comme il m’arrive de le penser, de ma mère qui me rend visite … comme elle l’avait fait sur la colline le jour de sa mort. « ah si je pouvais être une petite souris » avait-elle l’habitude de dire.
Sarah vient de rentrer d’une tentative internet chez Alpha. Même caca que chez nous. Et comme elle n’a pas la patience (la persévérance quasi obsessionnelle) que j’ai, elle n’a pas pu ouvrir ses mails depuis plusieurs jours. Ce qui ne lui pose pas grand problème puisqu’elle m’a dit deleter la plupart de ce qu’elle reçoit y compris de ses amis quand elle estime que ce n’est pas important… « C’est ce qu’on appelle un dimanche tranquille ». Il est maintenant 11h30 : les coqs s’y remettent et fait inhabituel dans la journée 3 chats s’insultent en des tonalités insupportables, tandis qu’une voix de femme traverse le lagon..
Au programme du reste de ce dimanche : encore beaucoup de mails et fwd documents : les bill of ladings pour le matos à dédouaner, un mot à Annie de NZAid, à John pour savoir quand il rentre, répondre à Greg sur les fonds water et forwarder sa newsletter au type du PNUD/GEF, vérifier si le méthanol est bien dans le Nivaga (même si le contenu de tout le bateau est resté intouché par la douane et le restera jusqu’à la fin du week-end), et ma missive aux anciens ambassadeurs à Fidji et ex attaché culturel, notre ami Aladin. Avec un peu de chance je trouverai le temps de replanter quelques graines. Nos premières plantations ont souffert du manque de soleil et du trop plein de pluie de ces dernières semaines.
20h- encore un festin à 15 dollars à 2 au Halavai. Avant oui j’avais eu le temps de rayer toutes mes lignes sauf 5 (dont le montage de Earth Hour sur lequel je n’ai pas reposé les yeux depuis plus d’une semaine. Trop tard sans doute pour le site WWF mais je fais une version longue pour nos amis d’ici, tous ceux qui ont participé aux images et à la réussite de cette heure et qui seraient déçus de ne voir que les 3 mn or so que je pense finaliser pour You Tube et Nous) J’ai aussi trouvé ¼ d’h pour mettre quelques graines en godets (des boites de conserves) cette fois pour les protéger d’éventuelles autres turpitudes météorologiques. Un peu moins de variétés que la fois précédente, mais quand même 5 sortes de tomates, 2 laitues, aubergines, 1 concombre, persil et basilic. Maintenant je croise les doigts que j’espèrent verts.
Sur le chemin du restaurant, toujours armée de ma lampe frontale, s’est confirmé un phénomène que j’avais déjà observé : de plus en plus de jeunes, adolescents pour la plupart, m’interpellent. Ce soir, dans le noir, 5 ou 6 « he tofa gilliane » et un qui ne devait pas se souvenir de mon nom m’a saluée d’un « he alofa tuvalu »… Alors que je racontais ça à Sarah qui me rejoignait, une paire de motards ont refait le coup. Bien sûr je n’en connais-reconnais aucun.
Et toujours sur le pas de la porte du restaurant, un presque miracle : Sarah a eu confirmation que le bateau partait bien demain et pas après demain comme elle l’avait entendu de la bouche d’Eti. « tu crois qu’on va trouver un taxi ? » « Heu Tala m’a expliqué 2 fois où il habitait et j’ai aussitôt oublié mais il me semble avoir vu un taxi garé la nuit de l’autre côté ». J’avais à peine terminé ma phrase qu’une voiture s’extirpait du petit chemin, le chauffeur m’appelle : c’était Tala qui sera au rendez-vous demain matin pour accompagner Sarah au port.
Elle part avec au moins 10 litres d’eau. Le voyage jusqu’à l’île la plus lointaine, Nanumea, où elle passera peut être plusieurs jours, est de 23h. Elle a une cabine 1ère classe pour éviter, alors qu’elle n’a pas le mal de mer, d’être malade en devant utiliser les toilettes des 2e classes où tout le monde vomit. Recommandation de Laure qui avait failli y aller de son jet.
10 / 05 / 09 - 22 : 32
Samedi de Pâques
Fin de soirée plongée dans un monde de comédie histoire de se changer les idées entre les Affaires étranges, notre Héloisa des familles qui nous a piqué des images du Nuages et les a publiées sans autorisation sur YouTubes et Facebook, le retard de loyer du Buisson etc. mes lignes de ces dernières journées m’ont un peu déprimée et mon cerveau a besoin de changer d’air.
Aujourd’hui fut plus cool... On est allé changer des Travellers à l’hôtel, au cas où Sarah ait besoin de liquide dans les îles. et profité pour manger un bout, pas terrible, mais c’était pas mal de sortir. Des guys qui rentraient de la pêche buvaient du vin rouge sur la petite terrasse faute de bières sur l’île (une crise qui dure depuis plus longtemps que la tempête). Dans la foulée on est allé voir si Nala (notre présidente d’honneur et femme du PM) faisait la sieste ou non. Je n’y avais pas mis les pieds depuis que Sarah est là. Mase !
