PRESS RELEASE MAY 2010
International Year of Biodiversity - Alofa Tuvalu plunges into the water !
Global warming affects Tuvaluan marine life as surely as sea-level rise threatens this South Pacific micro-nation with disappearance within the next few decades. As the main source of protein to the Tuvaluan people, the ocean that surrounds the archipelago is home to a vital marine biodiversity whose size and nature is still largely unknown.
For 3 years, the French and Tuvaluan NGO, Alofa Tuvalu, has been leading « Tuvalu Marine Life », an extensive study and documentation project aimed at reinforcing Tuvalu’s capacities to survey, monitor and manage its marine resources, along with increasing its local and scientific knowledge of them.
In 2009, the project’s first phase consisted of summarizing existing data and identifying gaps in knowledge. After consultations with the project’s stakeholders, 3 out of 9 islands of Tuvalu have been chosen to host the needed remaining investigations : Funafuti (the capital atoll, at the center of the archipelago), Nanumea (to the north) and Nukulaelae (to the south).
Alofa Tuvalu’s experts in marine biodiversity, Sandrine Job, Daniela Ceccarelli, Semese Alefaio, are carrying out this second phase in partnership with Tuvalu fisheries (Tupulaga Poulasi and Nikolasi Apinelu), the environment office, local governments, the NBSAP program (National Biodiversity Strategy and Action Plan), New Zealand Aid, University of South Pacific and others.
Data will be analyzed and shared with other existing networks. Communication tools will then be produced : a reference and patrimonial book about Tuvalu’s biodiversity and traditional knowledge, along with useful materials for local communities.
Implemented under the aegis of Unesco, the Tuvalu Marine Life project is supported by the Total Foundation for Entreprise and CRISP (Coral Initiative for the Pacific, French Agency for Development).
*The project is an integral part of the « Small is Beautiful » plan : helping Tuvalu -- the first sovereign nation threatened to be wiped off the map due to the effects of climate change -- survive as a nation and to preserve its identity and culture. These goals are addressed via a range of concrete, reproducible actions (biodiversity, energy, waste) in Tuvalu and their promotion elsewhere in the world. (www.alofatuvalu.tv)
More details about the project & bibliography survey
International Year of Biodiversity - Alofa Tuvalu plunges into the water !
Global warming affects Tuvaluan marine life as surely as sea-level rise threatens this South Pacific micro-nation with disappearance within the next few decades. As the main source of protein to the Tuvaluan people, the ocean that surrounds the archipelago is home to a vital marine biodiversity whose size and nature is still largely unknown.
For 3 years, the French and Tuvaluan NGO, Alofa Tuvalu, has been leading « Tuvalu Marine Life », an extensive study and documentation project aimed at reinforcing Tuvalu’s capacities to survey, monitor and manage its marine resources, along with increasing its local and scientific knowledge of them.
In 2009, the project’s first phase consisted of summarizing existing data and identifying gaps in knowledge. After consultations with the project’s stakeholders, 3 out of 9 islands of Tuvalu have been chosen to host the needed remaining investigations : Funafuti (the capital atoll, at the center of the archipelago), Nanumea (to the north) and Nukulaelae (to the south).
Alofa Tuvalu’s experts in marine biodiversity, Sandrine Job, Daniela Ceccarelli, Semese Alefaio, are carrying out this second phase in partnership with Tuvalu fisheries (Tupulaga Poulasi and Nikolasi Apinelu), the environment office, local governments, the NBSAP program (National Biodiversity Strategy and Action Plan), New Zealand Aid, University of South Pacific and others.
Data will be analyzed and shared with other existing networks. Communication tools will then be produced : a reference and patrimonial book about Tuvalu’s biodiversity and traditional knowledge, along with useful materials for local communities.
Implemented under the aegis of Unesco, the Tuvalu Marine Life project is supported by the Total Foundation for Entreprise and CRISP (Coral Initiative for the Pacific, French Agency for Development).
*The project is an integral part of the « Small is Beautiful » plan : helping Tuvalu -- the first sovereign nation threatened to be wiped off the map due to the effects of climate change -- survive as a nation and to preserve its identity and culture. These goals are addressed via a range of concrete, reproducible actions (biodiversity, energy, waste) in Tuvalu and their promotion elsewhere in the world. (www.alofatuvalu.tv)
More details about the project & bibliography survey
19 / 05 / 10 - 16 : 23
Heureuse coincidence à l’Unesco : Monique Barbut. Alors que je m’interrogeais de l’opportunité ou pas de la mettre en copie de ma réponse à celle de Solomone/Piggarep (une histoire sans fin sur laquelle je reviendrai), Fanny l’a rencontrée et a pu lui toucher 2 mots du dossier. Elle sera donc elle aussi en copie, avec le patron du Sprep, David Sheppard.
Déception du soir : après having raised my expectatives à l’annonce de l’ouverture du premier restaurant indien de Tuvalu. OK contente d’avoir un petit bol d’épinards et un soupe dal, ces deux ingrédients qui vont j’en suis sûre disparaître du menu très vite faute d’approvisionnement, mais le reste était plus que décevant : riz tuvaluen froid, os d’agneau sans viande dans le curry.. Certes ce n’est pas cher mais comment vont ils garder une clientèle sans la nourrir…
Déception du soir : après having raised my expectatives à l’annonce de l’ouverture du premier restaurant indien de Tuvalu. OK contente d’avoir un petit bol d’épinards et un soupe dal, ces deux ingrédients qui vont j’en suis sûre disparaître du menu très vite faute d’approvisionnement, mais le reste était plus que décevant : riz tuvaluen froid, os d’agneau sans viande dans le curry.. Certes ce n’est pas cher mais comment vont ils garder une clientèle sans la nourrir…
16 / 05 / 10 - 16 : 41
Demain le International Year of Biodiversity meeting commence à 9h et se poursuit après l'avion où arrive Randy, le prof de biologie/biodiversité de USP, qui proposait son aide sur les bouquins. Un americain sympa qui embrasse comme du bon pain après 10 mn de discussion. Il avait rencontré Kilifi qui lui avait parlé de nous et curieux il est allé voir le site.... Il était très fier de me reconnaître à l’aéroport… Du coup j'suis allée jeter un œil sur notre site ce qui m’arrive rarement. Bien sur y’a la petite photo illustrant le blog… J’suis pas allée plus loin que le blog, ou en prenant au hasard quelques pages, j'ai relevé un tas de fautes. Honte à moi. Pas assez honte cependant pour trouver absolument le temps de relire plus que ça.
