Même pas la tête qui tourne après des jus de citrons à répétition et un pastis, avec Annie Wheeler. Elle était à l’eau pure, victime d’une courante... Hier matin, elle était passée à l'improviste. Quand je lui ai dit que si ça ne la dérangeait pas de venir un peu plus tard ce soir que Nicky et Cat avec lesquelles je n'avais pas encore eu le temps de parler en tete à tete.. Elle m'a répondu "no problem... mais nous non plus on ne s’est pas vues.. demain ? Faut qu'on parle du bouquin etc". On ferait bien la biodiversité des 7 autres îles ensemble. Mataio et les communautés sont partantes… Avec une demande officielle du GoT elle proposera à NZ Aid une mission de terrain commune... Elle m'a demandé si on avait assez d'argent sur le livre... J'ai dit que ça tirait un peu surtout avec l'euro qui dégringole de plus en plus... On verra....
En attendant, ce foutu infomaniak, notre serveur, ne permet pas ce soir de copier, coller… La poisse !
En attendant, ce foutu infomaniak, notre serveur, ne permet pas ce soir de copier, coller… La poisse !
16 / 05 / 10 - 16 : 40
Elega qui guettait d’en bas, tout en préparant ces bandes de pandanas pour ses nattes, m’a appelée pour me signaler que le Manui sortait du port. J’ai pu enregistrer quelques images du départ de l’équipe « marine life » de Sandrine en partance pour Nanumea.
J’avais prévenu la veille que je n’irai pas jusqu’au port, à 7h, d’autant que Thomas, le biologiste es-requins et photographe, m’a proposé d’enregistrer quelques séquences en vidéo.
Réveillée par le petit coup à la porte de Sandrine qui m’avait préparé un café. Ce qui m’a beaucoup touchée. Elle est arrivée mardi dernier, alors que sarah était encore là. Retrouvaille chaleureuse. Et 4 jours agréables avant ce premier départ, malgré ma tronche du jeudi soir devant la maison envahie, l’Internet monopolisé … Et notre accrochage d’hier soir.
A l’heure où on avait dit à quelques potes (dont Sem et Annie) de passer prendre un verre, Sandrine s’est rappelée que Tupu avait parlé d’une avance dont il avait besoin pour acheter ci ou ça… Je n’avais qu’une solution : aller lui déposer un chèque… La banque était fermée et le serait aussi le lendemain, samedi, mais il pourrait toujours avant l’heure du départ sortir du cash au fusi ou, m’a dit sa femme susan, de la boutique d’en face de chez eux… A la tombée de la nuit, j’ai donc enfourché la bike dont la batterie montrait des signes de faiblesse certains. Sans mettre en route les phares tellement j’avais la trouille de devoir la pousser sur le chemin du retour… Arrêt d’une seconde pour acheter qqs amuses gueules chez l’indien (Paapa à qui j’avais commandé ses crispies maison ne les avait pas livrés). Sur le chemin j’ai rencontré Annie qui se rendait chez nous… Tupu, lui, n’était pas chez lui, mais sa femme, oui… J’allais lui déposer le chèque et repartir quand il est arrivé, après avoir nourri les cochons… En fait d’avance pour lui, toute l’équipe avait besoin de liquide. Pas grand chose par rapport aux salaires prévus mais bêtement, à la française, j’ai rédigé 9 chèques... ce qui m’a pris bien sûr bien plus de temps que prévu… En plus, je me suis souvenu dans la nuit que j’avais oublié de signer au dos, la condition pour pouvoir encaisser le montant d’un chèque. Tupu m’apprend aussi qu’il avait dit à Sandrine qu’on avait intérêt à se procurer un baril de 200 l ici, moins cher.. Elle m’avait simplement dit « ah si tu vas le voir, vérifie avec lui l’histoire du baril… »… Bien sûr trop tard pour acheter ça ce soir… Autre petit couac, la goutte qui a fait déborder mon vase : sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un des chauffeurs de taxi pour demander à sa femme qu’il soit là, avec une camionnette, le lendemain matin à 7h pour conduire l’équipe au port… J’étais contente d’avoir pu assurer ce dernier détail. Mais Sandrine : « ah j’ai oublié de te dire que le camion des pêches passait nous prendre »… Ce n’est rien bien sûr, mais je me serai bien passée du coup de fil d’annulation… J’ai donc explosé… Sandrine s’est défendue à la Sandrine qui ne fait jamais d’erreurs et trouvent toutes les explications possibles pour ne pas être mise en défaut… Ca a jeté un petit froid principalement pour Annie qui était présente. Entre temps nos crispies préférés, ceux de paapa, nous avaient été livrés avec 2 beaux mats à 4 dollars.
Cette mini crise ne nous a pas empêchées, le soir, de blablater toutes les deux jusqu’à trop tard en se félicitant de l’équipe que nous formions et moi de la congratuler sur sa capacité à manager un projet. Ma conclusion sur les couacs de la journée : il manquait une journée de préparation. Quand j’avais lu sa dernière prévision d’arrivée, je me doutais qu’il allait falloir que je passe plus de temps que prévu mais pas au point de jouer les coursiers en dernière minute.. Ou alors faudrait prévoir un assistant. J’avais pensé demander à Kaio de suivre ça mais, cette semaine c’était la semaine Atelier national de la Biodiv d’Eliala. Il s’occupait des jeunes. Et nos activités même si elles sont complémentaires (et intégrées à l’atelier par la présentation que nous en avons fait) ont porté un peu préjudice aux ateliers d’Eli. Kaio était un des piliers... Dans un planning préalable, Eli avait prévu que Sem, Tupu et moi parlions des projets et de la biodiv marine tout le mercredi… En fin du compte ça s’est limité à l’après-midi du mercredi, juste après le départ de Sarah… Nous avons organisé la présentation de Dan (NZAid qui faisait ainsi la première restitution de leurs études sur les mammifères marins (plus plus) menées depuis 2006).. et la nôtre, le mercredi après midi*… Après ça je n’ai plus eu le temps de poser un pied sous la maneapa et idem pour Sem et Tupu, alors que m’a confié Sem hier soir autour du pot, Eliala, modifiant une dernière fois son planning, comptait sur eux tout ce vendredi. * repris en plus court le powerpoint de présentation au DCC et plus décontractée encore…
Ce jour-là, nous avions organisé une séance de formation à l’utilisation des outils de comptage des poissons… Une douzaine d’employés des fisheries, dont bien sûr l’équipage et l’équipe de plongée… Quelques visiteurs comme Taukiei, Annie et Niko, le patron de l’équipe fisheries qui nous a fait une proposition béton, meilleure que nous ne l’espérions, pour la location du bateau pour le mois… Ce qui lui a valu 2 bises sonnantes de notre part et un parfum…
Cohabitation très agréable : Sandrine est aussi impulsive dans les affaires de la maison que dans son organisation de boulot… Elle voit une bouteille vide, elle lance 2 bouilloires. Rien ne traîne… J’ai vraiment apprécié après 2 mois à devoir tout faire… Pour l’anecdote, Sandrine est née la même année que mon fils.
Rapide flashback : mardi 27 Avril, elle arrive avec Thomas, dîner le soir avec Dan-NZAid au filamona.. Sarah et Kaio étaient là aussi bien sûr; des crabes délicieux récupérés de la workshop biodiv et des frites de kasava… pour organiser un peu le lendemain…. Et récupérer les données NZAid… Dan avait imprimé leur pré rapport avec dans le titre « la république de tuvalu », ce qui a bien faire rire…. Mercredi départ Sarah et présentation préparée à l’arrache un peu la veille au soir et une heure avant… avec distribution de la bd en tuvaluen et félicitations chaleureuses de Lee et Sem… qui en ont rajouté une couche le soir. Mercredi soir : pâtes au beurre et comté fondu, sorti direct du freezer et enfourné dans le micro-onde… puis retrouvé les garçons (Dan, Sem, Lee) qui nous attendaient à l’hôtel… Lee a dit à Sandrine qui lui demandait comment il avait trouvé sa présentation « trop technique, celle de Gilliane était super, la tienne trop longue.. »… Ravie bien sûr, pas trop à cause des compliments, mais que quelqu’un d’autre dise qu’il faut simplifier le langage pour des gens qui ne sont pas spécialisés…. On s’est un peu battues là-dessus l’an dernier, un tout petit peu cette année.. j’ai, comme avec Sarah abandonné vite.. en plus on n’avait pas le temps… J’ai pu toutefois rajouter le mot nourriture, plus parlant que management des ressources…
Jeudi 29 Avril : réveillée en fanfare par le cri strident d’un bébé à 5h… Debout aussitôt… à ma grande surprise… pour préparer la journée… Arrivée Dani et présentation méthodologie dans la salle de conférence de l’hôtel… une heure avant la conf, cavalé pour trouver un projecteur. Celui prévu (Alamai du service culturel) n’était pas accessible. Elle avait pris une journée de vacances... J’allais foncer chez elle mais préféré tenter le département de l’énergie… Un peu surpris de ma demande en urgence, Paulson, le secrétaire permanent, a hésité quelques secondes puis a donné l’ordre qu’on me le prête… Ouf…
J’avais invité Annie et Fumiko qui ont pu dire un mot aussi… Un petit couac : d’abord quand Dani a parlé des bêches de mer… j’ai précisé pour son info, la situation avec la pêche « intensive » pour export en Chine… Et quand elle a asséné que les starfish étaient dangereux pour les coraux… émis une nuance en l’informant du projet de Fumiko, Foram, qui donnait un aspect positif avec la création de sable. Fallait remettre les choses dans le contexte tuvaluen et indiquer que bien que non intégré dans la présentation, Alofa était au courant… Autre petit couac, le uaelu dont je ne retiens jamais le nom, a priori sympathique représentant du Kaupule (et un des musiciens qui m’ont fait trimé sur leur projet de festival musical et n’ont plus donné signe de vie pour le festival des king tides…**). Ici idem alors que toute la tablée était positive, il a fait remarquer qu’on n’avait pas suivi les règles protocolaires et qu’il n’était pas au courant… « et la communauté ? »… Tupu lui a répondu en tuvaluen qu’en gros tout était fait dans les règles de l’art.
Sinon ce fut plutôt drôle et sympathique. Le PC de Sandrine s’évanouissait de temps en temps rendant la présentation un peu plus compliquée et je traduisais ses jurons comme « putaing » à l’assemblée…
** en fait leur attitude de non collaboration, de grimaces à faire avec les autres, me rappellent les commentaires du forum de libé ce matin sur le 1er mai… Tous ronchonnent, critiquent tout de la société et bien sûr aussi la manif prévue « qui n’est pas unie » et que bien sûr ils ignoreront… La caricature du râleur qui ne lève pas le petit doigt pour agir et surtout pas avec les autres…
Ce jeudi soir, derniers préparatifs pour le voyage et pour l’atelier de formation du lendemain… autour d’une soupe aux nouilles. Après avoir trouvé, ô miracle, dans une île envahie par 500 outer-îliens, réunis autour des olympiques tuvaluens, une bicyclette pour Dani… Plus rien chez notre voisin, mari de Susie, qui m’avait promis pourtant de m’en faire réparer une… plus rien non plus chez Grace, sauf me dit-elle la bicyclette du vieux monsieur enfermée dans un container à côté… Dani a pu la récupérer le vendredi matin...