Puis achat de 2 bouts de tissu pour que toutes les fenêtres de la chambre qui sera celle de Fanny aient un rideau. Discuté le bout de gras, la 1ère fois depuis le début de ce voyage. Quand je suis rentrée de courses, sarah enregistrait un CD de musiques traditionnelles de niutao tandis que Kalisi notre ami voisin nous gratifiait d’une sérénade au yukelele.. Moi j’ai envoyé un mail ou deux pour nos histoires d’import... mise à jour de la banque de funafuti pas touchée depuis la première semaine... Organisation du bureau virtuel et début de réponses à Sandrine donc, Laima, et Fanny... Kalisi est parti vite. Sarah a proposé un verre et nous avons respiré devant un lagon gris bleu et 2 gros nuages noirs comme assis sur un tapis volant parfaitement plat. L’un des nuages portait une mitrailleuse, celui qui lui faisait face levait un poing dans un gant de boxe... Plus loin, dans un nuage blanc frisé, évidemment, un mouton les oreilles en arrière au museau de loup... On attendait une petite averse, mais tout s’est évaporé le temps du verre.
Sarah a fait cuire des pâtes de nos réserves de l’an dernier (y’en a pas de vraies cette année) au beurre, aîl, basilic agrémenté d’une boite de petits pois. Délicieux, en tout cas bien meilleur que l’assiette prise sur le bout des lèvres à l’hôtel pour le déjeuner.
J’ai répondu à la proposition de Sandrine d’apporter des gourmandises de Noumea qu’elle pouvait prendre un paquet de jambon et un autre de bacon sous vide. Je vais peut être allonger la liste avec quelques pâtes.
959 espèces c’est pas rien. Sandrine a fait un boulot de recensement incroyable de toutes les données et publications sur la vie marine tuvaluenne, à consolider avec le travail de Semese et d’Annie lorsqu’elle vient pour notre projet de bouquin de référence.
Le jeune mec qui détient toutes les infos d’Annie est un tout jeune mignon du service de l’environnement. On s’était vu une fois avec Annie en 2008, il m’a reconnue dans la rue à Suva et m’a hélée « Gilliane »... je l’ai pris pour son frère... J’ai dit qu’il fallait qu’on se voit à Funafuti et si on s’est croisé souvent je n’ai pas encore le temps d’aller lui parler un peu plus précisément, mais à ce stade, autant qu’on aille le voir direct ensemble avec Sandrine.
Sandrine insiste sur la nécessité de traiter le corail. Je me demande bien ce qu’ont fait toutes ces équipes qui défilent pour l’étudier. Pas plus tard qu’hier, un petit avion affrété s’est posé... Enquête faite, un marin de retour depuis jeudi dernier et retournant dans sa famille à Nanumea sur le même bateau que Sarah qui part désormais mardi m’a dit de manière convaincante : c’est un mec qui vient pour des histoires de coral reef. Sachant que l’avion est arrivé le vendredi de pâques à 15h et reparti ce samedi matin à 6, je vois mal ce que quiconque a pu repérer sauf à prendre quelques bouts de coraux morts dans le lagon... Et où était l’urgence... La serveuse du filamona a eu une autre version : les deux pilotes qui ont passé la nuit au Filamona étaient là en entraînement d’atterrissage et repartaient vers Tarawa pour le même exercice. C’est sans doute plus plausible encore que...
Nala et sa copine Oli avec qui nous avons pris un verre de todi frais avaient bien entendu elles aussi les sirènes et les moteurs de l’avion et avaient interrogé le PM qui n’avait aucune idée de qui ce pouvait être.
J’ai vu Semese : l’idée était un rendez-vous commun avec Annie la sienne, Tango, pour concrétiser nos accords verbaux de l’an dernier sur le coût de finition du rapport Unesco... Elle n’était pas là... Et moi, comme une bêtasse j’ai laissé à Paris les documents papiers sur lesquels j’avais noté l’an dernier les chiffres sur lesquels nous nous étions entendus.
Il a pour l’Unesco et sans tenir compte des données Annie, 273 poissons à priori toutes avec photos ou illustrations. Il a travaillé aussi bien sur les méthodes de pêche et autre knowledge traditionnel (en fait inclus dans beaucoup des informations relevées par lui). On a pensé aussi acheter un appareil photo et housse sous-marine pour avoir au moins quelques photos quand il plonge, ce qu’il fait relativement souvent. En attendant Sarah lui prêtera sa petite caméra.
La tempête s’est calmée. Sarah peut partir l’estomac tranquille pour les îles du nord ☺
Fin de soirée plongée dans un monde de comédie histoire de se changer les idées entre les Affaires étranges, notre Héloisa des familles qui nous a piqué des images du Nuages et les a publiées sans autorisation sur YouTubes et Facebook, le retard de loyer du Buisson etc. mes lignes de ces dernières journées m’ont un peu déprimée et mon cerveau a besoin de changer d’air.