Nostalgie en voyant l'avion décoller. Vraiment envie de rentrer.... avant la journée de l'environnement... à laquelle je ne tiens pas à participer... on va finir par tout faire... déjà la célébration ambitieuse de l'année de la biodiv prévue par Eliala est réduite à peau de chagrin depuis qu’Eli a décidé de partir, elle, soudainement, la semaine prochaine pour de bon ... Il reste 3 trucs dont 2 de nous... « Faut pas exagérer quand même » comme disait Marguerite, ma mère..
Le virement pour le bateau, l’équipe, bouffe et toit sur les îles de la mission biodiversity a été demandé. Voyons quand il arrivera sur notre compte ici.
Fanny a préparé des pages de photos avec légendes pour le dossier de presse et communiqué que veut faire l’ambassade US.... Vérifié les données de l’ambassade de France pour voir on pouvait vraiment faire tenir le coût d’une mission « pour mieux faire entendre la voix des tuvaluens » dans leurs paramètres. Budget/Définition.
Sarah est à Auckland. Elle visite ses chiens ou plutôt les petits de son chenil comme à chaque voyage. Celui-ci est bien sûr particulier et ne me rend pas de bonne humeur. Changer son vol de retour de NZ à Londres couterait 560£, alors que les factures indiquent que c’est 100… Du coup, elle rentre à la date prévue initialement. Beaucoup d’énergie pour rien.
Halo fait à nouveau faut bond sur la formation digit... Après les banques prévisionnelles jusqu'à Août, je me mets sur le dossier Ademe Amatuku. Y’aura aussi les Compress mission biodiv VF et VE à revoir et le document « appel à candidature » pour l’expert junior.
Nostalgie en voyant l'avion décoller. Vraiment envie de rentrer.... avant la journée de l'environnement... à laquelle je ne tiens pas à participer... on va finir par tout faire... déjà la célébration ambitieuse de l'année de la biodiv prévue par Eliala est réduite à peau de chagrin depuis qu’Eli a décidé de partir, elle, soudainement, la semaine prochaine pour de bon ... Il reste 3 trucs dont 2 de nous... « Faut pas exagérer quand même » comme disait Marguerite, ma mère..
Le virement pour le bateau, l’équipe, bouffe et toit sur les îles de la mission biodiversity a été demandé. Voyons quand il arrivera sur notre compte ici.
Fanny a préparé des pages de photos avec légendes pour le dossier de presse et communiqué que veut faire l’ambassade US.... Vérifié les données de l’ambassade de France pour voir on pouvait vraiment faire tenir le coût d’une mission « pour mieux faire entendre la voix des tuvaluens » dans leurs paramètres. Budget/Définition.
Sarah est à Auckland. Elle visite ses chiens ou plutôt les petits de son chenil comme à chaque voyage. Celui-ci est bien sûr particulier et ne me rend pas de bonne humeur. Changer son vol de retour de NZ à Londres couterait 560£, alors que les factures indiquent que c’est 100… Du coup, elle rentre à la date prévue initialement. Beaucoup d’énergie pour rien.
Halo fait à nouveau faut bond sur la formation digit... Après les banques prévisionnelles jusqu'à Août, je me mets sur le dossier Ademe Amatuku. Y’aura aussi les Compress mission biodiv VF et VE à revoir et le document « appel à candidature » pour l’expert junior.
16 / 05 / 10 - 16 : 40
Même pas la tête qui tourne après des jus de citrons à répétition et un pastis, avec Annie Wheeler. Elle était à l’eau pure, victime d’une courante... Hier matin, elle était passée à l'improviste. Quand je lui ai dit que si ça ne la dérangeait pas de venir un peu plus tard ce soir que Nicky et Cat avec lesquelles je n'avais pas encore eu le temps de parler en tete à tete.. Elle m'a répondu "no problem... mais nous non plus on ne s’est pas vues.. demain ? Faut qu'on parle du bouquin etc". On ferait bien la biodiversité des 7 autres îles ensemble. Mataio et les communautés sont partantes… Avec une demande officielle du GoT elle proposera à NZ Aid une mission de terrain commune... Elle m'a demandé si on avait assez d'argent sur le livre... J'ai dit que ça tirait un peu surtout avec l'euro qui dégringole de plus en plus... On verra....
En attendant, ce foutu infomaniak, notre serveur, ne permet pas ce soir de copier, coller… La poisse !
En attendant, ce foutu infomaniak, notre serveur, ne permet pas ce soir de copier, coller… La poisse !
16 / 05 / 10 - 16 : 40
Elega qui guettait d’en bas, tout en préparant ces bandes de pandanas pour ses nattes, m’a appelée pour me signaler que le Manui sortait du port. J’ai pu enregistrer quelques images du départ de l’équipe « marine life » de Sandrine en partance pour Nanumea.
J’avais prévenu la veille que je n’irai pas jusqu’au port, à 7h, d’autant que Thomas, le biologiste es-requins et photographe, m’a proposé d’enregistrer quelques séquences en vidéo.
Réveillée par le petit coup à la porte de Sandrine qui m’avait préparé un café. Ce qui m’a beaucoup touchée. Elle est arrivée mardi dernier, alors que sarah était encore là. Retrouvaille chaleureuse. Et 4 jours agréables avant ce premier départ, malgré ma tronche du jeudi soir devant la maison envahie, l’Internet monopolisé … Et notre accrochage d’hier soir.
A l’heure où on avait dit à quelques potes (dont Sem et Annie) de passer prendre un verre, Sandrine s’est rappelée que Tupu avait parlé d’une avance dont il avait besoin pour acheter ci ou ça… Je n’avais qu’une solution : aller lui déposer un chèque… La banque était fermée et le serait aussi le lendemain, samedi, mais il pourrait toujours avant l’heure du départ sortir du cash au fusi ou, m’a dit sa femme susan, de la boutique d’en face de chez eux… A la tombée de la nuit, j’ai donc enfourché la bike dont la batterie montrait des signes de faiblesse certains. Sans mettre en route les phares tellement j’avais la trouille de devoir la pousser sur le chemin du retour… Arrêt d’une seconde pour acheter qqs amuses gueules chez l’indien (Paapa à qui j’avais commandé ses crispies maison ne les avait pas livrés). Sur le chemin j’ai rencontré Annie qui se rendait chez nous… Tupu, lui, n’était pas chez lui, mais sa femme, oui… J’allais lui déposer le chèque et repartir quand il est arrivé, après avoir nourri les cochons… En fait d’avance pour lui, toute l’équipe avait besoin de liquide. Pas grand chose par rapport aux salaires prévus mais bêtement, à la française, j’ai rédigé 9 chèques... ce qui m’a pris bien sûr bien plus de temps que prévu… En plus, je me suis souvenu dans la nuit que j’avais oublié de signer au dos, la condition pour pouvoir encaisser le montant d’un chèque. Tupu m’apprend aussi qu’il avait dit à Sandrine qu’on avait intérêt à se procurer un baril de 200 l ici, moins cher.. Elle m’avait simplement dit « ah si tu vas le voir, vérifie avec lui l’histoire du baril… »… Bien sûr trop tard pour acheter ça ce soir… Autre petit couac, la goutte qui a fait déborder mon vase : sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un des chauffeurs de taxi pour demander à sa femme qu’il soit là, avec une camionnette, le lendemain matin à 7h pour conduire l’équipe au port… J’étais contente d’avoir pu assurer ce dernier détail. Mais Sandrine : « ah j’ai oublié de te dire que le camion des pêches passait nous prendre »… Ce n’est rien bien sûr, mais je me serai bien passée du coup de fil d’annulation… J’ai donc explosé… Sandrine s’est défendue à la Sandrine qui ne fait jamais d’erreurs et trouvent toutes les explications possibles pour ne pas être mise en défaut… Ca a jeté un petit froid principalement pour Annie qui était présente. Entre temps nos crispies préférés, ceux de paapa, nous avaient été livrés avec 2 beaux mats à 4 dollars.