Vendredi : matinée de formation devant les fisheries… Décamètres, poissons découpés déposés un peu partout, feuille de relevé de data… Ce fut très sympathique… Pas resté jusqu’au bout parce qu’il fallait que j’assure le liquide pour la mission et que je passe, entre autres, chez le secrétaire permanent des ressources naturelles pour faire ajouter notre stagiaire Maud sur la liste officielle de Bonn… Il a dit qu’il ferait maintenant inchallah..
Déjeuner à l’hôtel avec toute l’équipe après une petite discussion avec Sem et Taukiei sur le fait que Nukulaelae pouvait utiliser une partie de son fond GEF pour nous nourrir et nous loger en contrepartie de la formation de la communauté.. Il n’y a pas de petites économies et nous en avons besoin sur ce projet, c’était déjà plus que risqué, l’euro qui s’effondre face au dollar australien ne facilite pas les comptes.
Pot sympathique vendredi soir après la crise… discussion affectueuse de la nuit et, café inattendu préparé au matin …Donc Biodiv so far so good…. Non seulement on s’entend bien, non seulement les tuvaluens se sont montrés fiables et partenaires (tirant presque des larmes hier soir à Sandrine réalisant combien l’équipe était soudée avec la présence hier soir de Semese***), non seulement on a accès à toutes les données de NZAid mais aussi aux photos de poissons qu’ils pourraient avoir et qui nous manqueraient pour le bouquin.
Hier soir aussi, Thomas, le thésard requins et photographe amateur doué, a profité que je m’étais retirée seule sur la terrasse à ruminer mon reste de colère « on n’a pas eu beaucoup l’occasion de parler »… C’était vrai je l’avais un peu évité, un peu en colère de n’avoir appris que ce voyage pouvait servir à sa thése qu’à son arrivée… Alors que j’avais décliné en long et en large à Sandrine qu’un bon photographe sous marin, étudiant, on pouvait sans doute trouver pour moins cher que ce qu’elle avait budgété… A Thomas, j’avais juste glissé le nombre approximatif de photos de poissons et autres invertébrés nécessaires en ajoutant le côté humain : comment les tuvaluens utilisent le lagon, les poissons (pique nique au poisson cru attrapé direct et mangé dans le lagon), les bateaux traditionnels.. On est allé un peu plus loin et j’ai regardé pour la première fois ses photos. Sandrine m’en avait vanté la qualité et la créativité. Elle avait raison… Nous aurons de très belles photos sous-marines… Il est un peu moins doué pour l’extérieur. La couverture genre « photo reportage » que je lui avais demandée hier matin de la formation a l’avantage d’exister. Pas grave car je couvrais aussi avec la vieille petite Sony (qui donne l’image d’une centenaire mais qui continue à fonctionner contrairement aux 2 grosses (la nôtre et celle du service social))..
J’avais expliqué à Sarah et plus tard à Sandrine que je risquais une dichotomie en passant de l’une, nonchalante et difficile à pousser, et l’autre, wild horse pushy… En fait non, j’apprécie la présente cohabitation bien plus que la précédente… Sandrine a intégré un tas de choses en un an… Hier soir, je l’entendais parler des bénéfices aux communautés, de l’échange de savoir, des notions étrangères à son vocabulaire l’an dernier.. Et la petite phrase dans un de ses mails, concernant le chocolat qu’elle essayerait de ne pas oublier… qui m’avait fait bondir et dire d’elle qu’elle avait l’impression que l’univers tournait autour de son nombril… Et bien cette petite phrase avait été écrite pour me faire mariner. Le chocolat était déjà acheté.. Et en sortant de l’avion, c’est la première chose qu’elle m’a montrée ! Et comme je lui ai dit cette nuit , je suis très satisfaite de son travail. Certes, contrairement à Sarah elle est payée (après âpres négos, finalement selon mes principes qu’on peut vivre avec 3000 euros par mois… sauf que c’est en $ Australiens et que c’est sur plusieurs mois, donc ça fait plus gros).. mais entendre elle et son équipe proposer de payer les boissons et encas en dehors du déjeuner à l’hôtel et la soupe rapide du soir fait plus plaisir à l’oreille que d’entendre « j’ai besoin d’argent pour acheter mes cigarettes ».. Sans parler des surcoûts importants des voyages que Sarah va vouloir imputer sur notre trésorerie et totalement provoqués par sa flemme.. Bien sûr on ne pouvait pas prévoir qu’un nuage ralentirait les retours sur l’Europe mais si elle avait fait les démarches quand on en a parlé et pas 15 jours plus tard, elle serait passée avant le nuage. Maintenant je ne sais pas combien de temps, elle va rester en Nouvelle Zélande (ou elle passe voir des chiens de son chenil)
Si on n’attend pas d’un chef de projet qu’il suive les infos indispensables à son projet, plutôt positif de la part de Sarah d’avoir suivi mes conseils en prenant contact avec Sikeli et son contact de fabricant plastic. Pendant son transit à Suva elle est allée voir, avec Sikeli, le fabricant d’un proto de digesteur plastique que Sikeli contacté avec notre dossier de recherches et de plans. Il a démarré la fabrication d’un digesteur flottant (pas le modèle qu’on préfère mais tellement plus pratique à transporter.) Elle a expédié un petit rapport. On est loin encore d’un outil finalisé et donc à des années lumières de pouvoir en acheter un, semble t’il, mais une collaboration se dessine entre le fabricant, sikeli et elle pour fignoler les fittings etc.. Elle a en tête de revenir à Tuvalu en septembre maintenant -décalage de quelques mois c’est pas la mort mais je vois toujours mal comment ce pourra être possible… Le matos n’est donc toujours pas décidé, a fortiori non commandé, et encore moins expédié… Rien que ça prendra 3 mois… Et même si ça arrivait à l’heure… comme à priori elle reprend ses cours en octobre… je vois mal. Parmi ses incohérences financières (pour quelqu’un qui sait, dit elle manager) quand elle envisage de faire venir 2 étudiants stagiaires pour suivre le projet pendant 1 an « juste en payant leur nourriture et leur logement », oubliant que multiplié par 365 jours ça chiffre.. A peu près 5000 euros pas inclus dans le budget (comme n’était pas inclus dans le budget un deuxième voyage pour elle… voyages que GEF ne prend pas en compte). Sandrine elle calcule plutôt bien… et à priori… plutôt tout.
Contente quand même qu’elle et l’équipe soit reparties aussi, contente de retrouver la maison, de me retrouver.. Heureuse de reprendre mon rythme et de pouvoir dormir un peu plus que 4h par nuit. J’ai pu quand même répondre à quelques mails qui me semblaient urgents cette semaine comme celui de Jacqueline, la n° 2 de l’ambassade de France qui propose un budget pour assister Tuvalu à se faire mieux entendre en prenant en charge salaires et dépenses d’un expert junior.
*** Sem qui me disait qu’il pensait que tel projet serait mieux si « tu lui as dit ? » : « tu me connais, tu sais que je suis timide, qu’il faut venir me chercher quinze fois pour que je m’avance, j’suis pas pushy comme Sandrine », avec un sourire…
Sem, au cours de sa première conversation avec Sandrine mercredi soir, a d’abord voulu lui exprimer combien il se sentait mal à mon égard et voulait mon pardon… Alors qu’elle avait été remontée contre lui tous ces derniers mois, elle m’a demandé d’aller le voir. Je n’y suis pas allée. Perso je n’ai exprimé ni rancune ni froideur, juste pas abordé les sujets qui fâchent avec Sem, j’ai rien fait de plus… Et je l’ai mentionné dans mes présentations comme un pilier du projet. J’ai peut-être souri un peu plus. Mais c’est plus sûrement la bière qui l’a détendu ce soir là. Il m’a avoué hier quand je disais être réveillée tous les matins par les cris du bébé « eh Gilliane, il faut que je te dise que je viens dormir quelquefois ici dans le jardin… T’as raison le bébé braille ».
Samedi 1er mai
A Tuvalu c’est la fête du sport tous les jours depuis une semaine et fête tout court le soir. La capitale est packed, les rues sont crowded de motorbikes dont on ne trouve plus une à louer. La ville résonne de musiques, de cris de joie émanant de toute l’île, depuis qu’ont commencé les jeux inter-îles de Tuvalu et qu’a débarqué un demi-millier de résidents de plus qui vivent dans les maisons communautaires, dans les écoles, dans de la famille. Les jeux ont eu 1 journée de retard et les cérémonies de résultats n’ont eu lieu qu’aujourd’hui, les bateaux ne partiront donc pour ramener tout le monde chez soi que dans quelques jours, puis ils reviendront dans quelques jours pour emporter 1 autre fournée de 2 autres îliens.. et encore 2 et encore…
Saini, l’avocate qui vit en face de chez Grace, m’a dit que pour célébrer la fin de la semaine de workshop Biodiversity, ils avaient fait un saut au Matagigali, ou y’avait tellement de monde que personne ne pouvait plus entrer. Du jamais vu. Hmm moi je suis bien chez moi… et contente d’être enfin… seule.. pour quelques jours.
Rendu la bicyclette à Grace. Rien à payer mais le « vieux » qui s’est approprié la bicyclette de Leota veut l’emporter à Nanumea pour aller aux cochons.. Nous ne l’aurons donc pas quand l’équipe reviendra. La bonne nouvelle c’est qu’alors il y aura à nouveau des mob à louer… La nôtre, l’électrique, m’a lâchée, en sortant de chez Cat tout à l’heure. Elle était tombée, un monsieur l’a remontée… mais 1/2h plus tard elle n’a pas voulu repartir et je l’ai poussé jusqu’à chez Alpha/John en face. J’espère que ce ne sera rien comme quand elle a déjà eu ces symptômes à mon arrivée, après une chute… En attendant et par bonheur car demain c’est dimanche, comme l’équipe de Sardine est partie, j’ai le vélo rouge.
Aux ¾ du voyage, si je suis encore dans le flou, j’ai accepté comme un fait l’immensité de la tâche en y renonçant partiellement, en n’en faisant plus une priorité. Si j’ai envie de rentrer à la maison plus que d’habitude depuis un moment, ça s’estompe et voyant le mois de juin arriver, je ne suis plus si sûre… Mais, particulièrement les 2 premiers mois du séjour, les informations/rumeurs/constats de problèmes à expliquer/régler si on veut atteindre notre but ont été tellement nombreuses que ça m’a submergée et que j’ai été prête souvent à abandonner. Le tout fut particulièrement éprouvant, déprimant. Ensuite ça s’est calmé. Tout n’était pas rose, mais il me fallait l’accepter comme un paramètre de plus. Tuvalu allait peut être à sa perte mais je n’étais pas atlas pour porter leurs malheurs ni Sisyphe pour me remettre à la tâche continuellement. Voilà... Et oui on pouvait arrêter Amatuku. Leur chaos nous y autorise. En revanche, j’ai aussi constaté que si on pouvait aller plus loin avec la biodiversité, je continuerai à m’en occuper sans doute avec plaisir, according to what I saw the last days.. Je n’étais pas vraiment prête à ne plus revenir à Tuvalu et l’idée du potentiel prochain film m’a aidée à en avoir envie. Posé quelques notes ce soir qui m’ont ramenée à ce blog.