Aujourd’hui fut plus cool... On est allé changer des Travellers à l’hôtel, au cas où Sarah ait besoin de liquide dans les îles. et profité pour manger un bout, pas terrible, mais c’était pas mal de sortir. Des guys qui rentraient de la pêche buvaient du vin rouge sur la petite terrasse faute de bières sur l’île (une crise qui dure depuis plus longtemps que la tempête). Dans la foulée on est allé voir si Nala (notre présidente d’honneur et femme du PM) faisait la sieste ou non. Je n’y avais pas mis les pieds depuis que Sarah est là. Mase !
Puis achat de 2 bouts de tissu pour que toutes les fenêtres de la chambre qui sera celle de Fanny aient un rideau. Discuté le bout de gras, la 1ère fois depuis le début de ce voyage. Quand je suis rentrée de courses, sarah enregistrait un CD de musiques traditionnelles de niutao tandis que Kalisi notre ami voisin nous gratifiait d’une sérénade au yukelele.. Moi j’ai envoyé un mail ou deux pour nos histoires d’import... mise à jour de la banque de funafuti pas touchée depuis la première semaine... Organisation du bureau virtuel et début de réponses à Sandrine donc, Laima, et Fanny... Kalisi est parti vite. Sarah a proposé un verre et nous avons respiré devant un lagon gris bleu et 2 gros nuages noirs comme assis sur un tapis volant parfaitement plat. L’un des nuages portait une mitrailleuse, celui qui lui faisait face levait un poing dans un gant de boxe... Plus loin, dans un nuage blanc frisé, évidemment, un mouton les oreilles en arrière au museau de loup... On attendait une petite averse, mais tout s’est évaporé le temps du verre.
Sarah a fait cuire des pâtes de nos réserves de l’an dernier (y’en a pas de vraies cette année) au beurre, aîl, basilic agrémenté d’une boite de petits pois. Délicieux, en tout cas bien meilleur que l’assiette prise sur le bout des lèvres à l’hôtel pour le déjeuner.
J’ai répondu à la proposition de Sandrine d’apporter des gourmandises de Noumea qu’elle pouvait prendre un paquet de jambon et un autre de bacon sous vide. Je vais peut être allonger la liste avec quelques pâtes.
959 espèces c’est pas rien. Sandrine a fait un boulot de recensement incroyable de toutes les données et publications sur la vie marine tuvaluenne, à consolider avec le travail de Semese et d’Annie lorsqu’elle vient pour notre projet de bouquin de référence.
Le jeune mec qui détient toutes les infos d’Annie est un tout jeune mignon du service de l’environnement. On s’était vu une fois avec Annie en 2008, il m’a reconnue dans la rue à Suva et m’a hélée « Gilliane »... je l’ai pris pour son frère... J’ai dit qu’il fallait qu’on se voit à Funafuti et si on s’est croisé souvent je n’ai pas encore le temps d’aller lui parler un peu plus précisément, mais à ce stade, autant qu’on aille le voir direct ensemble avec Sandrine.
Sandrine insiste sur la nécessité de traiter le corail. Je me demande bien ce qu’ont fait toutes ces équipes qui défilent pour l’étudier. Pas plus tard qu’hier, un petit avion affrété s’est posé... Enquête faite, un marin de retour depuis jeudi dernier et retournant dans sa famille à Nanumea sur le même bateau que Sarah qui part désormais mardi m’a dit de manière convaincante : c’est un mec qui vient pour des histoires de coral reef. Sachant que l’avion est arrivé le vendredi de pâques à 15h et reparti ce samedi matin à 6, je vois mal ce que quiconque a pu repérer sauf à prendre quelques bouts de coraux morts dans le lagon... Et où était l’urgence... La serveuse du filamona a eu une autre version : les deux pilotes qui ont passé la nuit au Filamona étaient là en entraînement d’atterrissage et repartaient vers Tarawa pour le même exercice. C’est sans doute plus plausible encore que...
Nala et sa copine Oli avec qui nous avons pris un verre de todi frais avaient bien entendu elles aussi les sirènes et les moteurs de l’avion et avaient interrogé le PM qui n’avait aucune idée de qui ce pouvait être.
J’ai vu Semese : l’idée était un rendez-vous commun avec Annie la sienne, Tango, pour concrétiser nos accords verbaux de l’an dernier sur le coût de finition du rapport Unesco... Elle n’était pas là... Et moi, comme une bêtasse j’ai laissé à Paris les documents papiers sur lesquels j’avais noté l’an dernier les chiffres sur lesquels nous nous étions entendus.
Il a pour l’Unesco et sans tenir compte des données Annie, 273 poissons à priori toutes avec photos ou illustrations. Il a travaillé aussi bien sur les méthodes de pêche et autre knowledge traditionnel (en fait inclus dans beaucoup des informations relevées par lui). On a pensé aussi acheter un appareil photo et housse sous-marine pour avoir au moins quelques photos quand il plonge, ce qu’il fait relativement souvent. En attendant Sarah lui prêtera sa petite caméra.
La tempête s’est calmée. Sarah peut partir l’estomac tranquille pour les îles du nord ☺
10 / 05 / 09 - 22 : 30
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