Cette mini crise ne nous a pas empêchées, le soir, de blablater toutes les deux jusqu’à trop tard en se félicitant de l’équipe que nous formions et moi de la congratuler sur sa capacité à manager un projet. Ma conclusion sur les couacs de la journée : il manquait une journée de préparation. Quand j’avais lu sa dernière prévision d’arrivée, je me doutais qu’il allait falloir que je passe plus de temps que prévu mais pas au point de jouer les coursiers en dernière minute.. Ou alors faudrait prévoir un assistant. J’avais pensé demander à Kaio de suivre ça mais, cette semaine c’était la semaine Atelier national de la Biodiv d’Eliala. Il s’occupait des jeunes. Et nos activités même si elles sont complémentaires (et intégrées à l’atelier par la présentation que nous en avons fait) ont porté un peu préjudice aux ateliers d’Eli. Kaio était un des piliers... Dans un planning préalable, Eli avait prévu que Sem, Tupu et moi parlions des projets et de la biodiv marine tout le mercredi… En fin du compte ça s’est limité à l’après-midi du mercredi, juste après le départ de Sarah… Nous avons organisé la présentation de Dan (NZAid qui faisait ainsi la première restitution de leurs études sur les mammifères marins (plus plus) menées depuis 2006).. et la nôtre, le mercredi après midi*… Après ça je n’ai plus eu le temps de poser un pied sous la maneapa et idem pour Sem et Tupu, alors que m’a confié Sem hier soir autour du pot, Eliala, modifiant une dernière fois son planning, comptait sur eux tout ce vendredi. * repris en plus court le powerpoint de présentation au DCC et plus décontractée encore…
Ce jour-là, nous avions organisé une séance de formation à l’utilisation des outils de comptage des poissons… Une douzaine d’employés des fisheries, dont bien sûr l’équipage et l’équipe de plongée… Quelques visiteurs comme Taukiei, Annie et Niko, le patron de l’équipe fisheries qui nous a fait une proposition béton, meilleure que nous ne l’espérions, pour la location du bateau pour le mois… Ce qui lui a valu 2 bises sonnantes de notre part et un parfum…
Cohabitation très agréable : Sandrine est aussi impulsive dans les affaires de la maison que dans son organisation de boulot… Elle voit une bouteille vide, elle lance 2 bouilloires. Rien ne traîne… J’ai vraiment apprécié après 2 mois à devoir tout faire… Pour l’anecdote, Sandrine est née la même année que mon fils.
Rapide flashback : mardi 27 Avril, elle arrive avec Thomas, dîner le soir avec Dan-NZAid au filamona.. Sarah et Kaio étaient là aussi bien sûr; des crabes délicieux récupérés de la workshop biodiv et des frites de kasava… pour organiser un peu le lendemain…. Et récupérer les données NZAid… Dan avait imprimé leur pré rapport avec dans le titre « la république de tuvalu », ce qui a bien faire rire…. Mercredi départ Sarah et présentation préparée à l’arrache un peu la veille au soir et une heure avant… avec distribution de la bd en tuvaluen et félicitations chaleureuses de Lee et Sem… qui en ont rajouté une couche le soir. Mercredi soir : pâtes au beurre et comté fondu, sorti direct du freezer et enfourné dans le micro-onde… puis retrouvé les garçons (Dan, Sem, Lee) qui nous attendaient à l’hôtel… Lee a dit à Sandrine qui lui demandait comment il avait trouvé sa présentation « trop technique, celle de Gilliane était super, la tienne trop longue.. »… Ravie bien sûr, pas trop à cause des compliments, mais que quelqu’un d’autre dise qu’il faut simplifier le langage pour des gens qui ne sont pas spécialisés…. On s’est un peu battues là-dessus l’an dernier, un tout petit peu cette année.. j’ai, comme avec Sarah abandonné vite.. en plus on n’avait pas le temps… J’ai pu toutefois rajouter le mot nourriture, plus parlant que management des ressources…
Jeudi 29 Avril : réveillée en fanfare par le cri strident d’un bébé à 5h… Debout aussitôt… à ma grande surprise… pour préparer la journée… Arrivée Dani et présentation méthodologie dans la salle de conférence de l’hôtel… une heure avant la conf, cavalé pour trouver un projecteur. Celui prévu (Alamai du service culturel) n’était pas accessible. Elle avait pris une journée de vacances... J’allais foncer chez elle mais préféré tenter le département de l’énergie… Un peu surpris de ma demande en urgence, Paulson, le secrétaire permanent, a hésité quelques secondes puis a donné l’ordre qu’on me le prête… Ouf…
J’avais invité Annie et Fumiko qui ont pu dire un mot aussi… Un petit couac : d’abord quand Dani a parlé des bêches de mer… j’ai précisé pour son info, la situation avec la pêche « intensive » pour export en Chine… Et quand elle a asséné que les starfish étaient dangereux pour les coraux… émis une nuance en l’informant du projet de Fumiko, Foram, qui donnait un aspect positif avec la création de sable. Fallait remettre les choses dans le contexte tuvaluen et indiquer que bien que non intégré dans la présentation, Alofa était au courant… Autre petit couac, le uaelu dont je ne retiens jamais le nom, a priori sympathique représentant du Kaupule (et un des musiciens qui m’ont fait trimé sur leur projet de festival musical et n’ont plus donné signe de vie pour le festival des king tides…**). Ici idem alors que toute la tablée était positive, il a fait remarquer qu’on n’avait pas suivi les règles protocolaires et qu’il n’était pas au courant… « et la communauté ? »… Tupu lui a répondu en tuvaluen qu’en gros tout était fait dans les règles de l’art.