J’avais prévenu la veille que je n’irai pas jusqu’au port, à 7h, d’autant que Thomas, le biologiste es-requins et photographe, m’a proposé d’enregistrer quelques séquences en vidéo.
Réveillée par le petit coup à la porte de Sandrine qui m’avait préparé un café. Ce qui m’a beaucoup touchée. Elle est arrivée mardi dernier, alors que sarah était encore là. Retrouvaille chaleureuse. Et 4 jours agréables avant ce premier départ, malgré ma tronche du jeudi soir devant la maison envahie, l’Internet monopolisé … Et notre accrochage d’hier soir.
A l’heure où on avait dit à quelques potes (dont Sem et Annie) de passer prendre un verre, Sandrine s’est rappelée que Tupu avait parlé d’une avance dont il avait besoin pour acheter ci ou ça… Je n’avais qu’une solution : aller lui déposer un chèque… La banque était fermée et le serait aussi le lendemain, samedi, mais il pourrait toujours avant l’heure du départ sortir du cash au fusi ou, m’a dit sa femme susan, de la boutique d’en face de chez eux… A la tombée de la nuit, j’ai donc enfourché la bike dont la batterie montrait des signes de faiblesse certains. Sans mettre en route les phares tellement j’avais la trouille de devoir la pousser sur le chemin du retour… Arrêt d’une seconde pour acheter qqs amuses gueules chez l’indien (Paapa à qui j’avais commandé ses crispies maison ne les avait pas livrés). Sur le chemin j’ai rencontré Annie qui se rendait chez nous… Tupu, lui, n’était pas chez lui, mais sa femme, oui… J’allais lui déposer le chèque et repartir quand il est arrivé, après avoir nourri les cochons… En fait d’avance pour lui, toute l’équipe avait besoin de liquide. Pas grand chose par rapport aux salaires prévus mais bêtement, à la française, j’ai rédigé 9 chèques... ce qui m’a pris bien sûr bien plus de temps que prévu… En plus, je me suis souvenu dans la nuit que j’avais oublié de signer au dos, la condition pour pouvoir encaisser le montant d’un chèque. Tupu m’apprend aussi qu’il avait dit à Sandrine qu’on avait intérêt à se procurer un baril de 200 l ici, moins cher.. Elle m’avait simplement dit « ah si tu vas le voir, vérifie avec lui l’histoire du baril… »… Bien sûr trop tard pour acheter ça ce soir… Autre petit couac, la goutte qui a fait déborder mon vase : sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un des chauffeurs de taxi pour demander à sa femme qu’il soit là, avec une camionnette, le lendemain matin à 7h pour conduire l’équipe au port… J’étais contente d’avoir pu assurer ce dernier détail. Mais Sandrine : « ah j’ai oublié de te dire que le camion des pêches passait nous prendre »… Ce n’est rien bien sûr, mais je me serai bien passée du coup de fil d’annulation… J’ai donc explosé… Sandrine s’est défendue à la Sandrine qui ne fait jamais d’erreurs et trouvent toutes les explications possibles pour ne pas être mise en défaut… Ca a jeté un petit froid principalement pour Annie qui était présente. Entre temps nos crispies préférés, ceux de paapa, nous avaient été livrés avec 2 beaux mats à 4 dollars.
Cette mini crise ne nous a pas empêchées, le soir, de blablater toutes les deux jusqu’à trop tard en se félicitant de l’équipe que nous formions et moi de la congratuler sur sa capacité à manager un projet. Ma conclusion sur les couacs de la journée : il manquait une journée de préparation. Quand j’avais lu sa dernière prévision d’arrivée, je me doutais qu’il allait falloir que je passe plus de temps que prévu mais pas au point de jouer les coursiers en dernière minute.. Ou alors faudrait prévoir un assistant. J’avais pensé demander à Kaio de suivre ça mais, cette semaine c’était la semaine Atelier national de la Biodiv d’Eliala. Il s’occupait des jeunes. Et nos activités même si elles sont complémentaires (et intégrées à l’atelier par la présentation que nous en avons fait) ont porté un peu préjudice aux ateliers d’Eli. Kaio était un des piliers... Dans un planning préalable, Eli avait prévu que Sem, Tupu et moi parlions des projets et de la biodiv marine tout le mercredi… En fin du compte ça s’est limité à l’après-midi du mercredi, juste après le départ de Sarah… Nous avons organisé la présentation de Dan (NZAid qui faisait ainsi la première restitution de leurs études sur les mammifères marins (plus plus) menées depuis 2006).. et la nôtre, le mercredi après midi*… Après ça je n’ai plus eu le temps de poser un pied sous la maneapa et idem pour Sem et Tupu, alors que m’a confié Sem hier soir autour du pot, Eliala, modifiant une dernière fois son planning, comptait sur eux tout ce vendredi. * repris en plus court le powerpoint de présentation au DCC et plus décontractée encore…
Ce jour-là, nous avions organisé une séance de formation à l’utilisation des outils de comptage des poissons… Une douzaine d’employés des fisheries, dont bien sûr l’équipage et l’équipe de plongée… Quelques visiteurs comme Taukiei, Annie et Niko, le patron de l’équipe fisheries qui nous a fait une proposition béton, meilleure que nous ne l’espérions, pour la location du bateau pour le mois… Ce qui lui a valu 2 bises sonnantes de notre part et un parfum…
Cohabitation très agréable : Sandrine est aussi impulsive dans les affaires de la maison que dans son organisation de boulot… Elle voit une bouteille vide, elle lance 2 bouilloires. Rien ne traîne… J’ai vraiment apprécié après 2 mois à devoir tout faire… Pour l’anecdote, Sandrine est née la même année que mon fils.
Rapide flashback : mardi 27 Avril, elle arrive avec Thomas, dîner le soir avec Dan-NZAid au filamona.. Sarah et Kaio étaient là aussi bien sûr; des crabes délicieux récupérés de la workshop biodiv et des frites de kasava… pour organiser un peu le lendemain…. Et récupérer les données NZAid… Dan avait imprimé leur pré rapport avec dans le titre « la république de tuvalu », ce qui a bien faire rire…. Mercredi départ Sarah et présentation préparée à l’arrache un peu la veille au soir et une heure avant… avec distribution de la bd en tuvaluen et félicitations chaleureuses de Lee et Sem… qui en ont rajouté une couche le soir. Mercredi soir : pâtes au beurre et comté fondu, sorti direct du freezer et enfourné dans le micro-onde… puis retrouvé les garçons (Dan, Sem, Lee) qui nous attendaient à l’hôtel… Lee a dit à Sandrine qui lui demandait comment il avait trouvé sa présentation « trop technique, celle de Gilliane était super, la tienne trop longue.. »… Ravie bien sûr, pas trop à cause des compliments, mais que quelqu’un d’autre dise qu’il faut simplifier le langage pour des gens qui ne sont pas spécialisés…. On s’est un peu battues là-dessus l’an dernier, un tout petit peu cette année.. j’ai, comme avec Sarah abandonné vite.. en plus on n’avait pas le temps… J’ai pu toutefois rajouter le mot nourriture, plus parlant que management des ressources…
Jeudi 29 Avril : réveillée en fanfare par le cri strident d’un bébé à 5h… Debout aussitôt… à ma grande surprise… pour préparer la journée… Arrivée Dani et présentation méthodologie dans la salle de conférence de l’hôtel… une heure avant la conf, cavalé pour trouver un projecteur. Celui prévu (Alamai du service culturel) n’était pas accessible. Elle avait pris une journée de vacances... J’allais foncer chez elle mais préféré tenter le département de l’énergie… Un peu surpris de ma demande en urgence, Paulson, le secrétaire permanent, a hésité quelques secondes puis a donné l’ordre qu’on me le prête… Ouf…
J’avais invité Annie et Fumiko qui ont pu dire un mot aussi… Un petit couac : d’abord quand Dani a parlé des bêches de mer… j’ai précisé pour son info, la situation avec la pêche « intensive » pour export en Chine… Et quand elle a asséné que les starfish étaient dangereux pour les coraux… émis une nuance en l’informant du projet de Fumiko, Foram, qui donnait un aspect positif avec la création de sable. Fallait remettre les choses dans le contexte tuvaluen et indiquer que bien que non intégré dans la présentation, Alofa était au courant… Autre petit couac, le uaelu dont je ne retiens jamais le nom, a priori sympathique représentant du Kaupule (et un des musiciens qui m’ont fait trimé sur leur projet de festival musical et n’ont plus donné signe de vie pour le festival des king tides…**). Ici idem alors que toute la tablée était positive, il a fait remarquer qu’on n’avait pas suivi les règles protocolaires et qu’il n’était pas au courant… « et la communauté ? »… Tupu lui a répondu en tuvaluen qu’en gros tout était fait dans les règles de l’art.
Sinon ce fut plutôt drôle et sympathique. Le PC de Sandrine s’évanouissait de temps en temps rendant la présentation un peu plus compliquée et je traduisais ses jurons comme « putaing » à l’assemblée…
** en fait leur attitude de non collaboration, de grimaces à faire avec les autres, me rappellent les commentaires du forum de libé ce matin sur le 1er mai… Tous ronchonnent, critiquent tout de la société et bien sûr aussi la manif prévue « qui n’est pas unie » et que bien sûr ils ignoreront… La caricature du râleur qui ne lève pas le petit doigt pour agir et surtout pas avec les autres…
Ce jeudi soir, derniers préparatifs pour le voyage et pour l’atelier de formation du lendemain… autour d’une soupe aux nouilles. Après avoir trouvé, ô miracle, dans une île envahie par 500 outer-îliens, réunis autour des olympiques tuvaluens, une bicyclette pour Dani… Plus rien chez notre voisin, mari de Susie, qui m’avait promis pourtant de m’en faire réparer une… plus rien non plus chez Grace, sauf me dit-elle la bicyclette du vieux monsieur enfermée dans un container à côté… Dani a pu la récupérer le vendredi matin...
Vendredi : matinée de formation devant les fisheries… Décamètres, poissons découpés déposés un peu partout, feuille de relevé de data… Ce fut très sympathique… Pas resté jusqu’au bout parce qu’il fallait que j’assure le liquide pour la mission et que je passe, entre autres, chez le secrétaire permanent des ressources naturelles pour faire ajouter notre stagiaire Maud sur la liste officielle de Bonn… Il a dit qu’il ferait maintenant inchallah..
Déjeuner à l’hôtel avec toute l’équipe après une petite discussion avec Sem et Taukiei sur le fait que Nukulaelae pouvait utiliser une partie de son fond GEF pour nous nourrir et nous loger en contrepartie de la formation de la communauté.. Il n’y a pas de petites économies et nous en avons besoin sur ce projet, c’était déjà plus que risqué, l’euro qui s’effondre face au dollar australien ne facilite pas les comptes.
Pot sympathique vendredi soir après la crise… discussion affectueuse de la nuit et, café inattendu préparé au matin …Donc Biodiv so far so good…. Non seulement on s’entend bien, non seulement les tuvaluens se sont montrés fiables et partenaires (tirant presque des larmes hier soir à Sandrine réalisant combien l’équipe était soudée avec la présence hier soir de Semese***), non seulement on a accès à toutes les données de NZAid mais aussi aux photos de poissons qu’ils pourraient avoir et qui nous manqueraient pour le bouquin.