Sinon ce fut plutôt drôle et sympathique. Le PC de Sandrine s’évanouissait de temps en temps rendant la présentation un peu plus compliquée et je traduisais ses jurons comme « putaing » à l’assemblée…
** en fait leur attitude de non collaboration, de grimaces à faire avec les autres, me rappellent les commentaires du forum de libé ce matin sur le 1er mai… Tous ronchonnent, critiquent tout de la société et bien sûr aussi la manif prévue « qui n’est pas unie » et que bien sûr ils ignoreront… La caricature du râleur qui ne lève pas le petit doigt pour agir et surtout pas avec les autres…
Ce jeudi soir, derniers préparatifs pour le voyage et pour l’atelier de formation du lendemain… autour d’une soupe aux nouilles. Après avoir trouvé, ô miracle, dans une île envahie par 500 outer-îliens, réunis autour des olympiques tuvaluens, une bicyclette pour Dani… Plus rien chez notre voisin, mari de Susie, qui m’avait promis pourtant de m’en faire réparer une… plus rien non plus chez Grace, sauf me dit-elle la bicyclette du vieux monsieur enfermée dans un container à côté… Dani a pu la récupérer le vendredi matin...
Vendredi : matinée de formation devant les fisheries… Décamètres, poissons découpés déposés un peu partout, feuille de relevé de data… Ce fut très sympathique… Pas resté jusqu’au bout parce qu’il fallait que j’assure le liquide pour la mission et que je passe, entre autres, chez le secrétaire permanent des ressources naturelles pour faire ajouter notre stagiaire Maud sur la liste officielle de Bonn… Il a dit qu’il ferait maintenant inchallah..
Déjeuner à l’hôtel avec toute l’équipe après une petite discussion avec Sem et Taukiei sur le fait que Nukulaelae pouvait utiliser une partie de son fond GEF pour nous nourrir et nous loger en contrepartie de la formation de la communauté.. Il n’y a pas de petites économies et nous en avons besoin sur ce projet, c’était déjà plus que risqué, l’euro qui s’effondre face au dollar australien ne facilite pas les comptes.
Pot sympathique vendredi soir après la crise… discussion affectueuse de la nuit et, café inattendu préparé au matin …Donc Biodiv so far so good…. Non seulement on s’entend bien, non seulement les tuvaluens se sont montrés fiables et partenaires (tirant presque des larmes hier soir à Sandrine réalisant combien l’équipe était soudée avec la présence hier soir de Semese***), non seulement on a accès à toutes les données de NZAid mais aussi aux photos de poissons qu’ils pourraient avoir et qui nous manqueraient pour le bouquin.
Hier soir aussi, Thomas, le thésard requins et photographe amateur doué, a profité que je m’étais retirée seule sur la terrasse à ruminer mon reste de colère « on n’a pas eu beaucoup l’occasion de parler »… C’était vrai je l’avais un peu évité, un peu en colère de n’avoir appris que ce voyage pouvait servir à sa thése qu’à son arrivée… Alors que j’avais décliné en long et en large à Sandrine qu’un bon photographe sous marin, étudiant, on pouvait sans doute trouver pour moins cher que ce qu’elle avait budgété… A Thomas, j’avais juste glissé le nombre approximatif de photos de poissons et autres invertébrés nécessaires en ajoutant le côté humain : comment les tuvaluens utilisent le lagon, les poissons (pique nique au poisson cru attrapé direct et mangé dans le lagon), les bateaux traditionnels.. On est allé un peu plus loin et j’ai regardé pour la première fois ses photos. Sandrine m’en avait vanté la qualité et la créativité. Elle avait raison… Nous aurons de très belles photos sous-marines… Il est un peu moins doué pour l’extérieur. La couverture genre « photo reportage » que je lui avais demandée hier matin de la formation a l’avantage d’exister. Pas grave car je couvrais aussi avec la vieille petite Sony (qui donne l’image d’une centenaire mais qui continue à fonctionner contrairement aux 2 grosses (la nôtre et celle du service social))..
J’avais expliqué à Sarah et plus tard à Sandrine que je risquais une dichotomie en passant de l’une, nonchalante et difficile à pousser, et l’autre, wild horse pushy… En fait non, j’apprécie la présente cohabitation bien plus que la précédente… Sandrine a intégré un tas de choses en un an… Hier soir, je l’entendais parler des bénéfices aux communautés, de l’échange de savoir, des notions étrangères à son vocabulaire l’an dernier.. Et la petite phrase dans un de ses mails, concernant le chocolat qu’elle essayerait de ne pas oublier… qui m’avait fait bondir et dire d’elle qu’elle avait l’impression que l’univers tournait autour de son nombril… Et bien cette petite phrase avait été écrite pour me faire mariner. Le chocolat était déjà acheté.. Et en sortant de l’avion, c’est la première chose qu’elle m’a montrée ! Et comme je lui ai dit cette nuit , je suis très satisfaite de son travail. Certes, contrairement à Sarah elle est payée (après âpres négos, finalement selon mes principes qu’on peut vivre avec 3000 euros par mois… sauf que c’est en $ Australiens et que c’est sur plusieurs mois, donc ça fait plus gros).. mais entendre elle et son équipe proposer de payer les boissons et encas en dehors du déjeuner à l’hôtel et la soupe rapide du soir fait plus plaisir à l’oreille que d’entendre « j’ai besoin d’argent pour acheter mes cigarettes ».. Sans parler des surcoûts importants des voyages que Sarah va vouloir imputer sur notre trésorerie et totalement provoqués par sa flemme.. Bien sûr on ne pouvait pas prévoir qu’un nuage ralentirait les retours sur l’Europe mais si elle avait fait les démarches quand on en a parlé et pas 15 jours plus tard, elle serait passée avant le nuage. Maintenant je ne sais pas combien de temps, elle va rester en Nouvelle Zélande (ou elle passe voir des chiens de son chenil)
Si on n’attend pas d’un chef de projet qu’il suive les infos indispensables à son projet, plutôt positif de la part de Sarah d’avoir suivi mes conseils en prenant contact avec Sikeli et son contact de fabricant plastic. Pendant son transit à Suva elle est allée voir, avec Sikeli, le fabricant d’un proto de digesteur plastique que Sikeli contacté avec notre dossier de recherches et de plans. Il a démarré la fabrication d’un digesteur flottant (pas le modèle qu’on préfère mais tellement plus pratique à transporter.) Elle a expédié un petit rapport. On est loin encore d’un outil finalisé et donc à des années lumières de pouvoir en acheter un, semble t’il, mais une collaboration se dessine entre le fabricant, sikeli et elle pour fignoler les fittings etc.. Elle a en tête de revenir à Tuvalu en septembre maintenant -décalage de quelques mois c’est pas la mort mais je vois toujours mal comment ce pourra être possible… Le matos n’est donc toujours pas décidé, a fortiori non commandé, et encore moins expédié… Rien que ça prendra 3 mois… Et même si ça arrivait à l’heure… comme à priori elle reprend ses cours en octobre… je vois mal. Parmi ses incohérences financières (pour quelqu’un qui sait, dit elle manager) quand elle envisage de faire venir 2 étudiants stagiaires pour suivre le projet pendant 1 an « juste en payant leur nourriture et leur logement », oubliant que multiplié par 365 jours ça chiffre.. A peu près 5000 euros pas inclus dans le budget (comme n’était pas inclus dans le budget un deuxième voyage pour elle… voyages que GEF ne prend pas en compte). Sandrine elle calcule plutôt bien… et à priori… plutôt tout.
Contente quand même qu’elle et l’équipe soit reparties aussi, contente de retrouver la maison, de me retrouver.. Heureuse de reprendre mon rythme et de pouvoir dormir un peu plus que 4h par nuit. J’ai pu quand même répondre à quelques mails qui me semblaient urgents cette semaine comme celui de Jacqueline, la n° 2 de l’ambassade de France qui propose un budget pour assister Tuvalu à se faire mieux entendre en prenant en charge salaires et dépenses d’un expert junior.
*** Sem qui me disait qu’il pensait que tel projet serait mieux si « tu lui as dit ? » : « tu me connais, tu sais que je suis timide, qu’il faut venir me chercher quinze fois pour que je m’avance, j’suis pas pushy comme Sandrine », avec un sourire…
Sem, au cours de sa première conversation avec Sandrine mercredi soir, a d’abord voulu lui exprimer combien il se sentait mal à mon égard et voulait mon pardon… Alors qu’elle avait été remontée contre lui tous ces derniers mois, elle m’a demandé d’aller le voir. Je n’y suis pas allée. Perso je n’ai exprimé ni rancune ni froideur, juste pas abordé les sujets qui fâchent avec Sem, j’ai rien fait de plus… Et je l’ai mentionné dans mes présentations comme un pilier du projet. J’ai peut-être souri un peu plus. Mais c’est plus sûrement la bière qui l’a détendu ce soir là. Il m’a avoué hier quand je disais être réveillée tous les matins par les cris du bébé « eh Gilliane, il faut que je te dise que je viens dormir quelquefois ici dans le jardin… T’as raison le bébé braille ».
Samedi 1er mai
A Tuvalu c’est la fête du sport tous les jours depuis une semaine et fête tout court le soir. La capitale est packed, les rues sont crowded de motorbikes dont on ne trouve plus une à louer. La ville résonne de musiques, de cris de joie émanant de toute l’île, depuis qu’ont commencé les jeux inter-îles de Tuvalu et qu’a débarqué un demi-millier de résidents de plus qui vivent dans les maisons communautaires, dans les écoles, dans de la famille. Les jeux ont eu 1 journée de retard et les cérémonies de résultats n’ont eu lieu qu’aujourd’hui, les bateaux ne partiront donc pour ramener tout le monde chez soi que dans quelques jours, puis ils reviendront dans quelques jours pour emporter 1 autre fournée de 2 autres îliens.. et encore 2 et encore…
Saini, l’avocate qui vit en face de chez Grace, m’a dit que pour célébrer la fin de la semaine de workshop Biodiversity, ils avaient fait un saut au Matagigali, ou y’avait tellement de monde que personne ne pouvait plus entrer. Du jamais vu. Hmm moi je suis bien chez moi… et contente d’être enfin… seule.. pour quelques jours.
Rendu la bicyclette à Grace. Rien à payer mais le « vieux » qui s’est approprié la bicyclette de Leota veut l’emporter à Nanumea pour aller aux cochons.. Nous ne l’aurons donc pas quand l’équipe reviendra. La bonne nouvelle c’est qu’alors il y aura à nouveau des mob à louer… La nôtre, l’électrique, m’a lâchée, en sortant de chez Cat tout à l’heure. Elle était tombée, un monsieur l’a remontée… mais 1/2h plus tard elle n’a pas voulu repartir et je l’ai poussé jusqu’à chez Alpha/John en face. J’espère que ce ne sera rien comme quand elle a déjà eu ces symptômes à mon arrivée, après une chute… En attendant et par bonheur car demain c’est dimanche, comme l’équipe de Sardine est partie, j’ai le vélo rouge.
Aux ¾ du voyage, si je suis encore dans le flou, j’ai accepté comme un fait l’immensité de la tâche en y renonçant partiellement, en n’en faisant plus une priorité. Si j’ai envie de rentrer à la maison plus que d’habitude depuis un moment, ça s’estompe et voyant le mois de juin arriver, je ne suis plus si sûre… Mais, particulièrement les 2 premiers mois du séjour, les informations/rumeurs/constats de problèmes à expliquer/régler si on veut atteindre notre but ont été tellement nombreuses que ça m’a submergée et que j’ai été prête souvent à abandonner. Le tout fut particulièrement éprouvant, déprimant. Ensuite ça s’est calmé. Tout n’était pas rose, mais il me fallait l’accepter comme un paramètre de plus. Tuvalu allait peut être à sa perte mais je n’étais pas atlas pour porter leurs malheurs ni Sisyphe pour me remettre à la tâche continuellement. Voilà... Et oui on pouvait arrêter Amatuku. Leur chaos nous y autorise. En revanche, j’ai aussi constaté que si on pouvait aller plus loin avec la biodiversité, je continuerai à m’en occuper sans doute avec plaisir, according to what I saw the last days.. Je n’étais pas vraiment prête à ne plus revenir à Tuvalu et l’idée du potentiel prochain film m’a aidée à en avoir envie. Posé quelques notes ce soir qui m’ont ramenée à ce blog.
J’avais prévenu la veille que je n’irai pas jusqu’au port, à 7h, d’autant que Thomas, le biologiste es-requins et photographe, m’a proposé d’enregistrer quelques séquences en vidéo.
Réveillée par le petit coup à la porte de Sandrine qui m’avait préparé un café. Ce qui m’a beaucoup touchée. Elle est arrivée mardi dernier, alors que sarah était encore là. Retrouvaille chaleureuse. Et 4 jours agréables avant ce premier départ, malgré ma tronche du jeudi soir devant la maison envahie, l’Internet monopolisé … Et notre accrochage d’hier soir.