Hier soir aussi, Thomas, le thésard requins et photographe amateur doué, a profité que je m’étais retirée seule sur la terrasse à ruminer mon reste de colère « on n’a pas eu beaucoup l’occasion de parler »… C’était vrai je l’avais un peu évité, un peu en colère de n’avoir appris que ce voyage pouvait servir à sa thése qu’à son arrivée… Alors que j’avais décliné en long et en large à Sandrine qu’un bon photographe sous marin, étudiant, on pouvait sans doute trouver pour moins cher que ce qu’elle avait budgété… A Thomas, j’avais juste glissé le nombre approximatif de photos de poissons et autres invertébrés nécessaires en ajoutant le côté humain : comment les tuvaluens utilisent le lagon, les poissons (pique nique au poisson cru attrapé direct et mangé dans le lagon), les bateaux traditionnels.. On est allé un peu plus loin et j’ai regardé pour la première fois ses photos. Sandrine m’en avait vanté la qualité et la créativité. Elle avait raison… Nous aurons de très belles photos sous-marines… Il est un peu moins doué pour l’extérieur. La couverture genre « photo reportage » que je lui avais demandée hier matin de la formation a l’avantage d’exister. Pas grave car je couvrais aussi avec la vieille petite Sony (qui donne l’image d’une centenaire mais qui continue à fonctionner contrairement aux 2 grosses (la nôtre et celle du service social))..
J’avais expliqué à Sarah et plus tard à Sandrine que je risquais une dichotomie en passant de l’une, nonchalante et difficile à pousser, et l’autre, wild horse pushy… En fait non, j’apprécie la présente cohabitation bien plus que la précédente… Sandrine a intégré un tas de choses en un an… Hier soir, je l’entendais parler des bénéfices aux communautés, de l’échange de savoir, des notions étrangères à son vocabulaire l’an dernier.. Et la petite phrase dans un de ses mails, concernant le chocolat qu’elle essayerait de ne pas oublier… qui m’avait fait bondir et dire d’elle qu’elle avait l’impression que l’univers tournait autour de son nombril… Et bien cette petite phrase avait été écrite pour me faire mariner. Le chocolat était déjà acheté.. Et en sortant de l’avion, c’est la première chose qu’elle m’a montrée ! Et comme je lui ai dit cette nuit , je suis très satisfaite de son travail. Certes, contrairement à Sarah elle est payée (après âpres négos, finalement selon mes principes qu’on peut vivre avec 3000 euros par mois… sauf que c’est en $ Australiens et que c’est sur plusieurs mois, donc ça fait plus gros).. mais entendre elle et son équipe proposer de payer les boissons et encas en dehors du déjeuner à l’hôtel et la soupe rapide du soir fait plus plaisir à l’oreille que d’entendre « j’ai besoin d’argent pour acheter mes cigarettes ».. Sans parler des surcoûts importants des voyages que Sarah va vouloir imputer sur notre trésorerie et totalement provoqués par sa flemme.. Bien sûr on ne pouvait pas prévoir qu’un nuage ralentirait les retours sur l’Europe mais si elle avait fait les démarches quand on en a parlé et pas 15 jours plus tard, elle serait passée avant le nuage. Maintenant je ne sais pas combien de temps, elle va rester en Nouvelle Zélande (ou elle passe voir des chiens de son chenil)
Si on n’attend pas d’un chef de projet qu’il suive les infos indispensables à son projet, plutôt positif de la part de Sarah d’avoir suivi mes conseils en prenant contact avec Sikeli et son contact de fabricant plastic. Pendant son transit à Suva elle est allée voir, avec Sikeli, le fabricant d’un proto de digesteur plastique que Sikeli contacté avec notre dossier de recherches et de plans. Il a démarré la fabrication d’un digesteur flottant (pas le modèle qu’on préfère mais tellement plus pratique à transporter.) Elle a expédié un petit rapport. On est loin encore d’un outil finalisé et donc à des années lumières de pouvoir en acheter un, semble t’il, mais une collaboration se dessine entre le fabricant, sikeli et elle pour fignoler les fittings etc.. Elle a en tête de revenir à Tuvalu en septembre maintenant -décalage de quelques mois c’est pas la mort mais je vois toujours mal comment ce pourra être possible… Le matos n’est donc toujours pas décidé, a fortiori non commandé, et encore moins expédié… Rien que ça prendra 3 mois… Et même si ça arrivait à l’heure… comme à priori elle reprend ses cours en octobre… je vois mal. Parmi ses incohérences financières (pour quelqu’un qui sait, dit elle manager) quand elle envisage de faire venir 2 étudiants stagiaires pour suivre le projet pendant 1 an « juste en payant leur nourriture et leur logement », oubliant que multiplié par 365 jours ça chiffre.. A peu près 5000 euros pas inclus dans le budget (comme n’était pas inclus dans le budget un deuxième voyage pour elle… voyages que GEF ne prend pas en compte). Sandrine elle calcule plutôt bien… et à priori… plutôt tout.
Contente quand même qu’elle et l’équipe soit reparties aussi, contente de retrouver la maison, de me retrouver.. Heureuse de reprendre mon rythme et de pouvoir dormir un peu plus que 4h par nuit. J’ai pu quand même répondre à quelques mails qui me semblaient urgents cette semaine comme celui de Jacqueline, la n° 2 de l’ambassade de France qui propose un budget pour assister Tuvalu à se faire mieux entendre en prenant en charge salaires et dépenses d’un expert junior.
*** Sem qui me disait qu’il pensait que tel projet serait mieux si « tu lui as dit ? » : « tu me connais, tu sais que je suis timide, qu’il faut venir me chercher quinze fois pour que je m’avance, j’suis pas pushy comme Sandrine », avec un sourire…
Sem, au cours de sa première conversation avec Sandrine mercredi soir, a d’abord voulu lui exprimer combien il se sentait mal à mon égard et voulait mon pardon… Alors qu’elle avait été remontée contre lui tous ces derniers mois, elle m’a demandé d’aller le voir. Je n’y suis pas allée. Perso je n’ai exprimé ni rancune ni froideur, juste pas abordé les sujets qui fâchent avec Sem, j’ai rien fait de plus… Et je l’ai mentionné dans mes présentations comme un pilier du projet. J’ai peut-être souri un peu plus. Mais c’est plus sûrement la bière qui l’a détendu ce soir là. Il m’a avoué hier quand je disais être réveillée tous les matins par les cris du bébé « eh Gilliane, il faut que je te dise que je viens dormir quelquefois ici dans le jardin… T’as raison le bébé braille ».
Samedi 1er mai
A Tuvalu c’est la fête du sport tous les jours depuis une semaine et fête tout court le soir. La capitale est packed, les rues sont crowded de motorbikes dont on ne trouve plus une à louer. La ville résonne de musiques, de cris de joie émanant de toute l’île, depuis qu’ont commencé les jeux inter-îles de Tuvalu et qu’a débarqué un demi-millier de résidents de plus qui vivent dans les maisons communautaires, dans les écoles, dans de la famille. Les jeux ont eu 1 journée de retard et les cérémonies de résultats n’ont eu lieu qu’aujourd’hui, les bateaux ne partiront donc pour ramener tout le monde chez soi que dans quelques jours, puis ils reviendront dans quelques jours pour emporter 1 autre fournée de 2 autres îliens.. et encore 2 et encore…
Saini, l’avocate qui vit en face de chez Grace, m’a dit que pour célébrer la fin de la semaine de workshop Biodiversity, ils avaient fait un saut au Matagigali, ou y’avait tellement de monde que personne ne pouvait plus entrer. Du jamais vu. Hmm moi je suis bien chez moi… et contente d’être enfin… seule.. pour quelques jours.
Rendu la bicyclette à Grace. Rien à payer mais le « vieux » qui s’est approprié la bicyclette de Leota veut l’emporter à Nanumea pour aller aux cochons.. Nous ne l’aurons donc pas quand l’équipe reviendra. La bonne nouvelle c’est qu’alors il y aura à nouveau des mob à louer… La nôtre, l’électrique, m’a lâchée, en sortant de chez Cat tout à l’heure. Elle était tombée, un monsieur l’a remontée… mais 1/2h plus tard elle n’a pas voulu repartir et je l’ai poussé jusqu’à chez Alpha/John en face. J’espère que ce ne sera rien comme quand elle a déjà eu ces symptômes à mon arrivée, après une chute… En attendant et par bonheur car demain c’est dimanche, comme l’équipe de Sardine est partie, j’ai le vélo rouge.
Aux ¾ du voyage, si je suis encore dans le flou, j’ai accepté comme un fait l’immensité de la tâche en y renonçant partiellement, en n’en faisant plus une priorité. Si j’ai envie de rentrer à la maison plus que d’habitude depuis un moment, ça s’estompe et voyant le mois de juin arriver, je ne suis plus si sûre… Mais, particulièrement les 2 premiers mois du séjour, les informations/rumeurs/constats de problèmes à expliquer/régler si on veut atteindre notre but ont été tellement nombreuses que ça m’a submergée et que j’ai été prête souvent à abandonner. Le tout fut particulièrement éprouvant, déprimant. Ensuite ça s’est calmé. Tout n’était pas rose, mais il me fallait l’accepter comme un paramètre de plus. Tuvalu allait peut être à sa perte mais je n’étais pas atlas pour porter leurs malheurs ni Sisyphe pour me remettre à la tâche continuellement. Voilà... Et oui on pouvait arrêter Amatuku. Leur chaos nous y autorise. En revanche, j’ai aussi constaté que si on pouvait aller plus loin avec la biodiversité, je continuerai à m’en occuper sans doute avec plaisir, according to what I saw the last days.. Je n’étais pas vraiment prête à ne plus revenir à Tuvalu et l’idée du potentiel prochain film m’a aidée à en avoir envie. Posé quelques notes ce soir qui m’ont ramenée à ce blog.
16 / 05 / 10 - 16 : 37
Presque barré toutes les lignes du week end. Piggarep, une lettre de 2 pages et un résumé de 6 ( !) sont prêts à partir ; Envoyé un mot en amont à ceux de l’undp que je mettrai en copie pour les prévenir. Répondu aux Brésiliens qui s’étonnaient comme beaucoup de devoir payer des droits pour diffuser des images que nous ne voulons plus diffuser… Les sensationnelles… En revanche, nous sommes obligés de rappeler à chaque fois que toutes les autres images et particulièrement celles des solutions sont mises à disposition gratuitement.