A l’heure où on avait dit à quelques potes (dont Sem et Annie) de passer prendre un verre, Sandrine s’est rappelée que Tupu avait parlé d’une avance dont il avait besoin pour acheter ci ou ça… Je n’avais qu’une solution : aller lui déposer un chèque… La banque était fermée et le serait aussi le lendemain, samedi, mais il pourrait toujours avant l’heure du départ sortir du cash au fusi ou, m’a dit sa femme susan, de la boutique d’en face de chez eux… A la tombée de la nuit, j’ai donc enfourché la bike dont la batterie montrait des signes de faiblesse certains. Sans mettre en route les phares tellement j’avais la trouille de devoir la pousser sur le chemin du retour… Arrêt d’une seconde pour acheter qqs amuses gueules chez l’indien (Paapa à qui j’avais commandé ses crispies maison ne les avait pas livrés). Sur le chemin j’ai rencontré Annie qui se rendait chez nous… Tupu, lui, n’était pas chez lui, mais sa femme, oui… J’allais lui déposer le chèque et repartir quand il est arrivé, après avoir nourri les cochons… En fait d’avance pour lui, toute l’équipe avait besoin de liquide. Pas grand chose par rapport aux salaires prévus mais bêtement, à la française, j’ai rédigé 9 chèques... ce qui m’a pris bien sûr bien plus de temps que prévu… En plus, je me suis souvenu dans la nuit que j’avais oublié de signer au dos, la condition pour pouvoir encaisser le montant d’un chèque. Tupu m’apprend aussi qu’il avait dit à Sandrine qu’on avait intérêt à se procurer un baril de 200 l ici, moins cher.. Elle m’avait simplement dit « ah si tu vas le voir, vérifie avec lui l’histoire du baril… »… Bien sûr trop tard pour acheter ça ce soir… Autre petit couac, la goutte qui a fait déborder mon vase : sur le chemin du retour, je me suis arrêtée chez un des chauffeurs de taxi pour demander à sa femme qu’il soit là, avec une camionnette, le lendemain matin à 7h pour conduire l’équipe au port… J’étais contente d’avoir pu assurer ce dernier détail. Mais Sandrine : « ah j’ai oublié de te dire que le camion des pêches passait nous prendre »… Ce n’est rien bien sûr, mais je me serai bien passée du coup de fil d’annulation… J’ai donc explosé… Sandrine s’est défendue à la Sandrine qui ne fait jamais d’erreurs et trouvent toutes les explications possibles pour ne pas être mise en défaut… Ca a jeté un petit froid principalement pour Annie qui était présente. Entre temps nos crispies préférés, ceux de paapa, nous avaient été livrés avec 2 beaux mats à 4 dollars.
Cette mini crise ne nous a pas empêchées, le soir, de blablater toutes les deux jusqu’à trop tard en se félicitant de l’équipe que nous formions et moi de la congratuler sur sa capacité à manager un projet. Ma conclusion sur les couacs de la journée : il manquait une journée de préparation. Quand j’avais lu sa dernière prévision d’arrivée, je me doutais qu’il allait falloir que je passe plus de temps que prévu mais pas au point de jouer les coursiers en dernière minute.. Ou alors faudrait prévoir un assistant. J’avais pensé demander à Kaio de suivre ça mais, cette semaine c’était la semaine Atelier national de la Biodiv d’Eliala. Il s’occupait des jeunes. Et nos activités même si elles sont complémentaires (et intégrées à l’atelier par la présentation que nous en avons fait) ont porté un peu préjudice aux ateliers d’Eli. Kaio était un des piliers... Dans un planning préalable, Eli avait prévu que Sem, Tupu et moi parlions des projets et de la biodiv marine tout le mercredi… En fin du compte ça s’est limité à l’après-midi du mercredi, juste après le départ de Sarah… Nous avons organisé la présentation de Dan (NZAid qui faisait ainsi la première restitution de leurs études sur les mammifères marins (plus plus) menées depuis 2006).. et la nôtre, le mercredi après midi*… Après ça je n’ai plus eu le temps de poser un pied sous la maneapa et idem pour Sem et Tupu, alors que m’a confié Sem hier soir autour du pot, Eliala, modifiant une dernière fois son planning, comptait sur eux tout ce vendredi. * repris en plus court le powerpoint de présentation au DCC et plus décontractée encore…
Ce jour-là, nous avions organisé une séance de formation à l’utilisation des outils de comptage des poissons… Une douzaine d’employés des fisheries, dont bien sûr l’équipage et l’équipe de plongée… Quelques visiteurs comme Taukiei, Annie et Niko, le patron de l’équipe fisheries qui nous a fait une proposition béton, meilleure que nous ne l’espérions, pour la location du bateau pour le mois… Ce qui lui a valu 2 bises sonnantes de notre part et un parfum…
Cohabitation très agréable : Sandrine est aussi impulsive dans les affaires de la maison que dans son organisation de boulot… Elle voit une bouteille vide, elle lance 2 bouilloires. Rien ne traîne… J’ai vraiment apprécié après 2 mois à devoir tout faire… Pour l’anecdote, Sandrine est née la même année que mon fils.
Rapide flashback : mardi 27 Avril, elle arrive avec Thomas, dîner le soir avec Dan-NZAid au filamona.. Sarah et Kaio étaient là aussi bien sûr; des crabes délicieux récupérés de la workshop biodiv et des frites de kasava… pour organiser un peu le lendemain…. Et récupérer les données NZAid… Dan avait imprimé leur pré rapport avec dans le titre « la république de tuvalu », ce qui a bien faire rire…. Mercredi départ Sarah et présentation préparée à l’arrache un peu la veille au soir et une heure avant… avec distribution de la bd en tuvaluen et félicitations chaleureuses de Lee et Sem… qui en ont rajouté une couche le soir. Mercredi soir : pâtes au beurre et comté fondu, sorti direct du freezer et enfourné dans le micro-onde… puis retrouvé les garçons (Dan, Sem, Lee) qui nous attendaient à l’hôtel… Lee a dit à Sandrine qui lui demandait comment il avait trouvé sa présentation « trop technique, celle de Gilliane était super, la tienne trop longue.. »… Ravie bien sûr, pas trop à cause des compliments, mais que quelqu’un d’autre dise qu’il faut simplifier le langage pour des gens qui ne sont pas spécialisés…. On s’est un peu battues là-dessus l’an dernier, un tout petit peu cette année.. j’ai, comme avec Sarah abandonné vite.. en plus on n’avait pas le temps… J’ai pu toutefois rajouter le mot nourriture, plus parlant que management des ressources…
Jeudi 29 Avril : réveillée en fanfare par le cri strident d’un bébé à 5h… Debout aussitôt… à ma grande surprise… pour préparer la journée… Arrivée Dani et présentation méthodologie dans la salle de conférence de l’hôtel… une heure avant la conf, cavalé pour trouver un projecteur. Celui prévu (Alamai du service culturel) n’était pas accessible. Elle avait pris une journée de vacances... J’allais foncer chez elle mais préféré tenter le département de l’énergie… Un peu surpris de ma demande en urgence, Paulson, le secrétaire permanent, a hésité quelques secondes puis a donné l’ordre qu’on me le prête… Ouf…
J’avais invité Annie et Fumiko qui ont pu dire un mot aussi… Un petit couac : d’abord quand Dani a parlé des bêches de mer… j’ai précisé pour son info, la situation avec la pêche « intensive » pour export en Chine… Et quand elle a asséné que les starfish étaient dangereux pour les coraux… émis une nuance en l’informant du projet de Fumiko, Foram, qui donnait un aspect positif avec la création de sable. Fallait remettre les choses dans le contexte tuvaluen et indiquer que bien que non intégré dans la présentation, Alofa était au courant… Autre petit couac, le uaelu dont je ne retiens jamais le nom, a priori sympathique représentant du Kaupule (et un des musiciens qui m’ont fait trimé sur leur projet de festival musical et n’ont plus donné signe de vie pour le festival des king tides…**). Ici idem alors que toute la tablée était positive, il a fait remarquer qu’on n’avait pas suivi les règles protocolaires et qu’il n’était pas au courant… « et la communauté ? »… Tupu lui a répondu en tuvaluen qu’en gros tout était fait dans les règles de l’art.