J’vais pas tarder à expédier à Fanny les réponses à ses mails et récaps de la semaine. Me reste Chris qui suit les affaires du matos pour le gazogène et d’autres trucs et à qui je dois une mise à jour de la situation, particulièrement sur la mission de Gilles…
La semaine s’annonce rude… Lundi c’est le début de la workshop de NBSAP et le lancement des jeux olympiques de Tuvalu… Je ferai un saut à l’un et déclarerai probablement forfait pour l’autre. Pas trop bon souvenir de la chaleur y’a deux ans… Sandrine et le photographe arrivent mardi. Mercredi présentation du projet et de NZ Aid à NBSAP workshop et départ de Sarah. Jeudi arrivée de Dani, la compteuse de poissons et présentation par sandrine et elle du projet.. J’espère que Sandrine comprendra l’intérêt de tout faire le mercredi, devant une grande audience qu’en comité restreint (en gros l’équipe de 4 ou 5 tuvaluens qui feront le voyage et l’étude avec elles)… Pour le moment elle veut présenter le jeudi et parler de méthodologie le lendemain… Connaissant Tuvalu, et sachant que ces deux étapes vont prendre max 1h chacune, quand on a les gens sous la main on fait tout… D’autant que la plupart doivent aussi participer à la NBSAP..
Un plaisir le soir de la soirée indienne, Paeniu, un des fisheries qui sera du voyage, nous a rejoint à la table. Il était un peu bourré. Suffisamment pour lui donner le courage de s’exprimer mais pas trop. Il a donc clairement expliqué à Sarah le projet qu’il s’était approprié. Pourquoi les îles les plus éloignées, pourquoi le comptage des espèces et du nombre de poissons par espèce etc. Ne lui manquait que le bouquin... Pourtant il n’avait pas assisté aux réunions de l’an dernier. Tupu a donc bien transmis les informations et il a bien retenu ce que nous avions résumé Fanny et moi lors de notre passage dans leur bureau pour essayer d’apporter des réponses précises aux questions de Sandrine. Ça m’a fait grand plaisir d’entendre tout ça, comme ça… Je disais ma satisfaction à Nickie sans intervenir une fois dans le discours de Paeniu.
PS du 26/4 : J'ai déplacé ce soir le bureau de « la chambre de Fanny, coté lagon », dans le salon... Maintenant le téléphone et le modem trônent sur un vrai bureau à taille humaine et l'imprimante est juste à côté sur le petit pouffe... J'aurais dû y penser avant :). Ça n’a pas été trop facile de faire passer ce gros bureau dans une porte trop petite mais ça l’a fait. Sarah qui m’a dit en arrivant « t’aurais du me le dire, je t’aurais aidée » n’a reproposé son aide le soir en m’entendant de sa chambre tirer, pousser, déménager sofas et étagères depuis une heure que quand elle a été sure qu’il n’y avait plus rien à bouger ! Mdr.
J’vais pas tarder à expédier à Fanny les réponses à ses mails et récaps de la semaine. Me reste Chris qui suit les affaires du matos pour le gazogène et d’autres trucs et à qui je dois une mise à jour de la situation, particulièrement sur la mission de Gilles…
La semaine s’annonce rude… Lundi c’est le début de la workshop de NBSAP et le lancement des jeux olympiques de Tuvalu… Je ferai un saut à l’un et déclarerai probablement forfait pour l’autre. Pas trop bon souvenir de la chaleur y’a deux ans… Sandrine et le photographe arrivent mardi. Mercredi présentation du projet et de NZ Aid à NBSAP workshop et départ de Sarah. Jeudi arrivée de Dani, la compteuse de poissons et présentation par sandrine et elle du projet.. J’espère que Sandrine comprendra l’intérêt de tout faire le mercredi, devant une grande audience qu’en comité restreint (en gros l’équipe de 4 ou 5 tuvaluens qui feront le voyage et l’étude avec elles)… Pour le moment elle veut présenter le jeudi et parler de méthodologie le lendemain… Connaissant Tuvalu, et sachant que ces deux étapes vont prendre max 1h chacune, quand on a les gens sous la main on fait tout… D’autant que la plupart doivent aussi participer à la NBSAP..
Un plaisir le soir de la soirée indienne, Paeniu, un des fisheries qui sera du voyage, nous a rejoint à la table. Il était un peu bourré. Suffisamment pour lui donner le courage de s’exprimer mais pas trop. Il a donc clairement expliqué à Sarah le projet qu’il s’était approprié. Pourquoi les îles les plus éloignées, pourquoi le comptage des espèces et du nombre de poissons par espèce etc. Ne lui manquait que le bouquin... Pourtant il n’avait pas assisté aux réunions de l’an dernier. Tupu a donc bien transmis les informations et il a bien retenu ce que nous avions résumé Fanny et moi lors de notre passage dans leur bureau pour essayer d’apporter des réponses précises aux questions de Sandrine. Ça m’a fait grand plaisir d’entendre tout ça, comme ça… Je disais ma satisfaction à Nickie sans intervenir une fois dans le discours de Paeniu.
PS du 26/4 : J'ai déplacé ce soir le bureau de « la chambre de Fanny, coté lagon », dans le salon... Maintenant le téléphone et le modem trônent sur un vrai bureau à taille humaine et l'imprimante est juste à côté sur le petit pouffe... J'aurais dû y penser avant :). Ça n’a pas été trop facile de faire passer ce gros bureau dans une porte trop petite mais ça l’a fait. Sarah qui m’a dit en arrivant « t’aurais du me le dire, je t’aurais aidée » n’a reproposé son aide le soir en m’entendant de sa chambre tirer, pousser, déménager sofas et étagères depuis une heure que quand elle a été sure qu’il n’y avait plus rien à bouger ! Mdr.
16 / 05 / 10 - 16 : 36
Surprise du jour en récupérant mon passeport.
Ça me semblait traîner un peu (alors que sarah l’avait eu dans la foulée), ça traînait tellement quand je suis passée ce matin avant l’avion que je commençais à me raconter des histoires et à me dire que ça me ferait bien plaisir qu’ils me fassent des ennuis pour n’avoir pas mis à jour ma situation dans les temps (j’ai près de 3 mois de retard… Et l’année dernière, j’avais même rien fait du tout).. Si je pouvais être obligée de partir pour ce genre de raison, je ne ferais agir personne et je m’envolerai avant la fin de la mission de Sandrine… Comme il y a une dizaine d’années quand un ras-le-bol de L.A. m’avait envahie… Et que j’ai furieusement eu envie d’aller jusqu’au bout de la procédure un peu débile subie à l’aéroport parce que j’avais dit que je n’avais pas 50 dollars en liquide pour qu’ils tamponnent mon visa de travail.. 5 heures sur le gril dans les bureaux de l’immigration… Il m’avait fallu acheter un billet de retour immédiatement etc jusqu’à la 135e question où ils ont compris que je dirigeais une (petite) entreprise, que j’avais une maison etc… « Mais pourquoi vous ne nous l’avez pas dit ? » « vous ne me l’avez pas demandé »… Puis me conseillant d’épouser Chris pour n’avoir plus jamais cette situation…. J’en avais marre de L.A. et si c’était eux qui me renvoyaient c’était mieux… Fatalisme plutôt que décision… Aujourd’hui un peu manque de bol mais sympathique surprise quand même : « Gilliane » me dit l’officier d’immigration, en me montrant un visa qui ne ressemblait pas au tampons habituels, avec une mention manuscrite sous le cachet.. « Tu travailles pour Alofa Tuvalu donc on t’a fait un visa de travail, mais seulement pour Alofa Tuvalu, si ta situation change, tu nous préviens. » J’ai désormais un droit de séjour d’un an. Sans coût. Jamais il ne m’était arrivée aux US d’être exemptée de tout frais y compris de tampon (qui coûte aux professeurs palagis travaillant ici pour l’école religieuse pas loin de 200 dollars il me semble).
Autre satisfaction du jour : d’avoir pu exprimer mon opinion et ressenti dans l’oreille très amicale de Falesa, le Ministre de l’Education et celle de Polao, du comité d’investigation sur la mutinerie TMTI. Je l’avais loupé hier et pas vu de la journée, c’est lui au retour de la réunion du comité d’investigation qui est venu me trouver. Je ne sais pas ce qu’ils en retiendront et ce qu’ils en feront mais en tout cas, ils ont entendu et avec Polao on a élargi aux problèmes plus généraux de Tuvalu. Ce qui m’embête dans cette affaire c’est que je me mets dans le camp des opposants à Leota… Il semble porter les revendications avec le chief officer (qui se révèle violent avec Lee) alors que je serai ravie qu’il devienne capitaine si c’était possible. Sinon il ne serait que acting capitaine et peut être même pas puisque ça reviendrait à Puga le chief officer. Je regrette que Leota ne nous ait pas informé de leurs intentions et surtout qu’ils aient attendu que le capitaine soit dans l’avion pour sortir du bois... Sous tendu, sous-entendu et clairement exprimé dans une douzaine de récriminations, une guerre contre Lee, le comptable et notre biogaz en chef depuis qu’on a viré l’alcolo l’an dernier. Lee est beaucoup plus détendu depuis qu’on a parlé hier. Il avait l’impression qu’il avait tout le monde contre lui et n’osait parler à personne… En tout cas, il a une maîtrise incroyable et j’espère que ça va durer malgré les provocations quotidiennes qu’il a à subir à Amatuku (cf Puga qui veut le poursuivre en justice pour avoir coupé, après qu’Utala lui ait dit que c’était du leftover, un bout de grillage)… Je ne sais pas si je suis claire mais la réaction de Sarah l’est : « s’ils font ça, nous on poursuivra Utala pour vol et sabotage ». Ambiance !
L’arrivée des étudiantes journalistes en provenance de Norvège s’est passée en douceur. L’une est blonde, l’autre brune. Elles sont sympathiques, mais n’avaient pas réservé de chambre… Et comptaient en trouver à 30 dollars dans une des « nombreuses loges », tout comme un neuneu blond atterri de je ne sais quel pays qui n’avait pas réservé non plus et est venu me demander une chambre à 30 $... Le hide away c’est loin, si vous trouvez un taxi, après faut un transport quotidien comme une bicyclette ou une mob… J’ai emmené les filles. Vase puis Penni leur ont fait une chambre double au 1/3 du prix… Vase m’a confié qu’ils ne prenaient plus personne because problème d’eau... Le neuneu nous a rejoint et à l’annonce du prix normal a commencé à sortir ces papiers… Ressortant le hide away. A Penni qui lui redisait qu’il lui fallait un transport… Est-ce qu’il voulait qu’on lui trouve un taxi ? « et une voiture ? ». « 40 $ par jour ». Penni a été gentille et lui a donné la dernière chambre à la moitié du prix sans climat’. En fait elle devrait faire l’inverse, des chambres un peu moins chères et un forfait aircon à un tarif élevé. Je les ai laissés là car le neuneu me tapait vraiment sur les nerfs et j’avais autre chose à faire.