Sinon ce fut plutôt drôle et sympathique. Le PC de Sandrine s’évanouissait de temps en temps rendant la présentation un peu plus compliquée et je traduisais ses jurons comme « putaing » à l’assemblée…
** en fait leur attitude de non collaboration, de grimaces à faire avec les autres, me rappellent les commentaires du forum de libé ce matin sur le 1er mai… Tous ronchonnent, critiquent tout de la société et bien sûr aussi la manif prévue « qui n’est pas unie » et que bien sûr ils ignoreront… La caricature du râleur qui ne lève pas le petit doigt pour agir et surtout pas avec les autres…
Ce jeudi soir, derniers préparatifs pour le voyage et pour l’atelier de formation du lendemain… autour d’une soupe aux nouilles. Après avoir trouvé, ô miracle, dans une île envahie par 500 outer-îliens, réunis autour des olympiques tuvaluens, une bicyclette pour Dani… Plus rien chez notre voisin, mari de Susie, qui m’avait promis pourtant de m’en faire réparer une… plus rien non plus chez Grace, sauf me dit-elle la bicyclette du vieux monsieur enfermée dans un container à côté… Dani a pu la récupérer le vendredi matin...
Vendredi : matinée de formation devant les fisheries… Décamètres, poissons découpés déposés un peu partout, feuille de relevé de data… Ce fut très sympathique… Pas resté jusqu’au bout parce qu’il fallait que j’assure le liquide pour la mission et que je passe, entre autres, chez le secrétaire permanent des ressources naturelles pour faire ajouter notre stagiaire Maud sur la liste officielle de Bonn… Il a dit qu’il ferait maintenant inchallah..
Déjeuner à l’hôtel avec toute l’équipe après une petite discussion avec Sem et Taukiei sur le fait que Nukulaelae pouvait utiliser une partie de son fond GEF pour nous nourrir et nous loger en contrepartie de la formation de la communauté.. Il n’y a pas de petites économies et nous en avons besoin sur ce projet, c’était déjà plus que risqué, l’euro qui s’effondre face au dollar australien ne facilite pas les comptes.
Pot sympathique vendredi soir après la crise… discussion affectueuse de la nuit et, café inattendu préparé au matin …Donc Biodiv so far so good…. Non seulement on s’entend bien, non seulement les tuvaluens se sont montrés fiables et partenaires (tirant presque des larmes hier soir à Sandrine réalisant combien l’équipe était soudée avec la présence hier soir de Semese***), non seulement on a accès à toutes les données de NZAid mais aussi aux photos de poissons qu’ils pourraient avoir et qui nous manqueraient pour le bouquin.
Hier soir aussi, Thomas, le thésard requins et photographe amateur doué, a profité que je m’étais retirée seule sur la terrasse à ruminer mon reste de colère « on n’a pas eu beaucoup l’occasion de parler »… C’était vrai je l’avais un peu évité, un peu en colère de n’avoir appris que ce voyage pouvait servir à sa thése qu’à son arrivée… Alors que j’avais décliné en long et en large à Sandrine qu’un bon photographe sous marin, étudiant, on pouvait sans doute trouver pour moins cher que ce qu’elle avait budgété… A Thomas, j’avais juste glissé le nombre approximatif de photos de poissons et autres invertébrés nécessaires en ajoutant le côté humain : comment les tuvaluens utilisent le lagon, les poissons (pique nique au poisson cru attrapé direct et mangé dans le lagon), les bateaux traditionnels.. On est allé un peu plus loin et j’ai regardé pour la première fois ses photos. Sandrine m’en avait vanté la qualité et la créativité. Elle avait raison… Nous aurons de très belles photos sous-marines… Il est un peu moins doué pour l’extérieur. La couverture genre « photo reportage » que je lui avais demandée hier matin de la formation a l’avantage d’exister. Pas grave car je couvrais aussi avec la vieille petite Sony (qui donne l’image d’une centenaire mais qui continue à fonctionner contrairement aux 2 grosses (la nôtre et celle du service social))..
J’avais expliqué à Sarah et plus tard à Sandrine que je risquais une dichotomie en passant de l’une, nonchalante et difficile à pousser, et l’autre, wild horse pushy… En fait non, j’apprécie la présente cohabitation bien plus que la précédente… Sandrine a intégré un tas de choses en un an… Hier soir, je l’entendais parler des bénéfices aux communautés, de l’échange de savoir, des notions étrangères à son vocabulaire l’an dernier.. Et la petite phrase dans un de ses mails, concernant le chocolat qu’elle essayerait de ne pas oublier… qui m’avait fait bondir et dire d’elle qu’elle avait l’impression que l’univers tournait autour de son nombril… Et bien cette petite phrase avait été écrite pour me faire mariner. Le chocolat était déjà acheté.. Et en sortant de l’avion, c’est la première chose qu’elle m’a montrée ! Et comme je lui ai dit cette nuit , je suis très satisfaite de son travail. Certes, contrairement à Sarah elle est payée (après âpres négos, finalement selon mes principes qu’on peut vivre avec 3000 euros par mois… sauf que c’est en $ Australiens et que c’est sur plusieurs mois, donc ça fait plus gros).. mais entendre elle et son équipe proposer de payer les boissons et encas en dehors du déjeuner à l’hôtel et la soupe rapide du soir fait plus plaisir à l’oreille que d’entendre « j’ai besoin d’argent pour acheter mes cigarettes ».. Sans parler des surcoûts importants des voyages que Sarah va vouloir imputer sur notre trésorerie et totalement provoqués par sa flemme.. Bien sûr on ne pouvait pas prévoir qu’un nuage ralentirait les retours sur l’Europe mais si elle avait fait les démarches quand on en a parlé et pas 15 jours plus tard, elle serait passée avant le nuage. Maintenant je ne sais pas combien de temps, elle va rester en Nouvelle Zélande (ou elle passe voir des chiens de son chenil)
Si on n’attend pas d’un chef de projet qu’il suive les infos indispensables à son projet, plutôt positif de la part de Sarah d’avoir suivi mes conseils en prenant contact avec Sikeli et son contact de fabricant plastic. Pendant son transit à Suva elle est allée voir, avec Sikeli, le fabricant d’un proto de digesteur plastique que Sikeli contacté avec notre dossier de recherches et de plans. Il a démarré la fabrication d’un digesteur flottant (pas le modèle qu’on préfère mais tellement plus pratique à transporter.) Elle a expédié un petit rapport. On est loin encore d’un outil finalisé et donc à des années lumières de pouvoir en acheter un, semble t’il, mais une collaboration se dessine entre le fabricant, sikeli et elle pour fignoler les fittings etc.. Elle a en tête de revenir à Tuvalu en septembre maintenant -décalage de quelques mois c’est pas la mort mais je vois toujours mal comment ce pourra être possible… Le matos n’est donc toujours pas décidé, a fortiori non commandé, et encore moins expédié… Rien que ça prendra 3 mois… Et même si ça arrivait à l’heure… comme à priori elle reprend ses cours en octobre… je vois mal. Parmi ses incohérences financières (pour quelqu’un qui sait, dit elle manager) quand elle envisage de faire venir 2 étudiants stagiaires pour suivre le projet pendant 1 an « juste en payant leur nourriture et leur logement », oubliant que multiplié par 365 jours ça chiffre.. A peu près 5000 euros pas inclus dans le budget (comme n’était pas inclus dans le budget un deuxième voyage pour elle… voyages que GEF ne prend pas en compte). Sandrine elle calcule plutôt bien… et à priori… plutôt tout.