A l’aéroport croisé la moitié de la ville comme d’hab dont Salilo, la femme de Enele, Maatia, l’ex PM à qui j’ai forwardé cet aprem l’info seacology-cruise ship à Nanumea. Il est avec Willy, élu de cette île... Tala de la croix rouge qui essaie de m’apprendre un mot tuvaluen à chaque rencontre, Vasa ex office du Premier ministre qui venait de rentrer après 1 an à Fidji, Sem à qui je ne dis rien… juste échanges de sourires.. Mettre la pression ne sert à rien ici… Donc j’attends qu’il passe comme il le dit tous les jours à Sarah sans qu’on lui demande rien. Vu les filles du service social qui passeront, elles, samedi pour leur première leçon de montage. Peut-être…
Les Norvégiennes elles sont passées ce soir. Elles ne restent qu’une semaine et je voulais d’emblée leur montrer les king tides, et leur donner quelques pistes comme le fait que les tuvaluens répondent toujours par oui à une question qui comporte une formule négative, leur rappeler que c’était payday, de faire attention aux pochetrons… Je leur avais déjà indiqué qu’il valait mieux ne pas se baigner en maillots de bain... Bref je pensais en avoir pour une demi-heure et avoir fait ma BA auprès de la fille de UNDP qui me les avait envoyées.. En fait ça s’est terminé en interview fleuve mais sympathique … Elles m’avaient demandé si j’étais d’accord qu’elles enregistrent en audio et qu’elles en utilisent des extraits… Au cas où elles trouveraient où placer leur article. Quand elles ont demandé à prendre une photo, je leur ai montré l’angle pour le coucher de soleil… Non, c’était mon portrait qu’elle voulait « mais pour quoi faire » « pour notre reportage ? » « J’espère que vous trouverez mieux comme illustr ». Elles ont demandé si elles pouvaient avoir une BD. « Oui, à condition que vous la traduisiez ? » « Avec plaisir... ». Le Norvégien manque à la collection. Le mail de ce matin de Taiwan Environmental protection Union encensant la bd reçue à Copenhague et demandant s’ils pouvaient faire la traduction était sympathique aussi... On leur enverra la première trad faite par William, l’ex de l’ambassade à Funafuti. C’est super d’avoir encore une relecture dans un langage qu’on ne maîtrise pas du tout… Et quelqu’un qui imprime et utilise.
Y’a donc eu un tas de petites sympathiques nouvelles ce jeudi, veille d’un Nième vendredi férié (bomb day, du jour où les japonais ont envoyé un obus sur l’église). La dernière : Nous avons enfin une lampe extérieure digne de ce nom sur la terrasse, compacte mais lumineuse, un peu trop même. Et Henri/Enele, l’homme à tout réparer de l’hôtel m’a dit que les 30 dollars que je lui tendais c’était beaucoup trop. Il est venu 3 ou 4 fois et va aussi installer une petite planche dans le « dressing » pour que j’ai deux étagères et pas seulement une… je rêvais depuis 4 ans de pouvoir ranger mes affaires correctement. J’ai commencé à rêver d’installer la chambre/bureau côté lagon, mais là faut créer le placard.. En angle : 3 hautes planches, un manche à balai d’un côté pour suspendre, quelques étagères de l’autre… Pas compliqué, mais trop pour m’assurer que ca sera fait pour l’an prochain, d’autant que je ne suis pas sûre d’avoir envie de revenir après 2011.. Et puis un lit de camp pour plusieurs mois, ça ne le fait pas pour moi qui ai besoin d’aises, il faut donc un grand lit.
Dernier plaisir : Fong m’a confié que ses 3 plus grandes filles (de 7 à 15 ans) me trouvaient toujours bien mise... Mes tenues plus que décontractées plaisent donc aux ados… De quoi faire bisquer Sandrine qui avait regardé un jour l’an dernier d’un air dégoûté une jupe achetée à Fiji y’a quelques années… Me trouvait mal fagotée « ah ben oui ça se voit que ça date »… Bien sûr je m’en fous, s’il y a bien un endroit où je ne me pose pas ce genre de questions c’est bien ici… Une seule question en fait : trouver un modèle de robe traditionnelle qui ne fasse pas trop bécassine. D’autant que le tissu doit, traditionnellement, comporter des fleurs… Ça tasse !
Au lit… bientôt Minuit… Je termine mon dernier Canard. Si nous annulons la mission de gilles because tensions à tmti, je n’aurai pas ma cargaison de canards en retard... Et j’en suis à la 520ième page du Douglas Adams « the hitchhiker guide to the galaxy » qui en fait 764… À déguster avec modération…. J’ai commencé à me fatiguer avant la 500ième mais par petites touches, on retrouve le plaisir de la créativité déliée et la satire des sociétés humaines. Ce livre est tellement riche que je réalise combien est grande mon ignorance de l’Anglais et je m’étonne de réussir à m’exprimer sans connaître tous ces termes. Sans doute beaucoup de paraphrases. Comme en français d’ailleurs.
Fakasoa de retour de je ne sais quel voyage rencontré au centre des femmes : « t’as vu l’article de business news pacific ? « tu veux dire celui que tu nous as envoyé y’a un mois ou deux ? » celui où pour seule illustration figurait sa photo….. « euh , je ne sais pas mais à l’aéroport y’a des gens qui sont venus me voir en me demandant si c’était moi sur la photo. » Il était, bien sûr, ravi, confirmant une nouvelle fois combien tout le monde est avide de gloire.
La thèse de Nickie : « Tiens » me dit elle « Regarde j’ai fait comme toi en 2004, je me suis postée à l’aéroport à chaque avion pour faire un sondage sur le nombre, non pas de touristes, mais de représentants d’institutions ». Son papier, « power, participation & development : a case study of theoritical doctrines & international agency practice in Tuvalu », un résumé ou un extrait de la thèse qu’elle a en tête depuis 2004, indique qu’en 3 semaines, au moins 34 personnes d’au moins 25 institutions de développement ont débarqué à Funafuti… Sa conclusion : proportionnellement c’est comme si 2 millions de personnes débarquaient à Canberra (capitale australienne) pour discuter d’affaires de développement… Et, bien entendu, les maigres ressources humaines de Tuvalu ne peuvent suivre. Ceci ayant un impact négatif majeur sur leur capacité à faire leur boulot.
Un restau indien qui va ouvrir nous dit-on bientôt fait une semi-ouverture ce vendredi soir à l’hôtel. A priori nous devons y retrouver Nickie et Cat, si tant est qu’il ne fallait pas réserver 3 jours à l’avance. Quoi qu’il en soit, je doute que ce soit un indien comme on en trouve à fidji avec lentilles, épinards etc mais comme ici toutes les viandes cuites au curry et riz…
A l’aéroport, alors que je vérifie comme à chaque avion si les femmes ont réalisé de nouveaux colliers que nous n’aurions pas dans notre collection, une des femmes m’a dit « t’as vu j’ai des éventails Alofa »… J’en ai mis un de côté bien que les couleurs laissent à désirer.
La bicyclette : un plaisir depuis que John l’a huilée, en quelques coups de pédales je suis là où je veux être… Auparavant, malgré la main autoproclamée spécialiste de sarah, je commençais à m’inquiéter de ma capacité à pédaler, avec l’impression que Tuvalu était un pays de montagne..
Tous les enfants tuvaluens sont arrivés sur la capitale des 8 îles lointaines, les uns parce que c’est les vacances, les autres pour participer à la compétition sportive inter-îles qui a lieu tous les deux ans… Bruit assuré du matin au soir. Ce matin, à 7 h, un groupe d’une vingtaine d’étudiants s’ébattait dans le lagon au son d’un sifflet strident… Encore une incompréhension de la société tuvaluenne qui ne prend pas en compte le respect des voisins. Il faut dire que vivre dans la même pièce habitue l’oubli des bruits alentour dès la plus tendre enfance… C’est vrai pour la musique, le bruit ambiant, mais c’est la même chose pour les déchets. Euh… « Tuvalu we love it or we leave it » pourrait me dire le gouvernement s’il ressemblait un peu à notre président.
La chaleur depuis quelques jours est difficilement supportable. Respiration malaisée, transpiration même sous le ventilateur. Ca m’a rassurée que Sarah, de retour de l’hôtel où elle va déjeuner tous les jours, me dise avoir des difficultés à respirer elle aussi. Pour tout arranger, nos voisins brûlent les déchets qui s’accumulent en un monticule... Ça pue. Et nous on fait pareil (avec beaucoup moins de déchets puisqu’on composte, on conserve tous les conteneurs et rapportons toujours les recyclables et toxiques dans nos valises).
Ça me semblait traîner un peu (alors que sarah l’avait eu dans la foulée), ça traînait tellement quand je suis passée ce matin avant l’avion que je commençais à me raconter des histoires et à me dire que ça me ferait bien plaisir qu’ils me fassent des ennuis pour n’avoir pas mis à jour ma situation dans les temps (j’ai près de 3 mois de retard… Et l’année dernière, j’avais même rien fait du tout).. Si je pouvais être obligée de partir pour ce genre de raison, je ne ferais agir personne et je m’envolerai avant la fin de la mission de Sandrine… Comme il y a une dizaine d’années quand un ras-le-bol de L.A. m’avait envahie… Et que j’ai furieusement eu envie d’aller jusqu’au bout de la procédure un peu débile subie à l’aéroport parce que j’avais dit que je n’avais pas 50 dollars en liquide pour qu’ils tamponnent mon visa de travail.. 5 heures sur le gril dans les bureaux de l’immigration… Il m’avait fallu acheter un billet de retour immédiatement etc jusqu’à la 135e question où ils ont compris que je dirigeais une (petite) entreprise, que j’avais une maison etc… « Mais pourquoi vous ne nous l’avez pas dit ? » « vous ne me l’avez pas demandé »… Puis me conseillant d’épouser Chris pour n’avoir plus jamais cette situation…. J’en avais marre de L.A. et si c’était eux qui me renvoyaient c’était mieux… Fatalisme plutôt que décision… Aujourd’hui un peu manque de bol mais sympathique surprise quand même : « Gilliane » me dit l’officier d’immigration, en me montrant un visa qui ne ressemblait pas au tampons habituels, avec une mention manuscrite sous le cachet.. « Tu travailles pour Alofa Tuvalu donc on t’a fait un visa de travail, mais seulement pour Alofa Tuvalu, si ta situation change, tu nous préviens. » J’ai désormais un droit de séjour d’un an. Sans coût. Jamais il ne m’était arrivée aux US d’être exemptée de tout frais y compris de tampon (qui coûte aux professeurs palagis travaillant ici pour l’école religieuse pas loin de 200 dollars il me semble).
Autre satisfaction du jour : d’avoir pu exprimer mon opinion et ressenti dans l’oreille très amicale de Falesa, le Ministre de l’Education et celle de Polao, du comité d’investigation sur la mutinerie TMTI. Je l’avais loupé hier et pas vu de la journée, c’est lui au retour de la réunion du comité d’investigation qui est venu me trouver. Je ne sais pas ce qu’ils en retiendront et ce qu’ils en feront mais en tout cas, ils ont entendu et avec Polao on a élargi aux problèmes plus généraux de Tuvalu. Ce qui m’embête dans cette affaire c’est que je me mets dans le camp des opposants à Leota… Il semble porter les revendications avec le chief officer (qui se révèle violent avec Lee) alors que je serai ravie qu’il devienne capitaine si c’était possible. Sinon il ne serait que acting capitaine et peut être même pas puisque ça reviendrait à Puga le chief officer. Je regrette que Leota ne nous ait pas informé de leurs intentions et surtout qu’ils aient attendu que le capitaine soit dans l’avion pour sortir du bois... Sous tendu, sous-entendu et clairement exprimé dans une douzaine de récriminations, une guerre contre Lee, le comptable et notre biogaz en chef depuis qu’on a viré l’alcolo l’an dernier. Lee est beaucoup plus détendu depuis qu’on a parlé hier. Il avait l’impression qu’il avait tout le monde contre lui et n’osait parler à personne… En tout cas, il a une maîtrise incroyable et j’espère que ça va durer malgré les provocations quotidiennes qu’il a à subir à Amatuku (cf Puga qui veut le poursuivre en justice pour avoir coupé, après qu’Utala lui ait dit que c’était du leftover, un bout de grillage)… Je ne sais pas si je suis claire mais la réaction de Sarah l’est : « s’ils font ça, nous on poursuivra Utala pour vol et sabotage ». Ambiance !
L’arrivée des étudiantes journalistes en provenance de Norvège s’est passée en douceur. L’une est blonde, l’autre brune. Elles sont sympathiques, mais n’avaient pas réservé de chambre… Et comptaient en trouver à 30 dollars dans une des « nombreuses loges », tout comme un neuneu blond atterri de je ne sais quel pays qui n’avait pas réservé non plus et est venu me demander une chambre à 30 $... Le hide away c’est loin, si vous trouvez un taxi, après faut un transport quotidien comme une bicyclette ou une mob… J’ai emmené les filles. Vase puis Penni leur ont fait une chambre double au 1/3 du prix… Vase m’a confié qu’ils ne prenaient plus personne because problème d’eau... Le neuneu nous a rejoint et à l’annonce du prix normal a commencé à sortir ces papiers… Ressortant le hide away. A Penni qui lui redisait qu’il lui fallait un transport… Est-ce qu’il voulait qu’on lui trouve un taxi ? « et une voiture ? ». « 40 $ par jour ». Penni a été gentille et lui a donné la dernière chambre à la moitié du prix sans climat’. En fait elle devrait faire l’inverse, des chambres un peu moins chères et un forfait aircon à un tarif élevé. Je les ai laissés là car le neuneu me tapait vraiment sur les nerfs et j’avais autre chose à faire.
A l’aéroport croisé la moitié de la ville comme d’hab dont Salilo, la femme de Enele, Maatia, l’ex PM à qui j’ai forwardé cet aprem l’info seacology-cruise ship à Nanumea. Il est avec Willy, élu de cette île... Tala de la croix rouge qui essaie de m’apprendre un mot tuvaluen à chaque rencontre, Vasa ex office du Premier ministre qui venait de rentrer après 1 an à Fidji, Sem à qui je ne dis rien… juste échanges de sourires.. Mettre la pression ne sert à rien ici… Donc j’attends qu’il passe comme il le dit tous les jours à Sarah sans qu’on lui demande rien. Vu les filles du service social qui passeront, elles, samedi pour leur première leçon de montage. Peut-être…
Les Norvégiennes elles sont passées ce soir. Elles ne restent qu’une semaine et je voulais d’emblée leur montrer les king tides, et leur donner quelques pistes comme le fait que les tuvaluens répondent toujours par oui à une question qui comporte une formule négative, leur rappeler que c’était payday, de faire attention aux pochetrons… Je leur avais déjà indiqué qu’il valait mieux ne pas se baigner en maillots de bain... Bref je pensais en avoir pour une demi-heure et avoir fait ma BA auprès de la fille de UNDP qui me les avait envoyées.. En fait ça s’est terminé en interview fleuve mais sympathique … Elles m’avaient demandé si j’étais d’accord qu’elles enregistrent en audio et qu’elles en utilisent des extraits… Au cas où elles trouveraient où placer leur article. Quand elles ont demandé à prendre une photo, je leur ai montré l’angle pour le coucher de soleil… Non, c’était mon portrait qu’elle voulait « mais pour quoi faire » « pour notre reportage ? » « J’espère que vous trouverez mieux comme illustr ». Elles ont demandé si elles pouvaient avoir une BD. « Oui, à condition que vous la traduisiez ? » « Avec plaisir... ». Le Norvégien manque à la collection. Le mail de ce matin de Taiwan Environmental protection Union encensant la bd reçue à Copenhague et demandant s’ils pouvaient faire la traduction était sympathique aussi... On leur enverra la première trad faite par William, l’ex de l’ambassade à Funafuti. C’est super d’avoir encore une relecture dans un langage qu’on ne maîtrise pas du tout… Et quelqu’un qui imprime et utilise.
Y’a donc eu un tas de petites sympathiques nouvelles ce jeudi, veille d’un Nième vendredi férié (bomb day, du jour où les japonais ont envoyé un obus sur l’église). La dernière : Nous avons enfin une lampe extérieure digne de ce nom sur la terrasse, compacte mais lumineuse, un peu trop même. Et Henri/Enele, l’homme à tout réparer de l’hôtel m’a dit que les 30 dollars que je lui tendais c’était beaucoup trop. Il est venu 3 ou 4 fois et va aussi installer une petite planche dans le « dressing » pour que j’ai deux étagères et pas seulement une… je rêvais depuis 4 ans de pouvoir ranger mes affaires correctement. J’ai commencé à rêver d’installer la chambre/bureau côté lagon, mais là faut créer le placard.. En angle : 3 hautes planches, un manche à balai d’un côté pour suspendre, quelques étagères de l’autre… Pas compliqué, mais trop pour m’assurer que ca sera fait pour l’an prochain, d’autant que je ne suis pas sûre d’avoir envie de revenir après 2011.. Et puis un lit de camp pour plusieurs mois, ça ne le fait pas pour moi qui ai besoin d’aises, il faut donc un grand lit.
Dernier plaisir : Fong m’a confié que ses 3 plus grandes filles (de 7 à 15 ans) me trouvaient toujours bien mise... Mes tenues plus que décontractées plaisent donc aux ados… De quoi faire bisquer Sandrine qui avait regardé un jour l’an dernier d’un air dégoûté une jupe achetée à Fiji y’a quelques années… Me trouvait mal fagotée « ah ben oui ça se voit que ça date »… Bien sûr je m’en fous, s’il y a bien un endroit où je ne me pose pas ce genre de questions c’est bien ici… Une seule question en fait : trouver un modèle de robe traditionnelle qui ne fasse pas trop bécassine. D’autant que le tissu doit, traditionnellement, comporter des fleurs… Ça tasse !
Au lit… bientôt Minuit… Je termine mon dernier Canard. Si nous annulons la mission de gilles because tensions à tmti, je n’aurai pas ma cargaison de canards en retard... Et j’en suis à la 520ième page du Douglas Adams « the hitchhiker guide to the galaxy » qui en fait 764… À déguster avec modération…. J’ai commencé à me fatiguer avant la 500ième mais par petites touches, on retrouve le plaisir de la créativité déliée et la satire des sociétés humaines. Ce livre est tellement riche que je réalise combien est grande mon ignorance de l’Anglais et je m’étonne de réussir à m’exprimer sans connaître tous ces termes. Sans doute beaucoup de paraphrases. Comme en français d’ailleurs.
Fakasoa de retour de je ne sais quel voyage rencontré au centre des femmes : « t’as vu l’article de business news pacific ? « tu veux dire celui que tu nous as envoyé y’a un mois ou deux ? » celui où pour seule illustration figurait sa photo….. « euh , je ne sais pas mais à l’aéroport y’a des gens qui sont venus me voir en me demandant si c’était moi sur la photo. » Il était, bien sûr, ravi, confirmant une nouvelle fois combien tout le monde est avide de gloire.
La thèse de Nickie : « Tiens » me dit elle « Regarde j’ai fait comme toi en 2004, je me suis postée à l’aéroport à chaque avion pour faire un sondage sur le nombre, non pas de touristes, mais de représentants d’institutions ». Son papier, « power, participation & development : a case study of theoritical doctrines & international agency practice in Tuvalu », un résumé ou un extrait de la thèse qu’elle a en tête depuis 2004, indique qu’en 3 semaines, au moins 34 personnes d’au moins 25 institutions de développement ont débarqué à Funafuti… Sa conclusion : proportionnellement c’est comme si 2 millions de personnes débarquaient à Canberra (capitale australienne) pour discuter d’affaires de développement… Et, bien entendu, les maigres ressources humaines de Tuvalu ne peuvent suivre. Ceci ayant un impact négatif majeur sur leur capacité à faire leur boulot.
Un restau indien qui va ouvrir nous dit-on bientôt fait une semi-ouverture ce vendredi soir à l’hôtel. A priori nous devons y retrouver Nickie et Cat, si tant est qu’il ne fallait pas réserver 3 jours à l’avance. Quoi qu’il en soit, je doute que ce soit un indien comme on en trouve à fidji avec lentilles, épinards etc mais comme ici toutes les viandes cuites au curry et riz…
A l’aéroport, alors que je vérifie comme à chaque avion si les femmes ont réalisé de nouveaux colliers que nous n’aurions pas dans notre collection, une des femmes m’a dit « t’as vu j’ai des éventails Alofa »… J’en ai mis un de côté bien que les couleurs laissent à désirer.
La bicyclette : un plaisir depuis que John l’a huilée, en quelques coups de pédales je suis là où je veux être… Auparavant, malgré la main autoproclamée spécialiste de sarah, je commençais à m’inquiéter de ma capacité à pédaler, avec l’impression que Tuvalu était un pays de montagne..
Tous les enfants tuvaluens sont arrivés sur la capitale des 8 îles lointaines, les uns parce que c’est les vacances, les autres pour participer à la compétition sportive inter-îles qui a lieu tous les deux ans… Bruit assuré du matin au soir. Ce matin, à 7 h, un groupe d’une vingtaine d’étudiants s’ébattait dans le lagon au son d’un sifflet strident… Encore une incompréhension de la société tuvaluenne qui ne prend pas en compte le respect des voisins. Il faut dire que vivre dans la même pièce habitue l’oubli des bruits alentour dès la plus tendre enfance… C’est vrai pour la musique, le bruit ambiant, mais c’est la même chose pour les déchets. Euh… « Tuvalu we love it or we leave it » pourrait me dire le gouvernement s’il ressemblait un peu à notre président.
La chaleur depuis quelques jours est difficilement supportable. Respiration malaisée, transpiration même sous le ventilateur. Ca m’a rassurée que Sarah, de retour de l’hôtel où elle va déjeuner tous les jours, me dise avoir des difficultés à respirer elle aussi. Pour tout arranger, nos voisins brûlent les déchets qui s’accumulent en un monticule... Ça pue. Et nous on fait pareil (avec beaucoup moins de déchets puisqu’on composte, on conserve tous les conteneurs et rapportons toujours les recyclables et toxiques dans nos valises).
16 / 05 / 10 - 16 : 35
20-4-2010 Je pense oui annuler la mission de Gilles
Entre le bordel à TMTI, celui créé par le volcan et les vols capricieux d’air pacific… je le sens mal. Tout comme je n’y vois toujours pas très clair dans le départ de Sarah. A priori elle peut quitter Funcity jeudi... Je lui ai conseillé, m’étonnant qu’elle n’y pense pas, de s’arrêter une journée à Suva pour voir Sikeli qui a répondu au mail que j’avais préparé pour elle, - elle est censée être chargée du projet -, et qu’elle a mis 4 jours à envoyer*… A la question « Any news des plastic manufacturers que tu devais voir avec les modèles qu’on t’avais donnés », Sikeli nous informait qu’il y avait maintenant un fabricant de digesteur plastique à fiji et que ça coûtait 800$ soit quoi ? 300 euros pièce…. On est loin des 2000 livres et plus en UK sans parler des 2500 euros de transport par unité… Ça vaut la peine de s’arrêter non ? C’est un peu le mystère sur le comment et quand elle va pouvoir rentrer sur Londres… *En revanche ce soir, c’est elle qui m’a poussée au cul pour que la lettre à Solomone/Piggarep soit finalisée… Elle sait que je peine sur ces merdes surtout que je veux mettre UNDP et GEF en copie.. L’autre jour elle m’avait dit « mais envoie le comme ça, c’est bon ». J’avais expliqué qu’il fallait que chaque mot soit posé… Ce soir elle m’a dit « tu veux me donner ton truc à revoir ce soir »… J’ai repris sans trop de haut-le-coeur en digitalisant une heure et lui ai passé… Ça fait 2 heures qu’elle est dessus ou… qu’elle dort..