Contente quand même qu’elle et l’équipe soit reparties aussi, contente de retrouver la maison, de me retrouver.. Heureuse de reprendre mon rythme et de pouvoir dormir un peu plus que 4h par nuit. J’ai pu quand même répondre à quelques mails qui me semblaient urgents cette semaine comme celui de Jacqueline, la n° 2 de l’ambassade de France qui propose un budget pour assister Tuvalu à se faire mieux entendre en prenant en charge salaires et dépenses d’un expert junior.
*** Sem qui me disait qu’il pensait que tel projet serait mieux si « tu lui as dit ? » : « tu me connais, tu sais que je suis timide, qu’il faut venir me chercher quinze fois pour que je m’avance, j’suis pas pushy comme Sandrine », avec un sourire…
Sem, au cours de sa première conversation avec Sandrine mercredi soir, a d’abord voulu lui exprimer combien il se sentait mal à mon égard et voulait mon pardon… Alors qu’elle avait été remontée contre lui tous ces derniers mois, elle m’a demandé d’aller le voir. Je n’y suis pas allée. Perso je n’ai exprimé ni rancune ni froideur, juste pas abordé les sujets qui fâchent avec Sem, j’ai rien fait de plus… Et je l’ai mentionné dans mes présentations comme un pilier du projet. J’ai peut-être souri un peu plus. Mais c’est plus sûrement la bière qui l’a détendu ce soir là. Il m’a avoué hier quand je disais être réveillée tous les matins par les cris du bébé « eh Gilliane, il faut que je te dise que je viens dormir quelquefois ici dans le jardin… T’as raison le bébé braille ».
Samedi 1er mai
A Tuvalu c’est la fête du sport tous les jours depuis une semaine et fête tout court le soir. La capitale est packed, les rues sont crowded de motorbikes dont on ne trouve plus une à louer. La ville résonne de musiques, de cris de joie émanant de toute l’île, depuis qu’ont commencé les jeux inter-îles de Tuvalu et qu’a débarqué un demi-millier de résidents de plus qui vivent dans les maisons communautaires, dans les écoles, dans de la famille. Les jeux ont eu 1 journée de retard et les cérémonies de résultats n’ont eu lieu qu’aujourd’hui, les bateaux ne partiront donc pour ramener tout le monde chez soi que dans quelques jours, puis ils reviendront dans quelques jours pour emporter 1 autre fournée de 2 autres îliens.. et encore 2 et encore…
Saini, l’avocate qui vit en face de chez Grace, m’a dit que pour célébrer la fin de la semaine de workshop Biodiversity, ils avaient fait un saut au Matagigali, ou y’avait tellement de monde que personne ne pouvait plus entrer. Du jamais vu. Hmm moi je suis bien chez moi… et contente d’être enfin… seule.. pour quelques jours.
Rendu la bicyclette à Grace. Rien à payer mais le « vieux » qui s’est approprié la bicyclette de Leota veut l’emporter à Nanumea pour aller aux cochons.. Nous ne l’aurons donc pas quand l’équipe reviendra. La bonne nouvelle c’est qu’alors il y aura à nouveau des mob à louer… La nôtre, l’électrique, m’a lâchée, en sortant de chez Cat tout à l’heure. Elle était tombée, un monsieur l’a remontée… mais 1/2h plus tard elle n’a pas voulu repartir et je l’ai poussé jusqu’à chez Alpha/John en face. J’espère que ce ne sera rien comme quand elle a déjà eu ces symptômes à mon arrivée, après une chute… En attendant et par bonheur car demain c’est dimanche, comme l’équipe de Sardine est partie, j’ai le vélo rouge.
Aux ¾ du voyage, si je suis encore dans le flou, j’ai accepté comme un fait l’immensité de la tâche en y renonçant partiellement, en n’en faisant plus une priorité. Si j’ai envie de rentrer à la maison plus que d’habitude depuis un moment, ça s’estompe et voyant le mois de juin arriver, je ne suis plus si sûre… Mais, particulièrement les 2 premiers mois du séjour, les informations/rumeurs/constats de problèmes à expliquer/régler si on veut atteindre notre but ont été tellement nombreuses que ça m’a submergée et que j’ai été prête souvent à abandonner. Le tout fut particulièrement éprouvant, déprimant. Ensuite ça s’est calmé. Tout n’était pas rose, mais il me fallait l’accepter comme un paramètre de plus. Tuvalu allait peut être à sa perte mais je n’étais pas atlas pour porter leurs malheurs ni Sisyphe pour me remettre à la tâche continuellement. Voilà... Et oui on pouvait arrêter Amatuku. Leur chaos nous y autorise. En revanche, j’ai aussi constaté que si on pouvait aller plus loin avec la biodiversité, je continuerai à m’en occuper sans doute avec plaisir, according to what I saw the last days.. Je n’étais pas vraiment prête à ne plus revenir à Tuvalu et l’idée du potentiel prochain film m’a aidée à en avoir envie. Posé quelques notes ce soir qui m’ont ramenée à ce blog.
16 / 05 / 10 - 16 : 37
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