En revanche dans la famille voyage, la mère wheeler dont le silence m’inspirait un petit malaise quant à la disponibilité d’un siège suva/funcity, sauve la mise. C’est toujours compliqué d’assurer un vol vers Funafuti, depuis qu’Air Pacific a repris les activités d’Air Fiji. Et de plus en plus puisque nos actions à tous conjuguées attirent de plus en plus de monde. Même si le flot des touristes est modeste, il est de plus en plus régulier, jusqu’à la quinzaine de japonais d’une maison de retraite...
Dans l’affaire TMTI je lobbye sec. Aujourd’hui avec Diana des média et Willy (qui m’avait appelée pour qu’on parle de Seacology, un projet de replantation de mangroves à Nanumea sur lequel Fanny avait vu passer un article et nous l’avait transmis. Il m’a demandé mon avis sur tout, aussi bien si je pense qu’il faut faire des élections parallèles pour remplacer italeli ou si tuvalu doit créer des relations diplomatiques avec l’Iran… Et entre les deux tout le reste)... La nomination du GG, t’en penses quoi ? « Peu à dire sauf qu’Italeli semble un peu jeune pour prendre une telle retraite », mais dans le genre rumeurs de la rue j’en ai mis un paquet sur TMTI et Utala.. Je remets ça demain. Je vois Polao (du comité d’investigation) pour lui faire un compte-rendu de notre vécu là-bas et celui de Sarah à Nanumea... Bizarrement, à chaque fois que je commence, en disant « je ne dirai pas qui », ils pensent que l’alcolo malveillant c’est Favea… Comme quoi l’équipe de TMTI a déjà fait son boulot de sape.. Car derrière Usu, c’est Lee qu’ils visent...
En fait je me rends compte qu’une partie de ma déprime des derniers mois est due au fait que tout le monde me parle, j’entends tout, je sais tout ce qui se passe, plus que chaque tuvaluen pris individuellement… Et surtout beaucoup plus que les années précédentes.. C’est ça aussi faire partie de la famille de chacun...
À la réunion d’aujourd’hui, je suis intervenue c’est sûr, mais je me mordais les lèvres pour ne pas l’ouvrir trop car je trouve cette initiative imbécile. Eliala en fait a pris tous les thèmes/activités faites (ou prévues) ces dernières années, y compris l’artisanat, le concert, et bien sur le fashion show à partir de waste.. C’est pour ça que j’ai proposé à la place la vidéo de l’an dernier, histoire d’éviter un boulot de fou à tout le monde. Elle a sauté « ah super, on passe la vidéo l’après midi et on fait le show le soir… » « Euh... en ce cas, gardons la vidéo pour la journée de l’environnement… »
Sur ma revendication de payer Kaio un peu quand on le met sur des trucs, dans la mesure où contrairement a tous les autres autour de la table, il n’est payé nulle part… Plutôt qu’un premier prix pour le concours de mon cul sur la commode à 500 euros, on baisse le prix et on rétribue Kaio. Alofa s’est proposée pour les prix du concours de jardins et paiera Kaio…. Ca a laissé la plupart sans voix.. sauf Soseala (qui m’a dit l’autre jour qu’il était membre depuis l’an dernier mais n’était pas sur nos listes… Maintenant il y est), qui m’a regardé comme si j’étais un ange...
Saufatu, lui, rencontré à l’aéroport, m’a expliqué que s’il n’avait pas été nommé GG (alors que le gouvernement, comme on lui avait dit, l’avait en tête) c’est à cause d’un blocus de l’opposition qui proposait Tofiga, le President de l’Eglise… On l’a échappé belle.
Parmi les autres petites nouvelles : après la réunion avec eliala et sem sur le bouquin qui s’est bien passée et on avance bien que Eli fasse toujours 3 pas en avant pendant les discussions puis 2 en arrière en conclusion.. (sem n’avait pas l’air dans son assiette… les yeux bouffis.. sa démission le mine et la mère Annie n’a pas l’air de l’aider et par exemple lui interdit de partir avec ses data…. ) … Après la réunion de ce matin où il était aussi, arrivé en retard, Sarah l’a rencontré à Tango où elle essayait de voir Taukiei pour avoir un retour sur les dossiers préliminaires envoyés sur le biogaz... Il était assis, m’a-t’elle dit, la tête entre les mains et lui a dit qu’il passerait à 6h… J’avais du coup réouvert son contrat… En bon Tuvaluen, il n’est pas venu…
Entre le bordel à TMTI, celui créé par le volcan et les vols capricieux d’air pacific… je le sens mal. Tout comme je n’y vois toujours pas très clair dans le départ de Sarah. A priori elle peut quitter Funcity jeudi... Je lui ai conseillé, m’étonnant qu’elle n’y pense pas, de s’arrêter une journée à Suva pour voir Sikeli qui a répondu au mail que j’avais préparé pour elle, - elle est censée être chargée du projet -, et qu’elle a mis 4 jours à envoyer*… A la question « Any news des plastic manufacturers que tu devais voir avec les modèles qu’on t’avais donnés », Sikeli nous informait qu’il y avait maintenant un fabricant de digesteur plastique à fiji et que ça coûtait 800$ soit quoi ? 300 euros pièce…. On est loin des 2000 livres et plus en UK sans parler des 2500 euros de transport par unité… Ça vaut la peine de s’arrêter non ? C’est un peu le mystère sur le comment et quand elle va pouvoir rentrer sur Londres… *En revanche ce soir, c’est elle qui m’a poussée au cul pour que la lettre à Solomone/Piggarep soit finalisée… Elle sait que je peine sur ces merdes surtout que je veux mettre UNDP et GEF en copie.. L’autre jour elle m’avait dit « mais envoie le comme ça, c’est bon ». J’avais expliqué qu’il fallait que chaque mot soit posé… Ce soir elle m’a dit « tu veux me donner ton truc à revoir ce soir »… J’ai repris sans trop de haut-le-coeur en digitalisant une heure et lui ai passé… Ça fait 2 heures qu’elle est dessus ou… qu’elle dort..
En revanche dans la famille voyage, la mère wheeler dont le silence m’inspirait un petit malaise quant à la disponibilité d’un siège suva/funcity, sauve la mise. C’est toujours compliqué d’assurer un vol vers Funafuti, depuis qu’Air Pacific a repris les activités d’Air Fiji. Et de plus en plus puisque nos actions à tous conjuguées attirent de plus en plus de monde. Même si le flot des touristes est modeste, il est de plus en plus régulier, jusqu’à la quinzaine de japonais d’une maison de retraite...
Dans l’affaire TMTI je lobbye sec. Aujourd’hui avec Diana des média et Willy (qui m’avait appelée pour qu’on parle de Seacology, un projet de replantation de mangroves à Nanumea sur lequel Fanny avait vu passer un article et nous l’avait transmis. Il m’a demandé mon avis sur tout, aussi bien si je pense qu’il faut faire des élections parallèles pour remplacer italeli ou si tuvalu doit créer des relations diplomatiques avec l’Iran… Et entre les deux tout le reste)... La nomination du GG, t’en penses quoi ? « Peu à dire sauf qu’Italeli semble un peu jeune pour prendre une telle retraite », mais dans le genre rumeurs de la rue j’en ai mis un paquet sur TMTI et Utala.. Je remets ça demain. Je vois Polao (du comité d’investigation) pour lui faire un compte-rendu de notre vécu là-bas et celui de Sarah à Nanumea... Bizarrement, à chaque fois que je commence, en disant « je ne dirai pas qui », ils pensent que l’alcolo malveillant c’est Favea… Comme quoi l’équipe de TMTI a déjà fait son boulot de sape.. Car derrière Usu, c’est Lee qu’ils visent...
En fait je me rends compte qu’une partie de ma déprime des derniers mois est due au fait que tout le monde me parle, j’entends tout, je sais tout ce qui se passe, plus que chaque tuvaluen pris individuellement… Et surtout beaucoup plus que les années précédentes.. C’est ça aussi faire partie de la famille de chacun...
À la réunion d’aujourd’hui, je suis intervenue c’est sûr, mais je me mordais les lèvres pour ne pas l’ouvrir trop car je trouve cette initiative imbécile. Eliala en fait a pris tous les thèmes/activités faites (ou prévues) ces dernières années, y compris l’artisanat, le concert, et bien sur le fashion show à partir de waste.. C’est pour ça que j’ai proposé à la place la vidéo de l’an dernier, histoire d’éviter un boulot de fou à tout le monde. Elle a sauté « ah super, on passe la vidéo l’après midi et on fait le show le soir… » « Euh... en ce cas, gardons la vidéo pour la journée de l’environnement… »
Sur ma revendication de payer Kaio un peu quand on le met sur des trucs, dans la mesure où contrairement a tous les autres autour de la table, il n’est payé nulle part… Plutôt qu’un premier prix pour le concours de mon cul sur la commode à 500 euros, on baisse le prix et on rétribue Kaio. Alofa s’est proposée pour les prix du concours de jardins et paiera Kaio…. Ca a laissé la plupart sans voix.. sauf Soseala (qui m’a dit l’autre jour qu’il était membre depuis l’an dernier mais n’était pas sur nos listes… Maintenant il y est), qui m’a regardé comme si j’étais un ange...
Saufatu, lui, rencontré à l’aéroport, m’a expliqué que s’il n’avait pas été nommé GG (alors que le gouvernement, comme on lui avait dit, l’avait en tête) c’est à cause d’un blocus de l’opposition qui proposait Tofiga, le President de l’Eglise… On l’a échappé belle.
Parmi les autres petites nouvelles : après la réunion avec eliala et sem sur le bouquin qui s’est bien passée et on avance bien que Eli fasse toujours 3 pas en avant pendant les discussions puis 2 en arrière en conclusion.. (sem n’avait pas l’air dans son assiette… les yeux bouffis.. sa démission le mine et la mère Annie n’a pas l’air de l’aider et par exemple lui interdit de partir avec ses data…. ) … Après la réunion de ce matin où il était aussi, arrivé en retard, Sarah l’a rencontré à Tango où elle essayait de voir Taukiei pour avoir un retour sur les dossiers préliminaires envoyés sur le biogaz... Il était assis, m’a-t’elle dit, la tête entre les mains et lui a dit qu’il passerait à 6h… J’avais du coup réouvert son contrat… En bon Tuvaluen, il n’est pas venu…
16 / 05 / 10 - 16 : 34
Précédent Suivant